La présidente JP Hornick présente un mémoire aux consultations prébudgétaires 2023-2024

JP Hornick speaking at pre-budget hearings
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Ce matin, à Queen’s Park, la présidente de l’OPSEU/SEFPO, JP Hornick, s’est adressée aux membres du Comité permanent des finances et des affaires économiques de l’Assemblée législative de l’Ontario dans le cadre des consultations prébudgétaires 2023/2024.

JP Hornick a souligné la crise du coût de la vie dans le mémoire pré-budgétaire de l’OPSEU/SEFPO tout en exhortant le gouvernement à résoudre la crise majeure qui frappe nos services publics, la pénurie de main-d’œuvre et le maintien en poste du personnel, à abandonner son appel de la décision du tribunal concernant le projet de loi 124, à améliorer les conditions de travail et à mettre fin à la privatisation.

Cliquez ici pour regarder l’allocution de JP Hornick devant le comité :

Télécharger le mémoire en format pdf : 2023-02-OPSEU_SEFPO_Pre_Budget-Submission-2023_2024-french

Mémoire prébudgétaire 2023-2024 de l’OPSEU/SEFPO au Comité permanent des finances et des affaires économiques

Introduction

La population de l’Ontario est actuellement aux prises avec une crise du coût de la vie où des choses essentielles comme l’essence, le panier d’épicerie et le logement deviennent de plus en plus inabordables.

En effectuant des compressions dans les services publics durant les dernières années, les gouvernements provinciaux n’ont fait qu’aggraver ce problème et ont laissé tomber les gens qui ne peuvent plus avoir accès aux soutiens dont ils ont besoin.

Assez, c’est assez!

En tant que travailleuses et travailleurs de première ligne, les 180 000 membres du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (OPSEU/SEFPO) sont en première ligne et ont l’expérience requise pour trouver des façons d’améliorer les services publics, atténuer la crise du coût de la vie et améliorer la qualité de vie de tous les Ontariens et Ontariennes.

Les membres de l’OPSEU/SEFPO viennent de tous les groupes sociaux, économiques et ethniques, vivent dans diverses communautés d’un bout à l’autre de la province et travaillent dans plus de 20 secteurs différents. Ce sont eux qui font fonctionner l’Ontario.

Ce budget est l’occasion d’en finir avec les années de coupes dans les financements et de pénurie de personnel qui ont sapé nos services publics. Nous pouvons faire de véritables progrès en comblant l’écart salarial, en nous attaquant à la pénurie de personnel, en améliorant les conditions de travail et en réformant le système fiscal pour faire de l’Ontario un endroit où toutes les personnes pourront avoir accès au soutien et aux ressources dont elles ont besoin pour prospérer.

Pour ce faire, il est essentiel de prioriser quatre grands thèmes et de définir les principales recommandations sectorielles pour chacun d’entre eux :

  1. De bons emplois = de meilleurs services
  2. Crise du coût de la vie
  3. Fin du programme de privatisation
  4. Action pour le climat

Nos membres, qui sont aux prises avec les conséquences des désinvestissements et de l’austérité, savent combien il est important d’investir dans nos services publics pour s’assurer qu’ils répondent aux besoins des Ontariennes et des Ontariens.

Il est important de veiller à ce que les services publics soient solides et fiables et d’adopter une approche globale pour les reconstruire et les renforcer.

Les membres de l’OPSEU/SEFPO, qui savent combien il est crucial d’investir dans les services publics afin de répondre aux besoins des gens, sont prêts à apporter leur contribution à un plan de reconstruction et de renforcement de ces services. Ce mémoire prébudgétaire reflète leur contribution et propose des solutions pratiques et réalisables pour s’attaquer à la crise du coût de la vie, promouvoir de bons emplois et de bons services, mettre fin au programme de privatisation et lutter contre le changement climatique.

