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L'écho n°56 – avril 2016 – Message de la présidente et bien plus

L'écho n°56 – avril 2016 – Message de la présidente et bien plus

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L'écho n°56 – avril 2016 – Message de la présidente et bien plus

Message de la présidente

 « Contrôle 25! 25 ans ou moins? Ayez une pièce d'identité en main; c’est la loi ».

C'est le message amical que peut lire chaque client qui entre dans un point de vente de la LCBO partout en Ontario. Il est vrai que personne ne fait mieux respecter les lois sur la vente d’alcool que les 4 000 membres et plus du SEFPO qui travaillent en première ligne des points de vente de la LCBO. C'est aussi leur travail de veiller à ne pas servir la clientèle qui viole la loi. En effectuant ce travail, nous, les employés de première ligne de la LCBO, nous empêchons des personnes qui ont un comportement insouciant de mettre leur vie, et la vie d’autres personnes, en danger.

C'est la raison pour laquelle notre gouvernement provincial devrait être plus exigeant en termes de responsabilité sociale et à l’égard des chaînes d’épiceries qui ont commencé à vendre de la bière dans leurs points de vente et qui vendront bientôt du vin à grande échelle. Ne nous y trompons pas! L’objectif ultime de l'industrie de la grande distribution est de banaliser la vente d'alcool de sorte que l’alcool devienne un produit de consommation courante tel que le papier d'aluminium, le déodorant ou le bouillon de poulet.

Pourtant, l'alcool n'est pas un produit de consommation parmi tant d'autres. Il s'agit d'une substance contrôlée dont l’abus engendre des conséquences dramatiques sur les familles et les collectivités. Des conséquences qui augmentent avec le relâchement des règles relatives à la vente de bière, de vin et de spiritueux.

Ce n'est pas moi qui le dit, mais les experts sociaux et économiques qui martèlent ce message depuis des années. Une disponibilité accrue de l'alcool, préviennent-ils, se traduit directement par une augmentation des coûts sociaux en termes de soins de santé, de productivité et de justice pénale. Dommage que Kathleen Wynne et son gouvernement ne tiennent pas compte de cette réalité.

Dans les succursales de la LCBO, c'est notre travail d’empêcher le plus grand nombre possible de mineurs d'acheter de l'alcool. Selon certains reportages récents parus dans les médias, l’employeur, qui est responsable de l'exploitation de l’entreprise, pourrait en faire davantage dans ce domaine. Même si je suis d’accord,  je crois aussi fermement que les membres du SEFPO qui travaillent à la LCBO constituent la première ligne de défense lorsqu'il s'agit d'assurer la sécurité de nos collectivités en refusant de vendre de l'alcool aux personnes qui ne doivent pas en acheter. Continuons l'extraordinaire travail que nous faisons!

Denise Davis
Présidente de la Division des employés de la Régie des alcools du SEFPO (LBED)

Début de notre cycle de négociation!

En mars, les délégués du personnel du SEFPO vous ont distribué le sondage sur l’établissement des revendications. Le but de cet exercice était de déterminer les enjeux qui vous paraissent les plus importants pour notre prochaine ronde de négociation. Vous avez répondu en grand nombre!

L’Unité de la négociation collective au siège social du SEFPO a reçu et classifié les résultats de ce sondage, qui seront annoncés aux délégués et suppléants à la Conférence de prénégociation (CPN), à Toronto, le 30 avril 2016.

La CPN a pour but d'examiner en détail un certain nombre de questions générales liées à la prochaine ronde de négociation en 2017.  Nous passerons également en revue les résultats du sondage et les questions à examiner dans le cadre des réunions d'établissement des revendications locales. Cet exercice nous guidera et nous donnera la direction à suivre afin de préparer les négociations contractuelles.

En outre, les délégués à la CPN éliront leur prochaine équipe de négociation.

Plus tard cette année, nous nous rencontrerons à nouveau pour notre réunion d'établissement des revendications finales. À cette occasion, nos délégués discuteront et adopteront nos revendications finales et les classeront par ordre de priorité.

Le plan gouvernemental de vente de la bière et de vin dans le secteur privé : une baisse des bénéfices pour le secteur public

La LCBO appartient à la population de l’Ontario. Toute la population de l’Ontario profite des bénéfices – sous forme de dividende – qui sont les résultats de la vente au détail responsable d'alcool dans nos succursales.

Malheureusement, à l'avenir, nous devrons partager ces bénéfices avec les grandes chaînes d'épicerie telles que Loblaw, Sobeys et Metro.

