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Les changements au fédéral aggraveront les problèmes dans les prisons provinciales

TORONTO – Avec la nouvelle législation fédérale sur la criminalité, le personnel des établissements correctionnels provinciaux de l'Ontario se prépare à affronter des problèmes de surpopulation encore plus graves.

Dans sa législation budgétaire omnibus adoptée à la Chambre des communes le printemps dernier, le gouvernement conservateur a inclus des changements majeurs dans la façon dont les criminels sont punis. Le projet de loi C-10, aussi appelé Loi sur la sécurité des rues et des communautés, comprend certaines dispositions pour des peines minimales obligatoires, un moins grand nombre de peines avec sursis et des peines plus sévères pour les jeunes délinquants. Le projet de loi éliminera également le crédit double pour le temps déjà passé en prison. Ces changements contribueront à ajouter des prisonniers dans des prisons déjà surpeuplées. Les criminologues prédisent des coûts plus élevés pour les contribuables, sans réduction de la criminalité. Les agents de correction craignent une escalade de violence et de tension.

« Les agents de correction acceptent un certain niveau de stress dans le cadre de leur travail », a dit Warren (Smokey) Thomas, le président du SEFPO. « Avec des unités surpeuplées, le niveau de stress décuple. »

Dans les prisons fédérales, la double occupation des cellules permet de faire entrer davantage de prisonniers dans des prisons conçues pour accommoder un détenu par cellule. Dans les prisons ontariennes, la plupart des cellules ont été modifiées pour loger deux détenus, et il arrive même qu'on en trouve trois, voire même quatre.

« La surpopulation contribue à un niveau de violence sans pareil dans nos prisons », a déclaré Dan Sidsworth, le président provincial de la Division des services correctionnels du SEFPO. « L'an dernier, le SEFPO a enregistré 485 agressions de prisonniers dirigées contre des agents de correction membres du SEFPO, un problème qui est aggravé par la surpopulation carcérale. Nous craignons que cette tendance se poursuive et qu'elle s'ajoute aux autres problèmes rencontrés, tels que le gel de deux ans imposé par la province sur l'embauche des agents de correction et la hausse de l'activité des gangs à l'intérieur des prisons. »

Avec les changements apportés par le projet de loi C-10, le problème de la surpopulation carcérale ne fera qu'empirer d'ici 2020. « Le ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels (MSCSC) n'a dressé aucun plan pour composer avec une telle situation », a ajouté Sidsworth. « Les deux nouvelles prisons qu'on prévoit d'ouvrir dans les deux prochaines années ne feront qu'accroître légèrement la capacité carcérale, mais ne parviendront toutefois pas à répondre aux prévisions en matière de population carcérale totale d'ici là. »