Skip to content

Comparer les partis : Cinq enjeux clés pour les membres du SEFPO

Comparer les partis : Cinq enjeux clés pour les membres du SEFPO

We the North
We the North
Share on facebook
Share on twitter
Share on email

Les Ontariens sont appelés à se rendre aux urnes le 12 juin prochain. Les libéraux ont utilisé le budget provincial du 1er mai dernier comme tremplin électoral; les conservateurs dévoilaient leur plateforme électorale le 14 mai, et les néo-démocrates nous révèlent leur programme au fur et à mesure de leur campagne. Les renseignements publiés plus bas peuvent changer. Nous vous invitons à consulter nos mises à jour hebdomadaires à l'adresse https://sefpo.org/info-membre?f[0]=field_topic_tags%3A823.

Le déficit

La récession de 2008-2009 a lourdement pesé sur l'économie de l'Ontario. Elle a entraîné une baisse des revenus gouvernementaux, puis un déficit provincial. En 2011, tous les partis avaient promis d'éliminer le déficit d'ici 2017-2018. Le déficit en 2013-2014 était de 11,3 milliards de dollars.

Libéraux

Depuis 2009, les libéraux ont réduit le déficit au moyen de coupures au niveau des services publics, des salaires et des emplois. Les réductions d'impôt accordées aux entreprises par les libéraux ont augmenté le déficit, mais ont été en partie compensées par les augmentations imposées aux particuliers à revenu élevé. Les libéraux envisagent d'éliminer le déficit d'ici l'exercice 2017-2018, mais disent que leur objectif principal est de créer des emplois, pas de réduire le déficit. Le Budget 2014 nous dit que toute augmentation salariale dans le secteur public doit être compensée ailleurs (suppressions d'emplois ou réductions des prestations).

PC

Les conservateurs ne croient pas que les réductions budgétaires des libéraux permettront de se défaire du déficit d'ici à l'exercice 2017-2018. Le chef du parti conservateur, Tim Hudak, affirme qu'il remboursera le déficit bien avant ça, et ce, en imposant des réductions plus drastiques dans les services publics, les emplois et les salaires. Hudak a promis de supprimer 100 000 emplois à la fonction publique et de geler les salaires de tous les fonctionnaires pendant deux ans.

NPD

En 2012, le NPD avait réussi à empêcher les libéraux de continuer de réduire les impôts sur le revenu des sociétés et à les encourager à accroître l'équité fiscale en augmentant le taux de l'impôt sur le revenu des particuliers gagnant plus de 500 000 $ par année. À elles seules, ces deux mesures permettent actuellement de réduire le déficit de plus de 1,7 milliard de dollars par année. Les néo-démocrates disent qu'ils élimineront le déficit d'ici l'exercice 2017-2018, utilisant le même calendrier que les libéraux, mais avec quelques changements au niveau des recettes et des dépenses.

 

Services publics et privatisation

Le gouvernement de l'Ontario dépense moins par personne sur les services publics que n'importe quelle autre province au Canada.

Libéraux

Les libéraux envisagent de continuer de réduire les dépenses jusqu'à 2017-2018. Ils veulent privatiser davantage de services publics et se montrent enthousiastes à l'égard des partenariats publics-privés (P3) pour payer les coûts d'infrastructure telle que les hôpitaux, même si les P3 coûtent davantage aux contribuables. Les libéraux nous parlent maintenant de « recyclage des biens » et de « valorisation des biens provinciaux », mais leurs propositions de changer la façon dont la LCBO, Ontario Power Generation et Hydro One fonctionnent manquent de précisions.

PC

En plus de réduire les dépenses au niveau des services publics et des emplois encore plus que les libéraux ne promettent de le faire, les conservateurs privilégient la privatisation de la plus grande partie du travail du secteur public, allant de l'entretien des édifices à la technologie de l'information. Si l'on se fie à leur programme électoral, les conservateurs permettraient aux régimes de pensions de l'Ontario et du Canada d'investir dans des entreprises publiques telles que la Régie des alcools de l'Ontario (LCBO), Hydro One et Ontario Power Generation. Les ventes de tels actifs réduiraient les recettes du gouvernement à long terme.

