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En solidarité - Le bulletin d’information des délégués et activistes du SEFPO – volume 20, numéro 4 ~ automne 2013

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Retour de la fin de semaine des rédacteurs!

Du 25 au 27 octobre, plus de 85 membres des quatre coins de la province ont participé à la fin de semaine des rédacteurs 2013. Parce que la communication est essentielle dans la mobilisation de nos membres, la fin de semaine des rédacteurs constitue une étape importante pour améliorer la communication entre les membres et leurs sections locales.

Pour la plupart des participants, il s'agissait d'une première expérience qui leur donnera des outils pour mieux communiquer avec leurs sections locales. Ils ont pu suivre des cours sur la conception d’un site web, la vidéographie, la diffamation, les médias sociaux, la photographie, la rédaction et la révision. À cette occasion, on a élu le nouveau comité de la rédaction de En solidarité et nous sommes heureux de vous présenter notre nouvelle équipe!

Virginia Ridley, directrice de la rédaction
En plus d'être une épouse, mère, employée à temps plein à la Société d'aide à l'enfance et membre du SEFPO, Virginia est une activiste, une ardente militante qui s'efforce d'avoir une influence positive autour d'elle. Membre active de sa communauté, elle préside le conseil d'administration d'un organisme communautaire à but non lucratif et est co-présidente du conseil d'école. Elle compte briguer un poste de conseillère municipale afin de représenter son quartier aux élections municipales de 2014. Comme si ce n'était pas assez, Virginia est également vice-présidente de sa section locale et s'occupe du bulletin d'information et du site Web.

Virginia est ravie d'être la nouvelle rédactrice en chef de En solidarité et compte maintenir le niveau de qualité atteint par le passé. Forte de ses années d'expérience, de ses connaissances, de sa sagesse et de son intelligence, elle n'a pas peur de s'exprimer pour défendre les membres du SEFPO. Nous avons de la chance de l'avoir dans notre équipe!

Lisa Bicum, rédactrice en chef adjointe
Lisa Bicum (section locale 125) est membre du SEFPO depuis le début des années 1990 et depuis qu’elle est enseignante au département d'anglais du Collège Lambton, à Sarnia, en Ontario. Elle a occupé plusieurs postes au sein de l’exécutif de sa section locale au cours des dix dernières années. Elle est actuellement vice-présidente et secrétaire de la section locale.

Lisa a commencé à participer aux fins de semaine des rédacteurs de En solidarité il y a environ huit ans et a été élue au comité de la rédaction il y a trois ans.  Très souvent responsable des questions des droits de la personne, elle rédige de nombreux articles ayant un élément humain. Parce qu'elle enseigne la rédaction, la grammaire et l'édition, elle discute souvent d'obscures questions de ponctuation avec Don Ford, l'agent principal des communications du SEFPO.

Sandy Green
Membre active de la section locale 416, détentrice d'une majeure en anglais, Sandy contribue à la rédaction du bulletin d'information de sa section locale. Ayant été déléguée syndicale en chef pendant de nombreuses années, elle est aujourd'hui déléguée syndicale. Rédactrice expérimentée toujours prête à s'engager, elle a déjà écrit plusieurs éditoriaux sur des questions d'actualité au Collège Algonquin. Activiste par nature, elle ne reste pas les bras croisés ou inactive devant l'adversité. Estimant que les choses doivent changer dans notre pays, Sandy est résolue à faire de son mieux pour mettre en lumière les questions importantes, à se battre pour ce qui est juste et à défendre ses consœurs et confrères du SEFPO. Sandy se réjouit quand ses écrits sont approuvés … et publiés… par le service juridique, mais c'est une longue histoire.

Craig Hadley
Membre nouvellement élu au comité de la rédaction de En solidarité, Craig apporte son expérience de longue date à l'équipe de la rédaction. Il a étudié les communications internes et détient un diplôme sur le travail et les études sociales de l'Université York. Craig étudie encore aujourd'hui afin d'obtenir une maîtrise en politique publique. Employé à temps plein de la LCBO depuis 16 ans, il travaille au sein de l'équipe des technologies de l'information. Il a occupé divers postes au sein de sa section locale et a participé à plusieurs campagnes du SEFPO, y compris la toute dernière campagne de la LBED. Grâce à ses connaissances et à son expérience, Graig sera en mesure de rédiger des articles pertinents qui mettront en lumière le manque d'intérêt du gouvernement pour la classe moyenne canadienne.

Verne Saari
Verne, qui vient d'être élu au comité de la rédaction de En solidarité, n'est pas le seul membre de sa famille à faire partie du SEFPO. En effet, lui et son épouse font tous les deux partie du comité exécutif de leur section locale : Verne comme délégué syndical de la section locale 659 et son épouse comme vice-présidente de sa section locale.  Cette famille cent pour cent SEFPO peut parler syndicalisme au dîner – échanger et débattre des idées pour défendre les membres du SEFPO. Technicien de laboratoire à Horizon Santé-Nord, à Sudbury, il est en première ligne pour voir comment notre gouvernement contrôle et inhibe la réussite. Verne s'est engagé à parler des questions politiques et des mauvais coups portés à l'encontre des membres du SEFPO afin de les informer et de leur permettre de prendre des décisions en fonction des faits. Verne est un atout certain pour l'équipe de la rédaction et nous avons hâte de lire ses articles dans les prochains numéros de En solidarité.

Traitées comme du bétail

Lisa Bicum, En solidarité

Ma fille a quatorze ans. Elle excelle à l'école et sera bientôt une citoyenne exceptionnelle. Le printemps dernier, elle a pris la parole devant le conseil municipal et proposé la construction d'un jardin communautaire – un projet des scouts et guides – qui a connu un véritable succès. Elle a l'esprit communautaire et nous sommes très fiers d'elle. Elle se satisfait de peu de choses et nous sommes convaincus qu'elle réussira dans la vie. Peut-être se mariera-t-elle un jour, mais c'est encore loin.

Avec mon mari, nous sommes conscients de la chance d'avoir des enfants formidables (nous avons également un fils) et de pouvoir les élever et les éduquer facilement, mais nous n'oublions pas pour autant ceux qui rencontrent des difficultés. Nous travaillons d'arrache-pied, mais nous sommes très chanceux. Ainsi, nous donnons de notre temps afin de pouvoir aider les autres.

À chaque fois que je consulte le site Web de Human Rights Watch, je réalise la chance que nous avons. Dans de précédents numéros de En solidarité, j'ai déjà eu l'occasion d'aborder les injustices subis par divers groupes défavorisés dans le monde entier. N'ayant pas consulté le site depuis longtemps, j'ai été une nouvelle fois sidérée. Effarée même! Certaines histoires ne cessent de me surprendre.

J'ai lu récemment un article, Exchanging Daughters for Livestock, de Janet Walsh et Gauri van Gulik, concernant le nombre d'enfants du Soudan du Sud, qui sont traités comme des marchandises et échangés comme du bétail. Des jeunes filles de douze ans qui sont mariées de force à de très VIEUX hommes pour quatre-vingt vaches; des raclées pour celles qui osent résister au mariage.

Le rapport de Human Rights WatchCe vieil homme a de quoi nous nourrir, tu l'épouseras, lève le voile sur le mariage des enfants dans le Soudan du Sud et souligne qu'environ 48 pour cent des filles, âgées de 15 à 19 ans sont mariées – certaines dès l'âge de 12 ans. Un grand nombre d'entre elles sont malheureusement mariées de force car leurs familles ont beaucoup à gagner de la famille du futur époux : bétail, argent liquide ou cadeaux. Si elles résistent, les jeunes filles sont parfois battues non seulement par leur vieux mari, mais également par des membres de leur famille.

En 2010, selon les estimations, plus de 67 millions de femmes âgées de 20 à 24 ans s'étaient mariées avant l'âge de 18 ans dans le monde. Aussi incroyable que cela puisse paraître, plus de 14 millions de filles de moins de 18 ans se marient chaque année.