1. De bons emplois = De meilleurs services

Les services publics sont confrontés à une crise de la dotation en personnel, pénurie de personnel et maintien en poste, qui doit être abordée dans le présent budget. Les membres de l’OPSEU/SEFPO ont été clairs : ils sont en proie à l’épuisement professionnel et à des problèmes de santé mentale en raison de la pénurie extrême de personnel dans l’ensemble du secteur public. Parce que les conditions de travail sont devenues intenables, ils sont nombreux à quitter leur emploi dans la fonction publique qu’ils aimaient pourtant beaucoup. On ne saurait trop insister sur la crise de la dotation en personnel en Ontario ni sur le mal causé à nos précieux services publics qui en résulte.

En outre, nombre de travailleuses et travailleurs expérimentés prennent leur retraite et cette tendance exacerbe les problèmes de recrutement et de conservation du personnel. Ces départs à la retraite se traduisent par une perte de connaissances et d’expertise institutionnelles, qui exige des ressources adéquates pour l’embauche et la formation.

Pour venir à bout de ces problèmes, il faut offrir des emplois à temps plein dans la fonction publique de l’Ontario (FPO), le secteur parapublic et les collèges publics de l’Ontario : des emplois avec des avantages sociaux et un régime de retraite afin d’attirer une main-d’œuvre stable et engagée, améliorer la capacité des services publics et réduire les temps d’attente pour accéder aux services publics essentiels dont les gens dépendent. Il s’agit aussi de mettre fin au gel des embauches dans le secteur public qui nuit à nos collectivités.

La dépendance croissante aux emplois précaires et à temps partiel, ou à « l’économie des petits boulots », contribue à instaurer une main-d’œuvre instable et à exacerber encore davantage la pénurie de personnel.

En adoptant l’inconstitutionnel projet de loi 124 (la Loi de 2019 visant à préserver la viabilité du secteur public pour les générations futures), qui a limité la rémunération du personnel dans la fonction publique, le gouvernement actuel a manqué de vision et aggravé les problèmes de maintien en poste et de formation. De surcroît, de nombreux emplois de la fonction publique ne sont ni classifiés ni rémunérés comme il se devrait.

Alors qu’il faut souvent des mois, voire un an, et de nombreuses ressources pour former le personnel à ces postes, les problèmes de conservation des effectifs sont aggravés par le fait que nombreuses personnes démissionnent souvent parce qu’elles ont trouvé un emploi comparable mieux rémunéré. De plus, les plafonds de rémunération imposés par le projet de loi 124 constituent un obstacle à la résolution de ces questions par la négociation.

Il est inconcevable de demander aux travailleuses et travailleurs du secteur public d’accepter trois années de réductions salariales, surtout lorsque l’inflation oscille entre six et huit pour cent par an. Le gouvernement doit immédiatement retirer son appel concernant l’invalidation du projet de loi 124, approuver les augmentations salariales pour les postes dont les salaires sont tombés bien en dessous de ceux de leurs comparateurs, et prendre les mesures nécessaires pour corriger les préjudices causés par le projet de loi 124.

Santé et sécurité au travail

La crise de la dotation en personnel en Ontario expose les travailleuses et travailleurs à des dangers. Personne ne devrait aller au travail en ayant peur de contracter une maladie ou de se blesser gravement. Et il y a eu une augmentation du nombre d’incidents et de problèmes relatifs à la santé mentale et d’actes de violence dans les milieux de travail où les effectifs sont insuffisants et le personnel est surchargé, sous-évalué et sous-payé. Cette crise a un impact sur la santé mentale du personnel dans tous les secteurs.

Pour se prémunir contre ces dangers, il est impératif que le gouvernement prenne des mesures pour assurer la sécurité dans tous les milieux de travail et veiller à ce que les employés disposent des ressources et de l’équipement nécessaires pour accomplir leurs tâches en toute sécurité, qu’ils travaillent sur leur lieu de travail ou à domicile. Le gouvernement doit faire en sorte que les travailleuses et travailleurs soient couverts par la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT) afin d’être protégés en cas de blessure au travail, y compris lorsqu’ils travaillent à domicile.

Inclusion et diversité

L’OPSEU/SEFPO se consacre à l’instauration de lieux de travail inclusifs, diversifiés, équitables, antiracistes, accessibles, respectueux, exempts de discrimination et de harcèlement.

Nous recommandons l’application de mesures concrètes et l’octroi de financement pour s’attaquer aux causes profondes du racisme, de la discrimination et du harcèlement dans la fonction publique.

