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« De bons emplois, pas des emplois précaires » : Déclaration du SEFPO au sujet du rapport de Collèges Ontario

Les membres du SEFPO qui font partie du personnel scolaire et du personnel de soutien des collèges ont de graves préoccupations concernant le livre blanc intitulé The Future of Ontario’s Workers, qui a été commandé par Collèges Ontario, l’organisme qui représente les employeurs des 24 collèges publics de l’Ontario. Annoncé comme une feuille de route pour s’adapter aux changements dans le monde du travail et l’économie, il contient 17 recommandations fondées sur l’hypothèse erronée que l’avenir du travail réside dans une économie précaire qui offrira des emplois précaires et temporaires. Avec cela comme point de départ, le rapport propose d’orienter l’éducation collégiale dans la mauvaise direction en empruntant trois chemins dangereux.

S’attaquer aux programmes d’études

Les membres du personnel scolaire et du personnel de soutien des collèges savent que la capacité de penser de façon critique n’a jamais été aussi importante – pour les individus, pour les entreprises, pour l’économie. Ils sont conscients du fait que les étudiants doivent répondre aux besoins d’une économie en pleine mutation. C’est une mission qu’ils remplissent très efficacement depuis cinq décennies.

Les employeurs des collèges, en revanche, ont perdu le contact avec l’enseignement. Ils considèrent les étudiants comme des statistiques et des unités de production – et non comme des individus qui ont besoin de recevoir une éducation de qualité fondée sur une base solide de connaissances étendues et de compétences spécifiques.

Le livre blanc met l’accent sur les « micro-diplômes » pour permettre aux collèges de passer de l’éducation des étudiants à la formation des étudiants : penser qu’une éducation est bonne à partir du moment où elle permet de trouver un travail, c’est voir l’éducation avec des œillères.

Il met de l’avant le fait que les travailleurs devront constamment mettre à niveau leurs compétences, ce qui se traduira pas un besoin continu de formation pour des emplois précaires, au lieu de procurer une base solide d’apprentissage suivie d’un développement des compétences qui mènent à des certificats d’études supérieures et à de bons emplois.

S’attaquer aux étudiants

Le document met en lumière l’un de ses grands avantages : son modèle de micro-qualification dont il vante la soi-disant « flexibilité ». Il s’agit d’un passeport pour la précarité, qui prépare les travailleurs de demain à être embauchés et mis à pied, à être formés et reformés à leurs frais, selon les meilleurs intérêts financiers des employeurs.

À une époque où il y a un tollé général qui s’élève pour demander davantage d’équité, ce modèle gèle les revenus, déqualifie les travailleurs et enchâsse les inégalités entre les générations. Les étudiants pauvres, sans emploi, âgés, privés de droits, racialisés et marginalisés recevront une micro-formation qui s’accompagnera d’un plafond en verre, tandis que les étudiants privilégiés bénéficieront d’une éducation plus approfondie et transférable. Ce modèle enracinera encore plus profondément les inégalités qui existent déjà dans notre société.

Le document encourage l’élargissement de l’apprentissage en ligne. L’un des avantages de l’apprentissage en ligne est sa capacité d’atteindre les étudiants des régions éloignées. Les employeurs le considèrent également comme une alternative bon marché à l’apprentissage en classe. Mais moins cher ne veut pas dire meilleur. La plupart des éducateurs et des étudiants savent que l’apprentissage en ligne n’est pas aussi efficace que l’apprentissage en classe et en personne, en particulier pour les étudiants qui sont en difficulté. Et nos membres savent que pour dispenser un apprentissage en ligne de qualité, il faut disposer des supports et d’une infrastructure qui ne coûteront pas moins chers à long terme.

S’attaquer au personnel scolaire et au personnel de soutien

Le livre blanc s’attaque au principe de la gouvernance académique partagée, qui est pourtant essentielle pour procurer une éducation adaptée et pour maintenir la réputation de nos institutions. Le fait que les 13 000 membres du personnel scolaire qui sont en première ligne, les 8 000 membres du personnel de soutien à temps plein et les 17 000 membres du personnel de soutien à temps partiel du SEFPO n’aient même pas été consultés sur l’avenir de l’éducation collégiale souligne combien il est crucial que les employeurs des collèges accordent au personnel et aux étudiants un rôle dans la prise de décision.

Le rapport suggère également que la liberté académique n’est pas nécessaire au niveau collégial parce que les connaissances acquises dans l’éducation collégiale sont « pratiques ». C’est faux et cela montre une profonde incompréhension de la complexité des activités d’enseignement et d’apprentissage qui sont dispensées dans les collèges de l’Ontario. Le personnel scolaire des collèges a lutté pour obtenir – et a obtenu – la liberté académique en 2017, parce qu’elle est essentielle pour la recherche et l’enseignement. Sans cela, le personnel scolaire peut être forcé de transmettre les messages du gouvernement et/ou de l’entreprise comme si c’était une vérité incontestée. Combinée à une réduction des programmes d’études approfondis, généraux et holistiques, l’absence de liberté académique sape encore plus l’éducation de qualité qui permet aux étudiants de penser de manière critique.

Nos étudiants méritent mieux, beaucoup mieux que ce que les employeurs des collèges proposent, et il en va de même pour le personnel scolaire et le personnel de soutien. Nous invitons les collèges à collaborer avec le personnel scolaire, le personnel de soutien et les étudiants pour offrir une éducation pour l’avenir – et un avenir pour l’emploi et pour les travailleurs – une éducation qui mérite d’être vécue.

Warren (Smokey) Thomas, président du SEFPO
Eduardo (Eddy) Almeida, premier vice-président/trésorier du SEFPO
RM Kennedy, président, Division du personnel scolaire des collèges (SEFPO)
Janice Hagan, présidente, Division du personnel de soutien à temps plein des collèges (SEFPO)
Duncan McFarlane, président, Division du personnel de soutien à temps partiel des collèges (SEFPO)