NPD

Le parti défend la propriété publique de la LCBO et du réseau électrique, et a vigoureusement dénoncé les P3. Dans sa plateforme électorale 2014, le NPD s'était engagé à « limiter l'utilisation de consultants » afin d'économiser 150 millions de dollars par année. Andrea Horwath, chef du parti, a annoncé qu'elle réduirait les dépenses de programmes de 600 millions de dollars si elle était élue, mais elle n'a pas dit si ces réductions viendraient de l'annulation des privatisations ratées passées.

 

Taxation

Les réductions d'impôt du gouvernement conservateur de Mike Harris et du gouvernement libéral de Dalton McGuinty continuent de drainer la trésorerie provinciale de l'argent dont on a besoin pour payer les services publics. Les réformes fiscales effectuées depuis 1995 se traduisent toujours par une perte nette de 18 milliards de dollars par année dans les fonds publics.

Libéraux

Les libéraux ont réduit les impôts des sociétés et le financement des services publics. Les réductions apportées en 2010 et 2011 au taux de l'impôt sur le revenu des sociétés coûtent aujourd'hui quelque 2,3 milliards de dollars par année à notre économie. L'élimination de l'impôt sur le capital des libéraux a permis aux entreprises d'économiser 2,4 milliards de dollars par année. La TVH permet désormais aux entreprises d'économiser 4,7 milliards de dollars par année. Les réductions d'impôt sur le revenu des particuliers conçues pour dédommager les consommateurs du coût de la TVH se sont également traduites par une réduction des recettes publiques. Le budget 2014 prévoit des augmentations d'impôt totalisant 900 millions de dollars par an, principalement des augmentations de l'impôt sur le revenu des particuliers gagnant plus de 150 000 $ par année.

PC

Le parti conservateur ontarien prétend que « les réductions d'impôt permettent de créer des emplois », même si ces dix dernières années ont été témoin de la chute des impôts des entreprises et de la chute des investissements d'affaires. Dans l'ensemble, on peut dire que les conservateurs ne reconnaissent pas le rôle des dépenses du secteur public dans l'économie. Ils ignorent le coût économique et humain énorme des réductions des services publics dues aux baisses d'impôt. Les conservateurs ont promis de réduire le taux de l'impôt sur le revenu des sociétés de 11,5 à 8 pour cent, une réduction qui coûterait 3 milliards de dollars par année aux coffres publics. Ces trois milliards de dollars s'ajouteraient à la dette de la province, ou seraient compensés par d'autres coupures dans les services publics.

NPD

Dans le cadre de son accent sur « l'abordabilité », le NPD privilégie la réduction des impôts sur des choses essentielles telles que le mazout domestique et s'oppose aussi aux augmentations d'impôt ou des frais imposées aux Ontariens faisant partie de la « classe moyenne ». La plateforme néo-démocrate parle d'augmenter l'impôt des sociétés à 12,5 % (soit un point de pourcentage) pour recueillir quelque 720 millions de dollars par année au cours des quatre prochaines années. Le NPD propose de réduire le taux d'imposition des petites entreprises de 4,5 % à 3 % et appuie la mise en place de crédits d'impôt ciblés pour les entreprises qui créent des emplois et investissent dans l'industrie manufacturière, pour « récompenser les créateurs d'emplois ».

 

Droit du travail

Les négociations collectives ont joué un rôle fondamental en faisant en sorte que les travailleurs reçoivent une part égale des richesses qu'ils créent. Les lois visant à promouvoir la syndicalisation et la négociation collective aident à bâtir une société plus équitable; les lois visant à affaiblir les syndicats ont l'effet opposé.

Libéraux

Après avoir utilisé le projet de loi 115 pour dérober aux enseignants et travailleurs de l'éducation des avantages sociaux clés négociés en 2012, les libéraux font de nouveau la cour au mouvement ouvrier. « Je sais combien les syndicats sont importants – et continuent de l'être », disait la Première ministre Kathleen Wynne l'automne dernier. Sous le régime Wynne, les libéraux se sont prononcés contre les plans du PC de vider de toute leur substance les lois du travail ontariennes, et ont proposé des changements modestes mais positifs aux normes d'emploi provinciales. Les libéraux ont promis d'augmenter le salaire minimum à 11 $ d'ici au 1er juin, puis de l'indexer au taux d'inflation.