Recommandations pour soutenir de bons emplois et de meilleurs services :

  • Le gouvernement doit retirer son appel de la décision du tribunal sur le projet de loi 124.
  • Le gouvernement doit s’attaquer immédiatement à la crise qui frappe la conservation et le recrutement des effectifs dans l’ensemble de la fonction publique en mettant en œuvre une stratégie pour augmenter les salaires, créer des postes permanents et à temps plein, allouer des pensions, protéger la santé et la sécurité du personnel et étendre la couverture de la CSPAAT.

FPO :

  • Lever le gel des embauches.
  • Renforcer la capacité des services publics dont dépend la population ontarienne en créant des emplois permanents à temps plein plutôt que d’embaucher du personnel temporaire, ce qui finit par coûter souvent plus cher.
  • Stabiliser la main-d’œuvre en procurant une rémunération équitable dans l’ensemble de la FPO et en tenant compte de l’écart salarial croissant entre les emplois de la FPO et les emplois comparables dans d’autres paliers de gouvernement ou dans le secteur privé. Cela comprend l’approbation des cas spéciaux et des exemptions déposées pour des augmentations de salaire dans des postes où les taux de rémunération ont chuté bien en dessous de leurs comparateurs.
  • Cesser d’avoir recours à des contrats à durée déterminée et offrir une rémunération équitable pour résoudre les problèmes de recrutement et de maintien en poste.
  • Allouer du financement et travailler en collaboration pour faire appliquer la Loi sur l’équité salariale de l’Ontario. Pour cela, il faut examiner tous les postes de la FPO unifiée au travers du prisme de l’équité salariale afin de veiller à ce que les emplois à prédominance féminine soient rémunérés équitablement.

Ambulanciers paramédicaux et répartiteurs ambulanciers :

  • Procurer de meilleurs services de diagnostic et de traitement de la santé mentale pour les ambulanciers paramédicaux et les répartiteurs ambulanciers.

Services de développement :

  • Créer un cadre de réglementation pour le programme de financement direct (Passeport) pour :
    • instaurer un taux de base minimum qui reflète un salaire de subsistance;
    • mettre en place un registre central des travailleuses et travailleurs qualifiés et agréés; et
    • veiller à ce que les familles ou les particuliers se conforment aux exigences fiscales et à la Loi sur les normes d’emploi (LNE).
  • Mettre en place la couverture de la CSPAAT dans tous les organismes.

Conseils scolaires :

  • Recruter et conserver les travailleuses et travailleurs de l’éducation en augmentant les salaires et les avantages sociaux du personnel nouvellement embauché, ainsi que du personnel temporaire en poste.

Sociétés d’aide à l’enfance (SAE) :

  • Réduire la charge de travail systémique et améliorer le maintien en poste en :
    • modifiant la formule de financement pour inclure une augmentation du financement de base des SAE;
    • élargissant la prestation des programmes de prévention et d’intervention précoce; et
    • investissant dans des postes de première ligne.
  • Allouer des fonds pour inclure des programmes d’équité, de lutte contre l’oppression, de lutte contre le racisme anti-Noirs, et de réconciliation dans tous les services du système de protection de l’enfance.

Organismes/services communautaires :

  • Veiller à ce que tous les Ontariens et Ontariennes aient accès aux services de justice en rétablissant et en augmentant le budget d’Aide juridique Ontario (AJO). Il est essentiel d’étendre les services que l’AJO dispense aux populations pauvres et vulnérables.
  • Financer les municipalités pour éliminer le sans-abrisme, et financer les refuges, les logements-supervisés et les programmes d’hébergement pour itinérants. La crise du logement a frappé les personnes aux prises avec une limitation physique ou une maladie mentale, et encore plus durement un nombre disproportionné de personnes noires et autochtones.
  • Concevoir une stratégie pour améliorer les salaires et le maintien en poste du personnel dans les services de garde d’enfants.

