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En solidarité – bulletin d’information à l'intention des délégués et activistes du SEFPO – volume 21, numéro 3 ~ été 2014

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Mot de l'éditrice

On me demande souvent si je ne suis pas surmenée par toutes les activités auxquelles je participe. Une question que l'on pose aussi à toutes celles et tous ceux qui s'impliquent dans le mouvement syndical, font du bénévolat ou du travail communautaire. Nombre de gens se demandent si une telle hyperactivité ne dépasse pas l'entendement. Une question que j'ai déjà abordée avec certains de mes collègues qui participent à de nombreux projets et comités.

Actuellement, je préside le Conseil d'administration du Forest Edge Community Club, je participe au lancement d'un groupe de jeunes, je suis candidate aux élections municipales et je m'implique un peu plus en politique municipale.  Je siège également à plusieurs comités dans le cadre de mon travail, je co-préside le conseil scolaire de l'école locale et pour compléter le tableau, je suis rédactrice et éditrice de En solidarité.

J'arrive à faire autant de choses et à participer à de nombreux projets grâce à une gestion rigoureuse de mon temps et au soutien de ma famille, mais aussi parce que j'y consacre mon temps libre. Comme nombre de gens, j'ai besoin d'être occupée et de m'impliquer dans ma communauté et de travailler en équipe pour bâtir un meilleur avenir. Le soir, je me sens heureuse d'avoir été productive et d'avoir eu une journée bien remplie.

Il y a 24 heures dans une journée, soit 168 heures par semaine. Je dors 49 heures et travaille 35 heures par semaine, ce qui me laisse 84 heures de temps libre. Je ne regarde pas beaucoup la télévision et j'ai donc plus de temps pour tous mes projets et comités. Je consacre le reste de mon temps libre à mes enfants et à ma famille, ainsi qu'au travail bénévole que j'effectue régulièrement. J'accorde beaucoup d'importance au dîner en famille. Je m'efforce de le prendre avec ma famille aussi souvent que possible. C'est pour moi le moment idéal pour discuter à l'écart des nouvelles technologies qui n'ont pas leur place à table. On discute des événements de la journée et de choses qui sont importantes pour les enfants et on planifie les activités que nous voulons faire ensemble.

En ce qui concerne ma prochaine campagne politique, je m'efforcerai d'inclure mes enfants autant que possible, car je crois que c'est une excellente opportunité d'apprentissage pour eux. C'est pour eux une occasion d'acquérir de l'expérience autrement et de mieux comprendre le processus démocratique.

Toutes ces nombreuses activités m'ont aussi permis d'en apprendre beaucoup sur moi-même. J'ai développé mes compétences et j'ai eu des opportunités que je n'aurais jamais eues dans mon emploi.

Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous raconte tout cela? Je vous raconte cela, parce que tout a commencé au SEFPO. Tout au long de mon vie, j'ai fait du bénévolat, mais tout a vraiment commencé avec ma première véritable expérience syndicale, à l'occasion de la Journée internationale de la jeunesse en 2007 (une première pour le SEFPO aussi). Le soutien de mes consœurs et confrères du SEFPO m'a encouragé à m'investir encore plus pour changer les choses dans ma collectivité. Si vous êtes une ou un activiste dans l'âme, continuez la lecture de ce numéro, mais sachez que vous courrez le risque d'attraper le virus.  J'encourage tous les délégués syndicaux, nouveaux ou expérimentés, à profiter de toutes les occasions d'apprentissage qui se présentent à eux, et à mettre leurs connaissances à profit pour changer les choses Je me réjouis de l'avoir fait jusqu'à aujourd'hui!

En toute solidarité,

Virginia Ridley

Une véritable démonstration de solidarité

Vince Gobind – Caucus des gens de couleur

Le 3 août 2013, le Caucus des gens de couleur célébrait cinq années de participation au Carnaval antillais de Toronto, (qu'on appelait auparavant Caribana). Il s'agit du plus grand festival en Amérique du Nord à célébrer l'histoire et la culture des Antilles.

Le 28 septembre 2013, à la cérémonie de remise des prix des troupes de danse, Louis Saldenah a remis un Prix de reconnaissance à Vince Gobind, de la section locale 311 (au nom du Caucus des gens de couleur).

La citation du Prix se lit comme suit :

« Le Prix de reconnaissance est décerné au SEFPO et au Caucus des gens de couleur en remerciement de leur contribution qui nous a permis de maintenir notre excellence tout au long des années. Nous tenons à vous remercier pour l'ensemble de votre contribution à la réussite du Carnaval antillais de Toronto 2013 qui nous a permis de remporter le titre convoité de troupe de danse 2013. » 

Le thème 2013 de l'équipe de Louis Saldenah Mas-K-Club était intitulé « Ciel et terre ». Grâce à la section XPATS, le Caucus des gens de couleur du SEFPO a présenté, pour la seconde fois, l'« Aurore boréale » à partir d'une perspective des Caraïbes. Le costume avait une belle gamme de couleurs accentuées par de somptueux joyaux.

En célébrant la diversité de la culture des Antilles, on a également montré à Toronto un aperçu de la diversité du SEFPO. Le Caucus des gens de couleur se réjouit de la participation des membres de quatre régions, mais aussi de quatre groupes/comités visés par l'équité. Une véritable démonstration de solidarité de la part du SEFPO.

Le Caucus des gens de couleur remercie également les membres et dirigeants du SEFPO suivants de leur présence et participation :

  • Sara Labelle, vice-présidente régionale (VPR), et Gord Longhi, membre du Conseil exécutif (MCE), tous deux de la Région 3.
  • Glen Archer, MCE, Région 6.
  • Sandi Blancher, Région 1, vice-présidente de la Division des professionnels hospitaliers et présidente de l'équipe de négociation de la DPH.
  • Peter Thompson, Région 1, président du Caucus des gens de couleur.
  • Angela Bick Rossley, Région 3, présidente du Comité provincial des femmes.
  • Dave McCarl, Région 3, membre, Comité provincial des droits de la personne.
  • Krista Maracle, Région 5, vice-présidente du Cercle des Autochtones.