D'après les chercheurs de Human Rights Watch, le mariage des enfants dans le Soudan du Sud contribue à la violence domestique, au viol conjugal, à l'abandon des études et à des problèmes de santé génésique. Les femmes sont battues parce qu'elles ne tiennent pas leur maison en ordre, ne peuvent pas concevoir, refusent les rapports sexuels ou demandent de l'argent. Ajoutez à cela le fait que le mariage sonne le glas de l'éducation et la tragédie est complète. Selon les statistiques, 39 pour cent des élèves du primaire et 30 pour cent des élèves du secondaire sont des filles.

Human Rights Watch raconte la triste histoire d'une jeune fille qui voulait devenir infirmière. Son oncle l'a contrainte à renoncer à son souhait car il estimait que les filles sont nées pour nourrir la famille. La vérité est qu'il était surtout intéressé par la dot. Les responsables sud-soudanais de l'éducation ont réitéré que les parents vendent leurs filles du fait qu'ils attachent beaucoup plus de valeur aux vaches qu'à l'éducation.

En outre, les jeunes filles mariées précocement sont également plus souvent victimes de problèmes de santé génésique. Selon le Fonds des Nations Unies pour la population, les jeunes filles âgées de 15 à 20 ans courent un risque deux fois plus élevé de mourir durant l'accouchement que les femmes de plus de 20 ans. Avant 15 ans, le risque de mourir est cinq fois plus élevé. Le Soudan du Sud a l'un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde.

Durant la grossesse, les adolescentes courent un risque très élevé d'avoir une fistule obstétrique. En raison de l'étroitesse du bassin, les adolescentes sont plus sujettes à l'arrêt de progression du travail et à la dystocie. La fistule obstétrique entraîne des incontinences urinaires ou fécales, provoque des infections, des douleurs et une mauvaise odeur. Selon les estimations, environ 5 000 femmes et jeunes filles souffrent de fistules chaque année au Soudan du Sud.

Sur une note plus positive, le Soudan du Sud a élaboré des politiques et des lois sur l'égalité entre les sexes, les droits des enfants et l'éducation, mais les insuffisances sont nombreuses, en particulier dans la mise en œuvre de ces lois.

Les auteurs demandent instamment que « le Soudan du Sud fasse plus, notamment avec l'aide de donateurs internationaux, afin de mettre fin au mariage des enfants et d'en atténuer les conséquences. Pour commencer, le pays devrait voter une loi fixant à 18 ans l'âge minimum du mariage et la faire appliquer, établir un plan d'action national sur le mariage des enfants qui traite du problème de la dot et mener une campagne nationale de sensibilisation sur les méfaits du mariage des enfants. »

Cet article de Human Rights Watch a mis en lumière des histoires que je croyais d'un autre temps.  Mes amis et moi faisions parfois des blagues sur la grosse dot qu'il aurait fallu apporter avant de pouvoir nous épouser. Dans le cas présent, ce n'est pas une histoire drôle.

Je pense que j'enlacerai ma fille un peu plus fort ce soir.

Notre premier contrat familial

Virginia Ridley, En solidarité

Ce n'est pas facile d'être parent de nos jours. J'essaye constamment de faire les bons choix pour mes enfants, leur faciliter la vie et leur offrir la meilleure vie possible. Mais comment faire pour trouver le bon équilibre? Comment leur inculquer une bonne éthique de travail et des valeurs tout en respectant leur droit d'être des enfants?

 Après mûre réflexion, j'ai décidé que ce qui était bon pour la travailleuse syndiquée que je suis pourrait être bon pour mes enfants en tant que membres à part entière de la famille. C'est ainsi que m'est venue l'idée qu'une convention collective familiale serait utile à mes enfants. De nombreuses familles ont des ententes verbales, mais je crois que les enfants ont besoin de choses concrètes. J'ai donc rédigé notre première convention collective familiale, puis je l'ai présentée à mes enfants … à la table de négociation…

Article 1 – Objet
 L'objectif de cet accord est d'établir et de maintenir une relation de négociation collective entre les enfants et les parents de notre foyer.

Article 2 – Prérogatives des parents
Les enfants conviennent que les parents ont les droits exclusifs de maintenir l'ordre et le fonctionnement du foyer, d'organiser le travail, d'élaborer, de modifier et de faire appliquer les règlements auxquels sont assujettis les enfants pourvu qu'aucun règlement ne contrevienne à la Convention relative aux droits de l'enfant des Nations Unies, qui a été ratifiée par le Canada en 1991.

Article 3 – Représentation
Les parents conviennent que les enfants auront besoin, de temps à autre, de l'aide d'une tierce partie pour négocier avec eux. Les parents conviennent que les enfants demanderont l'aide d'un adulte digne de confiance pour aider à résoudre un conflit entre les parents et les enfants. Toutes les dépenses encourues pour résoudre ces conflits seront de la seule responsabilité des parents.

Article 4 – Pas de grève/AUCUN lock-out
 Il n'y aura pas de grèves, de ralentissements de travail ou de lock-out tant que cet accord sera en vigueur.  Nous sommes une famille et nous nous efforçons de résoudre tous les problèmes éventuels.  Dans l'impossibilité de résoudre nos problèmes, nous demanderons l'aide d'une tierce partie. Toutes les dépenses encourues à ce titre seront de la seule responsabilité des parents.

Article 5 – Griefs
Les parties conviennent que toutes les plaintes et tous les griefs seront examinés aussi rapidement que possible. Il est entendu que chaque enfant peut déposer une plainte à un parent à tout moment sans avoir recours à une procédure de grief.

Étape 1
L'enfant doit présenter un grief par écrit aux parents en citant les articles de la présente convention collective qui ont été violés, ainsi que la solution proposée. Une réunion sera organisée dans les 48 heures pour discuter du grief.

Étape 2
À défaut d'un règlement du grief à l'étape 1, les enfants ont le droit de demander l'aide d'une tierce partie pour arbitrer le grief. Les parties reconnaissent les tierces parties suivantes : mamie, papi, tatie K. ou le révérend Smith.

Article 6 – Délais
Tous les griefs doivent être déposés dans un délai d'une semaine après l'incident. Les parents n'examineront pas les griefs de l'année dernière.

Article 7 – Ancienneté
L'ancienneté ne donne droit à aucun privilège supplémentaire conformément aux dispositions de la présente convention. Tous les enfants seront traités sur un pied d'égalité.

Article 8 – Responsabilités des parents
Pendant la durée de la présente convention, les parents reconnaissent avoir la responsabilité :

  • de procurer aux enfants un foyer sécuritaire, un amour et un soutien inconditionnels;
  • de traiter les enfants avec respect;
  • de communiquer avec les enfants;
  • de payer tous les frais de nourriture;
  • d'assister à tous les rendez-vous médicaux et dentaires des enfants et de prendre en charge leurs coûts;
  • de procurer aux enfants des vêtements appropriés et de saison;
  • de procurer aux enfants des activités de loisirs;
  • d'assurer le transport des enfants suivant les besoins;
  • d'assurer la supervision des enfants suivant les besoins;
  • d'éduquer les enfants;
  • de procurer aux enfants une allocation et de leur enseigner des notions budgétaires et d'épargne.

Article 9 – Responsabilités des enfants Pendant la durée de la présente convention, les enfants reconnaissent avoir la responsabilité :de se comporter d'une manière qui respecte les directives énoncées par les parents;

  • de communiquer avec la famille;
  • de suivre les directives relatives à la résolution de problèmes fournies par les parents;
  • de suivre les règles et la discipline de la famille;
  • d'informer les parents de toutes nouvelles informations concernant l'école, les amis et les activités;
  • d'effectuer les tâches ménagères, comme convenu par toutes les parties;
  • d'accomplir les tâches exceptionnelles assignées par les parents.

Article 10 – Salaires
Chaque enfant recevra une allocation hebdomadaire de un (1) dollar par tranche d'âge. Exemple : un enfant de quatre ans recevra une allocation hebdomadaire de 4 $ le vendredi.

