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Une présentation du SEFPO : Laissons la spéculation à Bay Street

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L’augmentation de l'effectif étudiant international est clairement devenue une priorité pour les établissements postsecondaires de l'Ontario, y compris les 24 collèges financés par les contribuables, alors que les investissements du gouvernement dans le secteur continuent de diminuer.  La question des activités internationales des collèges a suscité l’intérêt public intense et l’indignation après qu’il est apparu qu'au moins trois collèges ont établi des campus ou des programmes en Arabie saoudite, un pays répressif connu pour sa répression sévère sur la liberté d'expression, les exécutions de masse et la violence sexiste.

Ni les collèges ni le ministère de la Formation et des Collèges et Universités (MFCU) ont été totalement transparents quant à la portée et la nature des activités internationales des collèges.  Le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario, qui représente plus de 8 600 employés de soutien et près de 12 000 professeurs dans les 24 collèges publics de l'Ontario, croit qu'il y a une place pour l'activité internationale dans le mandat des collèges, mais que le statu quo des irrégularités financières, des violations des droits de la personne, et des inégalités entre les sexes est tout simplement inacceptable.

Ci-dessous le texte intégral du mémoire présenté par le SEFPO.

Laissons la spéculation à Bay Street

Un mémoire présenté au ministère de la Formation et des Collèges et Universités à l’égard de la consultation sur la stratégie de l'éducation postsecondaire internationale pour l’Ontario

13 avril 2016

Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario
100, chemin Lesmill
Toronto (Ontario) M3B 3P8
www.sefpo.org

Introduction

« Le système collégial communautaire a été créé afin de préparer les citoyens de l'Ontario pour les emplois spécialisés et en demande qui apportent l'investissement et la prospérité à la province.  Que les collèges fassent ce qu'ils font le mieux, et laissons la spéculation à Bay Street. »

– Warren (Smokey) Thomas, président du SEFPO

L’augmentation de l'effectif étudiant international est clairement devenue une priorité pour les établissements postsecondaires de l'Ontario, y compris les 24 collèges financés par les contribuables, alors que les investissements du gouvernement dans le secteur continuent de diminuer.  Le plan de réorganisation du programme d'aide financière aux étudiants du gouvernement actuellement en cours pour couvrir les frais de scolarité des étudiants à faible revenu en 2017-18 est certainement une bonne nouvelle, mais il ne résout pas le problème sous-jacent d'un système d'enseignement postsecondaire mauvaisement sous-financé.

Selon les collèges de l’Ontario, plus de 33 000 étudiants étrangers se sont actuellement inscrits dans les Collèges d’arts appliqués et de technologie (CAAT).[i]  Les étudiants étrangers paient plus de trois fois de plus de frais de scolarité et de frais supplémentaires que les étudiants canadiens.[ii]  Il font partie d’un marché lucratif pour les CAAT, qui ont connu une baisse de 18 pour cent par étudiant des fonds de fonctionnement de la province depuis 2007-08. [iii] Les étudiants étrangers sont considérés comme une solution potentielle à la baisse prévue de l’effectif étudiant, en particulier dans les collèges ruraux et du Nord.

Mais le recrutement des étudiants étrangers ne se termine pas aux frontières de l'Ontario.  Une analyse rapide des sites Web des CAAT montre qu'ils gèrent des campus et des programmes dans de nombreux pays dont le Brésil, la Chine, l'Equateur, l'Egypte, la Jordanie, l'Inde, le Kazakhstan, le Koweït, la République kirghize, le Monténégro, le Qatar, l'Arabie Saoudite, Tadjikistan, Tanzanie, Vietnam et les Emirats arabes unis.