Services correctionnels/justice du SP :

  • Créer un système intégré avec des normes harmonisées au sein du système de justice pour les jeunes – qui incluent les salaires, les avantages sociaux, les pensions, la santé et la sécurité – de sorte que le système de rémunération soit semblable à celui qui est géré directement par le ministère des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires.
  • Couvrir les travailleuses et travailleurs essentiels qui ont contracté la COVID-19 en modifiant la Loi sur la sécurité professionnelle et l’assurance contre les accidents du travail afin d’inclure la COVID-19 comme risque professionnel.
  • Légiférer une couverture obligatoire de la CSPAAT conformément à la Loi de 2022 sur la protection à accorder aux travailleurs dans les établissements de soins en résidence et les foyers de groupe par la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail, en incluant les établissements de soins en résidence, les établissements correctionnels et les foyers de groupe à l’annexe 1 de la Loi sur la sécurité professionnelle et l’assurance contre les accidents du travail.

Établissements de soins de longue durée :

  • Prodiguer davantage de soins dans les foyers de soins de longue durée en :
    • créant plus emplois permanents à temps :
    • rendant obligatoire et faisant appliquer des ratios patient-personnel afin que les foyers de soins de longue durée maintiennent un niveau suffisant de personnel en tout temps pour dispenser les soins; et
    • dispensant un minimum de 4,1 heures de soins directs par jour.

Universités :

  • Augmenter le financement pour compenser le gel des frais de scolarité, qui a entraîné des pertes d’emplois. Les petites institutions sont celles qui pâtissent le plus des lacunes actuelles de la formule de financement.

Hôpitaux :

  • Augmenter le financement global des hôpitaux publics de 13,6 % par an afin de maintenir les niveaux de service actuels, répondre à la demande croissante en soins aux patients et résoudre efficacement la pénurie de personnel actuelle.
  • S’attaquer à la crise chronique de maintien en poste et de recrutement du personnel en finançant, en favorisant et en améliorant les flux éducatifs afin de pouvoir former et recruter du personnel plus qualifié dans toutes les professions.

Traitement des enfants :

  • Améliorer le maintien des effectifs et prévenir leur roulement en finançant une augmentation de la rémunération et de meilleures conditions de travail. Les services communautaires sont déstabilisés par l’écart salarial important entre les professionnelles et professionnels de la santé mentale des enfants et des jeunes qui travaillent dans les milieux communautaires et celles et ceux qui exercent dans les secteurs de l’éducation et de la santé. En 2021, les services communautaires de santé mentale de l’Ontario (Community Mental Health Ontario) ont été aux prises avec de graves problèmes de main-d’œuvre dans un contexte de demande et de besoin croissants en matière de services.

Professionnelles et professionnels des soins de santé communautaires :

  • Aborder les questions de recrutement et de maintien en poste en augmentant les salaires des professionnelles et professionnels des soins de santé communautaires afin d’aligner leur rémunération sur celle de leurs homologues des hôpitaux et foyers de soins de longue durée. Les pénuries de personnel et les listes d’attente ont atteint un niveau critique dans les soins à domicile, ce qui exerce une pression encore plus importante sur le système de santé.
  • En 2020, le personnel infirmier des soins de santé communautaires gagnait 11 $ de moins par heure que leurs homologues des hôpitaux. Même avec l’augmentation de salaire que les préposées et préposés aux services de soutien à la personne (PSSP) ont reçue pendant la pandémie, les personnes qui travaillent dans les soins à domicile gagnent 21 % de moins que celles qui travaillent dans les hôpitaux et 17 % de moins que celles qui travaillent dans les établissements de soins de longue durée (Association ontarienne de soutien communautaire [AOSC]).
  • On doit tirer des leçons importantes de la pandémie en matière de santé publique en augmentant le financement des mesures préventives, du contrôle des infections et de l’accès aux soins de santé communautaires.

Collèges :

  • S’attaquer aux disparités salariales importantes avec les groupes de comparaison traditionnels du corps professoral des universités : les professeures et professeurs d’université et le personnel enseignant du secondaire.
  • Investir dans les collèges et universités publics de l’Ontario en augmentant le financement provincial par étudiante/étudiant équivalent temps plein à la moyenne nationale.
  • Aborder les charges de travail excessives du personnel scolaire, qui sont exacerbées par l’enseignement en ligne, la communication électronique accrue et les besoins plus complexes des cohortes étudiantes.
  • Abandonner les modèles de financement axés sur le rendement.