L'allocation augmentera automatiquement à chaque anniversaire.

L'allocation peut être retenue si l'enfant n'a pas complété ses tâches conformément aux attentes. Si l'allocation est retenue pendant plus de deux semaines consécutives, une réunion sera convoquée automatiquement dans les 48 heures aux fins d'enquête.

Article 11 – Fins de semaine et vacances
Notre famille célèbrera tous les jours fériés et fêtes religieuses chrétiennes. Nous célèbrerons également d'autres fêtes religieuses lorsque nous serons invités à le faire par des amis. Puisque les tâches à accomplir sont réduites les jours fériés et de repos et que les enfants sont exemptés des corvées quotidiennes, les parties conviennent que les enfants permettront aux parents de faire la grasse matinée à l'occasion des fins de semaine et jours fériés. Des corvées exceptionnelles peuvent toujours se produire.

Article 12 – Congés de maladie
Tous les enfants et parents sont admissibles à prendre des congés de maladie en cas de nécessité. Dans le cas où les problèmes de santé persisteraient, on prendra rendez-vous chez le médecin. Toutes les parties devront suivre la prescription et l'avis du médecin.

Article 13 – Santé et sécurité
Les parents doivent veiller à la sécurité et à la salubrité de la maison. Toutes les parties ont la responsabilité de répertorier tous les problèmes relatifs à la santé et à la sécurité et de les porter à l'attention des parents afin qu'ils prennent immédiatement toutes les mesures nécessaires.

Après examen et négociation, les deux parties ont convenu de conclure une entente d'une durée de deux ans et de ratifier leur première convention collective familiale. Pour avoir des nouvelles de nos prochaines négociations collectives familiales, n'hésitez surtout pas à me contacter en 2015.

Des enfants fabuleux qui vous redonnent confiance

Lisa Bicum, En solidarité

Si vous êtes comme moi, il vous arrive d'être cynique de temps en temps. Il vous suffit de tomber sur une personne désagréable pour commencer à être en proie à des préjugés. Vous vous dites que « les jeunes d'aujourd'hui ne respectent plus rien… », « je ne peux pas croire le culot de la jeune génération… » ou « les baby-boomers sont englués dans le passé; ils feraient mieux des prendre leur retraite ». Ouvrons les yeux! Nous parlons comme nos parents. Ça m'exaspère souvent de voir quelqu'un qui ne tient pas la porte à une autre personne et j'ai tendance à juger sévèrement la jeune génération.

Toutefois, j'ai récemment assisté à un événement qui m'a redonné confiance en l’avenir. Un événement qui a rétabli ma foi en la jeunesse et qui m'a montré qu'il y a autour de nous des jeunes qui font une différence dans leur communauté. Plus important encore, ces jeunes mèneront leur vie en continuant de servir leur communauté. J'ai assisté à une cérémonie de remise des prix de Scouts Canada dans ma région, où ma fille a reçu le prix du Chef scout du Canada.

L'auditorium était plein à craquer. On récompensait entre 75 et 100 jeunes de notre région (Chatham, Windsor, London, Sarnia) et l'ambiance était électrique. Plusieurs prix ont été décernés, notamment le prix du Chef scout, le prix d’aventurier de la Reine et la médaille de l’érable – les plus hautes distinctions dans leurs catégories respectives.

L'ambiance était électrique parce que ces jeunes sont survoltés. Ils respirent l'enthousiasme. Ils vivent l'aventure. Ils pensent plus aux autres qu'à eux-mêmes. Scouts Canada n’est pas la seule organisation à rendre hommage à ces jeunes. Plusieurs de ces jeunes ont reçu le Prix du Duc d'Édimbourg ou sont inscrits au programme – incroyable.

Ces prix récompensent la contribution exceptionnelle des jeunes dans la communauté qui ont consacré d'innombrables heures de travail communautaire avec toutes sortes de groupes, dans les camps, et auprès de personnes défavorisées. Ils ont construit des jardins communautaires, participé à des programmes communautaires, planté des arbres, coupé du bois, nettoyé, peint, etc. En se fixant des objectifs et en les atteignant, ils sont devenus des jeunes citoyens exceptionnels.

Ces 75 à 100 jeunes illustrent l'exemple du service à la communauté, et dans ce cas, c'est Scouts Canada qui leur a montré le chemin. Sont-ils les jeunes les plus cools de leur quartier? Non, mais je sais que je peux compter sur n'importe lequel d'entre eux si jamais j'ai besoin de quelque chose. Si je pouvais, je consacrerais tous mes samedis auprès de ces jeunes.

Pour ma part, je continuerai à soutenir Scouts Canada et je vous encourage à faire de même. La réputation de Scouts Canada a été mise à mal ces dernières années, mais c'est pourtant une organisation solide qui permet d'acquérir des aptitudes qu'on apprend malheureusement plus en milieu scolaire en raison des coupures dans les programmes d'études ou en famille avec des parents ultra-protecteurs. Donc, si vous avez une heure ou deux, rendez visite à une colonie locale de Scouts castors, de Scouts louveteaux, de Scouts, de Scouts aventuriers ou de Scouts routiers. Proposez vos services pour enseigner le macramé, la sculpture sur bois ou la cuisine, en fonction de vos talents.

Vous serez heureuse d'avoir fait le premier pas.

Conférence biennale des femmes du SEFPO

Parcours d'une femme – L'art du possible

Suite au succès de la Conférence biennale des femmes qui a eu lieu du 8 au 10 novembre 2013, le Comité provincial des femmes aimerait remercier toutes les conférencières qui ont partagé avec passion et talent leur parcours personnel.  L'actuel Comité provincial des femmes souhaite également remercier les anciennes membres du comité qui ont travaillé d'arrache-pied pour organiser la conférence.  Elles avaient commencé le travail que nous avons été en mesure de présenter à nos membres.

À cette occasion, j'étais en compagnie de 150 consœurs pour écouter d'autres femmes remarquables raconter et partager leur histoire – leur parcours personnel. J'ai été témoin de l'enthousiasme et de l'engagement de mes consœurs quand le président du SEFPO, Smokey Thomas, a déclaré : « Les femmes font la force du SEFPO ».  Je sais qu'elles ont été absolument inspirées et qu'elles sont déterminées à faire une différence dans leurs communautés, sections locales, régions et syndicat.
Jennifer VanZetten, présidente du CPF

Du 8 au 10 novembre, des consœurs du SEFPO des quatre coins de l'Ontario ont participé à la Conférence biennale des femmes du SEFPO, « Parcours d'une femme – l'art du possible ». La fin de semaine a été riche en évènements, à l'instar de la soirée mémorable de divertissement pour célébrer la diversité. Des conférencières ont pris la parole pour mettre en lumière les véritables défis que doivent surmonter les femmes autochtones et expliquer comment exercer des pressions sur les élus pour obtenir des changements qui vont dans le bon sens.

En planifiant le programme de la conférence, le Comité provincial des femmes avait dans l'idée de déclencher un processus psychologique, un déclic qui permettrait à nos consœurs de s'exprimer et de s'affirmer. La majorité du travail a été effectuée par les membres du comité, de l'ancien et du nouveau, qui ont travaillé avec le personnel du syndicat pour organiser la conférence dans le moindre détail, comme pour trouver des élues exceptionnelles qui s'impliquent en politique et des conférencières capables d'aborder des questions cruciales comme la pauvreté, la maltraitance et choisir les éléments à inclure dans la trousse de la conférence. Tout ce travail en valait bien la peine, comme l'ont montré toutes les consœurs qui ont pris la parole pour la première fois. La conférence, qui s’est clôturée en musique, a été marquée par un élan spontané de solidarité : « Solidaire pour toujours ».
Laura Thompson, CPF, déléguée syndicale, Région 5

 2013 a été une année mouvementée! Ayant été élu membre du Conseil exécutif dans la Région 7 au printemps 2013, j'ai eu beaucoup à apprendre, c'est le moins que je puisse dire. Certains devoirs et obligations auront été à la fois stimulants et gratifiants.

