Préparons-nous aux réductions drastiques de Gordon Campbell

Date de publication

Le jeudi 2 août 2018, 14 h 00

Les chiffres ne mentent pas. Mais cela ne veut pas dire qu’ils disent toujours toute la vérité.

En ma qualité de trésorier d’un syndicat aussi vaste et complexe que le SEFPO, j’ai appris que pour avoir une image complète et honnête de la situation financière, il est important de voir tous les chiffres.

Et à titre de membre actif d’un syndicat du secteur public, j’ai également appris que les politiciens sont particulièrement habiles pour cacher la vérité derrière quelques chiffres soigneusement choisis. J’ai le sentiment désagréable que c'est ce que Doug Ford nous réserve avec sa « Commission d’enquête » et sa vérification des finances de la province.

Monsieur Ford dit que la commission et la vérification, qui vont nous coûter 50 millions de dollars, nous donneront un instantané indépendant, impartial et honnête de nos finances.

Mais c'est difficile à croire.

Une chose est sûre, les délais sont beaucoup trop courts. Le premier ministre veut que l'enquête et la vérification soient terminés d’ici la fin du mois d'août, mais les cabinets de vérification professionnels disent que c'est impossible de faire un examen complet et crédible en quelques semaines seulement.

D’autre part, la personne que M. Ford a embauchée pour diriger la commission, Gordon Campbell, est tout sauf indépendant et impartial.

Monsieur Campbell est le premier ministre d’extrême droite qui s’est mis à sabrer dans les services publics de la province et à les privatiser. Voici quelques-uns des faits moins saillants de sa période au pouvoir :

  • Allègements fiscaux pour les riches... Monsieur Campbell était très ami avec les riches, coupant les impôts sur les sociétés et sur le revenu de 25 pour cent
  • ... et réductions dans les services pour les travailleurs. Pour couvrir ces réductions d'impôt, M. Campbell a retiré le bien-être social à certains, réduit les services sociaux et civils et vendu un certain nombre de biens du gouvernement.
  • Augmentation des droits de scolarité... Monsieur Campbell a levé le gel sur les frais de scolarité des universités et des collèges, lequel avait permis de garantir une éducation à un coût abordable pour bien des étudiants. Il s’en est également pris aux salaires des enseignants des écoles publiques en leur retirant le droit de grève
  • Réduction du salaire minimum... Monsieur Campbell a instauré un salaire minimum à deux vitesses, de façon que les nouveaux venus sur le marché du travail puissent être payés 25 pour cent de moins que les autres travailleurs au salaire minimum
  • Compressions dans les soins de santé... Dernier point, mais pas le moindre, M. Campbell a violé la convention collective signée entre le gouvernement et des milliers de travailleurs de la santé, réduisant leurs salaires de 15 % et privatisant plus de 8 000 emplois dans le secteur de la santé

Avec un tel passé, on peut dire sans l’ombre d’un doute que M. Campbell est un fervent défenseur de l’austérité et de la théorie des miettes, des politiques qui avantagent nettement les riches et qui s’avèrent brutales pour les autres. Pouvons-nous réellement lui faire confiance et croire qu’il fournira des conseils axés sur les preuves plutôt que sur une idéologie?

Bien sûr que non.

Je n’ai aucun doute que M. Campbell saura choisir les quelques chiffres qui reflètent l’horrible situation financière dans laquelle nous nous trouvons. Et je peux déjà voir les titres en première page... « Finances de l’Ontario... pires qu’on s’y attendait », « Le premier ministre a les mains liées » et, enfin, « Des réductions drastiques sont nécessaires ».

Si M. Ford tenait vraiment à un examen honnête et impartial des finances de l’Ontario, il n’avait qu’à recourir aux experts déjà en place. La vérificatrice générale de l’Ontario et le directeur de la responsabilité financière de la province jouissent tous deux d’une longue expérience en ce qui concerne le gaspillage gouvernemental, le diagnostic des problèmes et les remèdes potentiels.

Ne serait-il pas mieux de dépenser ces 50 millions de dollars sur des services qui aident les gens plutôt que sur des vérificateurs privés?

Mais la triste réalité est que M. Ford ne le fait pas vraiment pour aider le « peuple ». Et il n’a pas embauché Gordon Campbell comme médecin de la finance, mais plutôt comme doreur d’image.
 
En solidarité,
Eduardo (Eddy) Almeida
Premier vice-président/trésorier
Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario
@OPSEUEddy

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