Division des Employés de la régie des alcools

L'écho – n° 53 – avril 2015 – Des changements importants à venir dans la vente de bière et de vin en Ontario

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Message de la présidente

On s'attend à des changements importants dans le marché de détail de la bière – et le cas échéant, du vin – en Ontario. Malheureusement, la plupart de ces changements ne vont pas dans la bonne direction.

Au mois d'avril, le gouvernement a annoncé, à la suite des recommandations du panel d’experts présidé par Ed Clark, que des épiceries pourraient vendre des emballages de six bières dès les prochaines fêtes de fin d'année. En 2017, jusqu'à 450 épiceries seront autorisées à vendre de la bière.

Les changements ne s'arrêtent pas là. Voici quelques autres changements importants à venir :

  • les épiceries pourraient vendre du vin dès 2017;
  • la LCBO seraient autorisée à vendre en ligne;
  • la LCBO pourrait ouvrir des boutiques spécialisées dans la vente au détail de spiritueux et;
  • dix succursales pilotes de la LCBO seraient autorisées à vendre des emballages de douze bières. Jusqu'à 60 succursales de la LCBO pourraient finalement être autorisées à vendre des caisses de 12 bouteilles.

Globalement, nous voyons d'un mauvais œil ce qui s'annonce comme une plus grande accessibilité de l'alcool. Selon tous les experts, l'abus d'alcool engendre une hausse des coûts sociaux et de santé pour la société.

En réponse aux recommandations du panel Clark, Smokey Thomas, le président du SEFPO, a parfaitement résumé notre position, lorsqu'il a dit: « Ce rapport ne tient absolument pas compte de la relation entre l'alcool, la société et les budgets gouvernementaux … “Poussez les gens à boire plus de bière”, c'est une mauvaise politique sociale qui nuira directement aux Ontariens et à leurs familles. Cela finira par coûter plus cher au gouvernement qui perdra de l'argent au fur et à mesure où les ventes d'alcool augmenteront. »

En dépit de toutes ces annonces médiatisées, beaucoup de questions restent sans réponses.

La plus grande inconnue reste l'impact de ce changement du système de vente au détail sur la LCBO. Au fil du temps, la vente de vin dans les établissements privés pourrait faire baisser les recettes de la LCBO et se traduire par une réduction des heures d'ouverture des succursales.

Nous avons d'autres motifs de préoccupation. Les membres du SEFPO du secteur de la vente au détail de la LCBO reçoivent une formation complète sur le service responsable. Ils refusent la vente d’alcool aux mineurs et aux adultes en état d’ébriété.  L'année dernière seulement, ils ont contacté la police locale 426 fois après avoir refusé de servir un client qui est parti au volant de sa voiture.

Les épiceries appliqueront-elles le même principe élevé de responsabilité sociale? Kathleen Wynne, Ed Clark et les épiciers ne le disent pas. En fait, Clark mentionne à peine la responsabilité sociale dans son rapport.

Avant cette annonce, le Conseil exécutif du SEFPO a approuvé la première étape d'une campagne de lutte. Grâce à ces fonds, nous avons effectué un vaste sondage d'opinion qui a confirmé que de nombreuses personnes attachent beaucoup d'importance au service responsable. Dans le cadre de cette première étape, on a organisé trois assemblées téléphoniques.

Le 31 mars dernier, Smokey Thomas, moi-même et les membres du comité antiprivatisation avons rencontré les représentants de plusieurs organisations qui partagent nos inquiétudes concernant la libéralisation du marché de détail de l'alcool, comme l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario, MADD Canada (Les mères contre l'alcool au volant), Arrive Alive, la Fondation canadienne du cancer du sein, et Médecins canadiens pour le régime public. Nous avons convenu de former un groupe de travail pour aller de l'avant.

À l'occasion d'une conférence téléphonique organisée par le SNEGSP, nous avons également discuté des défis auxquels fait face l'Ontario aujourd'hui et de la meilleure manière de les surmonter avec les régies des alcools des autres provinces.

Chacune et chacun d'entre nous a un rôle à jouer. Dites à vos proches, amis et voisins que la libéralisation de la vente d'alcool est une mauvaise chose. La LCBO doit garder le monopole de la vente d'alcool. Participez à notre lutte! Vous pourriez sauver des emplois – et des vies.

