La stratégie Ford : Créer des crises et empocher les profits

Date de publication

Le lundi 29 avril 2019, 13 h 15

Il y a une vieille blague sur les mauvais patrons comme Doug Ford : Un patron invite ses travailleurs à manger une pizza. Mais dès que la pizza arrive, il empile toutes les tranches sauf une sur son assiette. Puis il se penche vers le travailleur assis à côté de lui et dit :

« Si j’étais vous, je ferais attention... votre syndicat zieute votre tranche. »

Ce serait drôle si ce n'était pas si vrai.

La pizza est arrivée il y a quelques semaines. C'était le budget. Depuis lors, M. Ford et ses pantins du caucus tentent désespérément de nous faire oublier que toutes nos tranches nous sont volées.

Parlant à une foule de gens d'affaires, Peter Bethlenfalvy, pantin du Conseil du Trésor, a déclaré que le gouvernement ciblait la « généreuse rémunération » des travailleurs du secteur public syndiqués. « Nous devons être honnête relativement à ce que nous pouvons raisonnablement nous permettre », a-t-il dit.

Il est difficile de croire qu’il puisse utiliser le mot « honnête ». Les Conservateurs de Ford sont tout sauf ça.

D'après les chiffres de son propre ministère du Travail, les augmentations salariales dans le secteur public ont été inférieures au taux d’inflation neuf des dix dernières années.

En d'autres termes, les travailleurs du secteur public ont subi une baisse de salaire chaque année depuis 2010.

Ces mêmes chiffres indiquent que les augmentations salariales dans le secteur privé ont été plus élevées que dans le secteur public huit des dix dernières années.

Ainsi, c’est mentir que de dire que les salaires et augmentations salariales dans le secteur public sont le problème.

Mais bon, ce n'est pas le seul mensonge de M. Ford, loin de là.

Il nous a dit que pas un seul travailleur du secteur public ne perdrait son emploi. Mensonge.

Il nous a dit qu’un allégement fiscal permettrait de mettre davantage d’argent dans les poches des personnes qui reçoivent le salaire minimum qu’une augmentation du salaire minimum pourrait le faire. Mensonge.

Il nous a dit que le fait de forcer les pollueurs à payer leur juste part pour contribuer au changement climatique provoquerait une récession. Mensonge.

La vérité est que M. Ford lui-même nous conduit tout droit à la récession.

Et il le fait avec son plus grand mensonge, son mensonge le plus frappant, à la base de tous ses autres mensonges, celui qui dit que l’Ontario est au bord de la faillite.

Il a qualifié notre dette de « plus grand scandale que notre province ait jamais vu ». Mensonge. Il a promis de faire une « vérification ligne par ligne » de nos finances pour obtenir une image précise de notre santé économique. Mensonge. Et puis, dans le budget, il nous a dit que son seul choix était de couper, plafonner et privatiser. Mensonges. Mensonges. Mensonges.

Même la Chambre de Commerce de l'Ontario s'inquiète. Les petites et moyennes entreprises ont déjà affirmé que l’Ontario investit moins dans ses services publics que n’importe quelle autre province, enjoignant le premier ministre à ne pas rester sur ce chemin de l’austérité.

Parce que la vérité est que l'Ontario n'est pas en difficulté financière.

En fait, notre économie est plus grande que jamais. Elle est plus grande que lorsque nous avons créé le système collégial entier. Elle est plus grande que lorsque nous avons construit les autoroutes de la série 400. Et elle est plus grande que lorsque nous avons fusionné des dizaines de petits producteurs d'électricité privés dans un système d'alimentation public qui nous a donné l'énergie bon marché qui a contribué à l’essor de l'Ontario pendant un siècle.

C'est la vérité, et elle semble assez bonne. Alors la question est celle-ci, pourquoi M. Ford ment-il sur tout cela?

Pourquoi cherche-t-il à réduire les salaires dans les secteurs public et privé? Pourquoi ne se bat-il pas pour les emplois de l’automobile qui nous sont enlevés à Oshawa et à Windsor?  Pourquoi coupe-t-il dans les emplois de l’éducation, plafonne-t-il les services liés à l’autisme et aux personnes atteintes d'un handicap de développement et attaque-t-il les journalistes qui ne font que leur travail?

C'est parce qu'il pense que tandis que nous nous sentons attaqués, que nous nous méfions les uns des autres et que nous craignons pour l'avenir, nous ne remarquerons pas que lui et ses riches partisans nous volent toutes nos richesses.

Ça sort tout droit de la stratégie de droite. Vous vous rappelez de John Snobelen? C’est le ministre du gouvernement Mike Harris qui avait été filmé en train de dire que son objectif était de créer une « crise utile » dans le système de l’éducation afin de préparer le terrain pour la privatisation des écoles.

Aujourd'hui, M. Ford essaie de créer une crise dans à peu près tous les secteurs et communautés de la province. Et il tente de s'en tirer en dressant les travailleurs les uns contre les autres. Plus particulièrement, en attaquant les travailleurs.

Mais comme nous l'avons vu il y a deux ou trois semaines, alors que plus de 30 000 personnes se réunissaient à Queen's Park pour protester contre les coupures dans le système de l'éducation, les travailleurs sont plus forts qu’il pensait. Et chaque fois qu’il ment, nous devenons plus forts.

Soixante-dix pour cent des Ontariens estiment désormais qu’il emmène la province dans la mauvaise direction. Soixante-dix pour cent, c’est une union que M. Ford devrait surveiller. Ensemble, nous allons faire en sorte qu’il ne prenne pas ce qui nous appartient. Ensemble pour gagner, nous sommes unis pour un Ontario équitable.

Solidairement,

Smokey

Warren (Smokey) Thomas
Président, Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario
@OPSEUSmokey
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