C'est la conséquence directe du compliqué plan du gouvernement provincial qui autorisera jusqu'à 300 épiceries indépendantes à vendre du vin et de la bière d’ici 2025. (Cent cinquante épiceries auront seulement l'autorisation de vendre de la bière).

Environ 150 épiceries seront autorisées à acheter des vins ontariens et importés à la LCBO avec une remise sur le prix net et à les vendre ensuite aux consommateurs au prix de détail. C'est le système qui est actuellement en place dans les épiceries qui sont déjà autorisées à vendre de la bière.

Les consommateurs paieront le même prix de détail pour la bière et le vin dans tous les points de vente au détail, qu'ils les achètent à la LCBO, aux magasins The Beer Store, dans une épicerie ou dans un magasin de vin privé.

Le résultat se traduira par une baisse du bénéfice net des ventes de la LCBO. En effet, parce que les épiceries recevront une remise sur le prix net, la LCBO partagera ses bénéfices avec certaines des plus importantes et rentables entreprises de la grande distribution.

Mais qui devrait vraiment profiter de ces bénéfices? La population de l'Ontario! Les Ontariennes et Ontariens! Le gouvernement Wynne détourne l'argent qui devrait aller à la trésorerie provinciale pour financer les services publics tels que les hôpitaux, les écoles et les routes pour en faire profiter des entreprises privées à but lucratif.

Les 150 autres épiceries ne présenteront pas elles-mêmes les demandes d'autorisation de vendre du vin. Au lieu de cela, les boutiques vinicoles de vente au détail qui se trouvent actuellement juste à la sortie d'une épicerie, telles que Wine Shop, Wine Rack ou Colio, seront autorisées à exploiter leur point de vente à l'intérieur de l'épicerie et à partager des caisses avec l'épicerie. Elles ne vendront que des vins ontariens, des vins produits par le propriétaire de la boutique, mais aussi par d'autres producteurs de l'Ontario. Ces épiceries pourront faire une demande d’autorisation de vendre de la bière.

Le repositionnement des boutiques vinicoles privées constitue une autre mauvaise nouvelle pour la LCBO et ses véritables propriétaires, la population de l'Ontario. La trésorerie provinciale fait moins de bénéfice sur la vente d’une bouteille de vin dans un magasin de vin privé que sur la vente de la même bouteille à la LCBO. C’est parce qu'on applique une taxe de base sur la bouteille de vin, et non pas la majoration fixe de la LCBO. Même si la province augmentait la taxe de base sur le vin, ses bénéfices seraient très probablement inférieurs à la majoration fixe de la LCBO.

On doit toutes et tous se poser la question suivante : pourquoi un gouvernement décide-t-il délibérément de saper un bien provincial qui rapporte près de deux milliards de dollars par année au secteur public?

Est-ce vraiment pour procurer plus de commodité?

Est-ce parce que la LCBO ne fait pas un bon travail pour vendre les vins de l'Ontario?

La réponse est NON aux deux chefs d'accusation.

À l’heure actuelle, 90 pour cent de la population ontarienne habite à moins de cinq kilomètres d'un magasin de la LCBO ou d’un magasin-agence, selon le Rapport initial publié par le Conseil consultatif de la première ministre pour la gestion des biens provinciaux en novembre 2014.

La LCBO vend actuellement 85 pour cent de tous les vins vendus dans la province. Selon le rapport annuel 2014-2015 de la LCBO, les ventes de vin de l'Ontario dans les succursales de la LCBO ont augmenté plus rapidement (9,3 %) que dans les points de vente du secteur privé (5,4 %).

Comme l'a rappelé à plusieurs reprises le SEFPO au public dans ses communiqués de presse sur la question de la privatisation de la vente au détail d'alcool, le gouvernement Wynne a cédé aux intérêts privés qui ne veulent rien de moins qu'une part très lucrative du marché des boissons alcoolisées dans notre province.

En cédant, le gouvernement Wynne ignore toutes les études effectuées pendant des décennies qui montrent que les succursales de la LCBO font un bien meilleur travail pour réduire les conséquences de la consommation d'alcool sur la santé et la sécurité publique que les magasins appartenant à des intérêts privés. Pour le bénéfice de toute la population, gardons la LCBO entre les mains du public et arrêtons les plans futurs visant à donner en pâture le marché au détail de l’alcool à l’appétit vorace du libre marché.                                                         

L’équité en matière d'emploi

Le Comité sur l'équité en matière d'emploi de la LBED reconnait que les nombreux incidents de harcèlement et de discrimination à la LCBO sont de nature systémique. Le comité souligne le fait que lorsqu'elle répond à des allégations de harcèlement et de discrimination, la LCBO omet souvent de suivre ses propres procédures et que les procédures en place sont tout à fait inadéquates.