Je dois admettre que je ressentais une certaine appréhension avant la Conférence biennale des femmes. Cette conférence n'était pas comme la Conférence sur la Journée internationale de la jeunesse, qui s'est tenue en août, où il y avait des représentants des diverses composantes du syndicat. C'était une conférence à l'intention des femmes et je ne suis certainement pas une femme! Avec l'encouragement de mes collègues de l'exécutif et de mes consœurs de la Région 7, je me suis jeté dans l'arène.

Le premier jour, alors que j'entrais dans l'hôtel Eaton Chelsea, l'hôtel où avait lieu la conférence, j'ai rencontré une consœur d'une autre région qui m'a lancé « Mais que fais-tu ici? ». Je m'attendais à cette question puisque je me la posais sans cesse à moi-même dans l'appréhension d'une telle réception. Je lui ai répondu que j'étais là en tant que membre du Conseil exécutif de ma région et pour soutenir mes consœurs de la Région 7, ainsi que toutes les participantes à la conférence. Ma justification l'a fait sourire. Mon niveau de confiance était sorti de la zone rouge du compteur; c'est ainsi que ma conférence a commencé.

En entrant dans la grande salle avant la cérémonie d'ouverture, je n'étais quand même pas très à l'aise. Plusieurs groupes de femmes étaient là, certaines que j'ai connues au fil des ans, d'autres que je n'avais jamais rencontrées. Je me suis faufilé à travers l'audience pour rejoindre mes consœurs de la Région 7. Ne manquant pas une minute de la cérémonie d’ouverture, j'ai remarqué d'autres membres du Conseil exécutif, y compris plusieurs hommes. Notre cher confrère Michel Bisaillon s'est d'ailleurs fait taquiner par l'une des artistes, mais il l'a pris avec le sourire, et tout le monde, y compris lui-même, avons bien rigolé.

Les chanteuses, les danseuses, les conférencières ont été époustouflantes. Chantant à voix haute, suivant les rythmes de la musique Bollywood tout en regardant le spectacle, j'avais fini par oublier que j'étais un homme, et, à plus forte raison, un membre du Conseil exécutif. J'étais juste une personne dans une salle remplie d'autres personnes qui profitent du spectacle. À partir de ce moment-là, j'ai commencé à me sentir plus à l'aise, mais je dois ajouter que malgré l'accueil chaleureux de mes consœurs, je n'ai jamais pu faire taire la petite voix dans ma tête qui répétait : « Glen, tu n'as rien à faire ici! ». J'ai eu plusieurs fois envie de prendre le micro pour exprimer mon soutien, donner mon opinion ou partager mon expérience, mais la petite voix lancinante me répétait sans cesse son message : « Glen, tu n'as rien à faire ici! ».

Les tables rondes de la deuxième journée ont été instructives et divertissantes. Encore une fois, lorsque les animatrices ont sollicité l’opinion de l’auditoire et posé des questions, je suis resté silencieux, même si plusieurs sujets m'intéressaient vraiment. Cette fichue voix était toujours là! Bien que les présentations des conférencières s'adressaient à un auditoire féminin, j'ai été très sensible à leur message. J'ai toujours pensé qu'on peut accomplir l'impossible et atteindre ses objectifs dans la vie si on y met du cœur à l'ouvrage, si on a de la patience et assez de motivation. J'ai eu le sentiment que mes consœurs étaient également inspirées par les débats.

En soirée, nous avons assisté à la projection d'un documentaire, Miss représentation, qui a mis en lumière certaines inégalités salariales et sociales qui touchent les femmes et les jeunes filles. Effaré par les statistiques, la réalité et les témoignages personnels, j'ai même envoyé un message-texte à ma femme lui suggérant qu'elle regarde ce documentaire avec notre fille, une adolescente. Ce documentaire m'a ouvert les yeux; c'est le moins que je puisse dire.

Le dernier jour de la conférence a commencé par la projection d'un documentaire, Solar Mamas, qui montre la lutte de femmes dans certaines des régions les plus pauvres de la planète, à l'instar de femmes de l'Inde qui participent à un programme de formation d'ingénierie d'énergie solaire en Inde. À l'issue de ce programme de formation accélérée de six mois, ces femmes deviennent des ingénieurs et des formatrices, enseignant à d'autres Indiennes l'assemblage et l'entretien des systèmes héliotechniques qui alimentent leurs villages (lumière, chauffage, etc.). Le documentaire montre le sort d'une femme pauvre en Jordanie qui surmonte l'adversité extrême, notamment le système patriarcal de son village qui s'oppose à sa décision de s'instruire. Son combat illustre la situation des femmes dans les pays où l'organisation sociale est fondée sur la famille patriarcale et profondément enracinée dans un système religieux, tribal ou social.

Après le documentaire, j'ai eu l'occasion de « participer activement » à la conférence avec mes consœurs de la région. Nous avons exposé les problèmes qu'elles rencontrent dans la région du nord-ouest de l'Ontario. Nous avons mis en évidence les défis que posent l'éloignement, les fuseaux horaires, la météo, les conditions routières, mais surtout le sujet, qui a été au centre de tous les débats de la fin de semaine : le problème de la garde des enfants. Nous avons été les seuls à faire notre présentation de manière théâtrale, et elle a été bien reçue.

Voici ce que je retiens de cette conférence. J’ai pris un peu plus conscience de ce qu'une femme doit ressentir lorsque, par exemple, elle se retrouve dans une réunion syndicale dominée par un groupe d'hommes. Je n'ai pas la prétention de dire que je sais exactement ce qu'elle ressent, mais je suis simplement un peu plus conscient du problème. J'ai une meilleure compréhension des difficultés que rencontrent les femmes qui doivent s'occuper d'enfants et de parents qui ont des soucis de santé. J'ai été très impressionné par la force et la solidarité de toutes les femmes présentes.

Je me rends compte que les femmes du SEFPO ont encore du chemin à faire pour atteindre certains de leurs objectifs comme celui de leur représentation numérique au Conseil exécutif, localement et régionalement. Les femmes qui ont pris la parole savent certainement les objectifs qu'elles veulent atteindre.

Permettez-moi de conclure en rendant hommage au travail extraordinaire de toutes mes consœurs du Comité provincial des femmes qui ont organisé cette conférence en collaboration avec le personnel du syndicat. Je tiens également à remercier chacune d'entre elles pour leur accueil chaleureux. Peut-être aurai-je l'honneur d'assister à une autre conférence des femmes à l'avenir; j'espère y être accueilli aussi chaleureusement et cordialement la prochaine fois. Finalement, « cette conférence, elle était bien un peu pour toi, Glen! »
Glen Archer, MCE Région 7

Lorsque j'ai appris que j'avais été retenue pour assister à la Conférence biennale des femmes de 2013, j'étais nerveuse et anxieuse. Je ne savais pas à quoi m'attendre. J'avais fait de nouvelles connaissances, élargi mon réseau social non seulement au SEFPO, mais également au-delà. J'avais de nouvelles amies et repris contact avec des amies que j’avais perdu de vue.

La conférence m'a donné la possibilité de mettre en pratique mes connaissances et de les appliquer concrètement dans la vie de tous les jours. Non seulement j'ai grandi en tant que personne, mais j'ai également acquis la confiance nécessaire pour agir et faire changer les choses. J'ai été inspirée par les conférencières invitées et leurs parcours personnels. J'ai aimé chaque minute de cette conférence et je suis privilégiée d'avoir pu y assister.
Une consœur du SEFPO
Gidget McCullough, section locale 543

Dernier article d'une série de quatre

« Les hyper-centres commerciaux » : nous aident-ils vraiment à économiser de l'argent?