Cependant, nous notons également avec une profonde préoccupation que ni les CAAT, ni le ministère de la Formation et des Collèges et Universités (MFCU) ont été totalement transparents quant à la portée et la nature de ces activités internationales.  La présentation du budget de collèges de l'Ontario au gouvernement pour 2016-17 ne met en évidence les « partenariats » de trois collèges – Northern, Seneca et Niagara – avec des institutions d'outre-mer en Chine, en Asie centrale et au Vietnam, respectivement. [iv]  Ni le MFCU ni les collèges de l'Ontario n’ont fourni une liste complète des programmes à l'étranger, des pays dans lesquels ils opèrent, des institutions gouvernementales ou des sociétés privées, avec qui ils sont en partenariat, le personnel enseignant et le soutien de ces programmes, ou le processus d'examen utilisé pour évaluer les risques des droits financiers, la réputation et les droits associés avec ces activités.  D'une importance cruciale : nous ne savons pas combien de fonds ont été consacrés à l'établissement de ces programmes à l'étranger ou les recettes étant gagnées – ou perdues.

La question des activités internationales des collèges a suscité l’intérêt public intense et l’indignation.  Une partie de cette préoccupation provient du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario, après il est apparu qu'au moins trois collèges ont établi des campus ou des programmes en Arabie Saoudite, un pays répressif connu pour sa répression sévère sur la liberté d'expression, les exécutions de masse et le sexe la violence sexiste.

Le Collège Algonquin et le Collège Niagara fonctionnent ont tous les deux des campus pour hommes seulement en Arabie saoudite, et le Collège Centennial offre des programmes de formation uniquement aux hommes.  Les trois collèges sont en violation de l'engagement des Nations Unies à assurer l'égalité d'accès à l'éducation pour les femmes et les filles.  Les femmes qui font partie du personnel scolaire des CAAT – que ce soit au Canada ou en Arabie saoudite – sont interdites de travailler dans ces programmes.  Ceci est une violation flagrante du Code des droits et l'engagement du gouvernement de l'Ontario pour soutenir l'égalité des sexes dans la population active.

Les trois collèges : Algonquin, Niagara et Centennial, ont toutes les pertes financières importantes signalées, en dépit des promesses que les programmes apporteraient des revenus importants au cours des cinq premières années d'exploitation.  En outre, des documents distribués par le Collège Centennial aux médias montrent des centaines de milliers de dollars publics dépensés sur les avantages pour les ressortissants saoudiens et leurs familles qui ne font pas de travail pour ces programmes.  Le Collège Centennial et le MFCU devraient expliquer pourquoi cette pratique très irrégulière a lieu.

Nous sommes déçus que la réponse des collèges et du MFCU aux préoccupations soulevées par les professeurs, leur syndicat, des groupes de défense des droits humains et de nombreux Ontariens et Ontariennes à travers des lettres à l'éditeur et des annonces radiophoniques en a été de poursuivre l'expansion. Selon les rapports des médias, les collèges Algonquin et Niagara ont des plans d’ouverture des collèges réservés aux femmes en Arabie saoudite, apparemment avec l'approbation de la province.[v]  Nous pensons qu'il serait plus approprié de mettre un moratoire à l'expansion des campus d'outre-mer en attendant un examen des activités internationales actuelles.

Le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario, qui représente plus de 8 600 employés de soutien et près de 12 000 professeurs dans les 24 collèges communautaires de l'Ontario, croit qu'il y a une place pour l'activité internationale dans le mandat des collèges, mais que le statu quo des irrégularités financières, des violations des droits de la personne, et des inégalités entre les sexes est tout simplement inacceptable.

Le manque de transparence le rend difficile à évaluer la valeur de l'éducation internationale.  En dépit de ces obstacles, ce mémoire présenté décrira les principes fondamentaux et les valeurs que nous encourageons le gouvernement à adopter :

  1. L’objectif des 24 collèges communautaires doit être de fournir une éducation de qualité en Ontario.  Le gouvernement doit augmenter le financement par étudiant à temps plein jusqu'à la moyenne nationale.
  2. La mise au point des activités internationales doit être de fournir une éducation de qualité, conforme aux valeurs canadiennes et aux recommandations des Nations Unies, plutôt que de simplement générer des revenus.
  3. Toutes les activités internationales doivent respecter les principes de vérification et de rapport robustes et transparents.
  4. La propriété intellectuelle doit appartenir aux professeurs afin de favoriser l'innovation et assurer la bonne application des programmes d’études en Ontario et à l'échelle internationale.
  5. Le traitement de tous les employés impliqués dans la construction et l'entretien des campus étrangers doit respecter les normes du travail reconnues au niveau international et doit englober les travailleurs employés par les entrepreneurs et les sous-traitants.