Santé mentale et toxicomanies :

  • Soutenir et organiser la lutte contre le racisme anti-Noirs et le racisme systémique auxquels sont confrontés les peuples autochtones et d’autres groupes racialisés dans la prestation des services de santé mentale.
  • Développer les services communautaires de conseils et d’intervention précoce en matière de santé mentale et de toxicomanies.
  • Accroître le nombre d’équipes mobiles et intégrées d’intervention d’urgence 24 heures sur 24 dans toutes les communautés et allouer un financement stable et permanent.

Société d’évaluation foncière des municipalités : 

  • Régler les problèmes de charge de travail graves et persistants en recrutant du personnel et en offrant des salaires concurrentiels au sein de l’industrie.

2. Crise du coût de la vie

L’écart persistant entre la croissance des salaires et l’inflation a entraîné une crise historique du coût de la vie. En conséquence, les gens ont du mal à payer les nécessités de base comme l’épicerie, le logement et le transport.

En 2022, la croissance des salaires est toujours bien en deçà de l’inflation; en Ontario, les prix à la consommation augmentent deux fois plus vite que les salaires. Cela a entraîné une augmentation importante du coût de la vie et du salaire minimum vital qui se situe maintenant à 19,72 $ l’heure dans la province. En outre, au moins 863 000 Ontariennes et Ontariens et 571 000 ménages vivent dans une réelle pauvreté tout en recevant l’aide sociale.

Pour résoudre ces problèmes, les gens exigent des solutions telles que l’augmentation du salaire minimum à 20 $ l’heure, l’annulation de l’appel à courte vue concernant le projet de loi 124, la fin des salaires de misère, le doublement des prestations du Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées (POSPH) et d’Ontario au travail (OT), la restauration et l’expansion des lois sur le travail décent, y compris les jours de congé maladie payés, un salaire égal pour un travail égal et une adhésion plus facile des travailleuses et travailleurs à un syndicat.

Ils souhaitent également des services de garde d’enfants abordables et accessibles, des transports gratuits et accessibles, et que les travailleuses et travailleurs du secteur public soient traités avec dignité et respect.

En outre, nous devons mettre fin au gonflement des prix par les épiceries et les sociétés pétrolières et gazières, imposer des plafonds sur les produits alimentaires, le carburant et les produits de base, adopter une loi sur le droit à l’alimentation qui garantit des repas gratuits à l’école et qui impose des impôts sur les bénéfices des géants de l’alimentation et du pétrole.

Nombre de ménages ontariens ont un besoin impérieux de logement, alors qu’ils sont de moins en moins nombreux à recevoir l’aide au logement des programmes provinciaux. De plus, à cause du coût élevé du logement, en particulier dans la région du Grand Toronto, beaucoup de gens n’ont plus les moyens de louer ou d’acheter une maison. Pour résoudre ces problèmes, le gouvernement doit instaurer un véritable système de contrôle des loyers et une Déclaration des droits des locataires, lancer un programme de logement social à l’échelle de la province afin de construire des habitations décentes dans chaque communauté, plafonner les paiements hypothécaires à mesure que les taux d’inflation augmentent et arrêter les expulsions et les saisies.

Enfin, nous devons faire en sorte que les banques et les entreprises paient leur juste part face à la crise du coût de la vie. Cela comprend l’imposition des bénéfices records des banques et des sociétés, faire en sorte que les « un pour cent » des personnes les plus riches paient leur juste part, la restauration des taux d’imposition pour les plus hauts revenus, la fin des allégements et des échappatoires fiscaux pour les banques et les sociétés, et l’imposition d’amendes aux banques et sociétés qui ne paient pas leurs impôts.

Recommandations pour s’attaquer à la crise du coût de la vie :

Garde d’enfants :

  • Développer les centres sans but lucratif pour permettre à plus de familles d’avoir accès à des services de garde d’enfants à 10 $ par jour en finançant et en complétant l’investissement fédéral en matière de garde d’enfants. Le bureau de la responsabilité financière de l’Ontario estime qu’environ 602 257 enfants ontariens de moins de six ans auront besoin d’avoir accès à des services de garde d’enfants de 10 $ par jour d’ici 2026, alors que seulement 375 111 places en garderie ont été prévues.

