Le PDG de la Société canadienne du sang, Graham Sher, devrait démissionner à la suite d'un accord à but lucratif qui abuse de la confiance du public : l'OPSEU/SEFPO

Toronto – La décision prise par la Société canadienne du sang (SCS) de signer un contrat de 15 ans avec une multinationale à but lucratif pour la collecte de plasma constitue une violation flagrante de l’obligation de l’organisme de maintenir la fiabilité et le caractère public du système du sang. Les dirigeantes de l’OPSEU/SEFPO affirment que l’accord est un abus de la confiance du public et demande la démission immédiate du PDG Graham Sher et du conseil d’administration.

L’entente avec Grifols, une société pharmaceutique internationale basée en Espagne, permettra à celle-ci de contourner les interdictions du plasma payé en place en Ontario et en Colombie-Britannique.

« La Société canadienne du sang pourrait renforcer et protéger l’approvisionnement public en plasma en augmentant le nombre de sites publics de collecte », a déclaré la présidente de l’OPSEU/SEFPO, JP Hornick. « Au lieu de cela, elle a fait affaire avec une multinationale à but lucratif qui a conclu un accord qui met en péril le système public. »

M. Sher a refusé de divulguer les conditions financières de l’accord ou d’expliquer pourquoi la SCS a accordé un monopole sur le plasma payé à une multinationale privée et à but lucratif.

« Les Ontariennes et Ontariens veulent avoir un système de collecte et de distribution du sang et du plasma transparent et public », a déclaré Laurie Nancekivell, première vice-présidente et trésorière de l’OPSEU/SEFPO. « Cet accord de commercialisation conclu en coulisses avec une multinationale vise à assurer les profits du secteur privé et non à protéger l’approvisionnement en plasma ou l’intérêt public. »

Il y a vingt-cinq ans, en 1997, le rapport de la Commission d’enquête Krever a fait une série de recommandations pour protéger l’approvisionnement public en sang. Ces recommandations étaient claires : le système canadien du sang devrait être autosuffisant, le sang devrait être une ressource publique, les donneurs de sang ne devraient pas être payés et l’accès aux produits sanguins devrait être universel et gratuit.

« Grâce à ce contrat à but lucratif, les membres du conseil d’administration de la Société canadienne du sang ont effectivement déchiré les recommandations de santé publique faites par la Commission d’enquête Krever », a déclaré Mme Hornick. « Pour le bien des Ontariennes et Ontariens et pour l’intégrité de notre système d’approvisionnement en sang et en plasma, ils devraient déchirer cet accord ou démissionner. »

L’OPSEU/SEFPO a écrit une lettre à M. Sher en juillet pour lui faire part de ses préoccupations au sujet de cette menace pour l’intégrité du système public. M. Sher n’a pas répondu.

L’OPSEU/SEFPO représente environ 1000 employés de la SCS, dont des agents de collecte, des assistants de laboratoire, des phlébotomistes et des conducteurs dans 15 sites dans la région du Grand Toronto et à London, Windsor, Barrie, Peterborough, Hamilton, St. Catharines, Ottawa, Sudbury et Kingston.