Principes fondamentaux

1. L’objectif des 24 collèges communautaires doit être de fournir une éducation de qualité en Ontario.  Le gouvernement doit augmenter le financement par étudiant à temps plein jusqu'à la moyenne nationale.

Au moment de leur création, il y a près de 50 ans, environ 75 pour cent du financement de fonctionnement pour les CAAT provenaient de subventions du gouvernement provincial.[vi]  En 2013-14, accorder des recettes de toutes les sources ne représentait que moins de la moitié des recettes du système collégial.[vii]  En 2014-15, le financement réel de fonctionnement par étudiant était de 18 pour cent de moins qu’au moment du plafonnement du financement provincial en 2007-08.[viii]

Autrement dit, les revenus combinés des droits de scolarité nets et des subventions de fonctionnement par étudiant sont près de 700 $ de moins, en termes réels, que les revenus combinés en 2007-08.[ix]  Les frais de scolarité demeurent une source importante de revenus pour les collèges. Réglementés et à forte demande, les frais de scolarité représentent un peu plus de 20 pour cent des recettes du système.  Les frais supplémentaires représentent un pourcentage additionnel de 11,6 pour cent.[x]

Sur une base par étudiant, les collèges reçoivent moins de subventions que les écoles secondaires et les universités.  Compte tenu du fait que les collèges offrent un enseignement supérieur à un plus grand nombre d'étudiants à faible revenu (plus de la moitié des candidats des collèges déclarent des revenus familiaux de moins de 60 000 $ par année[xi]), on pourrait penser que la réponse politique appropriée de la province serait d’allouer plus de ressources et de soutien aux collèges, pas moins.

De plus, la province de l’Ontario se compare mal par rapport aux autres provinces.  Le financement par étudiant dans les collèges de l'Ontario est le plus bas de toutes les provinces.  Selon les collèges de l'Ontario, les subventions de fonctionnement par étudiant combinées avec les recettes des frais de scolarité en Saskatchewan est deux fois et demie plus élevé qu'en Ontario.[xii]

Il est clair que l'avenir ne semble pas plus brillant pour les budgets des collèges que le passé immédiat.  Le gouvernement de l'Ontario n'a pas l'intention de combler le déficit de financement qui a augmenté depuis 2007-08.  Selon le document d’appui au budget 2016 établi par le MFCU intitulé : « Perspectives pour les subventions de fonctionnement aux universités et collèges », les subventions de fonctionnement aux collèges augmenteront de 1,2 pour cent en 2016-17, 0,2 pour cent en 2017-18, et rien du tout en 2018-19.

Le plafond de la province pour les frais de scolarité expire en 2017.  Pour les collèges de l'Ontario, la réponse en partie au sous-financement semble être une augmentation des frais de scolarité.  Nous sommes catégoriquement en désaccord.  Nous croyons que la réponse est d'apporter un financement gouvernemental par étudiant à temps plein jusqu'à la moyenne nationale.

L’annonce récente de la province qu'elle réorganisera le programme d'aide financière aux étudiants actuellement en cours afin de couvrir les frais de scolarité moyens des étudiants ayant des besoins financiers dont les revenus familiaux sont inférieurs à 50 000 $ est une bonne nouvelle.  Toutefois, cela ne peut pas résoudre le problème sous-jacent d'un système d'enseignement postsecondaire mauvaisement sous-financé.

2. La mise au point des activités internationales doit être de fournir une éducation de qualité, conforme aux valeurs canadiennes et aux recommandations des Nations Unies, plutôt que de simplement générer des revenus.

