Commentaires de Deborah Gordon au Comité permanent sur le projet de loi 89

Remarques de Deborah Gordon, présidente du Secteur du traitement des enfants du SEFPO, dans le cadre d'une présentation au Comité permanent de la justice sur le projet de loi 89, une Loi édictant la Loi de 2016 sur les services à l’enfance, à la jeunesse et à la famille.

Bonjour tout le monde. Je m’appelle Deborah Gordon et je suis présidente élue du Secteur du traitement des enfants du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO). Jane Kaija, présidente du Secteur de l’aide à l’enfance du SEFPO, est ici avec moi aujourd’hui.

Je vous remercie de me permettre aujourd’hui d'exprimer mon opinion sur le projet de loi 89.

Ensemble, nous représentons plus de 6 100 travailleurs dans trois secteurs importants du Secteur parapublic, lesquels sont directement concernés par cette législation.

Nos membres s’engagent envers la réussite de tous les enfants, jeunes et familles en Ontario, et c'est la raison pour laquelle nous faisons ce que nous faisons. Les travailleurs de première ligne veulent un avenir meilleur pour tous les Ontariens et ils sont particulièrement bien placés pour donner des idées sur les changements nécessaires au succès recherché.

Pour commencer, nous tenons à dire que nous soutenons les principes généraux définis dans le préambule du projet de loi 89.

Nous estimons que les programmes et soutiens réservés aux enfants et aux jeunes devraient être axés sur les enfants et les jeunes et suivre le principe de Katelynn, qui dit que les points de vue de l’enfant doivent être dûment pris en considération, compte tenu de l’âge et de la maturité de l’enfant, et que chaque enfant devrait avoir l’occasion de s’exprimer avant qu’une décision qui les affecte ne soit prise.

Nous appuyons la diversité et l’inclusion. Nous croyons au Code des droits de la personne de l'Ontario et à la Charte canadienne des droits et libertés. Nous voulons éliminer le racisme et les obstacles qu’il crée.

On retrouve le même langage dans le préambule du projet de loi 89, un langage prospectif très 21e siècle. Malheureusement, les modifications proposées dans le projet de loi sont extrêmement mineures. Elles ne sont pas à la hauteur de la promesse faite dans le préambule.

Le projet de loi 89 n’est pas un projet de loi pour aider les enfants, les jeunes ou leurs familles.

Plutôt, c’est un projet de loi pour aider le gouvernement à répondre aux nombreux rapports récents qui expliquent en détail l’échec du gouvernement à répondre aux besoins courants de nos communautés.

Le projet de loi 89 n’ouvre pas la voie aux changements.

Les travailleurs du système de l'aide sociale à l'enfance ont tous vu l’empiétement des modèles de financement qui sabotent toute approche axée sur l’enfant. Ces modèles mettent l'accent sur la mesure des résultats, les quotas, les ententes de responsabilité et la gestion pérenne des listes d’attente.

Entre temps, la demande de services est de plus en plus grande et les services demandés de plus en plus complexes. Pour répondre à ces pressions, le gouvernement s'est mis à restructurer, fusionner et télécharger.

Ce remaniement n’a rien fait pour empêcher le navire de couler.

Ainsi, en deux minutes, que devrions-nous voir dans le projet de loi 89?

Nous avons besoin d’une vision audacieuse et courageuse, une vision qui est plus qu’un énoncé de bonnes intentions. Nous avons besoin d’une vision qui dit que le gouvernement doit :

  • aborder les besoins sociaux, économiques et de santé de nos enfants;
  • collaborer volontairement dans tous les silos entre les ministères;
  • augmenter de façon significative les dépenses pour les services aux enfants et à la jeunesse;
  • éliminer la notion du profit de la prestation des services aux enfants et aux jeunes; et
  • créer un système qui donne la place à l’innovation et à la souplesse pour pouvoir répondre aux besoins uniques de chaque enfant et de chaque jeune. 

Nous appuyons une surveillance et une responsabilisation plus grandes; des permis pour les services résidentiels; donner davantage de voix aux enfants et jeunes; et la surveillance et la gouvernance des Premières Nations. Mais en l’absence de changements radicaux, les enfants vulnérables n’auront pas accès aux mêmes possibilités dans la vie que les autres enfants en Ontario.

En bout de ligne, nous devrons tous payer.

C'est honteux. Actuellement, le PIB par habitant en Ontario est à un niveau record. Nous sommes vraiment plus riches que nous ne le pensons. Il est absolument inconcevable que nous, en tant que société, refusions de reconnaître les besoins réels de nos enfants les plus vulnérables.

Pourtant, nous sommes ici, témoins d’une série d’échecs en cascade dans la façon dont nous fournissons les services aux enfants et aux jeunes.

Nous avons eu des enquêtes du coroner sur le décès de certains enfants.

Nous avons eu les rapports de la vérificatrice générale.

Plus récemment, nous avons eu le rapport du Comité consultatif pour les services en établissement.

Toutes ces choses parlent d’un système en crise, une crise à laquelle nous devons remédier maintenant.

L’occasion de créer une vision audacieuse et généreuse afin d’aider nos enfants et nos jeunes à réussir se présente à nous maintenant. Dans notre présentation écrite, que vous avez reçue, vous verrez 17 recommandations que nous mettons de l’avant pour saisir cette occasion.

Jane et moi-même aimerions beaucoup en discuter avec vous. Nous attendons vos questions avec impatience.

Merci.

Date de publication: 

Le jeudi 30 mars 2017, 16 h 00

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