Communiqués bannière

Vente d'actions Hydro One : coup double pour Bay Street, catastrophe pour l'Ontario

OPSEU / SEFPO flag
Facebook
Twitter
Email

TORONTO – La vente proposée de 60 % des actions d'Hydro One au secteur privé ferait coup double à Bay Street mais serait une perte monumentale pour l'Ontario, selon le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario.

Et c'est pourtant ce que le Conseil consultatif de la première ministre pour la gestion des biens provinciaux, présidé par Ed Clark, ancien PDG de banque, a proposé aujourd'hui dans un rapport au gouvernement Wynne.

« La proposition d'Ed Clark, combinée aux projets de Kathleen Wynne, verrait des dollars publics passer deux fois à Bay Street », a déclaré le président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas. « La première fois parce que la vente des actions d'Hydro One transférerait la plus grande part des bénéfices du réseau provincial de transport d'électricité dans les poches d'investisseurs privés. La deuxième parce que Kathleen Wynne utiliserait le produit de la vente pour former des partenariats publics-privés d'infrastructures de transport en commun. »

« Les Ontariens sont deux fois perdants : quand elle vend les biens et quand elle en dépense le produit », a-t-il expliqué. « Les seuls gagnants dans tout ça, ce sont les banques, les cabinets d'avocats d'affaires et les entreprises de construction qui entretiennent des liens étroits avec le parti libéral. »

En décembre dernier, Bonnie Lysyk, vérificatrice générale de l'Ontario, avait révélé que la province avait payé 8 milliards de dollars de trop avec les partenariats publics-privés (P3) formés pour mener à bien 74 projets d'infrastructure majeurs.

« Selon la vérificatrice générale, ces 74 projets nous avaient coûté 29 pour cent de plus que s'ils avaient été réalisés en suivant le modèle traditionnel d'approvisionnement public », a ajouté Thomas. « Ainsi, si le gouvernement vend des actions d'Hydro One totalisant 9 milliards de dollars et en utilise 4 pour des projets d'infrastructures de transport en commun, comme le dit Monsieur Clark, ça veut dire que les contribuables ontariens feraient don d'un autre milliard de dollars à l'industrie de la privatisation provinciale. »

« Si ça ressemble à une arnaque gigantesque, c'est parce que c'en est une », a-t-il encore dit. « Plutôt que de faire des mamours aux entreprises les plus riches de l'Ontario, Kathleen Wynne devrait leur demander de faire leur part pour remettre de l'ordre dans les comptes de la province. Avec des profits atteignant des niveaux record, c'est le moment idéal de rétablir les taux d'impôt des sociétés d'il y a cinq ans.

Cette démarche à elle seule permettrait d'ajouter 2,3 milliards de dollars dans les coffres de la province », souligne Thomas. « Nous pourrions même faire mieux en doublant l'augmentation pour les banques. »