Afin d’assurer l'équité de la procédure, le comité a formulé des recommandations pour améliorer le système, plus précisément en qui concerne le délai de traitement des affaires; la réponse aux plaignants dans un délai acceptable et la divulgation des résultats des enquêtes. À ce jour, la LCBO n'a toujours pas répondu à nos propositions. Le processus actuel a beaucoup de défauts et doit être révisé avant que nos membres puissent avoir toute confiance dans les prétendues garanties de la LCBO pour lutter contre le harcèlement et la discrimination en milieu de travail.

Le Comité sur l'équité en matière d'emploi continue également d'examiner les politiques de l'employeur en ce qui concerne les enquêtes internes et les questions d'adaptation en milieu de travail.

Notre prochaine réunion syndicat-patronat sur l'équité en matière d'emploi est prévue pour le 26 avril.

Chaque année, la LCBO célèbre le jour de la diversité en septembre et, pour la première fois en 2015, un stand avait été édifié au siège social du SEFPO pour marquer cet événement. Nous encourageons d’autres groupes à travers la province à participer à cet événement annuel qui célèbre l'équité en milieu de travail.

Le patron et l’employée : des opinions divergentes sur le milieu de travail à la LCBO

La LCBO est un joyau de la Couronne et de la Trésorerie de l'Ontario. Elle emploie plus de 7 000 personnes et génère un dividende de presque deux milliards de dollars qui permet de financer les soins de santé, l'éducation et l'infrastructure. Mais la main-d'œuvre de la LCBO est dominée par la précarité, des employés à temps partiel que l’on appelle employés occasionnels ou employées occasionnelles.  

Certains employés occasionnels doivent parfois attendre dix ans avant d’obtenir un poste à temps plein et permanent. Comment la LCBO justifie-t-elle de traiter ainsi ses employés?

Le point de vue du patron…

Oui,  la LCBO est la poule aux œufs d’or du gouvernement provincial et non un projet de création d’emplois.  Chaque fois qu’une employée occasionnelle passe d’un poste occasionnel à un poste à temps plein, le gouvernement perd des bénéfices.  Afin de décider s’il doit conserver ou non la LCBO au sein de la Couronne ou s’il doit la vendre au secteur privé, le gouvernement provincial regarde les bénéfices que lui rapporte la LCBO.  Le gouvernement provincial fixe le budget de la LCBO que cette dernière gère avec l’objectif de faire le plus possible de bénéfices en retour. Si le gouvernement voulait qu’il y ait une majorité d’employés à temps plein dans nos succursales, il ordonnerait à la direction d’en embaucher. Il ne l'a pas fait et il ne le fera pas.  

La LCBO est la propriété de la province, mais nous adoptons un modèle d’entreprise utilisé par d'autres grands détaillants du secteur privé.  C'est un modèle d'entreprise qui fait la part belle à l'emploi à temps partiel. Si la LCBO déviait de ce modèle, elle prendrait le risque d'être étiquetée de société d'État hypertrophiée, un risque qui conduirait certainement à la privatisation. Je peux affirmer que si notre personnel n'était pas syndiqué, les salaires seraient moins élevés et il y aurait encore moins d’employés à temps plein. La LCBO n'est pas un organisme de bienfaisance; si les employés occasionnels veulent un emploi à temps plein, je leur conseille de profiter de notre programme de remboursement des frais de scolarité pour faire des études afin de se prévaloir de notre système de promotion fondé sur le mérite.

En conclusion, la LCBO attache beaucoup d’importance à son personnel, aux salaires compétitifs de ses employés occasionnels et au bien-être de l’ensemble de ses travailleurs.   C'est décourageant de voir que le syndicat cherche à créer un problème là où il n'y en a pas. 

Le point de vue de l’employée…

Non, La LCBO n’a aucune bonne raison de traiter son personnel de cette manière. Il y a des milliers d’employés occasionnels à la LCBO, dont beaucoup ont du mal à joindre les deux bouts. Il s’agit d’employés dévoués, dont beaucoup travaillent pour la société d’État depuis plus d'une décennie.  Il s’agit de nos confrères et consœurs, de nos pères et mères, de nos amis et voisins.  Chaque fois qu’elle a la possibilité de créer des postes à temps plein, la direction adopte des tactiques éculées telles qu’un transfert de succursale, une réduction des quarts de travail ou une réorganisation des horaires de travail afin de faire échouer toute éventuelle évolution. C'est même pire à l'extérieur des grands centres urbains, où un employé doit parfois attendre plusieurs décennies avant d’obtenir un poste permanent et à temps plein. C’est une stratégie d'économie des coûts qui est immorale et contraire à l’engagement de Kathleen Wynne qui avait promis d’être la première ministre de la justice sociale.  Le personnel comprend que la LCBO ait pour objectif de maximiser les bénéfices, mais elle ne devrait pas le faire sur le dos des employés qu’elle dit mettre en valeur.