La recommandation de l'UNESCO de 1997 concernant la condition du personnel enseignant est l'instrument international qui établit les normes et standards pour travailler dans les établissements d'enseignement à travers le monde.

Il est essentiel que toutes les initiatives internationales menées par les collèges et les universités de l'Ontario respectent la recommandation de l'UNESCO, qui met l'accent sur la liberté académique, l'autonomie institutionnelle, la gouvernance collégiale, la non-discrimination, et la sécurité de l'emploi.

L'un des principes clés de la recommandation de l'UNESCO pertinente à la mission internationale de l'Ontario est la liberté académique.  La recommandation définit la liberté académique de la façon suivante :

…le droit, sans contrainte doctrinale, la liberté d'enseignement et de discussion, la liberté dans la réalisation de la recherche et la diffusion et la publication des résultats de celle-ci, la liberté d'exprimer librement leur opinion sur l'établissement ou le système dans lequel ils travaillent, la liberté de la censure institutionnelle et la liberté de participer à des organismes professionnels ou représentatifs.  Tout le personnel de l'enseignement supérieur devrait avoir le droit d'exercer leurs fonctions sans discrimination d'aucune sorte et sans crainte de répression par l'État ou toute autre source.[xiii]

L'enseignement aux collèges de l'Ontario dans des contextes internationaux exige la liberté académique pour offrir des programmes adaptés qui enseigne la gamme complète de contenu et les compétences nécessaires pour les résultats éducatifs de qualité.  Dans le cadre du gouvernement de l'Ontario pour les programmes d'enseignement, la mission des collèges d'arts appliqués et de technologie va au-delà de l'éducation postsecondaire axée sur la carrière de haute qualité.  Elle comprend également des compétences d'employabilité essentielles telles que la pensée critique ainsi qu'une composante de formation générale destinée à former des citoyens qui sont « en mesure de contribuer de manière réfléchie, créative et positive à la société dans laquelle ils vivent et travaillent. » [xiv]  La réalisation de ces résultats, en particulier dans les pays ayant de graves violations et restrictions sur les droits de la liberté d'expression, sont impossibles sans la liberté académique.  Le gouvernement doit garantir que le diplôme d’études de l'Ontario décerné à l'étranger  équivaut à un diplôme de l'Ontario décerné au Canada.  Rien de moins ne sape la valeur et la perception de l'éducation au Canada à l'échelle internationale.

De cette façon, la liberté académique n’est pas un concept ésotérique.  Elle existe pour une raison essentielle : elle protège l'intégrité de la recherche et de l'enseignement.  Sans cette liberté, les décisions concernant les affectations de qualité, les méthodes pédagogiques – et, en fait, même ce qui peut être discuté dans la salle de classe – peuvent être dirigées par des entreprises partenaires, les pays étrangers, ou les gestionnaires qui n’ont aucune connaissance professionnelle ou académique de la discipline concernée.  Les professeurs doivent posséder la liberté académique pour veiller à ce que les programmes des normes ne souffrent pas dans la poursuite de partenariats commerciaux internationaux lucratifs où la qualité est sacrifiée au profit.

Le manque de respect des normes internationales énoncées dans la recommandation de l'UNESCO concernant la condition du personnel de l’enseignement supérieur fera des dommages incalculables à la réputation mondiale de l'Ontario en tant que chef de file en matière d'éducation internationale.

3. Toutes les activités internationales doivent respecter les principes de vérification et de rapport robustes et transparents.

Comme nous l'avons indiqué plus haut, il y a un manque inquiétant de transparence de la part des collèges et du MFCU quant à la portée des activités internationales des collèges, leurs coûts d'exploitation et les revenus étant générés par eux.  Par exemple, un rapport de médias sur un programme de formation des techniciens de l'automobile dans le Royaume d'Arabie saoudite organisé par le Collège Centennial interdit aux femmes a noté que plus de trois cents mille dollars ont été versés pour couvrir les frais d'assurance-maladie des fonctionnaires du gouvernement saoudien.[xv]  Cela semble être une pratique très irrégulière, c’est le moins qu’on puisse dire.  On ne sait pas pourquoi la filiale du Collège Centennial, Centennial International Training, a payé les frais d'assurance médicale des personnes individuelles et de leurs familles, qui ne sont pas ses employés, mais étaient en fait, les employés d'un organisme gouvernemental saoudien, technique et professionnel.