PC

Les conservateurs espèrent affaiblir les syndicats en les accablant de paperasserie et en les empêchant de participer au débat démocratique, avec en tête de faire baisser les salaires des travailleurs syndiqués et non syndiqués. Une proposition des conservateurs serait de supprimer les dispositions des conventions collectives en ce qui concerne l'ancienneté, de façon que tous les Ontariens aient le droit de postuler pour un emploi du gouvernement. Ce plan ouvrirait la porte au favoritisme lors de l'embauche du personnel et transformerait les services publics en récompense pour des services politiques. Les conservateurs sont opposés à l'augmentation du salaire minimum.

NPD

Parmi les principaux partis, le NPD est celui qui s'est montré le plus favorable aux syndicats. Des projets de loi d'initiative parlementaire de députés néo-démocrates ont proposé une législation antibriseurs de grève pour l'Ontario, l'accréditation fondée sur les cartes d'adhésion pour tous les travailleurs, des mesures de protection plus fortes pour les employés pendant les campagnes de syndicalisation, un accès plus simple à l'arbitrage pour les premiers contrats, ainsi que d'autres améliorations. Le NPD privilégie l'augmentation du salaire minimum à 12 $ l'heure dans les deux ans.

 

Emplois

Suite à la récession de 2008-2009, le taux de chômage officiel en Ontario atteignait 9,4 pour cent en août 2009, mais il est depuis tombé à 7,4 % . Néanmoins, de nombreux emplois sont à temps partiel, temporaires ou autonomes à salaires bas, et 28 pour cent des travailleurs gagnent 14,25 $ l'heure ou moins. À notre connaissance, 555 000 Ontariens qui cherchent du travail n'en trouvent pas.

Libéraux

La stratégie pour l'emploi des libéraux comporte deux volets principaux. Tout d'abord, un investissement dans l'infrastructure, dépensant pour les routes, les ponts, les hôpitaux et les transports en commun comme jamais depuis les années 1960. Ensuite, un investissement ciblé dans les entreprises qui promettent d'investir et de créer des emplois en Ontario. Le Budget 2014 proposait un Fonds pour l'emploi et la prospérité, avec 2,5 milliards de dollars à dépenser sur 10 ans. L'objectif visé de ce Fonds était de « attirer des investissements qui stimulent la création d’emplois et sont axés sur l’innovation, la productivité et la pénétration des marchés internationaux ».

PC

L'économie idéale des conservateurs en est une qui permet des profits élevés résultant de baisses des salaires et d'impôts les plus bas possible pour les entreprises. Les conservateurs semblent ignorer que plus les salaires sont bas et moins les consommateurs dépensent et que des impôts bas se traduisent par des services publics faibles et par moins d'investissements dans l'infrastructure, l'éducation et l'économie en général. Les conservateurs s'opposent à tout investissement ciblé du gouvernement – même les investissements qui créent directement des emplois – et privilégient les réductions d'impôt pour toutes les entreprises, qu'elles créent ou suppriment des emplois.

NPD

Le NPD rejette les réductions d'impôts des sociétés sans condition et a présenté des plans de crédits d'impôt réservés aux entreprises qui investissent et créent des emplois. En 2013, le NPD a réussi à convaincre le gouvernement Wynne de dépenser 295 millions de dollars pour créer des emplois pour les jeunes travailleurs.

 

Quelques mots sur le Parti vert de l'Ontario

Le Parti vert de l'Ontario n'a aucun siège à l'Assemblée législative de l'Ontario, mais est le quatrième parti le plus populaire de la province selon les sondages d'opinion publique. Le programme électoral du parti vert, publié le 13 mai dernier, met l'accent sur des questions de qualité de vie, telles qu'un environnement propre, les transports en commun et la réduction de la pauvreté chez les enfants; le parti est pour les petites entreprises mais reste muet au sujet des droits du travail, des services publics et de la privatisation. Vous trouverez le programme électoral du parti vert ici http://www.gpo.ca/sites/gpo.ca/files/attachments/gpo_platform_2014_05_13_web.pdf