La LCBO se dit découragée par la démoralisation de son personnel. En ce qui me concerne, je suis persuadée que la LCBO est responsable sur toute la ligne. 

Il y a un large éventail de postes dans toutes les entreprises (publique ou privée) et chaque poste est important.  La LCBO semble penser qu’un gestionnaire supérieur a plus de valeur qu'une employée de première ligne, mais ce sont pourtant les employés de première ligne qui sont le visage de la société. Nous, les employés de première ligne, sommes la seule personne à qui les clients parlent quand ils se rendent dans une succursale de la LCBO. En nuisant au personnel de première ligne, en affaiblissant la main-d'œuvre, en coupant dans les ressources, la direction met en danger la satisfaction du client.  En nuisant à la satisfaction de la clientèle, sa tentative de maintenir la LCBO dans le giron public en copiant les tendances du marché – telles que « la méthode de gestion Walmart » – risque d’avoir l’effet contraire et de se retourner contre elle.  

Enfin, la LCBO sera peut-être surprise d’apprendre que tous ses employés n’ont pas envie de gravir les échelons à l’intérieur de l'entreprise. Nous sommes très nombreux et nombreuses à aimer notre travail en première ligne. Mais il est profondément injuste que la LCBO désavantage délibérément les employés occasionnels en les payant moins que leurs collègues à temps plein. Comment peut-on justifier le fait qu'une soi-disant entreprise modèle telle que la LCBO contribue à précariser l'emploi à temps partiel plutôt que d'en faire sa mission de l'éliminer?   

Rencontre du président du SEFPO et des membres de l’ExDiv avec la direction de la LCBO

Warren (Smokey) Thomas, Denise Davis, la présidente de la LBED et Rick Woodall, le président du sous-comité anti-privatisation ont rencontré les cadres supérieurs de la LCBO, le 8 mars dernier, pour discuter d'un large éventail de questions, y compris le plan du gouvernement provincial d'élargir le marché de détail de la bière et du vin en autorisant les épiceries privées à en vendre au cours des prochaines années.

La réunion a également porté sur le plan de la LCBO de vendre environ 250 points de vente à divers endroits de la province.

Ont participé à la réunion, George Soleas, président-directeur général par intérim de la LCBO, et des cadres supérieurs responsables des relations avec les employés et avec le gouvernement.

Bien qu'aucun consensus n'ait été atteint sur ces enjeux, les deux parties ont discuté et le président du SEFPO est sorti de la réunion en disant que cette rencontre avait été une bonne occasion de clarifier certaines questions. D'autres pourparlers sont prévus dans l'avenir.

Élaborer une stratégie sur l'alcool en Ontario

Le SEFPO, en partenariat avec sept autres groupes de défense du public, co-parrainera un forum d'une journée concernant la stratégie du gouvernement sur la consommation sécuritaire et responsable d’alcool en Ontario – un plan que le gouvernement Wynne avait annoncé l'année dernière dans le cadre de sa politique sur l’alcool.

Intitulé « Une stratégie sur l’alcool pour promouvoir la santé publique et la sécurité communautaire en Ontario », ce forum qui se tiendra le 18 mai prochain, à Oakham House, à Toronto, rassemblera plusieurs experts éminents de partout en Ontario et au Canada. Ils animeront des séances qui traiteront de l'impact d'une plus large disponibilité de la bière, du vin et des spiritueux sur la politique sociale, la productivité économique et les coûts des soins de santé. Les participants feront également des recommandations à la province sur l’élaboration de la stratégie sur l'alcool en se fondant sur des données probantes et non sur les besoins et les forces du secteur privé.

La conférencière principale est Ann Dowsett Johnston, auteure à succès et connue pour son livre : Drink: The Intimate Relationship Between Women and Alcohol. En plus du SEFPO, les autres groupes organisateurs sont les suivants : l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario, l’Union internationale des travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce, l’organisme Arrivez sain et sauf, l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l'Ontario, et Students Against Drunk Driving.