Joignons-nous à la lutte pour les travailleurs blessés

Date de publication

Le vendredi 27 mai 2016, 11 h 45

Chers amis,

Le 1er juin est le Jour des travailleurs blessés.

C'est l’occasion de reconnaître le coût humain des accidents du travail. C’est l’occasion d’exiger que les employeurs indemnisent les accidentés du travail de façon juste. Et c’est l’occasion de songer à la façon dont nous pouvons, avant tout, en tant que société, prévenir les accidents du travail.

Si vous voyez un reportage sur la santé et la sécurité aux nouvelles, il est fort probable que ce soit une histoire industrielle – un homme écrasé sur un chantier de construction ou mort d’une maladie pulmonaire après une vie de labeur dans les mines. Ce sont là de terribles tragédies, et le 28 avril, Jour de deuil national, nous nous en souvenons.

Toutefois, un grand nombre des dangers auxquels nous faisons face au travail ne viennent pas d’un équipement défectueux ou de produits chimiques dangereux. Il arrive que pour les membres du SEFPO, les risques véritables pour notre sécurité viennent d’autres personnes.

Ne vous méprenez pas, en tant que fonctionnaires, nous aimons travailler avec les gens. Nous les aidons dans leur quotidien, que ce soit un conducteur qui renouvelle son permis de conduire ou une personne aux prises avec une maladie mentale ou encore, une personne qui réapprend à marcher après un accident. Nous les voyons parfois à leur meilleur. Mais souvent, nous les voyons à leur pire.

Les employés du secteur public font face à plus de violence que la majorité des gens peuvent réaliser. De toute évidence, les travailleurs correctionnels côtoient fréquemment des personnes aux antécédents de comportement violent. Et avec assez de stress, quel que soit le jour, n’importe qui peut réagir violemment. C'est pourquoi les membres du SEFPO font face à tant de violence au travail. Dans le domaine des soins de santé, dans les services sociaux, à la LCBO et même pendant une inspection d’une propriété, une journée ordinaire peut rapidement mal tourner.

Dernièrement, notre syndicat a beaucoup parlé de la violence dans le domaine des soins de santé, et pour de bonnes raisons. Les membres du SEFPO suivent de près une affaire à Brockville, dans laquelle le Centre de santé mentale de Brockville fait face aux accusations du ministère du Travail après qu’une infirmière ait été poignardée à plusieurs reprises, en 2014. Au Centre de soins de santé mentale Waypoint, à Penetanguishine, les membres du SEFPO ont subi trop d’attaques des patients pour qu’on les compte. Je ne blâme pas les patients en santé mentale, qui, selon une décision du tribunal, ont été reconnus non responsables de leurs actions. Mais je blâme certainement l’employeur.

Je n’ai jamais vu d’accident du travail qui n’aurait pas pu être prévenu. Mais trop souvent, j’ai vu que pour un trop grand nombre d’employeurs, la sécurité au travail est un coût qu’ils ne sont pas prêts à assumer. Ils ne veulent pas payer pour prévenir les accidents et ils ne veulent pas payer pour indemniser les travailleurs blessés.

Avec notre nouveau gouvernement, la Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail (CSPAAT) cherche à réduire le coût des accidents du travail – pour les employeurs – en réduisant l’indemnisation aux travailleurs blessés. Elle n'a qu’un seul but en tête, et c'est celui de réduire les primes que paient les employeurs. Il y a vingt-cinq ans, les employeurs payaient 3,20 $ pour chaque tranche de 100 $ de paie. Aujourd’hui, les primes se montent à 2,46 $. Mais dans 15 ans, la CSPAAT nous dit que le taux des primes se situera entre 1,40 $ et 1,50 $.

C’est dangereux. Réduire les coûts pour les employeurs n’aidera pas les travailleurs blessés à être indemnisés comme il se doit, et cela ne motivera pas non plus les employeurs à créer des milieux de travail sûrs.

Comme avec tant de problèmes de nos jours, nous avons du pain sur la planche.

Mais la bonne nouvelle, c’est que les travailleurs blessés ripostent. Les syndicats, conseils du travail, cliniques d’aide juridique et organisations telles que l’Ontario Network of Injured Workers Groups parlent d’une même voix forte pour dire aux employeurs et aux gouvernements que les droits des travailleurs de travailler en toute sécurité et d’être indemnisés de façon équitable lorsqu’ils se blessent ne sont pas négociables. Nous sommes un mouvement et nous sommes de plus en plus forts.

Cette année, nous vous encourageons à assister à une activité du Jour des travailleurs blessés près de chez vous.

Solidairement,

Warren (Smokey) Thomas
Président

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