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La position du SEFPO sur la légalisation du cannabis en Ontario

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Introduction

Cet exposé de principe a été préparé par le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO) en réponse au processus de consultation du gouvernement de l'Ontario sur la légalisation du cannabis.

Le SEFPO soutient la légalisation du cannabis en Ontario et estime que la façon la plus efficace pour le gouvernement d’atteindre ses objectifs – garder le cannabis hors de la portée des jeunes et réduire le marché noir – est d’instaurer un réseau de distribution sous le contrôle du gouvernement, semblable au modèle qui existe aujourd'hui pour la distribution de l'alcool. Nous croyons en outre que la légalisation doit comprendre un investissement important dans l'éducation du public, en particulier sur les risques de la conduite avec facultés affaiblies par la drogue, ainsi que des règlements limitant la consommation de cannabis dans les endroits fréquentées par les jeunes.

L’âge minimum pour posséder, consommer et acheter du cannabis

En ce qui concerne l’établissement d’un âge minimal, il est important que, indépendamment de l'âge, le gouvernement choisisse des points de vente où l’on veille au respect de l’âge minimal. Afin de ne servir que la bonne clientèle, on doit faire en sorte que les personnes qui travaillent dans les points de vente ne soient pas motivées par le profit et ne soient pas incitées à vendre du cannabis aux clients qui n’ont pas atteint l'âge minimal.

Il y a déjà plusieurs décennies que le personnel de la LCBO fait appliquer la loi sur l'âge requis pour acheter de l'alcool, une substance contrôlée par le gouvernement de la province de l'Ontario. En 2015-2016, les employés de la LCBO ont contesté le droit d’acheter de l’alcool à plus de 14,5 millions de personnes et ont refusé le droit d’acheter de l’alcool à 346 000 d’entre elles (LCBO, 2017). Le secteur privé ne peut pas assurer le même niveau de surveillance que le gouvernement sans que ce dernier ait à subir des coûts importants pour les services de police et d’application de la loi. Le SEFPO estime donc que le gouvernement devrait garder le contrôle de la vente et de la distribution du cannabis afin d’avoir la capacité de mieux faire respecter l'âge minimal au point de vente.

Les lieux où la consommation de cannabis serait autorisée

Si on autorisait les locateurs et gérants d’immeubles à limiter la consommation de cannabis récréatif, sans restreindre le cannabis à des fins médicales, on devrait procurer à ces derniers des renseignements médicaux sur leurs locataires ou résidents. C'est la réalité d'un système bilatéral visant à règlementer la consommation récréative et la consommation à des fins médicales. Le SEFPO, qui reconnaît les avantages médicinaux du cannabis à des fins médicales, est le seul employeur au Canada à procurer la couverture du cannabis à des fins médicales à son personnel et aux personnes à charge pour tout diagnostic pourvu que le cannabis leur ait été prescrit sur ordonnance par un médecin. Le SEFPO a adopté cette politique en ayant la ferme conviction que demander un diagnostic à une personne et la preuve que le cannabis lui a été prescrit sur ordonnance constituerait une violation de sa vie privée. Les locateurs et gérants d’immeubles ne devraient pas avoir le droit de demander cette information à leurs locataires.

La légalisation du cannabis en Ontario

Le SEFPO représente également les travailleuses et travailleurs dans les centres de toxicomanie et de santé mentale, les écoles, les établissements correctionnels pour les jeunes, les foyers de groupe. Nous sommes donc en première ligne pour voir les effets nocifs de la consommation de drogues chez les jeunes. Fort de cette expertise, nous estimons que le cannabis ne devrait pas être consommé autour de lieux fréquentés par les jeunes, tels que les écoles et les centres communautaires.

La protection de la sécurité routière

De nos jours, la conduite avec facultés affaiblies par la drogue est devenue plus courante dans la société canadienne que la conduite avec facultés affaiblies par l’alcool. MADD Canada a rapporté que 15 pour cent des jeunes en âge du secondaire avaient admis avoir conduit moins d'une heure après avoir consommé du cannabis – un pourcentage qui monte à 40 pour cent quand on inclut les jeunes jusqu'à l'âge de 24 ans (MADD, 2012). Il s’agit du double du nombre de jeunes du même groupe d’âge ayant admis avoir conduit une heure après avoir consommé deux boissons alcoolisées (MADD, 2012). Il apparait que les gens considèrent le fait de conduire après avoir consommé du cannabis comme moins dangereux que de conduire après avoir consommé de l'alcool. D’une part, les gens sont peu sensibilisés aux risques de la conduite avec facultés affaiblies par le cannabis et cela doit contribuer au fait qu’ils estiment pouvoir conduire après en avoir consommé. D’autre part, alors que les deux drogues réduisent les facultés, bien peu est fait pour contrôler la consommation de cannabis chez les conducteurs. C’est-à-dire que les personnes qui choisissent de conduire peu de temps après avoir consommé du cannabis peuvent avoir tendance à penser que c'est moins dangereux que l'alcool au volant.