Le rapport des médias a cité un porte-parole du collège qui a dit que les programmes de formation en Arabie saoudite étaient actuellement rentables, mais les documents obtenus par le journaliste a trouvé le programme avait subi à des pertes au cours des trois années précédentes.  Quatre jours après la publication du rapport des médias, le Collège Centennial a annoncé qu'il ne renouvellera pas son contrat de formation en apprentissage en Arabie saoudite après avril 2016. [xvi]  Cependant, on ne sait pas si d'autres programmes de formation saoudiens se poursuivront.

Le Collège Niagara a ouvert son campus réservé aux hommes à Taif, Arabie saoudite en 2014, offrant le tourisme, l'hôtellerie et les affaires de golf.  En 2014, la section locale 242 du SEFPO, ce qui représente le personnel enseignant de Niagara, a dit que le collège devrait faire 8 millions de dollars sur cinq ans.  Lors d'une réunion avec le président et le vice-président de la section locale 242 en janvier, le chiffre d'affaires a diminué de moitié, à environ de 4 millions de dollars sur cinq ans.  Il a été confirmé que le Collège a perdu plus de 966 000 $ dans la première année de son accord pour l’exploitation en Arabie saoudite.[xvii]

Le Collège Algonquin  a ouvert son campus réservé aux hommes à Jazan en Arabie saoudite en 2013. La section locale 415 du SEFPO qui représente le personnel enseignant a constaté que, lors de la première discussion, le campus à Jazan devrait amasser 100 millions de dollars en cinq ans.  Ce chiffre a été réduit à 20 millions.  Maintenant, il est seulement à 4,4 millions sur cinq ans, et l'année dernière, le collège a perdu près de 1,5 million.[xviii]

Le personnel enseignant a contribué aux activités des collèges, mais les collèges et le MFCU ont fait peu pour être transparents au sujet de ces activités.  Nous croyons que le secret doit cesser.  Les collèges doivent publier sur leurs sites Web les contrats qu'ils ont signés avec des institutions étrangères, privées ou publiques, pour offrir des programmes techniques, professionnelles et appliquées, ainsi que les états financiers complets et les rapports de vérification pour ces activités à l’étranger.

4. La propriété intellectuelle doit appartenir aux professeurs afin de favoriser l'innovation et assurer la bonne application des programmes d’études en Ontario et à l'échelle internationale.

Plusieurs CAAT ont créé des partenariats avec les collèges privés dans lesquels l'établissement public financé vend sa « marque » à la société privée.  Les exemples comprennent la relation entre le Collège Saint-Laurent et Alpha International Academy, le Collège Lambton et le Collège Cestar et le Collège Cambrian et Hanson International.  Ces accords permettent aux entreprises privées d'offrir des certificats et des diplômes au nom des collèges communautaires, et de livrer des programmes élaborés par des professeurs des établissments publics.  Dans la même veine, certains CAAT prennent les programmes financés par les citoyens de l'Ontario et effectuent les licences ou la vente pure et simple aux entreprises et aux pays d'outre-mer.  Il est extrêmement difficile de contrôler la qualité de l'éducation, les normes d'emploi, et les services appropriés aux étudiants de ces collèges privés quand ils sont en Ontario, et plus encore quand ils sont à l'étranger.

La sous-traitance des programmes d’études de l'Ontario aux collèges privés au service des étudiants étrangers en Ontario et à l'étranger conduit à une importante « froideur d’innovation. »  La saisie, la monétisation et la vente des programmes sans l'apport du perosnnel enseignant donne un effet dissuasif important sur les professeurs qui apportent leur recherche indépendante, écriture et curriculaire inventive à des cours collégiaux.  Beaucoup de recherches ont été effectuées sur les qualités qui font une liberté de recherche et d'innovation respectueuse, et la liberté académique et la protection de la propriété intellectuelle sont les deux éléments des plus importants.