Denise Davis, présidente de la LBED
Division des employés de la Régie des alcools du SEFPO

Formation des membres de la LBED au lobbyisme – Congrès du SEFPO

On encourage les membres de la Division des employés de la Régie des alcools qui assisteront au Congrès annuel du SEFPO, à Toronto, le mois prochain, à participer à une courte séance de formation, qui aura lieu le samedi 9 mai, l'après-midi, à partir de 14 heures.

Cette séance aura lieu au Palais des congrès du Toronto métropolitain, salle 204, de 14 h 15 à 17 heures. Tous les délégués, suppléants, observateurs et membres du comité de la LBED sont invités à y participer.

Durant cette séance de formation, les membres de la LBED apprendront comment exercer des pressions sur leurs députés pour lutter contre l'élargissement du marché de la vente de la bière et du vin aux épiceries.

Le personnel du SEFPO animera les séances de formation. Les membres de la LBED apprendront les outils et méthodes les plus efficaces pour exercer des pressions sur leur député local, à l’instar de documents de campagnes à distribuer aux députés lors des visites à leur bureau de circonscription.

Questions et réponses

Pourquoi est-ce une mauvaise chose de permettre à 450 épiceries de vendre de la bière (et éventuellement du vin)?

Les experts s'entendent pour dire qu'un accès accru à l'alcool entraine une hausse de l'abus d'alcool et engendre une hausse des coûts sociaux et de santé pour la société.  Nous avons déjà un « déficit sur l'alcool » en Ontario, parce qu'on dépense plus d'argent dans le traitement des effets secondaires nocifs liés à l'abus d'alcool qu'on en reçoit grâce aux revenus des ventes d'alcool. Cet écart ne fera que croître avec l'ajout de 450 points de vente au détail en plus des 1 700 points de vente existants où les consommateurs peuvent acheter des spiritueux, du vin, de la bière et du cidre.

Au lieu du plan du gouvernement, qu'est-ce que le SEFPO souhaiterait qu'il fasse?

À l'instar de ce que propose MADD, le SEFPO souhaiterait que la LCBO puisse exploiter ses « propres comptoirs express » à l'intérieur des épiceries afin d'y vendre de la bière et du vin. Cela permettrait d'assurer la meilleure responsabilité sociale possible en refusant la vente aux personnes qui sont d’âge mineur, qui sont en état d’ébriété ou qui tentent d’acheter de l’alcool pour celles-ci.

Quand les épiceries pourront-elles commencer à vendre de la bière et du vin?

Selon le plan proposé par Ed Clark, jusqu'à 150 épiceries pourraient commencer à vendre des emballages de six bières dès la fin de cette année. Un nombre qui devrait croître jusqu'à 450 d'ici 2017. La vente de vin dans les magasins privés pourrait être autorisée à compter de 2017.

Quelles sont les épiceries qui pourront vendre de la bière et du vin?

Selon des informations parues dans les médias, le gouvernement pourrait organiser une vente aux enchères de nouveaux permis. Une chaîne d'épiceries serait autorisé à acquérir jusqu'à 25 % maximum des 450 licences.

Quel sera l'impact de ce changement sur la LCBO? Y aura-t-il des pertes d'emplois?

Il est difficile d'évaluer l'impact de ce changement sur la LCBO.  Si les revenus de la LCBO baissent au fur et à mesure où les ventes de bières et vins augmentent dans les épiceries, il pourrait y avoir une réduction des heures de travail du personnel de la vente au détail.

Quelle formation à l'égard de la responsabilité sociale le personnel des épiceries recevra-il?

Le gouvernement et les chaînes d'épiceries n'ont donné aucune précision sur la formation à l'égard de la responsabilité sociale. On peut cependant douter du fait que le personnel des épiceries recevra la même formation rigoureuse que le personnel du secteur de la vente de la LCBO. Cela devrait inquiéter les gens.

Est-il vrai, comme le prétend le gouvernement, que la privatisation de la vente de bière et de vin dans les épiceries augmentera les revenus du gouvernement?

Le gouvernement peut prétendre que ce changement va accroître ses revenus, mais il n'a fourni aucuns détails financiers. Ce qui semble certain, c'est que si la LCBO subit les contrecoups de la privatisation, elle ne sera pas en mesure de produire le même dividende élevé – 1,7 milliard de dollars au cours du dernier exercice financier – que par le passé.