Afin de décourager les gens à prendre le volant après avoir consommé du cannabis, le SEFPO est favorable à l’imposition de sanctions pénales en cas de conduite avec facultés affaiblies par la drogue. Le SEFPO estime, cependant, que la prévention est préférable aux poursuites pénales lorsqu'il s’agit de protéger la sécurité routière. En matière de prévention, le SEFPO encourage le gouvernement à éduquer le public, les jeunes en particulier, sur les effets nocifs de la conduite avec facultés affaiblies par la drogue et l'alcool. Pour améliorer la sécurité sur nos routes, le SEFPO estime que les contrôles d'identité au point de vente, tels que ceux effectués par le personnel formé de la LCBO, est une priorité absolue pour garder le cannabis hors de la portée des jeunes.

La vente et la distribution de cannabis

En ce qui a trait à la vente du cannabis en Ontario, l'objectif le plus important à atteindre est de faire en sorte que la drogue reste hors de la portée des jeunes. Le SEFPO estime que la meilleure façon d'y parvenir est que la vente et les réseaux de distribution du cannabis relèvent du secteur gouvernemental (public). Les Ontariens ont déjà pu constater que les commerces privés qui vendent du cannabis ne travaillent pas dans l'intérêt des collectivités ou des jeunes à l’opposé des points de vente d'alcool contrôlés par le gouvernement qui contribuent pour beaucoup à la sécurité de nos collectivités. Peu de temps après l’élection au pouvoir des libéraux de Trudeau, quelque 130 dispensaires illégaux ont ouvert leurs portes à Toronto, très souvent à proximité d’endroits fréquentés par les jeunes, y compris des écoles et des centres communautaires. La municipalité a employé les grands moyens pour les fermer – tels que des descentes de police, mais les dispensaires sont toujours là. La réalité est que les entreprises privées sont motivées par le profit, comme le montrent leurs promotions qui offrent des cadeaux aux clients qui parrainent des amis. C’est pourquoi les détaillants privés n’auraient aucun intérêt à respecter la règlementation et à garder le cannabis hors de la portée des mineurs, surtout quand on sait que les jeunes de moins de 18 ans, qui sont parmi les plus grands consommateurs de cannabis, constituent une grande partie de leur clientèle.

Les points de vente au détail d'alcool contrôlés par le gouvernement, tels que les succursales de la LCBO, ont fait leur preuve en ce qui concerne le contrôle d’une pièce d’identité valide et le refus de vendre de l’alcool à un mineur ou à une personne en état d’ébriété. Si l'objectif de la légalisation du cannabis est de limiter l’accès des jeunes et d’éviter de bâtir une industrie privée de détaillants de drogue, il est alors sensé de confier la vente du cannabis à des établissements qui relèvent du gouvernement. Parce qu’il a le mandat de protéger les jeunes, le gouvernement ne chercherait pas à accroître ses profits en vendant du cannabis aux mineurs. Parce qu’ils risquent leur emploi s’ils vendent une substance contrôlée à un mineur, les employés qui travaillent dans les points de vente au détail du gouvernement ont tout intérêt à faire respecter les restrictions d'âge. Par contre, les employés des détaillants privés peuvent perdre leur emploi s’ils n’atteignent pas le quota de vente requis. Pour ces raisons, le SEFPO estime que le gouvernement de l'Ontario est le mieux placé pour assurer la vente au détail du cannabis dans la province de l'Ontario.

L'éducation du public

Afin de pouvoir prendre les bonnes décisions sur la consommation de cannabis, les gens devraient être informés des conséquences à court et à long terme, notamment sur la conduite avec facultés affaiblies par la drogue et les risques pour la santé d’une consommation trop fréquente ou très tôt dans la vie. Afin de sensibiliser les jeunes et le reste de la société à ces risques, le gouvernement devrait lancer une campagne de santé publique avec le soutien des chefs de file du secteur, tels que le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) et MADD.

Conclusion

Les décisions que prend le gouvernement aujourd'hui concernant la légalisation et la réglementation du cannabis auront une incidence sur plusieurs générations d'Ontariens. Pour les raisons citées ci-dessus, le SEFPO exhorte le gouvernement de l'Ontario à :

  1. Restreindre la vente de cannabis récréatif aux points de vente au détail qui relèvent du gouvernement – un modèle similaire à celui de la LCBO qui est déjà en place.
  2. Lancer une campagne de santé publique pour informer le public des conséquences de la consommation de cannabis, en partenariat avec des organismes tels que CAMH et MADD, en mettant un accent particulier sur les risques de la conduite avec facultés affaiblies par la drogue.
  3. Interdire la consommation de cannabis dans les endroits fréquentés par les jeunes, tels que les écoles et les centres communautaires.

Bibliographie

LCBO. Maximiser la valeur : Rapport annuel 2015-2016 de la LCBO, 2017. [En ligne], juillet 2017. [http://www.lcbo.com/content/dam/lcbo/corporate-pages/about/pdf/LCBO_AR15-16-french.pdf]

MADD. La conduite avec les facultés affaiblies par la drogue au Canada : Examen de la situation et recommandations, 2012. [En ligne], juillet 2017. [http://www.madd.ca/media/docs/LA_CONDUITE_AVEC_LES_FACULTES_AFFAIBLIES_PAR_LA_DROGUE_AU_CANADA_FINAL.pdf]

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