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Colombie : un groupe paramilitaire menace les manifestants indigènes « d'épuration sociale »

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22 octobre 2013

La sécurité de manifestants indigènes fait l'objet de graves préoccupations alors qu'ils sont la cible de violences croissantes de la part des forces de sécurité et que leurs meneurs ont été menacés de mort par un groupe paramilitaire de droite, a annoncé Amnistie Internationale.

Des dizaines de manifestants indigènes, dont de nombreux enfants, ont déjà  été blessés lorsque, selon certaines informations, les forces de sécurité colombiennes ont eu recours à une force excessive contre les manifestations, qui ont débuté le 12 octobre 2013 et se poursuivent dans plusieurs régions du pays.

Les craintes de voir survenir de nouvelles violences ont été renforcées la semaine suivante lorsque le groupe paramilitaire Rastrojos a appelé à une « épuration sociale » des responsables et des groupes indigènes participant aux manifestations.

« La majorité des éléments de preuve recueillis par Amnestie Internationale dans plusieurs parties de la Colombie montre que la police et les forces armées ont fait un usage de la force excessif et disproportionné contre les manifestants indigènes », a déclaré Marcelo Pollack, spécialiste de la Colombie pour Amnestie Internationale.

« Les autorités colombiennes doivent faire en sorte que les violences contre les manifestants cessent et veiller à ce que les menaces proférées par des groupes paramilitaires et les allégations de recours à une force excessive fassent sans délai l'objet d"enquêtes exhaustives.  Les responsables doivent être traduits devant la justice civile, et non militaire. Si l'on continue dans cette voie, la liste des victimes s"allongera et les manifestations continueront. »

Manifestations des indigènes

Depuis le 12 octobre 2013, des milliers d'indigènes manifestent dans plusieurs régions de Colombie. Ils réclament le respect de leurs droits, de plus en plus menacés par l'industrie minière et pétrolière et d'autres acteurs économiques, qui empiètent sur leurs terres ancestrales.

Ces manifestations ont été violemment réprimées par les forces de sécurité colombiennes et les affrontements les plus graves ont eu lieu dans les départements du Cauca et du Valle del Cauca, dans le Sud-Ouest de la Colombie.

Le 19 octobre, le Comité régional Indígena del Cauca (CRIC) a rapporté que dans La Augustina, municipalité de Santander de Quilichao, au Cauca, les forces de sécurité auraient ouvert le feu sur les manifestants qui défilaient les jours précédents, blessant 15 manifestants indigènes, dont plusieurs enfants.

Le 16 octobre, des unités anti-émeute de la police (Escuadrón Móvil Antidisturbios, ESMAD) ont dispersé une manifestation indigène qui bloquait la route conduisant à Buenaventura, dans le département du Valle del Cauca.  Il semble que la police ait lancé des bombes lacrymogènes, dont certaines auraient été remplies de projectiles, directement sur les manifestants et les ait frappés à plusieurs reprises.

Plus de 60 personnes ont été blessées, dont 16 grièvement. La police anti-émeute aurait empêché pendant plusieurs heures les blessés de se faire soigner.

Préoccupations pour la sécurité

Les menaces visant les responsables indigènes interviennent alors que les forces de sécurité colombiennes semblent avoir recours à une force excessive.

Dans un message écrit datant du 15 octobre, le groupe paramilitaire a menacé de mort, en les nommant précisément, des responsables et des organisations indigènes des départements du Cauca, de Caldas, de Risaralda, de La Guajira, de Huila et d"Antioquia.

Les paramilitaires ont dit aux manifestants de rentrer chez eux dans les 24 heures, faute de quoi ils seraient considérés comme des cibles militaires et seraient marqués pour être exécutés lors d"une opération « d'épuration sociale ».  Les paramilitaires ont affirmé que les manifestants indigènes étaient utilisés comme de la « chair à canon » par les guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

« Étant donné les rapports qui font état d'un recours excessif à la force contre les manifestants indigènes durant les dix derniers jours, nous sommes très inquiets pour la sécurité des leaders indigènes et des membres des organisations visés par les menaces de mort proférées par les paramilitaires », a déclaré Marcelo Pollack.

« Dans le passé, ceux qui ont été étiquetés comme des éléments subversifs ou des collaborateurs de la guérilla ont souvent été la cible de graves violations des droits de la personne de la part des groupes paramilitaires – agissant seuls ou en collusion avec les forces de sécurité. »

Amnistie Internationale est préoccupée à l'idée que la récente réforme de la justice militaire, qui rendra pratiquement impossible le fait de traduire en justice des membres des forces de sécurité impliqués dans des violations des droits humains, aurait eu pour effet d"enhardir policiers et militaires, qui n'hésiteraient plus à avoir recours à une force excessive contre les manifestants.

L'organisation prie instamment les autorités civiles colombiennes d"enquêter de façon indépendante sur toutes les allégations de recours à une force excessive par les forces de sécurité et sur les menaces de mort proférées par des paramilitaires et visant des responsables et des organisations indigènes.

undefinedAGISSEZ!

Veuillez écrire immédiatement pour :

– Exprimer votre préoccupation pour la sécurité des membres d'ONIC, du CRIC et d"ACIN et les leaders indigènes mentionnés ci-dessus et qui sont menacés de mort par les paramilitaires.

– Demander que le système de justice civile ouvre des enquêtes sur les menaces proférées, que les résultats soient rendus publics, que les responsables soient traduits en justice et que les autorités prennent les mesures appropriées pour garantir la sécurité des personnes qui font l"objet de menaces.

– Demander que le système de justice civile ouvre des enquêtes sur les blessures des nombreux manifestants afin d"établir si elles sont les conséquences d"un usage de la force excessif de la part des forces de sécurité.

Veuillez envoyer vos lettres à :

Président de la République
Monsieur le président Juan Manuel Santos Presidente de la República, Palacio de Nariño, Carrera 8 No. 7-26, Bogotá, Colombie Tél./Téléc. : 011 57 1 596 0631 (tenter) Formule d’appel : Monsieur le Président Sr. Presidente Santos

Ministre de la Défense
Monsieur le Ministre Juan Carlos Pinzón Ministerio de Defensa Carrera 54 n° 26-29 Bogota, Colombie Téléc. : 011 57 1 266 1003 Formule d’appel : Monsieur le Ministre Pinzón Ministro Pinzón /Estimado Sr. Ministro

Copies à :

Colombian Indigenous Organization
ONIC Calle 13, No.4-38 Bogotá, Colombia Son Excellence Nicolás Lloreda Ricaurte Ambassade de la République de Colombie 360, rue Albert, bureau 1002 Ottawa (Ontario) K1R 7X7
Téléc. : (613) 230-4416
Courriel : embajada@embajadacolombia.ca 

L'honorable John Baird
Ministre des affaires étrangères Chambre des communes Ottawa (Ontario) K1A 0A6 Affranchissement : Non requis.

Courriel : John.baird@parl.gc.ca
Téléc. : (613) 996-9880

Pour de plus amples renseignements, consultez : www.amnesty.ca