Nous nous réjouissons de la participation d'un aussi grand nombre de membres, des nouveaux comme des anciens. Nous tenons à remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont pris le temps de soutenir le Caucus des gens de couleur.

Le personnel du SEFPO a joué un rôle primordial pour soutenir les objectifs et les activités du Caucus des gens de couleur. Nous tenons à adresser nos sincères remerciements à tous les gens qui travaillent d'arrache-pied à l'arrière-plan, le personnel de l'Unité de l'équité en particulier.

Nous tenons également à exprimer toute notre gratitude à Monty Mohammed, qui s'est porté volontaire pour conduire le camion à trois occasions et qui est toujours disponible pour faire en sorte que les couleurs du SEFPO et du Caucus des gens de couleurs soient bien présentes.

Quand on lui a demandé de décrire son expérience, Angela Bick Rossley a déclaré :

« C'est en participant au carnaval que j'ai vraiment compris l'importance du contexte culturel. En termes de sensibilité culturelle et d'ouverture d'esprit, ce fut même une véritable révélation. Quand j'ai vu mon costume pour la première fois –  avec les plumes, les paillettes, les perles, et les franges – j'ai seulement vu son côté féminin et sensuel parce que je le regardais avec le filtre de ma culture occidentale. Ce n'est qu'à partir du moment où j'ai enfilé mon costume de plumes, de perles et de paillettes, le jour du carnaval, que j'ai vraiment ressenti l'importance des couleurs et de la musique dans l'expression artistique de cette culture. Un sentiment impossible à éprouver si l'on regarde à partir des standards de beauté du monde occidental. Comprendre une culture, c'est aussi comprendre ses nuances. Leçon apprise! »

Très fier d'avoir eu l'occasion de partager la culture des Antilles avec le SEFPO, le Caucus des gens de couleur remercie le SEFPO pour son soutien continu au cours des années.

Le 2 août 2014, le Caucus des gens de couleur participera une fois de plus au Carnaval antillais de Toronto avec Louis Saldenah et son spectacle intitulé « Rivière des miroirs » dans la section Xpats.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter Vince Govind à invinceable.intl@gmail.com.

Continuer la conversation

Craig Hadley, En solidarité

Si vous avez assisté au Congrès, au mois de mai, vous vous souvenez surement du long débat sur la modification des règles concernant le quorum pour les assemblées générales des membres (AGM) d'une section locale du SEFPO.  Il est important d'atteindre un quorum pour que la réunion soit officielle. Les membres ont débattu du pour et du contre en essayant de respecter les exigences constitutionnelles d'un quorum qui seraient compatibles avec la gestion d'une section locale.  Après un débat fructueux, les délégués ont voté et décidé de ne pas changer les exigences concernant le quorum. Sachant que certaines de nos sections locales ont du mal à attirer leurs membres aux assemblées, la question suivante se pose :  Que peuvent faire ces sections locales pour encourager la participation de leurs membres?

Voici quelques suggestions utiles pour attirer une audience nombreuse à chaque réunion de votre section locale.

Le lieu! Le lieu! Le lieu!
Si vous organisez vos réunions à l'extérieur du travail, dans un bureau du SEFPO ou à un autre emplacement, vous pourriez réexaminer l'accessibilité de ce lieu pour vos membres.  Vous pouvez chercher d'autres lieux et sonder vos membres afin de recueillir leur opinion. La situation des membres change constamment; un lieu de réunion qui était approprié il y a dix ans pourrait ne plus l'être aujourd'hui.

L'heure de la réunion
Est-ce que l'heure de la réunion est compatible avec les obligations professionnelles des membres? Vous avez peut-être pris l'habitude de convoquer vos réunions à 18 heures, mais vos membres sont-ils disponibles à cette heure-là? Demandez à vos membres : il est possible qu'ils préfèrent se réunir à l'heure du déjeuner.  Certaines sections locales organisent des AGM multiples à deux, ou même, trois horaires différents

Aller au contact des membres
On l'oublie trop souvent, mais c'est souvent suffisant pour attirer les gens à une réunion.  Souvenez-vous de la première fois que vous avez participé à une réunion de section locale.  Il y a de fortes chances pour que vous ayez rencontré un membre du CEL avant de vraiment participer aux activités syndicales.  Il suffit parfois de faire le premier pas pour attirer de nouveaux membres. Si les membres ne connaissent pas bien les dirigeants de la réunion, il y a de fortes chances qu'ils soient intimidés par la réunion.

Présenter le syndicat
Les nouveaux employés, qui ne sont pas familiers avec le milieu syndical, risquent d'écouter d'autres avis ou celui de l'employeur avant de se faire une opinion.  Ils peuvent avoir envie de participer mais ils ne savent pas qui contacter. Certaines sections locales organisent un dîner ou un déjeuner annuel pour accueillir les nouveaux membres qui ont ainsi l'occasion de poser des questions et de rencontrer les dirigeants de la section locale.

Organiser des activités sociales
Reconnaissons-le : les femmes et les hommes sont des êtres sociaux.  En participant à des activités sociales, les gens font connaissance, se lient d'amitié, partagent des intérêts.  La plupart des gens participent plus volontiers à un événement social qu'à une réunion de travail au bureau.  Organisez une soirée de bowling, un barbecue ou une fête de Noël pour les enfants.  Ainsi, la prochaine fois que vous organiserez une AGM, les membres auront le plaisir de retrouver des amis, et non pas les dirigeants du CEL.

Le message
Quel message votre section locale a-t-elle transmis aux membres? Les membres ont besoin de connaître l'ordre du jour de l'AGM. Sur votre avis de convocation, faites en sorte d'inclure les questions qui seront à l'ordre du jour de la réunion. Mieux encore, créez un site Web pour votre section locale ou rédigez un bulletin d'information pour informer vos membres. Même les activistes les plus impliqués se souviennent certainement pourquoi ils se sont intéressés au syndicalisme. C'est souvent pour des questions qui touchent à la santé et la sécurité, aux horaires de travail, aux avantages sociaux ou à la retraite.

