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Graves problèmes de sécurité au Centre de soins de santé mentale Waypoint

Graves problèmes de sécurité au Centre de soins de santé mentale Waypoint

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Le Centre de soins de santé mentale Waypoint Centre : Un bref aperçu

La section locale 329 du SEFPO représente plus de 1 200 travailleurs au Centre de soins de santé mentale Waypoint, dont 40 pour cent à temps partiel. Peter Sheehan est le président de la section locale. 

Le Centre Waypoint est un établissement de traitement psychiatrique unique. Cet établissement ultramoderne de 474 millions de dollars a ouvert ses portes en mai 2014. Il remplaçait le vieux bâtiment d’Oak Ridge, en existence depuis 1933.

Problème clé : Impact structurel sur la sécurité des travailleurs

Depuis le déménagement dans le nouveau bâtiment, le personnel a observé une augmentation dans la fréquence et la gravité des agressions physiques commises par les patients. Les nombreux problèmes structurels et technologiques à l’intérieur du bâtiment posent également des risques pour la santé et la sécurité, qui eux-mêmes entraînent une augmentation du nombre d’incidents.

Les préoccupations des travailleurs en ce qui concerne l’infrastructure n’ont pas été prises en compte au moment de l’ouverture de l’Atrium, en 2014. L’Atrium est le bâtiment où se trouve l’unité médico-légale à Waypoint. C’est là que les délinquants déclarés inaptes à subir un procès ou non criminellement responsables sont logés. Dans les trois mois qui ont suivi le déménagement dans l’Atrium, tous les verrous ont dû être changés. Les membres du personnel ne croient absolument pas que les portes (ou les murs) puissent procurer la sécurité nécessaire en cas d’action rebelle d’un patient. Le constructeur a dit que les portes n’étaient pas faites pour être utilisées de la façon qu’elles le sont actuellement.

L’édifice était censé être un hôpital, pas un établissement à sécurité maximale, comme ça l’est aujourd’hui. L’institution a changé de bâtiment, oui, mais pas de patients. Ils doivent toujours être gardés dans un environnement sécurisé et les travailleurs doivent être protégés de manière adéquate. Les chambres devraient avoir été construites à l’aide de blocs de ciment et d’acier. Au lieu de cela, les murs sont faits de cloisons sèches. Juste ce mois, un patient a donné un coup de pied dans un mur, détruit un boîtier électrique et sorti les vis du boîtier. C’est inacceptable. Ces patients sont internés à Waypoint parce que c’est le seul endroit où on peut s’en occuper, mais on ne répond pas même au besoin le plus fondamental des travailleurs, soit celui d’avoir un bâtiment approprié qui leur permette de travailler en sécurité. 

Problème clé : Les réductions de personnel compromettent la sécurité et nuisent aux patients

Les défectuosités structurelles sont un des facteurs qui contribuent à l’augmentation des incidents de violence contre le personnel; les réductions de personnel en sont un autre. Il est évident que les risques de violence augmentent lorsque le personnel diminue. Les problèmes au niveau de l'effectif sont aggravés par le fait qu’on substitue des travailleurs à temps partiel aux travailleurs à temps plein, mieux placés pour établir une relation thérapeutique avec les patients. Les liens qui se nouent entre le personnel et les patients contribuent en fait à une réduction de la violence.

L’employeur ne peut justifier les réductions de personnel, et plus particulièrement lorsqu’on sait que Waypoint n’a pas cessé d’augmenter son personnel de gestion. L’organigramme de l’établissement nous a permis de découvrir que l’effectif compte 73 postes de direction.

Problème clé : Hausse des incidents violents

Le SEFPO demande déjà depuis quelque temps à l’employeur de prendre des mesures immédiates pour faire du Centre de soins de santé mentale Waypoint un lieu de travail plus sûr. 

Le 12 mai dernier, trois travailleurs ont été blessés dans un incident violent qui a eu lieu dans l’unité médico-légale. Une personne a subi une blessure au genou et des coupures et contusions au visage; les deux autres ont été mordus si violemment que la peau a été perforée. Le ministère du Travail a été informé et une enquête est en cours.

C’est le troisième incident violent significatif impliquant des membres du personnel en à peine plus d’un mois. Le 5 avril 2016, un travailleur avait été poignardé dans le dos à l’aide d’un tournevis pris dans la zone de l’enseignement professionnel de l’unité. Un infirmier gestionnaire qui est intervenu a également été poignardé et deux autres travailleurs ont été blessés. Le lendemain, une autre attaque a fait trois autres blessés dans le personnel.

Le 14 avril, le ministère du Travail a publié quatre ordres de conformité en rapport avec l’attaque du 5 avril. Deux de ces questions sont résolues et, au plus tard le 3 juin et le 30 juin respectivement, l’employeur doit :

  • réévaluer le risque de violence au travail, en mettant tout particulièrement l’accent sur l'existence et l’efficacité des mesures et procédures en place visant à contrôler et surveiller l’accès aux outils et autres articles qui pourraient servir d’armes contre le personnel; et
  • passer en revue et réviser (et mettre par écrit, tel que nécessaire) toutes les mesures et procédures concernant la santé et la sécurité des travailleurs associées à leur présence dans la zone des services professionnels. Lorsque le syndicat a demandé que les membres du Comité mixte sur la santé et la sécurité au travail reçoivent des copies des mesures de conformité proposées par l’employeur avant la date de conformité du 30 juin, l'employeur a refusé, disant qu’il travaillerait dessus jusqu’à la date limite. C'est une réponse inacceptable, qui est contraire aux règlements sur les établissements de soins de santé et de résidences.