La privatisation de la vente au détail de la bière et du vin aidera-t-elle les brasseries artisanales, les vignobles et établissements viticoles de l'Ontario?

Selon le rapport de Clark, les brasseries artisanales seraient les grandes bénéficiaires de ces changements. Les épiceries auront l'obligation d'attribuer un minimum de 20 % de tout l'espace d'étalage aux brasseries artisanales de l'Ontario. Les brasseurs de l'Ontario auront la possibilité de détenir des actions de The Beer Store qui est actuellement aux mains de trois brasseries étrangères qui ont le quasi-monopole. À ce stade, il est difficile d'évaluer les conséquences de ces changements sur l'industrie vinicole de l'Ontario, mais les épiceries devront respecter les accords de l'ALENA et permettre aux vins fabriqués à l'étranger d'être en concurrence avec les vins de l'Ontario.

Clark mentionne-t-il la vente des spiritueux dans son rapport?

Oui, et les nouvelles ne sont pas bonnes. Clark lance l'idée que la vente au détail des spiritueux pourrait se faire sur le même modèle que la vente au détail du vin. En d'autres mots, il semble ouvert à l'idée de privatiser la vente au détail de certains spiritueux. Il ne donne aucun échéancier et pas beaucoup de détails, mais Clark annonce que le conseil commence à travailler sur la vente au détail des spiritueux.

Les prix de la bière et du vin baisseront-t-ils?

Probablement pas. Le gouvernement provincial imposera des niveaux de prix minimum afin d'éviter que les chaînes d'épiceries ne se lancent dans une guerre des prix. En réalité, depuis que l'Alberta a privatisé l'ensemble de son système de vente au détail d'alcool il y a 22 ans, le prix moyen global des spiritueux, du vin et de la bière dans cette province est plus élevé qu'en Ontario.

Que fait le SEFPO pour lutter contre la libéralisation du système de vente d'alcool?

Beaucoup de choses. Le Conseil exécutif du SEFPO a approuvé la première étape d'une campagne de lutte pour attirer l'attention du public sur les conséquences de l'élargissement du marché de détail de l'alcool. Quelques-unes des mesures prises au cours de la première étape sont les suivantes :

  • L'organisation d'une vaste enquête d'opinion qui confirme que l'appui des gens pour l'élargissement du marché de détail de l'alcool s'effondre quand ils se rendent compte que l'abus d'alcool engendre une hausse des coûts sociaux et de santé pour la société.
  • Trois assemblées téléphoniques.
  • Une réunion de « partenaires », organisée par le SEFPO, avec huit groupes d'intérêt public qui ont convenu de former un groupe de travail afin de mettre en lumière les lacunes du plan du gouvernement.
  • De nombreuses apparitions dans les médias du président du SEFPO Smokey Thomas.
  • Une conférence téléphonique, le 1er avril, avec la section de la Régie des alcools du SNEGSP pour échanger des idées sur les moyens de lutter contre la privatisation.

MADD souhaite que la LCBO puisse vendre à l'intérieur des épiceries

MADD Canada souhaite que la LCBO puisse exploiter ses propres comptoirs à l'intérieur des épiceries – au lieu de permettre aux épiceries de vendre de la bière et du vin.

« Vendre de l'alcool dans les épiceries sans la surveillance de la LCBO équivaut à privatiser la vente d'alcool et comporte toute une série de risques sérieux pour la santé et la sécurité publique », a déclaré l'organisme qui lutte contre la conduite avec facultés affaiblies dans un communiqué de presse, le 10 avril dernier (traduction libre).

Pour sa part, Andrew Murie, chef de la direction de MADD, a déclaré : « La privatisation se traduit typiquement par un accès accru à l’alcool (plus grand nombre de magasins, heures d'ouverture prolongées, etc.), ce qui, selon les recherches qui ont été faites au Canada et à l'étranger, se traduit par une augmentation de la consommation et des problèmes liés à l’alcool. »

En ce concerne cette question, MADD et le SEFPO sont sur la même longueur d'onde. Le SEFPO a toujours préféré que la LCBO puisse exploiter ses propres points de vente de bière et de vin dans les épiceries – une position que le gouvernement provincial avait envisagé pour la première fois il y a environ 18 mois.  Il a, depuis, abandonné cette idée afin de permettre aux chaînes d'épicerie privées de vendre de l'alcool.