Établissements de soins de longue durée :

  • Abroger le projet de loi 7, la Loi de 2022 pour plus de lits et de meilleurs soins (2022), qui exige des hôpitaux qu’ils facturent 400 $ aux patients âgés s’ils refusent d’être transférés dans un foyer de soins de longue durée ou dans d’autres services.

Municipalités :

  • Doubler les prestations pour tous les bénéficiaires du programme Ontario au travail.

Collèges :

  • Investir dans les étudiantes et étudiants grâce à la gratuité ou à la réduction des frais de scolarité tout en octroyant un financement supplémentaire aux établissements d’enseignement postsecondaire.

Santé mentale et toxicomanies :

  • Éliminer les temps d’attente pour accéder aux soins de santé mentale et de la dépendance et accroître la capacité des centres de traitement financés et administrés par l’État dans les communautés.
  • Stabiliser le financement permanent des ministères de la Santé et des Soins de longue durée pour les équipes mobiles et intégrées d’intervention d’urgence 24 heures sur 24, élargir les équipes à l’échelle de la province et délaisser les subventions limitées dans le temps.

3. Fin de la privatisation

Services publics et privatisation ne font pas bon ménage. C’est parce que les services publics sont fondés sur les principes fondamentaux de l’égalité, de l’accessibilité, de la transparence et de l’équité. Ces principes contrastent fortement avec les objectifs de la privatisation – à savoir la capacité à récompenser les actionnaires en leur versant des profits et en vendant uniquement des services aux personnes qui ont les moyens de se les payer. Non seulement la privatisation nuit à la qualité et à l’accessibilité, mais elle coûte plus cher – notamment à cause des coûts plus élevés des emprunts et profits des entreprises.

La formule mise de l’avant pour privatiser les services publics n’est pas nouvelle : premièrement, priver les services publics de financement et aggraver les conditions de travail en limitant les salaires et en poussant le personnel vers la porte. Cela entraîne une détérioration de la qualité des services, ce qui entraîne à son tour une frustration du public. Deuxièmement, proposer la privatisation comme seule solution possible et permettre à des entreprises à but lucratif de prendre en charge la prestation de ces services.

Les services publics privatisés sont souvent plus coûteux et moins fiables que ceux fournis par le personnel du secteur public. Pourtant, le gouvernement de l’Ontario continue de brader des services publics que les générations précédentes ont lutté pour mettre en place, y compris notre système de santé qui est si précieux.

Nous sommes extrêmement préoccupés par le plan du gouvernement visant à soutenir les services de chirurgie et de diagnostic privés et à but lucratif, qui se fondent sur le modèle américain et qui menacent notre système de santé public d’un bout à l’autre de l’Ontario.

En affaiblissant le système public avec des compressions et à cause d’un sous-financement au profit des cliniques privées, on altère la capacité des hôpitaux publics de l’Ontario à prodiguer des soins de qualité optimale et on rend encore plus difficile le maintien en poste du personnel de première ligne. Il s’agit d’un plan dangereux qui affaiblira les niveaux de dotation en personnel nécessaires pour assurer la sécurité et l’accès universel aux soins.

Alors que l’Ontario est l’une des provinces les plus peuplées et les plus riches du Canada, le financement des soins de santé en Ontario est le plus bas de toutes les provinces.

Les gens doivent passer avant les profits.

Un système de santé à deux vitesses, où l’on achète l’accès avec son argent, est inacceptable. Cela est particulièrement évident dans le secteur des soins de longue durée, où les résultats pour les individus sont encore pires quand les soins sont prodigués par des sociétés à but lucratif.

Recommandations pour mettre fin à la privatisation :

Unité de négociation unifiée et Unité de négociation des services correctionnels de la FPO : 

  • Cesser de privatiser et d’envoyer le travail des unités de négociation de la FPO à des organismes externes.
  • Ramener à l’interne les services publics déjà privatisés, y compris les bureaux de Service Ontario, ainsi que le système de localisation GPS des délinquants dans la collectivité.