Waypoint fonctionne avec un modèle de soins d’hôpital général. Le SEFPO estime que le modèle est inapproprié pour le type de délinquants qu’abrite l’établissement et ne tient pas compte de la sécurité du personnel et des patients, laquelle devrait être primordiale.

Recommandations du SEFPO

Afin d’améliorer la santé et la sécurité des travailleurs et patients du Centre Waypoint, le SEFPO recommande ce qui suit :

1. Du personnel de sécurité dans tous les quartiers, qui peut intervenir rapidement pour prévenir les incidents, ainsi que dans les situations de violence, afin de réduire la gravité des blessures au personnel; avant le dessaisissement, en 2008, des infirmiers et infirmières auxiliaires autorisés dotés d’une formation spéciale étaient en charge de la sécurité. Aujourd’hui, ce travail incombe aux infirmiers et infirmières autorisés.

Demander à des infirmiers et infirmières d’ajouter à leurs tâches la responsabilité de la sécurité est contraire à l’objectif de promouvoir une bonne relation thérapeutique avec le patient. Dès que l’infirmier ou infirmière doit user de force, la relation thérapeutique est brisée, ce qui peut entraîner encore davantage de violence.

2. Une équipe d'extraction spéciale jouissant d’une formation avancée, qui inclurait l’utilisation d’équipement de protection individuelle (EPI), les soins de santé et la planification et les stratégies d’extraction. Une fois de plus, cette équipe ne devrait pas inclure d’infirmiers et infirmières, dont le rôle est d’établir une relation thérapeutique.

3. Des portiques de détection des objets métalliques pour tous les quartiers et zones de programmes, y compris la zone des services professionnels et le salon de coiffure.

4. Le niveau d'effectif nécessaire à la sécurité de tout le monde, qui permettrait de :

  • travailler en paires dans les corridors et pendant les soins; et
  • avoir suffisamment de personnel permanent pour pouvoir offrir des programmes aux patients, comme par exemple l’usage de la piscine, des courts de tennis et de la zone des services professionnels.

L’accès aux options de programmation et les interactions avec le personnel permanent améliorent la relation thérapeutique et la qualité de vie des patients, et contribuent à réduire les tensions qui causent ou contribuent à la violence.

5. Une formation pour le personnel de première ligne, développée en consultation avec le CMSST et fournie par un fournisseur de formation qualifié choisi par l’employeur et le syndicat. La formation devrait comprendre : 

  • techniques de défense contre les armes au bord tranchant, techniques avancées pour repousser un attaquant et d’autodéfense, ainsi que formation spécialisée sur les systèmes de contrainte Pinel;
  • méthodes spéciales de neutralisation (mettre la personne au sol depuis une variété de positions);
  • techniques spécifiques de défense au sol, révélées sûres et efficaces;
  • interventions pour soulever un patient couché sur le sol ou le transporter à plat ventre sans risquer de le blesser, et toute autre intervention spéciale;
  • pratique et évaluation des aptitudes dans les démonstrations pratiques intensives; et
  • interventions et stratégies de gestion des risques spécialement conçues pour aborder les risques que posent les patients au personnel dans le contexte de leur environnement.

6. Le signalement électronique ou visuel obligatoire des patients aux antécédents violents, qui mentionne comportements, facteurs déclencheurs et interventions. En enregistrant ces données, on améliore les soins axés sur le patient et on protège ceux et celles qui ont des interactions avec le patient. Nous recommandons que les patients soient évalués individuellement dès leur arrivée et avant d’être autorisés à se déplacer sans escorte dans les corridors ou à participer aux programmes d’enseignement professionnel. 

7. La dispense immédiate à temps plein du président/personne désignée du Comité sur la santé et la sécurité au travail du SEFPO pour :

  • résoudre les problèmes actuels; surveiller et faire rapport sur les progrès de l’employeur en ce qui concerne l’exécution des ordres du ministère du Travail;
  • établir un système de responsabilité interne pour se conformer à tous les aspects de la Loi sur la santé et la sécurité au travail de l’Ontario; et
  • fournir des conseils relativement à la formation sur la santé et la sécurité au travail et à toutes les questions adressées au Comité mixte sur la santé et la sécurité au travail, jusqu’à ce que tous les problèmes soient résolus et que Waypoint soit un milieu de travail sûr. 

D’autre part, l’employeur doit dispenser les membres syndicaux du comité sur la santé et la sécurité au travail afin de leur permettre de participer à la formation sur la santé et la sécurité au travail et à toute autre formation conjointe envisagée par les parties.

8. L’engagement à réparer les défectuosités en matière de conception et de construction du P3, sources de danger, et à faire toutes les rénovations nécessaires, afin d’assurer la sécurité de l’infrastructure; ces mesures seront abordées, communiquées et mises en œuvre dans la construction d’autres installations similaires à travers la province.

Il est impératif de prendre immédiatement des mesures pour aborder les problèmes de santé et de sécurité au travail avant que d’autres incidents ne se produisent, ou pire encore, avant qu’un meurtre soit commis.