Le message du président

Doug Ford, le premier ministre de l’Ontario ‘qui rince et qui répète’

Date de publication

Le vendredi 10 août 2018, 10 h 15

La politique provinciale, c'est comme les séries à la télévision, elle se répète sans cesse. Après deux épisodes de la série Ford Nation, il semblerait que les prochains épisodes ressembleront beaucoup aux premiers.

C'est ce que j'appelle le cycle de lavage politique : il rince et il répète. Nous élisons les libéraux et ils démantèlent ce qu'ont fait les conservateurs. Puis, fatigués des scandales, des compressions et de la corruption, nous nous tournons vers les conservateurs qui démantèlent, à leur tour, ce qu'ont fait les libéraux. Nous répétons, une fois de plus, le cycle « rincez et répétez ».

Il n'est pas surprenant que les choses ne semblent jamais aller mieux. Il n'est pas surprenant que les coûts augmentent, que les salaires stagnent et que les coûteux programmes de privatisation se perpétuent. 

Même quand ils ont la majorité, ces gouvernements libéral et conservateur obtiennent rarement plus de 50 pour cent du vote populaire. Ils se croient introniser, ils ignorent les intérêts de la majorité des gens et ils se mettent à promulguer des décrets comme si c’était un droit divin.

Il s’agit d’un phénomène cyclique et il n'est donc pas surprenant que nous soyons plus que fatigués par ces comportements aberrants et que nous n’ayons plus confiance aux politiciens.  

Comment pouvons-nous aller de l’avant si les politiciens se consacrent à défaire ce qui a été bâti? La « politique de la vengeance », c'est toujours un pas en avant et deux pas en arrière. Cela doit cesser.

Il y a un vieux dicton qui dit que le pouvoir corrompt et que le pouvoir absolu corrompt absolument. Nous avons vu ce que le premier ministre Ford a choisi de faire avec son pouvoir en seulement deux mois. Il a promulgué des décrets pour ordonner un gel de l'embauche dans le secteur public, s'ingérer dans les élections municipales et réduire de moitié la taille du conseil municipal de Toronto et privatiser la vente de cannabis.

Doug Ford a fait campagne pour gouverner « pour le peuple », mais je pense qu'il voulait surtout dire « pour ses propres partisans » – à l’instar de ces anciens employés conservateurs qui comptent bien profiter de la vente de cannabis dans les dépanneurs. 

Après quinze ans de règne libéral, Doug Ford veut faire table rase. L'Ontario a besoin d’une once de bon sens, mais pas de la « Révolution du bon sens » que les conservateurs ont instaurée dans les années 1990.

Avec l’élection fédérale prévue l'an prochain, tous les yeux se tourneront vers le premier ministre de l'Ontario afin de savoir s’il laissera son empreinte dans l’image de marque conservatrice. Si je peux me permettre de donner quelques conseils amicaux à Doug Ford, j'aimerais lui rappeler que les Ontariens – à l’instar de la grande majorité des Canadiens – préfèrent une approche équilibrée et que son idéologie extrémiste est le meilleur moyen de couler l’image de marque conservatrice, tant au fédéral, qu’au provincial dans quatre ans.

Peut-être que le destin des anciens premiers ministres David Peterson et Kathleen Wynne lui servira d'avertissement sur le péril qui guette les politiciens qui se croient investis d’un pouvoir absolu et sur les conséquences des changements brusques dans l'opinion publique pour quelqu'un qui occupe le poste de Doug Ford. 

Au lieu de continuer son cycle de lavage de la politique provinciale, le premier ministre Ford devrait faire preuve de sagesse, arrêter les anciennes pratiques politiciennes et adopter une nouvelle approche. Ma porte est toujours ouverte et je suis toujours disposé à prêter main-forte.

Solidairement,

Warren (Smokey) Thomas
Président du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario
@OPSEUSmokey
facebook.com/OPSEUSmokey

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