Société d’aide à l’enfance (SAE) et traitement des enfants :

  • Mettre en place un système d’hébergement entièrement public et responsable pour les jeunes pris en charge par un organisme. En Ontario, les soins en foyer de groupe prodigués par une entreprise privée sont un fiasco pour les jeunes. Éliminer les soins en foyers de groupe à but lucratif (appelés les ressources externes rémunérées). Les ressources externes rémunérées offrent des logements et des services de qualité inférieure aux jeunes vulnérables.

Garde d’enfants :

  • Éliminer les changements à la ligne directrice qui suppriment les plafonds de profit et les propositions qui accorderaient plus de liberté aux exploitants en ce qui concerne la gestion de leurs dépenses.
  • Dérouter des fonds publics pour financer les services de garde d’enfants à but lucratif se traduira par l’expansion des services de garde d’enfants à but lucratif en Ontario.
  • Investir dans le développement d’un système de garde d’enfants entièrement public.

Établissements de soins de longue durée :

  • Retirer les profits des soins de longue durée et construire plus d’établissements de soins de longue durée sans but lucratif.
  • Ne pas renouveler les permis d’exploitation des prestataires à but lucratif, en particulier ceux qui ont eu les pires antécédents en matière de santé et de sécurité durant la pandémie, là où des milliers de personnes ont perdu la vie inutilement.

Hôpitaux :

  • Cesser de privatiser et de sous-traiter la prestation des soins de santé et des services hospitaliers. Les services privatisés coûtent plus cher et se traduisent, en fin de compte, par un accès inéquitable aux soins. Au lieu de résoudre les pénuries de personnel en Ontario, les cliniques privées les aggraveront en retirant le personnel du système de santé public et en allongeant les temps d’attente.
  • Investir dans les hôpitaux publics pour réduire les longs temps d’attente pour accéder aux procédures diagnostiques, pour construire des hôpitaux exploités et financés par l’État, pour s’attaquer à la pénurie de personnel et pour répondre aux demandes de capacité actuelles et à venir, en particulier aux besoins d’une population vieillissante.

Employés de la Régie des alcools (LBED) :

  • Garder la LCBO publique. Les revenus des magasins traditionnels de la LCBO rapportent des milliards de dollars par année pour financer nos services publics et bâtir notre province. La privatisation de la distribution et de la vente d’alcool nuit aux finances publiques et aux services publics dont dépendent les Ontariennes et Ontariens.

Professionnelles et professionnels des soins de santé communautaires :

  • Mettre fin à la restructuration interminable et coûteuse des soins de santé. La restructuration des équipes Santé Ontario menace d’accroître les intérêts privés dans la planification des soins de santé en permettant à des entreprises privées à but lucratif d’infiltrer ces équipes de santé essentielles – comme les établissements de soins de longue durée – et de participer à la prise de décisions régionales.
  • Assurer la prestation des soins à domicile à l’interne et cesser la sous-traitance du travail à des agences temporaires à des prestataires à but lucratif.

SCS et diagnostic :

  • Mettre en œuvre les recommandations de la Commission Krever, la Commission d’enquête sur l’approvisionnement en sang au Canada, à la suite du scandale du sang contaminé, et mettre fin au plan de la Société canadienne du sang visant à privatiser la collecte de plasma en Ontario.

Collèges :

  • Améliorer le financement des collèges publics, et non des collèges privés d’enseignement professionnel.
  • Annuler les partenariats public-privé nuisibles entre les collèges privés d’enseignement professionnel et les collèges publics d’arts appliqués et de technologie qui mènent à l’exploitation des étudiantes et étudiants internationaux, à une éducation et à des conditions de travail de qualité inférieure.

4. Crise climatique

Les répercussions directes de la crise climatique représentent un défi important pour les populations et les communautés de l’Ontario, pour les communautés marginalisées en particulier.

Les événements météorologiques violents ont déjà causé des dommages considérables dans des collectivités de l’Ontario et les projections montrent que les impacts climatiques et les conséquences seront encore plus catastrophiques à l’avenir, notamment les vagues de chaleur, les incendies de forêt, les inondations, les perturbations sur l’agriculture et l’insécurité alimentaire.