Les relations publiques
Les médias de droite attaquent quotidiennement les syndicats. Nos membres sont bombardés par ces clichés qui dénigrent le travail des syndicats. Ce climat malsain peut être suffisant pour rebuter d'éventuels activistes. Organisez une événement de bienfaisance local et faites-en la publicité. En plus de soutenir une bonne cause, vous attirerez des membres qui sont déjà impliqués dans des œuvres philanthropiques ou qui veulent soutenir de telles activités. Une fois que l'organisation de votre événement est bien lancée, faites de la publicité sur le lieu de travail et n'oubliez pas d'informer les médias locaux.

Se fixer des objectif
Lors d'une réunion du CEL, déterminez des objectifs réalistes à atteindre qui vous aideront à attirer un plus grand nombre de membres.  Une fois que vous aurez convenu des objectifs, discutez-en et faites une liste des tactiques qui vous permettront d'atteindre vos objectifs. À la prochaine réunion du CEL, passez en revue ce qui a marché ou qui n'a pas marché et faites les changements nécessaires pour atteindre vos objectifs.

Il n'y a pas de recette miracle pour accroître la participation des membres au sein des sections locales. Les présidents de sections locales qui ont une audience nombreuse aux réunions vous diront que ça ne s'est pas fait du jour au lendemain.  Il faut beaucoup de dévouement, de travail, de persévérance, et de suite dans les idées pour trouver la bonne combinaison.  Ils vous diront aussi de ne pas avoir peur de sortir des sentiers battus. Ce n'est pas parce qu'on a toujours fait comme ça qu'on ne peut pas faire autrement. Les travailleurs et les lieux de travail évoluent au fil du temps, au même titre que les besoins des membres. Ce qui marchait dans les années 1980 et 1990 peut ne pas marcher aujourd'hui.

GAIN à court terme…DOULEUR à long terme

Sandy Green, En solidarité

Quand on me parle de privatisation, je pense toujours à un film de 1979 : Norma Rae. Je ne l'ai vu qu'une fois, mais 35 ans plus tard, je m'en souviens encore.  C'est dire combien ce film m'a touché. Je ne suis pas une économiste ni une politicienne, mais je peux vous dire ce qui se passe quand un gouvernement privatise des services publics.

La privatisation, c'est le transfert d'actifs ou de services gouvernementaux à une entreprise et un prestataire privés.  À chaque fois, l'histoire montre que la privatisation des ressources publiques est défavorable aux contribuables au bout du compte. À chaque fois.

L'objectif de toute entreprise privée est de gagner autant d'argent que possible. Le profit est l'essence même du capitalisme. Pour ne pas dire la cupidité. On réalise des profits en réduisant les services et les salaires et en éliminant ou en coupant les avantages sociaux, les régimes de retraite et les congés des employés. Cela se traduit par des conditions de travail inacceptables et surtout par un manque de personnel qualifié, compétent et expérimenté. L'affaiblissement des normes entraine la réduction des services et ce sont les plus vulnérables de la société – les enfants, les personnes âgées, les personnes handicapées et défavorisées – qui sont le plus touchés.

Le gouvernement voudrait faire croire aux citoyens que la vente des services est une aubaine pour les contribuables qu'ils sont. Ils vendent un bien ou un service pour une grosse somme d'argent pour réduire le déficit public. Une véritable aubaine, n'est-ce pas? Sauf que c'est de la planification à court terme. Les contribuables ne recevront plus de dividendes, de revenus ou bénéfices de ce service. La privatisation, c'est un peu comme accepter une indemnité forfaitaire de votre employeur. Vous empochez votre indemnité, quittez votre emploi et laissez tomber vos avantages sociaux, votre pension de retraite, vos congés payés et de maladie et revenus éventuels.  Une fois que l'argent est parti en fumée, il ne reste plus que des cendres. Pourquoi une compagnie serait-elle intéressée par l'achat d'un service gouvernemental si ce n'est pas pour faire un profit substantiel?

La privatisation en vaut-elle la peine? Les exemples récents de privatisation des services tels que les systèmes de contrôle de qualité de l'eau à Walkerton; le scandale des centrales électriques au gaz (l'annulation de contrats à des entrepreneurs privés coûtent des milliards aux contribuables); l'autoroute 407; la réparation et l'entretien des routes, ont fini par coûter des milliards de dollars aux contribuables, sans mentionner les mauvais services qui ont entrainé la perte de vies humaines, des problèmes de santé et un abaissement de la qualité de vie. Quand les services sont procurés dans un but lucratif, ils ne sont jamais aussi bons. C'est aussi simple que ça. Le Canada, et l'Ontario en particulier, est reconnu dans le monde entier pour l'excellence de son système de santé. Je ne suis pas prête à renoncer à ces services de qualité pour d'autres services qui seront moins bons et qui me coûteront vraisemblablement plus cher. Je parle de qualité et non pas de quantité ici. La privatisation n'en vaut pas la peine.

La privatisation qui semble toujours revenir sur la table est celui du système de vente d'alcool. Nombre de gens estiment que les prix de l'alcool et de la bière baisseraient. Ça n'a pas été le cas en Alberta. Après la privatisation de la vente d'alcool et de bière, les prix ont grimpé. Les employés de la LCBO, qui sont formés pour reconnaître une personne en état d'ébriété, demandent une pièce d’identité valide et refusent de vendre de l'alcool à toute personne en état d'ébriété ou mineure. Les employés de la LCBO appellent la police ou le 911 si nécessaire. Une LCBO privée chercherait à maximiser les bénéfices. On vendrait de la bière et de l'alcool dans les dépanneurs et les épiceries. Peut-on imaginer un instant que l'exploitant d'un magasin privé prendra la peine de contrôler et de vérifier l'âge d'un client si ça lui fait perdre une vente? Celles et ceux qui ont perdu un fils, une fille, un conjoint ou un ami à cause d'un conducteur en état d'ébriété auraient raison de se révolter. La LCBO remet un dividende d'environ 1,7 milliard de dollars par an au gouvernement de l'Ontario. Une bonne partie de cet important bénéfice annuel pourrait disparaître si l'on privatisait la LCBO.

Salaire minimum, service médiocre, baisse de la responsabilité, cupidité, mauvaises conditions de travail et abaissement des normes : voilà les résultats de la privatisation.