Virginia Ridley, En solidarité

J'ai des jeunes enfants et je dois faire attention aux dépenses de la famille. Grâce aux syndicats, mon mari et moi recevons tous les deux un salaire décent. L'argent est cependant vite dépensé pour payer l'hypothèque de la maison, les paiements pour la voiture, les diverses factures et les impôts. Je planifie scrupuleusement le budget familial. Quand il y a un rare surplus, on se paye un extra, mais la plupart du temps l'argent qui rentre est aussitôt dépensé. J'essaye de me convaincre que tout va bien et de me dire qu'un jour nous serons les propriétaires de notre maison. Dans le monde d'aujourd'hui, nous devrions tous dépenser notre argent intelligemment.

Mes habitudes de magasinage ne sont pas pour tout le monde. Je l'admets. J'ai besoin d'en avoir pour mon argent. Il y a quelques années, j'avais pris d'assaut le rayon d'habillement de l'hyper-centre commercial local et acheté une multitude de vêtements pour mes enfants. À première vue, j'avais fait une affaire. J'ai deux garçons, qui ont 13 mois d'écart, et les habits qui sont portés par l'un peuvent aussi faire pour l'autre – quand tout va bien.  J'avais acheté des tee-shirts de toutes les couleurs, des livres, des jeans et des shorts, et même des jeux pour plus tard – pour quand ils seront plus grands. Quelle planification efficace!

Si acheter des tee-shirts en solde à trois dollars l'unité m'avait semblé être une aubaine, j'ai compris par la suite que j'en avais surtout acheté beaucoup trop. Un problème qui a été aggravé par le fait que mes enfants ont déjà une multitude de tee-shirts qu'ils ne mettent pas parce qu'ils n'aiment pas la couleur ou le style. Le pire, c'est qu'une fois que le tee-shirt à trois dollars (100 % coton et fabriqué au Bangladesh) est passé au lavage, il est méconnaissable, déformé, avec un nouveau style bien plus court qui expose le nombril, des coutures qui s'effilochent, des épaulettes torsadées, etc. La qualité de la super-aubaine de l'hyper-centre commercial laisse comme à désirer.

Exemple concret : Mon fils de cinq ans est l’heureux propriétaire de 42 tee-shirts (je les ai comptés un par un). À quatre dollars en moyenne chacun, j'ai dépensé 168 dollars pour l'achat de tee-shirts de mauvaise qualité au cours des dernières années. Le pire étant que mes garçons portent en général les cinq mêmes tee-shirts jour après jour. N'aurais-je pas été mieux avisée d'acheter un petit nombre de tee-shirts de bonne qualité plutôt que des tee-shirts de mauvaise qualité qui rétrécissent, s'étirent, se fanent, se décolorent et s'effilochent?

Cette manière de consommer ne s'applique pas qu'aux vêtements. J'ai acheté un aspirateur chaque année depuis que je suis mariée. Pourquoi cassons-nous autant d'aspirateurs? Je n'en sais strictement rien, d'autant plus qu'on ne s'en sert pas tous les jours (Est-ce que je fais le ménage tous les jours de la semaine? Ben non, comme tout le monde, seulement de temps en temps). Et pourtant, chaque année, je dois me rendre à l'hyper-centre commercial pour acquérir un nouvel aspirateur d'une centaine dollars – le moins cher que je puisse trouver.

Je pourrais continuer à énumérer les articles bons marchés que j'ai achetés et rachetés au cours des années à l'hyper-centre commercial jusqu'à ce que je m'aperçoive de leur piètre qualité. Après toutes ces dépenses, j'ai compris que la qualité du produit était proportionnelle à son prix. Non seulement les hyper-centres commerciaux sont dépourvus de service à la clientèle, mais ils offrent également des articles de qualité inférieure à ceux qui sont vendus dans les autres magasins. En comparant des chaussures par exemple, on comprend pourquoi l'hyper-centre commercial vend à bas prix. C'est parce qu'il vend des chaussures qui sont fabriqués avec des matériaux de moins bonne qualité. En achetant un article qui a été fabriqué en rognant sur les coûts de fabrication, le consommateur dépense moins d'argent à court terme, mais bien plus à long terme.

Dépenser mon argent plus efficacement s'est traduit pas un changement dans mes habitudes de consommation : je donne du travail à mon amie la couturière pour qu'elle remplace une fermeture éclair pour six dollars; j'achète des produits locaux au marché fermier le samedi après-midi et j'apprends à marchander. Les hyper-centres commerciaux n'ont que faire de la qualité de vie de leurs clients; ils ne sont intéressés que par leurs bénéfices. Les petits entrepreneurs, comme la couturière du quartier, qui n'a que son revenu pour vivre, et l'agriculteur de la région, valorisent leurs clients. Mon conseil à quiconque veut faire des économies est le suivant :

  • Cessez de croire que vous économisez de l'argent en magasinant à l'hyper-centre commercial.
  • Faites une liste des articles dont vous avez vraiment besoin (cinq tee-shirts ou 42).
  • Cuisinez et passez du temps en famille et avec les amis au lieu de manger au restaurant.
  • N'achetez pas d'article onéreux sur un coup de tête. Mettez l'argent de côté pendant au moins une semaine et réfléchissez-y. Si vous avez toujours envie de l'acheter au bout d'une semaine, il sera probablement encore disponible.
  • Faîtes connaissance avec les commerçants de votre communauté; ma pizzeria locale me donne une remise parce que je suis une cliente fidèle.
  • Achetez des articles d'occasion (c'est bon pour l'environnement, moins cher et souvent de meilleure qualité).
  • N'ayez pas peur de négocier – on a rien à perdre à essayer (je n'ai pas payé de frais bancaires sur mon compte depuis deux ans).
  • Ne dépensez pas l'argent que vous n'avez pas.
  • Achetez des articles en fin de saison ou hors saison. On peut acheter des articles de meilleure qualité à un meilleur prix.
  • Comparez le coût entre réparer un article et acheter un nouveau : par exemple dépenser 6 dollars pour changer une fermeture éclair ou 40 dollars pour acheter une nouvelle paire de pantalons. 

Il est temps de remplir quelques seaux

Lisa Bicum, En solidarité

Récemment, j'ai été honorée pour mes vingt ans de carrière au Collège Lambton. Je peux dire que j'adore mon travail. Certes, dire que j'adore chaque instant serait mentir. Il arrive parfois que certains étudiants (j'en ai eu au moins 10 000 depuis que j'enseigne) me fatiguent et que des collègues ou des gestionnaires me ruinent la journée. Et pourtant, je garde le cap. Il y a des jours où l'injustice semble être partout et où les décisions des gestionnaires me mettent hors de moi, mais je garde le cap. Il y a des jours où, peu importe combien on aime son travail, on se sent déprimé et vidé de toute son énergie, et pourtant, on garde le cap.

Inversement, il y a des jours où les choses vont bien. Ces jours-là, on se sent valorisé, personnellement et professionnellement, et on a l'impression de faire une différence. Pour ma part, j'ai la chance que la plupart de mes journées se passent bien; toutefois, certaines personnes ont du mal à garder le moral tout au long de la semaine de travail.

Alors, que pouvons-nous faire pour garder la tête hors de l'eau? Que pouvons-nous faire pour avoir davantage de bonnes journées de travail que de mauvaises? Essayer de prendre les choses avec humour; personnellement, j'ai pris l'habitude de rire des stupidités (je pourrais même écrire un livre).

En outre, chaque jour, il y a probablement quelqu'un qui fait quelque chose de gentil pour moi et je m'efforce de faire quelque chose de gentil pour les autres. Chaque jour, il y a quelqu'un qui « remplit mon seau ». Quelqu'un remplit vraisemblablement votre seau et vous remplissez vraisemblablement le seau des autres. Vous êtes sans doute en train de rire et de vous dire : « Je n'ai pas envie de voir ce qu'il y a dans son seau! » Laissez-moi expliquer.