Les membres du personnel enseignant des collèges de l'Ontario, avec leur combinaison unique de formation approfondie, la formation et l'expérience de l'industrie, sont des innovateurs de réponse rapide, mais le manque d’un équilibre approprié entre le créateur et ses droits sape la capacité et la volonté des professeurs de contribuer pleinement à l'économie de l'Ontario.

Bien qu'il soit au-delà de la portée de cet argument pour discuter des paramètres spécifiques d'un cadre appropriée, le SEFPO demande au gouvernement d’adopter une nouvelle approche qui soutient les membres du personnel enseignant en matière d'innovation et protège l'investissement des Ontariens et Ontariennes.

5. Le traitement de tous les employés impliqués dans la construction et l'entretien des campus étrangers doit respecter les normes du travail reconnues au niveau international et doit englober les travailleurs employés par les entrepreneurs et les sous-traitants.

En faisant leurs efforts pour gagner de l'argent, les collèges communautaires de l'Ontario sont devenus des établissements mondiaux et en tant que tels doivent être conformes aux normes internationales du travail.  L'Organisation internationale du Travail (OIT) entretient et développe un système de normes internationales du travail visant à promouvoir les opportunités pour les femmes et les hommes d'obtenir un travail décent et productif dans des conditions de liberté, d'équité, de sécurité et de dignité.[xix]  L’OIT note que : « Les règles de l'économie mondiale devraient viser à promouvoir les droits, la vie, la sécurité et les possibilités des peuples, des familles et des communautés à travers le monde. » [xx]  Nous sommes entièrement d'accord.  À notre avis, il est dans l'obligation du gouvernement de l'Ontario et des collèges d’assurer que les droits fondamentaux identifiés par l'OIT, dans sa Déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail [xxi] sont respectés, y compris :

  • la liberté d'association et la reconnaissance effective du droit de négociation collective;  
  • l'élimination de toutes les formes de travail forcé ou obligatoire;
  • l'abolition effective du travail des enfants; et
  • l'élimination de la discrimination en matière d'emploi et de profession.

Nous croyons que le programme de formation du Collège Centennial en Arabie saoudite, avec son interdiction aux femmes, est en violation du droit à l'élimination de la discrimination.  Nous notons en outre que l'Arabie saoudite n'a pas ratifié les conventions de l'OIT sur la liberté syndicale et la négociation collective.  En fait, 11 des 16 pays où nous savons que les CAAT ont mis en place des programmes de formation ou de campus n’ont pas ratifié les conventions de l'OIT sur la liberté syndicale et la négociation. [xxii]

Conclusion :

Les 24 collèges de l'Ontario ont besoin d’un financement stable et adéquat.  En l'absence d'un financement adéquat, les CAAT se sont tournés vers des entreprises risquées dans des territoires gouvernés par des régimes corrompus et répressifs.  Pour comble d'insulte, les activités à l'étranger des collèges perdent de l'argent.  En outre, l'expérience d'autres établissements d'enseignement d'origine occidentale dans ces pays ne semble pas être positive.  Un rapport des médias a révélé que deux des trois collèges en Arabie saoudite exploités par le Collège Lincoln et financés par le Royaume-Uni ferment leurs portes plus tôt cette année, ayant seulement été ouverts depuis l'automne 2014.  Le même rapport des médias a déclaré que la société de l'éducation britannique, Pearson, qui avait opéré trois collèges en Arabie saoudite, est sortie du pays en été 2015. [xxiii]