Le SEFPO, ma deuxième famille

Kathryn Weston, En solidarité (rédactrice invitée)

Depuis mon plus jeune âge, j'accompagne ma mère aux manifestations, rassemblements, événements de justice sociale et, bien sûr, aux réunions syndicales.

Depuis qu'elle est membre du SEFPO, j'ai assisté à nombre d'événements et de réunions, y compris des réunions de la section locale et du conseil de district, deux conférences des femmes, des activités de formation avec le CTC et deux Congrès annuels. J'ai beaucoup appris, même si ce n'est pas toujours super passionnant. Ces réunions et conférences illustrent la solidarité du SEFPO. J'ai également appris qu'il y a des gens de tous les horizons au SEFPO mais que tous ont les mêmes droits. On respecte leurs voix.

 Au cours de la dernière Conférence des femmes, j'ai eu l'occasion de vendre du riz sauvage au profit de Fort Albany. J'ai eu la satisfaction de venir en aide à des femmes que je n'avais jamais rencontrées. Pendant le Congrès, j'ai rencontré des gens de différentes régions, sections locales, villes, et même d'autres pays. J'ai beaucoup appris en écoutant les gens qui partagent leurs expériences. Au petit-déjeuner du Comité provincial des femmes, on a rendu hommage à plusieurs femmes pour leur contribution dans leurs régions. J'ai été très touchée par Shannon Nolan, qui a reçu le Prix du militantisme syndical pour sa contribution au Malawi et son travail pour assurer l'approvisionnement en eau potable.

Je suis très fière que ma mère soit une militante et une activiste syndicale. Je ne changerai pas une minute de toutes ces expériences. Le SEFPO, c'est comme ma deuxième famille.

Une bonne leçon

Verne Saari, En solidarité

Les élections provinciales sont derrière nous et nous connaissons tous le résultat. Non, je ne vais pas parler ici du parti politique qui aurait dû former le gouvernement ou qui devrait gouverner, etc.

Je vais vous parler de deux choses qui ne font pas toujours bon ménage : l'amitié et la politique, comme j'ai pu m'en rendre compte. Je vais vous parler d'une histoire qui m'a stupéfait et même bouleversé. J'avais partagé sur un média social bien connu ce que je pensais être un commentaire informatif et mesuré du SEFPO concernant notre appui au Nouveau Parti démocratique. Je n'avais donné aucune consigne du genre « ne votez pas pour un tel ou pour tel parti » – pas le genre de diatribe qu'on attendrait de la part d'un activiste et rédacteur syndical. J'avais simplement partagé quelques commentaires.

Je n'ai jamais été du genre à imposer mon opinion à qui que ce soit et j'évite les conflits autant que possible. Pourtant, cette fois, j'avais mis le doigt dans l'engrenage. Non seulement un ami me le reprochait, mais il contestait mon opinion. Sous le choc, je ne savais pas comment réagir. J'hésitais à répondre, cherchais les bons mots et passais beaucoup de temps à analyser les possibles conséquences. Il y avait tant de scénarios possibles qui dépendaient de ma réponse que j'ai finalement décidé de ne rien faire.

J'en ai parlé à quelqu'un de confiance et d'expérience, en l'occurrence mon père. Il a été très surpris que je sois tant affecté, et si facilement ébranlé, par le fait qu'un ami eût l'audace de manifester une opinion politique différente de la mienne. D'après lui, quand une personne proclame publiquement son appui à un parti politique, elle doit également être prête à discuter de ces idées avec tous ceux qui ont une autre opinion. Il a ajouté que je devais, cependant, faire preuve de prudence, car c’est un sujet qui peut causer beaucoup d'émoi.

Cela étant dit … j'ai fait l'autruche. Je me suis dégonflé, tout simplement. J'ai évité le conflit, une fois de plus. J'ai, toutefois, répondu à un commentaire le soir de l'élection qui disait que l'Ontario aurait un nouveau visage le lendemain matin (sous-entendu un gouvernement progressiste-conservateur). Ma réponse a été la suivante : « On verra bien ». Seulement trois mots. À ce moment-là, j'ai cherché à rester aussi neutre que possible, essayant d'éviter les conflits. Évidemment, je ne voulais pas passer pour un forcené de la politique qui cherche à imposer, coûte que coûte, ses idées aux autres, encore moins à un bon ami.

 Le lendemain des élections, mon ami était toujours silencieux sur le réseau social en question. J'en étais encore consterné. Pourquoi ne pas lui envoyer un message pour me vanter, me suis-je dit? J'ai immédiatement eu honte d'être si mesquin et de vouloir me moquer d'un ami, qui au fond avait seulement manifesté son appui au parti politique de son choix et n'avait pas hésité à partager son point de vue. Peut-être que je cherchais une manière de compenser mon silence du passé? En rétrospective, si je dois retenir une leçon de cette expérience, c'est que j'ai besoin de sortir de ma neutralité afin de défendre mes opinions et de m'affirmer tel que je suis.

Vivre dans une société démocratique comme le Canada, c'est avoir le droit de voter pour qui on veut et d'afficher publiquement son soutien. Nous jouissons de ces nombreux droits en tant que citoyens de notre grand pays.

J'imagine que tous les membres qui ont pris le temps de lire mon article jusque-là sont allés voter.

Alors, qu'en dites-vous mes chers confrères et chères consœurs du SEFPO? Avez-vous tiré la leçon?

J'espère seulement que nous pouvons tous tirer une leçon et donner à notre province et pays l'élan dont ils ont désespérément besoin. Nous pouvons changer les choses en mieux pour protéger les droits de chacun et pour faire de notre province et pays, un endroit encore meilleur. Nous sommes celles et ceux qui contribuent à faire de cette province un endroit meilleur pour l'ensemble de sa population. L'Ontario a besoin de nous.

Je vous remercie!

Mise à jour sur le harcèlement

Lisa Bicum, En solidarité

Au mois d'août, il y aura 22 ans que je suis membre du personnel scolaire des collèges et du SEFPO.

Vingt-deux ans que j’enseigne. Incroyable!

