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Éliminer les huissiers... du trompe-l’œil, dit le SEFPO

Toronto – Le syndicat représentant 9 000 travailleurs des services correctionnels en Ontario se dit inquiet de la décision du gouvernement Ford d’éliminer l’Unité des transports des détenus des Services correctionnels de l’Ontario à compter du 9 septembre 2019.

« Le peuple de l’Ontario sait désormais que les services correctionnels de la province sont en crise, parce que cela fait des années que nous en parlons », a dit le président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas. « À part quelques mesures en grande partie symboliques, notre gouvernement de la loi et de l’ordre en puissance n’a rien fait pour résoudre cette crise. Se débarrasser de nos huissiers ne risque que d’aggraver les choses. »

Les huissiers provinciaux transportent les détenus accusés et condamnés. C’est une tâche essentielle, qui contribue à réduire le surpeuplement et à déménager les détenus qui causent des problèmes, dont certains sont extrêmement dangereux. Leur transport relèvera désormais exclusivement de la compétence des agents correctionnels. Tandis que les agents correctionnels de l’Ontario sont considérés parmi les meilleurs au Canada, ils ne sont pas formés pour transporter plusieurs détenus en même temps à travers la province, parfois dans des conditions météorologiques et routières périlleuses.

« Actuellement, les huissiers et les agents correctionnels reçoivent une formation exhaustive sur tous les aspects de leur emploi », a déclaré Chris Jackel, qui représente les travailleurs correctionnels pour le SEFPO. « Toutefois, à compter d’hier, les agents correctionnels manquent de formation et d’orientation dans certains aspects de leur emploi, et ce, plus particulièrement lorsqu’il s’agit du transport de multiples détenus. Si on ne remédie pas rapidement à cela, les conséquences pourraient être graves. »

« Cette décision à courte vue appauvrira encore davantage les ressources humaines, avec les agents correctionnels devant quitter leur établissement pour transporter des détenus », a ajouté M. Jackel. « Nous ne pensons pas que cette décision permette de réduire les coûts, franchement, et ce n’est pas une façon de mettre fin à la crise dans les services correctionnels, c’est sûr. »

Le premier vice-président/trésorier Eduardo (Eddy) Almeida est un agent correctionnel. Selon lui, il sait d’expérience que les agents correctionnels auront besoin de formation spécialisée supplémentaire pour faire ce travail. « Ils en ont besoin pour assurer leur propre sécurité, la sécurité des détenus et la sécurité de nos communautés.  Sans orientation, politiques et formation claires dans un proche avenir, on court le risque que des personnes soient blessées. »

« L’essentiel est que les Ontariens ont besoin et méritent d’avoir un système correctionnel aussi sécuritaire que possible », a déclaré M. Thomas. « Au lieu de cette attitude de grippe-sou, que pensez-vous d’un gouvernement qui investisse véritablement dans de nouveaux postes d’agents correctionnels, de nouveaux cours de formation et les nouveaux établissements dont on a désespérément besoin, et qui rénove les établissements carcéraux bondés qui tombent en ruines?  Faire moins, c’est du trompe-l’œil! »

Pour plus d’information : Warren (Smokey) Thomas, 613-329-1931
Chris Jackel, cmjackel.corr.merc@gmail.com