Message du vice-président/trésorier

M. Ford gagnerait à s’inspirer de Scrooge

Date de publication

Le vendredi 14 décembre 2018, 09 h 45

Le conte de Scrooge est un récit familier à cette époque de l’année, celui d’un homme d’affaires au cœur froid et cupide qui prête plus d’attention aux résultats financiers qu’à ses concitoyens. Malheureusement, ces jours-ci, le paysage politique de l’Ontario n’est pas sans rappeler la trame du roman de Charles Dickens.

Doug Scrooge aurait beau jeu de retenir la morale de cette histoire : lorsqu’on fait preuve d’avarice envers la population, cela ne se termine jamais bien. Pour construire un avenir meilleur, il faut avant tout investir dans la population et dans les services publics dès aujourd’hui.

En tant que trésorier du SEFPO, je ne le comprends que trop bien. Je sais ce que c’est d’équilibrer un budget, de dépenser de manière responsable et de préparer l’avenir, et notre province n’a pas besoin des économies de bouts de chandelle de Doug Scrooge. Il serait d’ailleurs bien avisé de comprendre qu’il est illogique de suspendre les services destinés aux femmes, aux travailleurs, aux enfants et aux francophones lorsqu’on gaspille des milliards de dollars en dons aux plus fortunés.

Les gens ont voté pour le changement, pas pour la continuité, M. Scrooge.

Comme dans le conte, notre province a son propre fantôme des erreurs du passé : il s’agit de l’austérité. Si l’austérité fonctionnait, nul doute qu’au bout de 25 ans, nous ne serions plus dans le même pétrin. Le déficit de l’Ontario ne s’est pas creusé en raison des dépenses du secteur public, mais du fait des compressions importantes et des plans de privatisation coûteux que nous avons connus. Ainsi la population souffre-t-elle pendant que les Scrooges, eux, s’enrichissent.

Si Doug œuvrait sincèrement pour la population, il devrait changer de discours sous peine de recevoir la visite du fantôme des carrières politiques détruites, comme Kathleen Wynne.

C’est pourquoi le plan des conservateurs, qui consiste à réinventer notre passé et à présenter le concept obsolète de privatisation comme une « modernisation », présente un réel danger. Cibler les droits des minorités pour financer les réductions de l’impôt sur les sociétés n’est pas qu’un mauvais calcul comptable, c’est fondamentalement cruel.

Nous n’avons pas besoin à nouveau d’un ramassis de « foutaises » dans les officines du pouvoir, M. Scrooge.

C’est pourquoi il nous incombe, en tant que travailleurs et membres du SEFPO, de changer la donne actuelle. Nous devons organiser la riposte dans les collectivités et nous mobiliser comme jamais auparavant. Le chemin à parcourir nécessitera endurance, force et détermination, mais notre travail a déjà commencé. Nous devons être stratégiques et intelligents; nous avons les ressources pour parvenir à nos fins et nous sommes prêts à relever le défi.

Que Doug Scrooge en soit convaincu : le SEFPO sait passer des paroles aux actes. Nous savons qu’investir dans nos membres renforce notre syndicat, tout comme investir dans les services publics renforce notre province.

Chez nous, en Ontario, nous pensons qu’il faut prendre soin les uns des autres. C’est pourquoi nous avons un système public d’éducation et de santé accessible à tous, ainsi qu’un solide filet de sécurité sociale. Nous devons donc nous battre sans relâche pour protéger notre secteur public afin qu’il ne devienne pas, pour Doug Ford, un cauchemar semblable à celui de Scrooge.

Alors que la façade des conservateurs commence à se fissurer, nous devons redoubler d’efforts. En travaillant ensemble, nous deviendrons plus forts face à l’adversité.

Seul le temps nous dira si Doug Scrooge retiendra la leçon à temps : investir, au lieu de réduire les budgets; faire ce qui est juste, au lieu de supprimer les acquis; renforcer notre province, au lieu de la mettre à mal.

Ainsi, dans un souci de générosité, je tiens à offrir un conseil à Doug : il est temps d’écouter la population sous peine d’en subir les conséquences.

Je souhaite à tous nos membres de passer des fêtes joyeuses et reposantes. Profitons-en pour nous ressourcer avant d’attaquer l’année à venir.

En solidarité,

Eduardo (Eddy) Almeida
Premier vice-président/trésorier du SEFPO