En raison du réchauffement climatique, des températures plus élevées et des conditions plus sèches qui contribueront à un risque accru d’incendie, on s’attend à ce que les feux de forêt deviennent de plus en plus fréquents et intenses dans le nord de l’Ontario.

Pour atténuer ces effets dévastateurs, il est impératif d’adopter une approche à volets multiples, notamment la réduction des émissions, la promotion et le développement de l’économie verte, la lutte contre les inégalités systémiques et l’augmentation de la responsabilité de nos objectifs climatiques. En outre, il est nécessaire de renforcer la fonction publique afin de mettre en œuvre efficacement des protections environnementales, en particulier dans les communautés touchées de manière disproportionnée par la dégradation de l’environnement et le changement climatique, comme les groupes racialisés et les populations autochtones.

Le gouvernement doit également retirer son plan impopulaire visant à vendre des parties vitales et protégées de la ceinture verte de la province à des proches du Parti progressiste conservateur et à des promoteurs fortunés. Cette attaque contre nos espaces verts et terres agricoles vise à construire de somptueuses villas, et non pas les logements abordables dont les habitants de cette province ont désespérément besoin.

Il est impératif de reconnaître l’existence d’un racisme environnemental qui exacerbe l’impact du changement climatique sur les communautés racialisées, y compris sur les populations autochtones et noires. Ces communautés sont également défavorisées car elles disposent d’un moindre pouvoir politique pour dénoncer le manque de protection.

Ce budget constitue une occasion unique de bâtir un avenir équitable et durable grâce à une transition écologique juste qui intègre un cadre de justice environnementale. Une telle approche donne la priorité à la préservation de nos écosystèmes et au bien-être de nos communautés, tout en assurant la prestation continue des services publics essentiels.

Recommandations pour affronter la crise climatique :

  • Revenir sur la vente de terres protégées dans la ceinture de verdure de l’Ontario.
  • Accroître les soutiens et les financements pour atténuer les effets des incendies de forêt et d’autres catastrophes liées au dérèglement climatique en veillant à ce que le personnel de première ligne dispose des ressources et des outils nécessaires pour faire son travail efficacement.

Conclusion

Au cours du XXe siècle, les gouvernements successifs ont mis en place et soutenu le filet de sécurité sociale et les services publics. Pourtant, ces dernières décennies, cette tradition a été largement reniée pour mettre l’accent sur la privatisation des services et la réduction des aides.

Ces années de négligence et de sous-financement ont creusé les inégalités, ont étouffé les services publics essentiels et ont rendu la vie inabordable pour beaucoup de gens.

De nos jours, au lieu de réinvestir dans nos communautés, la richesse et les ressources sont canalisées dans les poches des nantis et des personnes qui ont le bon carnet d’adresse.

Il s’agit d’une trahison de l’esprit des services publics – et il est temps de dire « assez, c’est assez! ».

Il est temps de régler la crise majeure de la dotation en personnel et du maintien en poste en offrant de meilleurs salaires, de bons emplois avec une pension de retraite et des avantages sociaux, et en améliorant la capacité des services publics.

Il est temps de mettre un terme à la crise du coût de la vie et de renouveler notre engagement et objectif originel à l’égard des services publics, qui ont été mis en place pour « aplanir les inégalités ».

Notre mémoire prébudgétaire donne la priorité à quatre thèmes principaux : de bons emplois et de meilleurs services, la résolution de la crise du coût de la vie, la fin du programme de privatisation et l’action climatique. Nos propositions constituent des solutions pratiques et réalisables pour relever ces défis.

Nous pensons qu’il est primordial de préserver et consolider les services publics et le filet de sécurité sociale pour les générations futures, car ils jouent un rôle fondamental pour promouvoir la justice et l’équité, et sont essentiels au fonctionnement de notre démocratie.

L’OPSEU/SEFPO est prêt à travailler avec le gouvernement pour faire de l’Ontario le meilleur endroit où vivre et travailler.

Travaillons ensemble pour bâtir une société forte et équitable où chacune et chacun d’entre nous aura accès au soutien et aux ressources dont il a besoin pour s’épanouir et prospérer.

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