Le président du SEFPO Smokey Thomas s'est félicité que MADD appuie le premier plan de la LCBO.

« Dans l'urgence d'accroître ses revenus en libéralisant la vente d'alcool, le gouvernement semble avoir rayé le mot "responsabilité" de son vocabulaire », a déclaré aujourd'hui, Warren (Smokey) Thomas, président du SEFPO, dans un communiqué du 13 avril. « Dans sa déclaration, qui vient à point nommé, MADD a réitéré que les méfaits liés à l'alcool – y compris ses liens avec plus de 65 problèmes médicaux – coûtent des milliards de dollars par an au trésor public. »

Dites à Kathleen Wynne ce que vous pensez de la privatisation de la vente d'alcool

Le gouvernement libéral de Kathleen Wynne continue d'aller de l'avant avec son plan visant à élargir le marché de détail de l'alcool en autorisant les épiceries à vendre de la bière, et éventuellement du vin. Ignorant tous les avertissements qui montrent qu'un accès accru à l’alcool se traduit par une augmentation de la consommation et des problèmes liés à l’alcool, ce gouvernement n'a pas l'intention de maintenir le statu quo en ce qui concerne l'avenir de la vente au détail d'alcool.

Il n'a même pas pris la peine de consulter la population pour avoir son avis.

Faites savoir à la première ministre ce que vous pensez de son plan en appelant son bureau ou en lui envoyant un courriel.

Composez le 416-325-1941 pour dire à Kathleen Wynne ce que vous pensez de la vente de bière et de vin dans les épiceries. Une réceptionniste prendra votre appel et transmettra vos préoccupations à l'entourage de la première ministre.

Vous pouvez également envoyer un courriel à la première ministre à : premier@ontario.ca

Des milliers de membres de la LBED ont participé aux assemblées téléphoniques du SEFPO

Le 31 mars et le 1er avril, plus de 3 800 membres du SEFPO qui travaillent à la LCBO ont participé à trois assemblées téléphoniques extraordinaires. Ces assemblées téléphoniques, qui ont été organisées avant la publication du rapport Clark, avaient pour objectif de discuter des retombées des changements proposés sur la LCBO et ses employés. Des douzaines d'appelants ont eu l'occasion de discuter avec le président Smokey Thomas, la présidente de la LBED, Denise Davis, et les membres du comité antiprivatisation, dont le président, Rick Woodall et les membres, Don Colleymore et Anne Makela. Il y a eu de nombreuses discussions et de bonnes idées sur la façon dont le SEFPO pourrait organiser une vaste campagne pour combattre la privatisation et sensibiliser nos élus et l'opinion publique. À la suite des bonnes idées qui ont été proposées pendant les assemblées téléphoniques, le SEFPO a publié un communiqué de presse, le 2 avril, dans lequel il a mis au défi la première ministre Kathleen Wynne de venir travailler une journée dans une succursale afin de voir le travail qu'effectuent quotidiennement les employés de la LCBO. 

Informez-vous!

Kathleen Wynne et son gouvernement vont de l'avant avec l'élargissement du marché de détail de la bière et du vin dans les épiceries privées. C'est la raison pour laquelle les membres du SEFPO qui travaillent à la LCBO doivent se mobiliser pour lutter contre la mise en œuvre du nouveau modèle de vente d'alcool.

Vous pouvez faire votre part en vous informant. Nous publierons et distribuerons davantage de numéros de L'écho.  Lisez-les afin de vous tenir au courant.  Le site Web du SEFPO constitue également une bonne manière de s'informer. Consultez-le régulièrement à www.opseu.org et suivez les liens vers les pages de la LBED.

Si vous avez des questions ou souhaitez faire des suggestions au sujet de la campagne de lutte contre le plan du gouvernement, veuillez communiquer avec les dirigeants de la LBED en envoyant un courriel à leur adresse électronique. (dernière page de L'écho.)

La distribution de L'écho est autorisée par :

Warren (Smokey) Thomas
Président du SEFPO

et

Denise Davis
Présidente de la LBED
Division des employés de la Régie des alcools du SEFPO (LBED)

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