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Lecture syndicale : The Tragedy of Social Democracy de Sirvan Karimi

Lecture syndicale : The Tragedy of Social Democracy de Sirvan Karimi

Front cover of book entitled The Tragedy of Social Democracy
Front cover of book entitled The Tragedy of Social Democracy
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Howard A. Doughty, section locale 560 

La pandémie de COVID-19 nous a montré à quel point le monde était mal préparé à faire face à une telle épidémie. 

Elle a fait ressortir à quel point les dirigeants de la finance, du commerce et de l’industrie ont été incapables de répondre aux besoins de leurs employés, clients et gouvernements, qui leur demandaient pourtant des choses relativement simples, comme fabriquer rapidement une énorme quantité d’équipements de protection individuelle. 

De Brasilia à Mar-a-Lago, elle a révélé le pire des dirigeants politiques : leur arrogance, leur incompétence et leur manque d’éthique. Elle a également mis en évidence l’importance cruciale du secteur public et les graves limites du secteur privé pour répondre aux besoins humains. 

Du fait que tout le monde est aux prises – à des degrés divers – avec les conséquences économiques, émotionnelles et trop souvent sanitaires, certains disent que ce n’est pas le moment de faire de la politique. « Avançons tous ensemble », disent-ils, et « attendons la nouvelle normalité pour demander des comptes ». Nous pourrons ensuite faire le point et planifier un avenir meilleur. Le problème est que si on attend ce moment-là, il sera trop tard. Les puissances dominantes sont déjà en train de planifier leur propre avenir, pas le nôtre, 

Sirvan Karimi, professeur adjoint de politique publique et d’administration à l’Université York, l’explique dans son livre. Il écrit en réalité depuis pas mal de temps. Son livre, The Tragedy of Social Democracy, qui a été publié il y a cinq ans, aurait pu/dû être écrit hier. 

Cela n’est pas immédiatement évident puisqu’il discute des tendances qui ont émergé en Europe il y a près de 150 ans, des luttes politiques qui ont eu lieu il y a près d’un siècle et des conflits idéologiques et d’intérêts plus récents qui nous ont entraîné dans le piège « néolibéral » des 50 dernières années. Il l’explique efficacement et clairement. 

Karimi discute des différences entre les « libéraux » et les « sociaux-démocrates ». Il discute des problèmes d’esprit et de volonté qui ont nous mené dans une impasse depuis les années 1970. C’est lorsque le secteur des entreprises a commencé à s’attaquer aux syndicats, aux investissements sociaux, à l’aide sociale et à la réglementation environnementale au niveau mondial. Karimi vilipende l’équité et la prospérité relatives qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale et remplacé le progrès par la domination du « un pour cent » – par le biais de privatisations, d’une guerre au secteur public et au bien collectif. 

Karimi établit le diagnostic de cette « tragédie » : le soi-disant effondrement de l’ordre du jour progressiste, qui nous a apporté le régime d’assurance-maladie, qui a presque mis en place des services de garde d’enfants universels et qui a affiché une certaine volonté à lutter contre le changement climatique. Il explore les racines de cet échec et explique ce qui doit être fait pour retrouver notre élan pour bâtir une société plus saine, plus heureuse – un monde meilleur. 

Karimi souligne les politiques publiques les plus essentielles au progrès et les tactiques politiques nécessaires pour y parvenir. Il clarifie des questions complexes et explique ce que nous devons faire si nous voulons tenir la promesse de bâtir une société pour tous. Une lecture instructive. 

Sirvan Karimi, The Tragedy of Social Democracy. Halifax: Fernwood Publications. 2015, 105 pages. ISBN : 9781552667729