Comme Jack Wilson, vice-président de la section locale 415 du SEFPO et professeur au Collège Algonquin, a dit, le déclin du soutien du gouvernement de l'Ontario a conduit les collèges à chercher des recettes de tous les moyens nécessaires.  « Quand on vous pousse le dos contre le mur, on prend en considération les possibilités qui auraient été impensables avant, » a-t-il déclaré. [xxiv]  Le personnel enseignant des collèges croit que l’exploitation des programmes de formation ou des campus dans les pays avec effroyables dossiers des droits de la personne n’est pas du tout acceptable.  Les Ontariens et Ontariennes comptent sur nos collèges communautaires financés par le gouvernement pour maintenir l'économie concurrentiel de l'Ontario.  La clé de la prospérité est l’excellente éducation publique accessible en Ontario pour tous les Ontariens.  Il est temps pour le gouvernement de réaliser les investissements nécessaires dans l'éducation postsecondaire pour y parvenir.

Notes

[i] Colleges Ontario. Building on a 50-Year Legacy of Excellence. Rep. Toronto: Colleges Ontario, 2015. Web.

[ii] Centennial College. Tuition Information. Rep. Toronto: Centennial College, 2016. Web.

[iii]Colleges Ontario. College Resources Environmental Scan 2015 Rep. Toronto: Colleges Ontario, 2015. Web.

[iv] Colleges Ontario. Building on a 50-Year Legacy of Excellence. Rep. Toronto: Colleges Ontario, 2015. Web.

[v] Miller, Jacquie. "Algonquin Moves Ahead on Plans to Open a Women's College in Saudi Arabia." Ottawa Citizen. 8 Feb. 2016. Web.

[vi] Mackay, Kevin, Ontario Public Service Employees Union. College Faculty (CAAT-A) Report on Education in Ontario Colleges. Rep. 1st ed. Toronto: Ontario Public Service Employees Union, 2014. Web.

[vii] Colleges Ontario. College Resources Environmental Scan 2015. Rep. Toronto: Colleges Canada, 2015. Web

[viii] Ibid.

[ix] Colleges Ontario. Building on a 50-Year Legacy of Excellence. Rep. Toronto: Colleges Ontario, 2015. Web.

[x] Ibid.

[xi] Colleges Ontario. Student and Graduate Profiles Environmental Scan 2015. Rep. Toronto: Colleges Ontario, 2015. Web.

[xii] Colleges Ontario. College Resources Environmental Scan 2015. Rep. Toronto: Colleges Canada, 2015. Web.

[xiii] United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization. Recommendation concerning the Status of Higher-Education Teaching Personnel. Publication. UNESCO, 1997. Print.

[xiv] Ministry of Training, Colleges and Universities. Framework for Programs of Instruction. Publication. Toronto: Universities, 2005. Minister’s Binding Policy. Web.

[xv] Christina Blizzard. "Centennial College Program in Saudi Arabia Excludes Women." Toronto Sun. 21 Jan. 2016. Web.

[xvi] Centennial College. Centennial College to Let Apprenticeship Training Contract in Saudi Arabia Lapse. Release. Toronto: Centennial College, 2016. Web.

[xvii] Martin Devitt, President, and Ravi Ramkissoonsingh, Vice-President. "Saudi Campus Update."  Letter to OPSEU Local 242. 1 Feb. 2016. Print.

[xviii] OPSEU. Saudi Arabian College Fiasco Tied to Underfunding Here: Algonquin Prof. News release. Toronto: Ontario Public Service Employees Union, 2016. Web.

[xix] International Labour Organization. Introduction to International Labour Standards. Rep. ILO, 2004. Web.

[xx] Ibid.

[xxi] International Labour Organization. ILO Declaration on Fundamental Principles and Rights at Work and Its Follow up. Rep. 2nd ed. Vol. 86. Switzerland: ILO, 1998. Web.

[xxii] International Labour Organization. Country Profiles. Rep. ILO, 2004. Web.

[xxiii] Miller, Jacquie. "Algonquin Moves Ahead on Plans to Open a Women's College in Saudi Arabia." Ottawa Citizen. 8 Feb. 2016. Web.

[xxiv] OPSEU. Saudi Arabian College Fiasco Tied to Underfunding Here: Algonquin Prof. News release. Toronto: Ontario Public Service Employees Union, 2016. Web.

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