Message du vice-président/trésorier

Le leadership : Plus que des mots

Date de publication

Le mardi 19 février 2019, 12 h 30

Doug Ford aime se mettre en valeur. Il n’aime pas particulièrement dire la vérité.

Et tout le monde le sait.

Pourtant, on l’a élu premier ministre de l’Ontario!

Monsieur Ford n’a pas pu devenir maire de Toronto. Il s'est fait battre par John Tory, un homme qui, ironiquement, n’a lui-même pas réussi à devenir premier ministre quand il était à la tête des Conservateurs, en 2007.

Comment tout cela est-il possible?

Et M. Tory est devenu maire parce que Toronto en avait marre de la marque Ford.

En 2014, les Torontois en avaient définitivement assez du cirque à l’Hôtel de ville. 

La « nation Ford », comme ils aiment s’appeler, était exactement là où elle devait être, en pleine chute libre.

Pourtant, quatre ans plus tard, dans un contexte des plus étranges, Patrick Brown perdait la chefferie des Conservateurs et M. Ford la récupérait. Et aujourd’hui, nous avons un premier ministre presque aussi populaire que la première ministre libérale qui l’a précédé.

Un récent sondage du spécialiste des sondages Nik Nanos montrait que sept Ontariens sur 10 s’opposent au programme de M. Ford et 9 sur 10 ont peur que les services publics sur lesquels ils comptent disparaissent.

Tout cela se déroule sous la bannière « Pour le peuple ».

Ainsi, apparemment, « Pour le peuple » n'est pas « Pour les travailleurs ».

Le « peuple » ne comprend pas les étudiants et les enfants, les personnes handicapées, les pauvres, les personnes malades, les personnes âgées et quiconque a besoin d’aide du gouvernement.

Les amis personnels de M. Ford se portent bien. L’élite commerciale se porte très bien. Les consultants à six chiffres se portent vraiment bien. Et les initiés de M. Ford s’enrichissent sur le train corrompu de la privatisation.

Soyons réaliste, les Conservateurs ont gagné parce que Kathleen Wynne a perdu et parce que la direction fantôme du premier ministre Bob Rae peut encore être ressuscitée avec succès par la gauche comme par la droite.

En 2022, le même cycle du « rincer-laver » va peut-être produire un nouveau gouvernement libéral. Qu'en pensez-vous?

La même chose se passe au fédéral.

La plupart des sondages effectués même avant le scandale SNC-Lavalin montrent que les Conservateurs d’Andrew Scheer sont au coude à coude ou légèrement en avance sur les libéraux de Trudeau, tandis que le NPD traîne loin derrière.

Je suppose que nous pouvons blâmer la nature de la politique de détail ou le fait que les gens soient trop occupés pour suivre l'actualité 24 h sur 24 h, ou peut-être est-ce l’impact des médias sociaux.

Ou peut-être le pouvoir des slogans. Nous les avons tous entendus.

« Promesse faite. Promesse tenue », « Faire plus avec moins », « Une trajectoire permettant de réaliser l’équilibre », etc., etc., etc.

Malheureusement, le mouvement syndical n’y échappe pas.

« Protestez dans les rues ». L’éternelle formule. Ou que pensez-vous de « Les rues à qui? Nos rues! »

Et peut-être le plus désespéré... « nous avons besoin de plus de démocratie ».

Il est intéressant que la droite comme la gauche utilisent cette formule pour des raisons très différentes avec les mêmes résultats.

La gauche s’en sert pour aborder l’histoire fabriquée de l’énorme déconnexion entre les syndiqués et les gros dirigeants syndicaux.

La droite l’utilise pour attaquer la formule Rand et les cotisations qui, d’une manière ou d’une autre, enrichissent.... oh oui... les gros dirigeants syndicaux.

En bout de ligne, les deux groupes font la même chose, attaquant le dernier bastion des travailleurs et des communautés, le mouvement syndical. Notre mouvement.

Et c'est là où je veux en venir. Pourquoi attaquer l’organisme et les personnes mêmes qui luttent jour après jour pour protéger les intérêts des travailleurs?

Ainsi, voici comment je réponds à ces deux groupes. Vous ne bernez personne.

J’étais présent avec beaucoup d’entre vous qui lisez ces lignes sur les pelouses de Queen’s Park pendant la soi-disant révolte de la FPO, pendant la grève de 1996.

Cette journée-là, bon nombre d’entre nous ont sauté des barricades pour protéger nos amis des bâtons de la Police provinciale de l’Ontario.

Certaines personnes ont été blessées. Et certaines en portent toujours les cicatrices.

Ce fut un morceau de l’histoire du mouvement ouvrier.

Et pendant qu’on y est, souvenons-nous que cette année marque le 100e anniversaire de la grève générale de Winnipeg.

Pour l’occasion, le congrès du SNEGSP aura lieu à Winnipeg cette année, de façon à ce que nous puissions rendre hommage aux braves âmes et à leur héritage qui ont inspiré un siècle de solidarité.

Les travailleurs n’ont jamais rien gagné grâce à des slogans et à des discours.

Les gains réalisés l’ont été grâce à un travail acharné, à la diligence, au sang, à la sueur, aux larmes et à des combats intelligents.

Soixante-dix ans après Winnipeg, un puissant contingent de militants du SEFPO risquaient le tout pour le tout sur les pelouses de Queen’s Park.

Et un seul principe nous guidait en cette journée historique.

Nous étions là pour le peuple. Des gens comme vous et moi. Nos concitoyens.

Parce que l’union fait la force.

Et ça, mes amis, c’est la vérité.

En toute solidarité,

Eduardo (Eddy) Almeida
Premier vice-président/trésorier
Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario
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