« Votre seau est-il bien rempli » est un concept simple qui est appliqué dans des écoles américaines et canadiennes. Rien à voir avec Oprah ou Dr Oz. L'idée maîtresse, qui a été élaborée par le regretté Dr Donald O. Clifton, vise à développer le caractère en mettant l'accent sur la bonté et la compassion. On trouve de nombreuses suggestions dans l'Internet pour instaurer un environnement positif et remplir les seaux de son entourage (généralement en classe). L'enseignante de ma fille utilise cette analogie, bien que les élèves la transforment souvent par : « Ne jette pas ton truc dans mon seau ».

Il s'agit de développer le caractère en instaurant la bonté. La bonté ne coûte rien mais elle est étrangement absente de nombreux milieux.  Le principe est simple : quand on se sent bien dans sa peau, on a un effet positif sur ceux qui nous entourent. Lorsque notre seau est plein, on est confiant, calme et patient. On a des pensées positives et on s'attend à des résultats positifs.

L'inverse est tout aussi vrai. Lorsque notre seau est vide, on est vide de pensées ou de sentiments positifs. On est souvent triste, négatif, déprimé, inquiet, craintif ou malade. De la même manière qu'on peut propager du positif, on peut également propager du négatif autour de nous. Des gens avec un seau vide s'empressent de vider le seau des autres.

Ça vous rappelle quelque chose? Vous avez déjà rencontré ces forces extérieures qui vident votre seau et font monter votre niveau de stress? Est-ce qu'on ajoute de nouvelles exigences à votre charge de travail? Est-ce que vos gestionnaires ou collègues sabotent tous vos efforts certains jours? Vous êtes plus irritable que par le passé, mais vous ne savez pas pourquoi?

Si le seau est presque vide, c’est qu’il est grand temps de faire remonter le niveau. Même si on ressent souvent un sentiment d'impuissance face aux forces extérieures, on peut toujours contribuer à remplir le seau de ceux qui nous entourent et le sien par la même occasion.

Voici quelques conseils faciles à appliquer :

  • Souriez
  • Dites bonjour
  • Tenez la porte aux gens qui vous suivent
  • Appelez les gens par leur nom
  • Aidez quelqu'un spontanément
  • Félicitez quelqu'un

Il y a un moyen simple de prendre en charge notre bonheur et notre vie. Beaucoup d'entre nous se souviennent des choses en plus que nous avions l'habitude de faire – des choses que nous ne faisons plus parce que nous sommes épuisés ou occupés par toutes les autres obligations. D'une façon ou d'une autre, notre seau s'est vidé.

Remplissons-le à nouveau. Rétablissons des vibrations positives dans notre milieu de travail, nos familles, nos communautés et, en bout de ligne, dans notre province. À la fin de la journée, rappelons-nous que quelque chose d'aussi simple que d'être gentil peut avoir un effet de contagion autour de nous.

Couper court à la rumeur

Don Ford, En solidarité

Pour ce numéro d'En solidarité, quelqu'un m'a envoyé un court article qui explique à quoi ressemble la population mondiale quand on l'a réduit à un village de 100 habitants.

L'article commence ainsi : Si on pouvait réduire la population de la terre à un village de 100 personnes, en respectant toutes les proportions, le village se composerait de :

  • 57 Asiatiques
  • 21 Européens
  • 14 habitants de l'hémisphère occidental, Nord et Sud compris
  • 8 Africains
  • 52 femmes
  • 48 hommes
  • 70 gens de couleur
  • 30 caucasiens
  • 70 ne seraient pas de confession chrétienne
  • 30 seraient de confession chrétienne
  • 89 seraient hétérosexuels
  • 11 seraient homosexuels
  • 6 habitants posséderaient 59 pour cent de toute la richesse du monde et ces six habitants seraient américains
  • 80 habiteraient dans des logements insalubres
  • 70 seraient illettrés
  • 50 souffriraient de malnutrition
  • Un habitant serait sur le point de mourir; un sur le point de naître
  • Un habitant (oui, seulement un) aurait une éducation post-secondaire
  • Un seul habitant possèderait un ordinateur

J'étais sur le point d'envoyer l'article à l'édition lorsque j'ai remarqué qu'il n'y avait pas de source confirmant les informations. Pas de problème, une recherche rapide sur Google devrait me permettre de trouver la source.

Bien sûr, j'ai obtenu un nombre incalculable de résultats contradictoires. Certains sites Web confirmaient ces informations comme factuelles, alors que d'autres sites, comme Snopes.com, les infirmaient. Le plus important étant pourtant de savoir si les informations étaient exactes.

Cela montre combien il est important de vérifier la source avant de croire tout ce qui est publié sur Internet. Le réseau Facebook est bien connu pour faire circuler des histoires alarmantes et des arnaques invraisemblables qui dupent bien des gens. En faisant circuler ces histoires avec un simple clic sur « j'aime »  ou « partager », on ne contribue pas à rendre le monde plus intelligent.

La prochaine fois que vous lirez quelque chose à propos d'un lien supposé entre une voiture qui circule les phares éteints et le rite initiatique d'un gang de rue (ne surtout pas faire d'appel de phares) ou sur le fait de taper son mot de passe à l'envers au guichet automatique bancaire pour envoyer un appel de détresse à la police, consultez Snopes.com ou d'autres sites Web réputés. C'est une bonne manière de savoir si les informations sont vraies, fausses ou non vérifiées.  C'est surtout une bonne manière d'éviter de passer pour une andouille.

Le bénévolat : une façon de donner en retour

Virginia Ridley, En solidarité

Après mûre réflexion, j'en suis arrivée à la conclusion que je ne suis pas faite pour l'oisiveté. Plus je flâne, plus je suis insatisfaite et plus je ressens comme un vide. Le temps que je passe à ne rien faire me semble du temps perdu. À la fin de la semaine, même si j'ai eu une semaine de travail chargée, j'ai comme l'impression de ne pas avoir fait ma part.

Nous avons tous des besoins différents, mais en qui me concerne, j'ai besoin d'être occupée. Tout a commencé il y a quelques années, quand j'ai décidé de m'impliquer davantage avec mon syndicat. J'ai assisté à la toute première conférence sur la Journée internationale de la jeunesse, car j'avais envie d’en savoir plus et de m'impliquer dans ce domaine. En continuant à m'intéresser aux questions sociales et à en apprendre plus dans le domaine social, j'ai découvert qu'il y avait beaucoup de travail à faire. Je ne pouvais pas restée les bras croisées, assise devant ma télévision en me disant, « quelqu'un d'autre le fera ». Je devais faire ma part.

Depuis six ans, je m'implique davantage avec le SEFPO, ainsi qu'avec ma section locale. Je fais partie de l'exécutif de ma section locale, j'écris des articles pour En solidarité et je continue à m'impliquer autant que possible.

L'année dernière, j'ai décidé de m'impliquer dans ma collectivité, dans le quartier Westmount, à London, une communauté très unie. Pour vraiment appartenir à la communauté, on doit s'impliquer dans les événements communautaires. Ma famille fréquente la piscine de la communauté et j'ai proposé mon aide d'une façon ou d'une autre. De fil en aiguille, je me suis retrouvée au conseil d'administration du Forest Edge Community Club. A ce moment-là, j'ai pensé que j'avais assez de temps libre pour participer à quelques réunions par an, contribuer à la planification des événements, partager des idées, etc. À l'AGA, j'ai brigué à nouveau un siège au conseil d'administration et j'ai été élue vice-présidente. Les responsabilités du poste étaient assez vagues; il s'agissait grosso modo d'apporter son aide suivant les besoins. Parfait pour moi. Peu de temps après une démission et une réorganisation, j'ai été propulsée dans le fauteuil de présidente. J'étais soudainement devenue la présidente d'un petit organisme à but non lucratif avec un budget annuel de 50 000 dollars et un effectif saisonnier de six employés. J'ai dû apprendre rapidement de nouvelles aptitudes, comme les modèles de gouvernance et les responsabilités des administrateurs. Une expérience que j'ai adorée.

