Skip to content
news_notices_french.jpg

Le combat pour la protection de l’eau : la renaissance des peuples autochtones

LaDonna Tamakawastewin Allard holds up her hand as she speaks during the OPSEU Indigenous Circle Water Protector event.
Share on facebook
Share on twitter
Share on email

Sa communauté a été attaquée par la police et l’armée. Ils ont été menacés avec des chiens policiers, aspergés de gaz incapacitant et d'eau glacée par des températures sous zéro. Ils ont été infiltrés, surveillés et soumis à la désinformation et à la calomnie. Leur camp a finalement été démantelé et détruit et ils ont été forcés de se cacher.

LaDonna Tamakawastewin Allard

Mais cette femme du peuple Lakota, fondatrice du camp de Standing Rock, refuse de céder aux autorités et aux entreprises qui veulent construire un pipeline traversant son territoire traditionnel dans le Dakota du Nord. Malgré ce qu’elle a vécu à Standing Rock, LaDonna Tamakawastewin Allard reste profondément optimiste pour l'avenir.

« Nos blessures vont cicatriser, déclare LaDonna Tamakawastewin Allard, et nous serons encore plus forts. Un jour, le monde entier suivra notre exemple. »

Madame Allard s’adressait à plus d’une centaine de personnes qui s’étaient rassemblées pour l’écouter au Centre des membres du SEFPO, à Toronto, le vendredi 5 mai. L'Équipe de mobilisation autochtone du SEFPO, le mouvement Idle No More et le Law Union of Ontario avaient organisé conjointement cet événement avec un spectacle de tambour, des chants, des prières, un dîner préparé et servi par Food Share Toronto, et des présentations données par des femmes autochtones, à l’instar de madame Allard, qui mènent le combat dans leur communauté pour protéger leur territoire et leur eau.

Water protector event

« Partout dans le monde, seules les populations autochtones vivent encore sur des territoires où la terre est intacte et l'eau pure », a affirmé madame Allard. « Les industries vont les attaquer. Les industries mentiront et chercheront à manipuler les gens pour s’en emparer. Nous devons les protéger. »

La menace est terrifiante, mais dans cette menace, il y a également une incroyable opportunité pour les populations autochtones, a-t-elle affirmé.

« Nombre de personnes qui sont venues à notre camp de Standing Rock ont vécu une renaissance spirituelle et artistique – par l'amour, le chant, la danse, la prière et la spiritualité », a expliqué madame Allard. « En nous réunissant pour protéger notre eau, nous avons retrouvé une grande partie de ce que nous avions perdu. »

Dans le nord de la Colombie-Britannique, une renaissance similaire a eu lieu sur le territoire traditionnel de la Première Nation Wet'suwet'en. Pour lutter contre l'envahissement continu des industries minières et pétrolières, les Wet'suwet'en ont résisté avec succès en faisant renaître leur culture et en retournant sur leur territoire.

Freda Huson

« Mon père m'a toujours dit que nous devions occuper le territoire », a affirmé Freda Huson, porte-parole des Wet'suwet'en. « Il me disait toujours : comment crois-tu que ces villages et villes sont sortis de terre? Ces gens sont arrivés et ils se sont installés sur les terres. Nous devons faire pareil. Nous devons occuper nos territoires traditionnels. »

C’est la raison pour laquelle Freda Huson travaille à la construction d'un camp permanent dans cette région sur laquelle les compagnies de pipeline aimeraient mettre la main. Menacés et persécutés par la police, ils ont jusqu’à présent réussi à défendre leur territoire grâce à une combinaison de tactiques traditionnelles et juridiques.

« Je fais toujours appel à la vérité et à la sagesse de mon peuple lorsque je parle avec les gens. Jamais de violence pour protéger notre territoire », a ajouté madame Huson. « Et nous avons toujours une caméra qui filme. Au cas où on nous accuserait d’être les agresseurs, nous avons un enregistrement de toutes nos rencontres. Nous n’avons besoin que de la clé USB pour montrer la vérité.

À l’instar de madame Allard, Freda Huson a expliqué que le camp qu'elle aide à construire met en valeur la culture traditionnelle au détriment des énergies fossiles.

« Nous utilisons l'énergie solaire et les fours à bois. L’eau de la rivière est si propre que nous pouvons la boire tout au long de l'année », a-t-elle dit. « Depuis des générations, le gouvernement canadien a tout fait pour “tuer l’indien dans l’enfant”. Eh bien, nous faisons tout pour faire renaître l’indien dans nos enfants. »

Parmi les personnes qui étaient venues pour écouter LaDonna Tamakawastewin Allard et Freda Huson, il y avait Pauline Shirt, aînée de la communauté crie et gardienne de la sagesse.

New Guinea activists

Dans l’audience, il y avait aussi deux femmes autochtones qui étaient venues de Papouasie, en Nouvelle Guinée, dont le territoire et la culture sont attaqués par la compagnie minière canadienne Barrick Gold. Elles ont décliné l'offre de parler en public, préférant juste écouter les présentations. Comme une autre membre de l'auditoire l’a si bien dit : « Ce sont des femmes courageuses qui sont venues pour entendre et rendre hommage à d'autres femmes courageuses. »

LaDonna Tamakawastewin Allard a terminé sa présentation en donnant quelques conseils pratiques à toute la salle.

« Chaque jour, posez un geste concret qui contribue à améliorer la vie de chacun, a-t-elle conclu, en faisant des choses aussi simples que de marcher au lieu de conduire ou de passer d’une banque traditionnelle à une coopérative de crédit. »

« Tout ce que vous faites, faites-le pour vous guérir et pour guérir la terre. »