Aussi impossible que cela puisse paraître, je me souviens encore très bien du jour où j'ai reçu l'offre d'emploi. Pour quelle raison est-ce que je m'en souviens si bien? Juste après avoir raccroché le téléphone et avoir réalisé que je venais de décrocher mon premier véritable job, je me souviens avoir dit à mon copain, (qui est aujourd'hui mon mari) que j'espérais bien être heureuse avec cet emploi car je ne me voyais pas travailler toute ma vie dans un environnement néfaste.  Je l'ai averti que si jamais j'en venais à haïr mon emploi au point de le quitter, il allait devoir me supporter. Cette promesse (et la menace qui pèse sur mon mari) tient encore aujourd'hui.

Par chance pour lui, je n'ai pas connu beaucoup de mauvaises journées.  Depuis 22 ans, ce travail me procure toujours autant de bonheur.  J'apprécie l'énergie que je reçois de mes étudiants et les liens d'amitié que j'ai tissés avec le personnel et mes collègues au fil des ans.  Mon travail est très occupé, et si l'attitude de certaines personnes m'exaspère parfois, j'ai toujours autant de plaisir à me rendre au travail tous les jours.

Bien sûr, j'ai déjà fait face à des situations difficiles, et dans ces moments-là, j'ai apprécié le fait qu'il ait une politique précise, respectueuse et en place dans mon collège.

Je crois que l'on peut dire que la majorité des employés s'entendent plutôt bien au travail? Cependant, je manquerais de perspicacité si je disais que tout se passe toujours bien dans les lieux de travail.  Des employés disent parfois être maltraités, et quand ils s'adressent à moi, je leur conseille de consulter la politique du collège.  En faisant d'autres recherches, j'ai trouvé des renseignements importants dans les ressources du SEFPO.  Selon la politique sur les brimades et le harcèlement psychologique du SEFPO, personne ne devrait avoir à subir des brimades au travail ou à travailler dans un milieu de travail néfaste.

Comment savoir si on est victime de brimades ou tout simplement trop sensible? Selon la politique du SEFPO, on entend par « brimades et harcèlement psychologique dans le milieu de travail, une conduite vexatoire se manifestant soit par des comportements, des paroles, des actes ou des gestes qui portent atteinte à la dignité ou à l’intégrité psychologique ou physique de l'employé ».

Sur le site Web du SEFPO, on trouve les renseignements suivants :

Les exemples de brimades et de harcèlement psychologique comprennent notamment des commentaires insultants, blessants, hostiles, vindicatifs ou un comportement cruel et malveillant pour saper, perturber ou rabaisser un employé au point de créer un environnement de travail néfaste qui l'empêche de faire son travail

Les brimades et le harcèlement psychologique peuvent prendre de nombreuses formes, notamment lorsque le comportement ou la conduite :

  • peut être raisonnablement considéré comme visant à intimider, à blesser, à dénigrer ou à humilier une autre personne ou un groupe;
  • a l'intention ou pour objet de saper ou compromettre délibérément le travail d’une personne;
  • entraîne un milieu de travail intimidant, menaçant, hostile ou déplaisant;

Bien qu'il n'existe aucune liste exhaustive, les exemples de brimades et de harcèlement psychologique peuvent être, sans être limités :

Comportements

  • des commentaires, des actions ou des gestes insultants ou désobligeants
  • des commentaires ou des gestes grossiers ou vulgaires
  • des rumeurs malveillantes, des commérages ou des insinuations négatives
  • des reproches et/ou des violences verbales
  • des cris, des hurlements
  • des insultes, des injures
  • un regard froid ou fixe
  • des explosions ou des cris de colère dirigés contre d'autres personnes
  • des critiques injustifiées et persistantes ciblant un individu
  • des brimades pour ridiculiser une personne en public
  • des menaces et brimades verbales, écrites ou physiques
  • du harcèlement et/ou de la persécution
  • des abus de pouvoir ou d'autorité
  • de l'isolation et/ou de l'exclusion des activités liées au travail

Impact :

  • saper
  • humilier
  • blesser
  • embarrasser
  • intimider
  • menacer
  • effrayer
  • démotiver
  • démoraliser

Conséquences :

  • dépression
  • anxiété
  • détresse émotionnelle
  • détresse physique
  • baisse de moral
  • Incapacité à effectuer son travail
  • absentéisme
  • perte de productivité
  • roulement de personnel

Ces informations ne sont pas nouvelles pour beaucoup d'entre nous, mais il est utile de rappeler, de temps en temps, la manière dont on doit être traité dans notre milieu de travail (et comment on doit traiter les autres). Il arrive qu'on soit victime d'un mauvais traitement et que l'agresseur soit astucieux, au point qu'il soit difficile pour la victime de vraiment s'en rendre compte.

Quoi qu'il en soit, je vous souhaite à tous du respect dans votre milieu de travail; toutefois, si votre sixième sens vous dit quelque chose ne va pas, et que vous pensez être harcelé ou persécuté, consultez la politique sur le harcèlement de votre travail et le site Web du SEFPO pour en savoir plus, et surtout, communiquez avec votre délégué syndical.

Financer les études de votre enfant

Virginia Ridley, En solidarité

C'est à nouveau le temps d'y penser. Les enfants retournent à l'école et les parents poussent un soupir de soulagement. Certains parents! Avec la hausse des droits de scolarité et le sous-emploi des jeunes travailleurs, vous vous demandez peut-être comment payer les frais de scolarité de l'année à venir. S'il est peut-être déjà trop tard pour faire une demande de bourse d'études pour cette année scolaire, vous pourriez faire une demande pour l'année scolaire 2015-2016. Ci-dessous les diverses bourses d'études, qui sont offertes par le SEFPO :

Le Fonds de bourses d'études Larry Cripps
Le Conseil exécutif du SEFPO a approuvé à l'unanimité une bourse d'études annuelle de 1 000 $ décernée à la mémoire de notre confrère Larry Cripps, un agent des services correctionnels et militant de longue date décédé en 2004.

Qui peut faire une demande?
La bourse d'études est offerte aux personnes à charge des membres en règle du SEFPO qui étudient dans un établissement postsecondaire public en Ontario. L'élève doit indiquer dans la demande sa relation avec le membre du SEFPO et le numéro de sa section locale.

Pour recevoir la bourse d'études, l'élève doit confirmer son inscription à un programme d'études sur les techniques policières ou de droit et de sécurité/services correctionnels.

