Lettre ouverte concernant le plan proposé pour l’inclusion des personnes en situation de handicap

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C’est au nom des 390 000 membres du Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public (SNEGSP), que je vous écris cette lettre au propos du plan proposé pour l’inclusion des personnes en situation de handicap au Canada. Tout au long de notre histoire, nous avons fortement plaidé pour un meilleur soutien des personnes en situation de handicap, en ayant pour objectif de leur permettre d’atteindre une inclusion complète dans chaque aspect de leur vie.

Le SNEGSP supporte la composante de diffusion du sondage en ligne sur le plan pour l’inclusion des personnes en situation de handicap. Le gouvernement doit toujours consulter les communautés qui seront les bénéficiaires de cette action
gouvernementale (bien qu’il ne soit pas clair de savoir pourquoi le sondage est ouvert aux canadiens qui n’ont aucun handicap, qui ne travaillent pas avec, ou qui n’assistent pas les personnes en situation de handicap). Cependant, le SNEGSP demande aussi à tous les chefs des partis politiques fédéraux de prendre rapidement des actions plus fortes pour assister les personnes en situation de handicap.

Le sondage, bien qu’il constitue un bon point de départ pour examiner comment assister les personnes en situation de handicap, pour qu’elles puissent entrer ou demeurer sur le marché du travail, ne laisse aucune place pour les opinions des personnes en situation de handicap qui ne sont pas en mesure de travailler. Il ne fournira aucune donnée qui puisse démontrer la réalité désespérée de ces personnes en situation de handicap qui vivent dans la pauvreté. Le sondage ne fait aucune place non plus pour l’intersectionnalité. Les personnes en situation de handicap qui font partie d’un autre groupe qui soit à la recherche d’équité sont confrontées à une discrimination, et à des barrières additionnelles dans leur recherche d’emploi. Leurs voix ne seront pas

 

 

entendues adéquatement par la portée limitée des questions du sondage. De plus, en rendant le sondage disponible uniquement en ligne, le gouvernement empêche ceux et celles qui n’ont pas d’accès à Internet de fournir leurs réponses.

Le sous-financement et les niveaux de pauvreté des personnes en situation de handicap sont bien documentés, sans l’aide apportée par un sondage. Nul besoin de chercher plus loin que dans les réponses aux gazouillis de Carla Qualtrough ou en consultant les contenus offerts par des tags comme #ODSPoverty. Ce ne sont pas des trolls ou des comptes de robots sur Twitter.

Il s’agit de vraies personnes vivant au Canada, qui ont sonné l’alarme pendant des décennies concernant le soutien inadéquat. Aussi, si le gouvernement exigeait d’obtenir ces données présentées sous forme de rapport, plusieurs organismes sans but lucratif et cabinets spécialisés en recherche ont en main les statistiques sur ces enjeux.

22 % de la population canadienne s’identifie comme des personnes en situation de handicap. Dans les communiqués de presse pour la législation canadienne sur les prestations d’invalidité, qui est maintenant échue, le gouvernement concédait que le nombre de ces personnes en situation de handicap au Canada serait probablement beaucoup plus élevé. Lorsque les canadiens et canadiennes ont perdu leurs emplois en raison de la pandémie, le gouvernement fédéral a pris des actions rapides pour s’assurer que les gens puissent continuer à payer pour se nourrir et se loger. La crise de pauvreté à laquelle sont confrontées les personnes en situation de handicap—sans égard à leur capacité de travailler—devrait elle aussi être confrontée avec la même rapidité.

Les personnes en situation de handicap qui sont aptes à travailler sont souvent forcées de prendre des emplois à temps partiel, dans les domaines de l’économie de partage, sans avantage social. Cela peut être particulièrement grave pour les personnes en situation de handicap qui ont besoin d’un accès à du soutien ou à des médicaments d’importance vitale. Si une personne souffrant d’un handicap travaille, mais qu’elle gagne moins de 2 000 $ par mois, elle devrait recevoir des compensations. Mais c’est le contraire qui s’est produit pendant la pandémie. Les personnes en situation de handicap qui ont perdu leur emploi pendant la pandémie, et qui ont fait une demande de PCU, ont vu ces montants déduits de leur prestations provinciales d’invalidité.

2 000 $ par mois est un faible niveau de soutien. Bien que le Canada ne maintienne pas de ligne officielle de pauvreté, nous pouvons dire qu’il est pratiquement impossible de vivre dignement avec 24 000 $ par année. Aussi, si le soutien pour les personnes en situation de handicap n’équivaut même pas au précédent offert sous forme de la PCU, comment pouvons-nous en tant que pays affirmer être un leader mondial en matière des droits de l’homme? Il faut soutenir les personnes en situation de handicap avec dignité, sans égard au fait qu’elles soient capables ou non de travailler. La capacité d’une personne à travailler ne change pas le fait que tout le monde doive être traité avec respect, et recevoir le soutien dont ils et elles ont besoin pour vivre avec dignité.

Nous mettons au défi tous les chefs des partis politiques fédéraux de réfléchir à comment ils ou elles pourraient vivre avec le soutien financier disponible pour les personnes en situation de handicap. En tant que société, nous avons failli à bien soutenir les personnes en situation de handicap, avant, et pendant la pandémie : ne perpétuons pas ces modèles d’échec systématique dans le futur.

Sincèrement,

Larry Brown
Président, NUPGE