En 2014, je briguerai les suffrages pour un poste de conseillère municipale dans mon quartier. J'ai reçu de nombreux encouragements de mes voisins qui m'incitent à me lancer dans la course. Pour que les choses changent en mieux, on doit s'impliquer et agir. On doit faire un effort sur soi et donner de son temps. Nombre de nos politiciens perdent le contact avec la population qu'ils servent et représentent.

S'impliquer dans la communauté signifie surtout faire partie de la communauté. Mes enfants connaissent nos voisins. Messieurs Foster et Stannard, les pompiers qui sourient et saluent d'un geste de la main à chaque fois que mes garçons leur disent bonjour. Mesdames Davis et Wells qui sont très impliquées dans les clubs communautaires et à l'école. Monsieur Million, l'officier de police, un ami de la famille. Madame Cullen, qui nous a montré des outils d'évaluation en lecture qu'elle utilise avec sa classe de première année.  Monsieur Loveday, à l'église locale, qui a mis en avant sa vision pour créer une véritable communauté. Je pourrais vous donner la liste de toutes les personnes formidables qui contribuent et donnent de leur temps pour que notre communauté soit une grande famille, où les gens se saluent et m'appellent parfois pour me donner quelques informations utiles sur le comportement de mes fils.

Faire du bénévolat m'a permis d'élargir mon réseau social dans la communauté et a changé la vie de ma famille. Nous n'allons plus directement de la maison au travail ou du travail à la maison. Nous sommes très proches de nos amis et nous contribuons à instaurer une vie de village – un village où les enfants jouent ensemble dans la rue et où les parents se parlent. Nous avons créé un forum où nous pouvons, en tant que groupe, discuter des problèmes de l'école et de la communauté, pas par le biais d'un processus de plaintes, mais par une action coordonnée et des changements.

Pour chaque heure de travail bénévole que j'ai effectuée pour le syndicat ou un organisme à but non lucratif, je me suis faite une amie, j'ai rencontré un voisin et j'ai contribué à bâtir une meilleure communauté pour ma famille. Je suis plus épanouie et heureuse en sachant que je contribue à changer les choses en bien autour de moi. J'encourage les gens à s'impliquer dans un domaine qui les passionne. On peut s'impliquer une heure par mois ou 20 heures par semaine. À chacun son rythme, mais pour que ça marche, on doit pouvoir intégrer aisément la nouvelle activité à son style de vie et à la vie de la famille. En donnant en retour à la communauté, j'espère que vous aurez autant de bonheur que moi, le bonheur d'être utile.

« Pas de demi-mesures » avec la gestion des accidents du travail

Dolly Coelho, section locale 290

Si on avait le choix, on choisirait tous d'être en santé? J'ai eu le privilège d'assister à la Conférence internationale Sir William Meredith, « Pas de demi-mesures ». Cette année marque le centième anniversaire du dépôt du rapport historique de Sir William Meredith : « La législation relative aux systèmes d’indemnisation des accidents du travail mis en place dans d’autres pays et le champ d’application de la loi ». Son rapport a conduit à la création de la première commission d’indemnisation des accidentés du travail en Ontario.

À l'occasion de cette conférence de trois jours, de nombreux participants ont discuté des changements qui ont eu lieu depuis la publication du rapport en 1913. Des gens formidables, y compris des travailleurs blessés et divers représentants en santé et sécurité, ont parlé des progrès réalisés au cours du siècle passé, mais aussi et surtout de la détérioration du système.

J'étais invitée à la conférence à titre de victime d’accident du travail afin de parler de mon expérience. Les participants ont été d'un grand soutien, compréhensifs et respectueux – un véritable contraste avec mon expérience passée.

La Conférence internationale Sir William Meredith, « Pas de demi-mesures » m'a permis de raconter publiquement mon histoire pour la première fois. Raconter mon histoire, c'est pour moi l'occasion de changer les choses et de venir en aide à d'autres travailleurs. J'ai expliqué que les travailleurs blessés souffrent des conséquences non seulement de l'accident en lui-même, mais également du système en place. Il est urgent d'apporter des changements au système, des changements pour les travailleurs blessés, des changements dans les attitudes et des changements pour améliorer le système. Les travailleurs blessés sont actuellement confrontés à un système défectueux qui fait beaucoup de tort … peut-être plus de tort que de bien. J'ai hâte d'avoir de nouvelles opportunités de raconter mon histoire et de contribuer à des changements.

Cette conférence a renforcé ma détermination à aider les autres et ma gratitude à l'égard de toutes les personnes qui m'ont aidée : les membres de l'équipe des soins de santé, mes représentants du SEFPO et mes collèges.

Q : Quelle est la partie la plus frustrante du processus?
Notre système d'indemnisation harcèle les travailleurs blessés ou malades, ne tient pas compte de leur situation et engendre du stress et bien d'autres maux. Le travailleur blessé ou malade est accablé par une multitude de paperasserie et par un processus fastidieux qui visent à le décourager à déclarer un accident ou une maladie professionnelle.

Q : Ce qu'on devrait savoir sur les travailleurs blessés ou malades?
On devrait se souvenir que :

  1. Les travailleurs blessés ou malades sont des gens comme vous et moi. Nous avons besoin d'une source de revenu pour vivre. Si nous travaillons, c'est parce que nous avons tous besoin de recevoir un salaire pour vivre. Tels qu’ils fonctionnent, les organismes d’indemnisation des accidentés du travail visent à décourager les travailleurs à déclarer une lésion ou une maladie. Trop souvent, les employeurs ne s'acquittent pas de leurs responsabilités en ce qui a trait à un accident du travail. Il est regrettable qu'on doive se battre pour obliger des employeurs à s'acquitter de leurs responsabilités.

2) Nous ne sommes pas du bétail, mais des individus. Alors que certains travailleurs ont eu une expérience acceptable, d'autres ont vécu un véritable cauchemar interminable. Chaque cas est particulier.

3) On devrait tous se mettre à la place du travailleur blessé pour comprendre. Lorsque vous vous blessez ou contractez une maladie au travail, vous vous attendez :

  • à recevoir un traitement équitable?
  • à ce qu'on protège vos droits?
  • à recevoir des soins appropriés?
  • à de la compassion? de l'empathie?
  • et à du respect?

Q : Que devrait-on faire quand un collègue se blesse ou contracte une maladie au travail?
On devrait rester en contact avec le collègue blessé pour le soutenir en lui disant des choses comme « Je suis avec toi par la pensée; j'espère que tu vas vite te rétablir; n'hésite pas à me dire si je peux faire quelque chose pour toi. »

Q : Que devrait-on faire pour réduire les obstacles auxquels sont confrontés les victimes d’accidents du travail?
Parler de son expérience et joindre sa voix à celles d'autres victimes pour demander des changements. L'union fait la force.

  • Respecter les règles de sécurité au travail et rapporter toutes les questions de sécurité à son employeur.
  • Communiquer avec son programme d'assurance collective, suivre le traitement médical et informer son fournisseur de soins de tous problèmes de santé éventuels.
  • Écrire une lettre à ses députés provincial et fédéral pour les sensibiliser à ces questions.

Consolider l'unité des membres

Mise à jour syndicale

L'une des tâches les plus importantes du délégué syndical est de contribuer à l'unité de ses membres afin de pouvoir travailler en équipe et de renforcer la solidarité syndicale. Renforcer l'esprit de solidarité est primordial, durant les périodes difficiles en particulier, mais la tâche peut s'avérer compliquée.

Voici les choses que vous pouvez faire pour cimenter et préserver l'unité :

Présenter les membres les uns aux autres
Organisez des activités pour les membres comme des repas ou des rencontres sociales. Trouvez des membres qui pourront vous aider à connecter les divers groupes entre eux, comme des membres qui parlent plusieurs langues ou qui s'entendent particulièrement bien avec tout le monde.