Fonds de bourses d'études Solidarité globale du SEFPO
Chaque année, le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario offre dix bourses d'études à l'appui de ses objectifs de justice sociale et de solidarité globale pour la classe ouvrière.

Ce fonds offre aux enfants, enfants en famille d'accueil ou enfants en tutelle de membres en règle du SEFPO, la possibilité de recevoir une bourse d'études de 1 000 $ aux fins d'études postsecondaires dans une université ou un collège canadien public reconnu.

En intégrant le Fonds Vivez et laissez vivre à ses responsabilités d'organisation syndicale, le SEFPO a fait de la lutte contre le VIH/sida une priorité absolue dans le cadre de son travail visant une collectivité internationale en meilleure santé.

L'activisme sur le VIH/sida et la solidarité internationale des travailleurs sont à la base de cette bourse d'études du SEFPO. Les candidats à cette bourse devront rédiger une composition sur eux-mêmes et l'accompagner d'un résumé de leurs efforts personnels en ce qui concerne le développement de la conscience communautaire.

Qui peut faire une demande?
Les demandeurs doivent être des enfants, des enfants en famille d'accueil ou enfants en tutelle de membres en règle du SEFPO. L'élève doit indiquer dans la demande sa relation avec le membre du SEFPO et le numéro de sa section locale.

Au moins cinq des dix bourses d'études seront attribuées à des étudiants qui s'identifient comme représentant un groupe visé par l'équité : travailleurs racialisés, travailleurs autochtones, travailleurs vivant avec une invalidité, travailleurs du groupe LGBTTIHQB (lesbienne, gai, bisexuel, transgendériste, transsexuel, intersexué, homosexuel, en questionnement et bispirituel), travailleurs francophones et travailleuses. Les demandeurs doivent reconnaître leur admissibilité à cette qualification dans leur demande, le cas échéant.

Fonds de bourses d'études Curt Bishop
Le SEFPO offre une bourse d'études annuelle maximale de 1 000 $, en entier ou en partie, à la mémoire de Curt Bishop, un militant de longue date sur les questions de santé et sécurité, décédé le 30 juin 2008.

En tant que membre de la Division des services correctionnels, section locale 678 (Algoma Treatment and Remand Centre), Curt avait compris que les améliorations à la santé et sécurité au travail n'étaient possibles qu'avec l'intervention et les efforts des travailleurs. Pendant plus de deux décennies, Curt a lutté avec les membres du SEFPO aux niveaux local et provincial pour veiller à des milieux de travail plus sûrs et plus sains.

Qui peut faire une demande?
La bourse d'études est offerte aux personnes à charge des membres en règle du SEFPO qui étudient dans un établissement postsecondaire public en Ontario.

Fonds de bourses d'études de la DPH
La Division des professionnels hospitaliers (DPH) offre sept bourses d'études (une par région) par année aux étudiants qui choisissent des professions à l'intérieur de la DPH.

Qui peut faire une demande?
La bourse d'études est offerte aux membres du SEFPO et aux personnes à leur charge inscrites dans une université ou un collège canadien public reconnu. Si vous êtes une personne à charge d'un membre du SEFPO, veuillez indiquer sur la demande le nom du membre, votre relation avec cette personne et le numéro de sa section locale.

Pour recevoir la bourse d'études, l'étudiant doit avoir confirmé son inscription à un programme des professionnels hospitaliers.

Bourse d'études Carol McGregor
Le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario offre une bourse d'études annuelle de 1 500 $ à la mémoire de Carol McGregor, militante de longue date sur les questions des droits des personnes handicapées, qui est décédée en 2006.

Qui peut faire une demande?
Cette bourse est ouverte aux enfants des membres du SEFPO.

Les candidats doivent être atteints d'un handicap visible ou invisible et poursuivre leur éducation postsecondaire dans une université ou un collège communautaire public ou dans le cadre d'un programme de métiers. On accordera une plus grande considération aux étudiants qui ont participé à une action collective ou communautaire sur des questions touchant l'invalidité ou les droits de la personne.

Il y a de nombreuses autres façons de trouver des aides au financement des études postsecondaires de votre enfant.  Consultez les sites Web suivants pour en savoir plus :

https://sefpo.org/content/scholarships

www.nupge.ca/scholarships

Les gains du gouvernement Harper sont la honte du Canada

Dave Lundy, membre du Conseil exécutif

« Je n'oublierai jamais qu'Adolfo (mon mari) a donné sa vie et son sang pour cette terre, et je suis prête à faire de même. » — Angelico Choc.

Adolfo était un chef de file local et énergique qui luttait contre le projet d'exploitation de la compagnie minière canadienne HUDBAY dans son propre pays – l'Équateur. Son courage et leadership lui ont coûté la vie; il a été assassiné à la machette, près de son village natal. Son assassinat n'a toujours pas été élucidé. Son épouse continue son combat pour défendre le droit fondamental de sa communauté – le droit de vivre et d'exister.

Le vendredi 2 mai, j'ai assisté, à titre de membre du Conseil exécutif du SEFPO et représentant élu pour l'humanitaire et le travail international, à l'assemblée annuelle d'observation des exploitations minières (Mining Watch Annual Meeting) une organisation non gouvernementale (ONG) que le SEFPO soutient avec un don annuel. Ce que j'ai entendu, ce qui a été rapporté, les photos, les récits de témoins oculaires, ainsi que les rapports écrits, étaient choquants – une fenêtre ouverte sur la politique sordide de Stephen Harper qui détruit toujours plus l'image du Canada à l'étranger.

Nos médias nationaux nous rappellent souvent que les compagnies minières canadiennes occupent les premières places mondiales en techniques d'extraction, d'explorations et de développement des ressources, et que ces sociétés, qui sont cotées à la bourse des valeurs canadienne, figurent parmi les plus rentables au monde. Par contre, ils ne nous disent pas que ces profits se traduisent par des ravages épouvantables sur les populations locales et l'environnement. Les Canadiens ne connaissent pas non plus le rôle que joue le gouvernement Harper dans ces profits.

