Le message du président

Des nouvelles inquiétantes de nos collèges ontariens

Date de publication

Le mardi 24 Janvier 2017, 09 h 30

Chers amis,

Les nouvelles que nous recevons des collèges de l'Ontario me font souci.

Nos collèges jouent un rôle essentiel dans l'amélioration de l’accès à l’éducation. Ils ouvrent des portes aux étudiants des communautés rurales et des petites localités, aux immigrants et aux personnes qui cherchent un emploi dans le secteur en plein essor des métiers ou dans un des nombreux secteurs qui ont besoin d’étudiants diplômés de programmes pratiques et d’arts appliqués.

Ils jouent ce rôle depuis leur création, il y a de cela cinquante ans. À l’époque, le ministre de l’Éducation de l’Ontario (et futur premier ministre), Bill Davis, disait que les collèges « fourniraient, par l’éducation et la formation, des débouchés égaux à tous les secteurs de notre population, et contribueraient à préparer l’individu à l’épanouissement optimum de ses capacités » (traduction libre).

Comme le premier ministre Davis le savait déjà, nos collèges sont importants, pas seulement pour les centaines de milliers d’étudiants inscrits, mais aussi pour la réussite économique et sociale de notre province.

Mais on dirait bien que les libéraux ont oublié tout cela.

Aujourd’hui, l’Ontario détient l’honneur discutable d’abriter les collèges qui reçoivent le moins de financement provincial de tout le pays. C’est un véritable problème. Non seulement cela menace-t-il la capacité des collèges à faire leur travail, mais cela menace aussi l’accès à l’éducation postsecondaire en Ontario.

Mais ce n'est pas tout! Ceux qui dirigent nos collèges semblent aussi confondre leurs priorités.

Au lieu de faire en sorte que les fonds limités qu’ils reçoivent soient répartis sur les premières lignes, les administrateurs proposent des augmentations salariales massives pour les dirigeants. Entre temps, ils dépensent des millions de dollars en honoraires d’avocats pour tenter d’empêcher les travailleurs à contrat, parmi les moins bien payés sur les campus, de se syndicaliser pour obtenir un traitement équitable.

J’aimerais pouvoir dire que le système collégial est le seul endroit où de telles choses se passent. Mais malheureusement, le sous-financement du gouvernement et l’avidité des cadres semblent être notre nouvelle réalité. Les travailleurs du secteur public font de leur mieux avec ce qu'ils ont, mais avec toutes les réductions du gouvernement libéral, ils n’ont tout simplement pas assez de ressources pour répondre aux besoins des Ontariens.

Les choses pourraient être différentes.

Les collèges ont besoin d’un financement régulier et prévisible, avec des augmentations annuelles qui tiennent compte du nombre croissant d'étudiants. Ils ont également besoin de l’engagement des administrateurs à mettre des fonds aux premières lignes, là où ils devraient être, plutôt que de les gaspiller en augmentations salariales pour les cadres et avocats grassement payés pour lutter contre leurs propres travailleurs.

Et c’est en fait de cela dont nous avons besoin partout à travers le secteur public. Avec le financement approprié, nous pouvons à la fois accorder aux travailleurs de première ligne les augmentations qu’ils méritent et renforcer nos services publics. En utilisant les deniers publics pour améliorer les services, plutôt que pour engraisser les dirigeants, nous pouvons répondre aux besoins des Ontariens.

Les services publics peuvent être le grand égaliseur; ils peuvent relever ceux qui sont au bas de l’échelle sociale et veiller à faire en sorte que personne ne manque de rien. Mais ça, ce n’est que s’ils sont financés de façon équitable. Les libéraux doivent fournir les ressources dont ont besoin les travailleurs du secteur public afin que nous puissions fournir à notre tour les services sur lesquels comptent les Ontariens.

Solidairement,

Warren (Smokey) Thomas
Président, Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario

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