Informer les membres
Lorsque les membres ne savent pas à quoi vous servez ou ce que font les autres responsables du syndicat, ils ont tendance à imaginer le pire scénario. Ils peuvent supposer que vous ne faites pas grand-chose ou que vous faites des combines dans leur dos. C'est pourquoi il est important d'informer vos membres de votre travail et de toutes les activités syndicales que vous organisez à titre de délégué syndical.

Mettre fin aux rumeurs
Les membres entendent des rumeurs et les répètent forcément. Les rumeurs sont souvent une source de disputes, de méfiance et de divisions. Sensibilisez les membres aux conséquences qu'il y a à commencer et à répandre des rumeurs. Encouragez-les à ne pas écouter les rumeurs concernant le travail ou le syndicat, mais plutôt à vous en parler afin que vous puissiez leur donner les bonnes informations. Si vous ne disposez pas de l'information demandée, dites-leur que vous allez vous informer et n'oubliez surtout pas de contacter le membre à nouveau, même si c'est pour lui dire que vous n'avez pas pu obtenir les renseignements.

Être inclusif
Veillez à ce que tous les différents groupes de membres se sentent impliqués et représentés. Il peut s'agir du titre de l'emploi, des quarts de travail, d'un groupe d'âge, des races, des ethnies, du sexe, de l'orientation sexuelle ou de tout autre caractéristique concernant vos collègues. Si vous remarquez qu'un groupe de membres en particulier ne s’implique pas dans le syndicat, communiquez avec une ou plusieurs personnes du groupe en question. Vous pouvez leur demander pourquoi ils ne participent pas et ce qu'ils souhaiteraient. Vous constaterez souvent qu'ils ne participaient pas aux activités syndicales car ils ne se sentaient pas les bienvenus ou ils avaient l'impression qu'on n'avait pas besoin d'eux.

Prendre des décisions de manière transparente
Veillez à ce que tout le monde sache de quelle question le syndicat discute, comment et quand la décision sera prise et comment les membres peuvent s'impliquer. Encouragez chaque membre à donner son avis. Discutez avec les membres qui ne donnent pas volontiers leurs avis et donnez-leur la parole. Une fois que la décision est prise, veillez à ce que tout le monde la connaisse et la comprenne.

Combler le fossé entre les générations
On entend souvent les membres les plus anciens dire que les jeunes travailleurs ne comprennent pas ou ne savent pas que le syndicat a mené une lutte acharnée pendant de nombreuses années pour obtenir ces avantages. Quant aux plus jeunes ou aux nouveaux membres, ils peuvent avoir l'impression qu'on ne les prend pas au sérieux.

Si vous faites partie des plus anciens, un membre plus jeune peut vous aider à comprendre les préoccupations de sa génération. Peut-être ont-ils un problème que le syndicat ne connaît pas? Peut-être se sentent-ils exclus parce que le syndicat ne passe pas leur musique durant les activités sociales ou à cause de l'organisation des réunions? Une fois que vous comprendrez mieux les membres les plus jeunes, vous pourrez trouver des moyens de les impliquer davantage dans les activités syndicales et instaurer un dialogue et renforcer l’unité du groupe.

Travailler ensemble pour relever les défis communs
Il vous faudra beaucoup communiquer, notamment en tête-à-tête, pour cerner les problèmes communs et convaincre les membres de travailler ensemble pour trouver des solutions. Commencez par une question qui peut faire consensus et concerne de nombreux membres. Discutez ensemble des moyens de résoudre le problème, puis élaborez un plan d'action visant à convaincre la direction d'accepter. En participant à une action commune, les membres développent souvent un esprit d'équipe qui rend le groupe plus fort et solidaire pour mener les luttes difficiles qui ne manqueront pas de survenir. 

Ken Margolies est membre titulaire associé au Worker Institute, Cornell University.

*** Cet article est reproduit avec l'aimable autorisation de Union Communications Services Inc., 1633 Connecticut Ave. NW, Suite 300, Washington, DC 20009. Pour vous abonner, veuillez composer le 1-800-321-2545. Conformément à un accord entre En solidarité et Union Communications Services, il est interdit de reproduire cet article. ***

Impliquons-nous pour améliorer les services de garde en Ontario

Laura Thompson, présidente du Comité provincial des femmes

En juillet 2013, Eva Ravikovich est morte dans une garderie à domicile non réglementée de Vaughan. Cet événement tragique, qui avait dominé l'actualité, aurait dû amener à de véritables changements. On savait que le système actuel de garde d'enfants de l'Ontario est défectueux, mais il aura fallu la mort d'une fillette de deux ans pour que les choses bougent. En Ontario, trop de familles sont obligées de faire appel à la famille, aux amis, aux voisins et à des garderies non agréées. Bien que certains progrès aient été accomplis relativement aux soins et à la sécurité des enfants, il reste beaucoup à faire pour corriger un système qui permet à des fournisseurs de service comme la garderie de Vaughan de mentir aux parents, de se faire passer pour un service agréé et de s'en tirer à bon compte.

 Le ministère de l'Éducation est chargé d'enquêter les plaintes qui visent les services de garde d'enfants, qu'ils soient titulaires d'un permis ou non, et certains progrès ont été accomplis en ce qui concerne l'encadrement et les enquêtes de ces fournisseurs. Le Ministère s'est engagé à améliorer la procédure d'enquête des services de garde en mettant en place une équipe spécialement chargée d'enquêter sur les plaintes et de répondre aux demandes d'information du public et de renseignement. Bien que ces mesures constituent un pas en avant, elles ne sont pas suffisantes pour répondre aux inquiétudes du public. Par exemple, le ministère de l’Éducation s'est engagé à informer les parents lorsqu'un fournisseur de service non titulaire d'un permis a été trouvé coupable de garder plus de cinq enfants de moins de 10 ans. Inquiétant? Oui. Cependant, le fait que les enquêtes concernant les mauvais traitements, la négligence ou la santé publique continueront à être confidentielles est encore plus préoccupant.

 On a l'impression d'avancer à pas de tortue. Les Ontariens sont excédés par la lenteur des progrès et par le fait qu'une véritable stratégie de garde d'enfants ne soit encore qu'un projet chimérique. Permettez-moi de ramener cette question à un contexte personnel. Je suis née en 1982 et ma mère, à l'instar de nombreux autres parents qui travaillent, a eu beaucoup de mal à trouver un fournisseur de service approprié. J'ai été placée chez un fournisseur de service non titulaire d’un permis. Fort heureusement, le fournisseur de service était dévoué à tout point vue et j'ai fini par considérer la garderie comme une deuxième famille. Trente et un ans plus tard, la plupart des familles doivent encore compter sur la chance quand elles choisissent un fournisseur de service d'enfants. Il serait pourtant possible de mettre en place un système de garde d'enfants accessible et abordable. Pour le vérifier, il suffit de regarder le Québec et son système de garderies subventionnées ou le Manitoba et ses services de garde d'enfants plafonnés à 20 $ par jour.

 Que devrions-nous faire pour inciter l'Ontario à faire la même chose? En cas de problème avec un service de garde non titulaire d'un permis, on peut déposer une plainte auprès d'un bureau du ministère de l'Éducation de sa région. À titre de parent ou de tuteur, vous pouvez répondre au sondage qui est proposé par le Comité provincial des femmes du SEFPO et la Coalition ontarienne pour l'amélioration des services de garde d'enfants. Par le truchement de ce sondage, le Comité provincial des femmes souhaite que nos membres partagent leur expérience en matière de services de garde d'enfants en Ontario afin de brosser un portrait réaliste de la situation et de cerner les véritables enjeux. Je suis très souvent surprise par les histoires vécues des membres de ma section locale et région et je vous encourage à entamer la discussion dans votre section locale et région.

Pour participer au sondage ou en savoir plus, consultez les sites web suivants :

https://sefpo.org/committees/pwc/pwc-survey-on-childcare.htm

http://www.edu.gov.on.ca/gardedenfants/offices.html

http://www.childcareontario.org/

http://rethinkchildcare.ca