Il a été signalé, au cours de cette réunion, que des représentants de l'ambassade du Canada avaient rencontré des opposants aux mines seulement pour les espionner. Les responsables de l'ambassade canadienne ont ensuite donné les informations obtenues sur ces activistes aux minières canadiennes qui travaillent dans la région. Les compagnies minières ont à leur tour remis ces informations aux organisations paramilitaires de droite afin de régler les « problèmes ».

À Papua, en Nouvelle-Guinée, la minière Barrick Gold exploite un immense gisement d'or dans une région éloignée. Barrick Gold, qui n'a même pas pris la peine de développer un bassin de rétention, pollue le troisième plus important bassin hydrographique du pays avec ses ruissellements chargés d'arsenic, alors que des résidus solides se répandent dans le village. En adoptant une démarche approuvée par notre gouvernement fédéral, Barrick Gold a pris des mesures pour le moins énergiques pour éviter d'avoir à faire face à des plaintes en justice. En acceptant des poulets et des vêtements usagers en cadeau, les habitants de la région renoncent à tous leurs droits d'intenter des poursuites devant les tribunaux – tous les tribunaux.

De nombreux lecteurs ne seront peut-être pas surpris par cette histoire, puisque c'est le même gouvernement Harper qui nie l'existence des changements climatiques, subventionne les sables bitumineux, traite les environnementalistes de terroristes, et tente d'imposer le passage de pipelines et de pétroliers dans les communautés peu importe si les résidents de la région sont farouchement contre. De toute évidence, les populations étrangères ne sont pas les seules à être méprisées.

Il suffit de regarder vers le Cercle de feu de l'Ontario. J'ai écouté avec vif intérêt la réponse des chefs des Premières Nations et d'activistes de la région à une question que je me posais depuis longtemps : « Pourquoi tant de peuples des Premières Nations ont-ils signé des traités contraires à leur propre intérêt? » À l'époque, il y a plus de 100 ans lorsque ces traités ont été signés, les dirigeants des Premières Nations ne savaient souvent pas lire l'anglais. De toute façon, ceux qui savaient lire l'anglais ne pouvaient pas déchiffrer des traités écrits en jargon juridique. Quand ils questionnaient légitimement le texte qu'on leur demandait de signer, on leur assurait verbalement qu'ils conserveraient tous leurs droits ancestraux à la terre. En résumé, on dirait bien qu'on les a délibérément induits en erreur… ou qu'on leur a plutôt menti au sujet des textes qu'ils ont signés. Nous en savons plus aujourd'hui grâce à la découverte récente du journal que tenait à l'époque le négociateur du gouvernement Daniel MacMartin. Son journal est aujourd'hui utilisé pour contester les traités et les droits qui permettent actuellement aux gouvernements et compagnies minières d'exploiter les ressources minérales. On peut s'attendre à de longues batailles judiciaires et à des manifestations publiques avant même que l'exploitation du Cercle de feu ne commence. Pour en savoir plus, consultez la vidéo de YouTube « Oral Promises, Broken Promises ».

Il était une époque où les Canadiens étaient fiers d'arborer l'unifolié sur leurs bagages et sacs à dos quand ils partaient en voyage à l'étranger. Le Canada jouissait d'une excellente image, celle d'un pays qui faisait passer les gens avant le profit. Ce n'est plus vrai. À l'assemblée annuelle d'observation des exploitations minières, un Canadien a raconté une anecdote particulièrement troublante.

« Lors d'un voyage en Amérique centrale, un Canadien qui voyageait au Guatemala, a entendu des gens du pays dire qu'ils étaient à la recherche d'un Canadien qui se trouvait dans la région pour le lyncher. » 

En tant que syndicat, le SEFPO peut être fier de l'impact positif de son action à l'étranger, même si on pourrait toujours faire plus. Le régime Harper a galvaudé l'excellente réputation du Canada à l'étranger au profit des bénéfices et des intérêts miniers canadiens. Une fois Harper parti, il faudra des décennies pour retrouver la réputation qui était la nôtre tant elle a été entachée. En attendant, les membres du SEFPO peuvent affirmer que les valeurs de Harper sont très éloignées de celles qu'ils partagent avec leurs consœurs et confrères du milieu syndical canadien.

Des ressources humaines qui manquent d'HUMANITÉ?

Sandy Green, En solidarité

Les expressions comme discrimination, conflits d'intérêt, non-respect de l'éthique professionnelle et harcèlement ont déjà toutes été utilisées pour décrire la manière avec laquelle les collèges, les entreprises ont recours à des tierces-parties, des compagnies médicales, pour réévaluer l'état de santé d'un employé. Cette tierce-partie intervient après qu'un médecin de famille ou un spécialiste ait déjà vu, diagnostiqué, traité et donné un pronostic à l'employé. Les collèges utilisent une excuse bien connue en prétendant que le médecin de l'employé ne donne pas suffisamment d'informations et que, par conséquent, ils ont le droit de faire appel à une tierce partie – c'est-à-dire une compagnie médicale. Dans mon cas, la compagnie était de Toronto – Morneau Shepell – un nom tristement célèbre parmi les salariés des collèges. Morneau Shepell a refusé des accommodements et des congés de maladie aux employés, ordonnant à d'autres de retourner au travail … souvent contre l'avis du médecin généraliste ou du spécialiste de l'employé. Elle justifie sa décision en déclarant que « les informations fournies étaient insuffisantes ». Selon les ressources humaines, l'employeur, plus particulièrement quand il paye le congé de maladie de l'employé, a le droit de demander un certain nombre d'informations, y compris une évaluation effectuée par une tierce partie.

De nombreux employés se sentent harcelés une fois qu'ils ont signé le formulaire d'accès à l'information qui permet à Morneau Shepell d'enquêter sur leur condition médicale et de communiquer avec leur médecin. Morneau Shepell envoie au médecin une fiche de renseignements d'une ou deux pages à remplir. Morneau Shepell indique également qu'elle communique avec le médecin par téléphone mais, d'après mon expérience, ce n'était pas le cas. De nombreux médecins m'ont dit qu'ils refusent de parler avec ces compagnies médicales par téléphone car elles déforment leurs propos. En ce qui me concerne, ce n'est pas un médecin que j'ai vu, mais une infirmière engagée par Morneau Sheppell, qui a présenté mon dossier à un panel de médecins qui ont modifié la date de mon retour au travail qui avait été fixée par mon médecin.

 Morneau Shepell promet aux entreprises un retour sur investissement garanti qui aura pour effet de réduire l'absentéisme de 10 pour cent. Du fait que Morneau Shepell est payée par l'employeur, il y a forcément un conflit d'intérêts? La méthode d'évaluation est certainement médiocre, car de nombreuses plaintes ont été déposées contre la compagnie médicale. Je me demande ce que l'Ordre des médecins et chirurgiens de l'Ontario pense du fait qu'on remette en cause l'éthique, l'opinion, la compétence et l'expérience des médecins, mais aussi qu'on modifie les soins et les traitements prescrits. En substance, la compagnie médicale conclut que votre médecin n'est pas qualifié non seulement pour établir un diagnostic et un pronostic, mais également pour prescrire un traitement. J'ai le même médecin depuis plus de 30 ans. Je peux dire que mon médecin me connaît bien mieux qu'une infirmière que je n'ai jamais rencontrée et à qui j'ai parlé une seule fois au téléphone.

Avoir recours à une tierce partie telle qu'une compagnie médicale constitue-t-il une violation de vos droits de la personne? Est-ce de la discrimination? Est-ce une transgression à l'obligation d’accommodement? Toutes les réponses à ces questions sont ambiguës.

Notre collège n'a pas de directives, ni de plan ou de lignes directrices en place pour choisir les employés qui doivent se soumettre à une enquête médicale de Morneau Shepell et expliquer les raisons pour lesquelles ils ont été choisis. Les ressources humaines sont libres de choisir les employés qu'elles veulent envoyer à Morneau Shepell; d'après mon expérience, elles choisissent des employés qui souffrent de maladies insidieuses. Les maladies mentales semblent être leur cible préférée. Le stress et l'anxiété que j'ai subis en raison de cette compagnie médicale n'ont fait qu'ajouter quelques semaines de plus à mon processus de guérison.

La Commission des droits de la personne de l'Ontario stipule que les employeurs ont « l'obligation d'accommoder… afin de tenir compte des besoins des personnes handicapées d’une façon qui respecte davantage leur dignité ». Les audiences d'arbitrage ont établi que « les syndicats peuvent soulever les questions des droits de la personne dans n'importe quelle procédure de règlement de griefs…ayant trait aux droits de la personne et principes et, notamment, à l'obligation d'accommodement qui est particulièrement pertinente ». N'avoir aucun critère pour sélectionner les employés qui font l'objet d'une enquête par une compagnie médicale est inacceptable et la porte ouverte à la discrimination.

Sur le site Web du collège, la politique en matière d'accessibilité des collèges, établie selon les normes d'accessibilité pour les services à la clientèle, vise « à prévenir et à éliminer » les barrières » afin de faciliter l'accessibilité des personnes ayant un des handicaps suivants :

  • Surdité/handicap auditif
  • Surdité/cécité
  • Développement intellectuel
  • Apprentissage
  • Santé mentale
  • Physique/mobilité
  • Trouble de la parole/élocution
  • Perte de Vision
  • Les autres troubles, temporaires ou permanents, visibles ou non, peuvent inclure la fibromyalgie, le syndrome de fatigue chronique, l'arthrite, les maladies du rein, les allergies, les maladies cardiovasculaires, les crises, les cancers, le diabète et le VIH – des troubles qui peuvent affecter les capacités cognitives et les aptitudes physiques d'une personne)

Faire appel à une tierce partie, une compagnie médicale, qui ne tient pas compte et ne respecte pas l'avis des médecins, qui a la réputation de ne pas se préoccuper de la santé et du bien-être des employés, et qui s'engage à faire économiser de l'argent aux collèges en réduisant les prestations de congé maladie, contrevient aux directives, règles et règlements établis par les collèges. Les valeurs fondamentales des collèges sont « bienveillance, apprentissage, intégrité et respect ». Les employés ne sont-ils pas l'atout le plus important d'une entreprise? Cette manière de traiter les employés, qui est décevante, mauvaise et sournoise, va à l'encontre des objectifs, des principes et des valeurs de la plupart des milieux de travail.

La retraite, vous y pensez?

Anita O'Keefe, section locale 110

Je ne sais toujours pas comment elles avaient obtenu mon adresse de courrier électronique. Peut-être avaient-elles rencontré mon ange gardien?

Au milieu du chaos, de la peur de l'inconnu et de la paperasserie, qui ont précédé mon départ à la retraite, j'ai reçu une invitation à un séminaire d'un jour et demi offert en fin de semaine par des bénévoles de l'Association des syndicalistes retraités du Canada. Dès le début, il y a une combinaison de « sincère convivialité et d'amère réalité ».

J'ai vite compris qu'il me faudrait plus que participer les mains dans les poches pour en retirer des bénéfices. Après mon inscription (ai-je dit que le séminaire était gratuit?), l'une des trois animatrices, Elaine McMurray, m'a envoyé un peu de travail à faire à la maison. Afin de profiter au maximum du séminaire, j'avais besoin de trouver certaines informations, telles que mon dernier relevé de pension des CAAT, le montant de mes dépenses mensuelles au moment présent, et une estimation de mes dépenses mensuelles une fois à la retraite.

Les objectifs d'apprentissage avaient été définis par ceux et celles qui avaient parcouru ce chemin avant moi, qui savaient comment je me sentais et ce dont j'avais besoin de savoir, c'est-à-dire :

  • Avoir une connaissance générale de toutes les questions qui doivent être prises en compte dans la planification de la retraite.
  • Fixer un ensemble d'objectifs importants pour la retraite, en consultation avec le conjoint ou un partenaire lorsqu'il y en a un. (Oh, ai-je mentionné que le conjoint ou le partenaire peut assister gratuitement au séminaire?)
  • Savoir quelles questions poser afin d'atteindre les objectifs fixés (cela m'a été très utile quand j'ai rencontré les RH, mon conseiller financier et cherché le meilleur régime d'assurance collective).
  • Savoir où trouver les réponses aux questions. (J'ai désormais une longue liste de personnes, lieux, numéros de téléphone, courriels et sites web pour m'aider à trouver les renseignements dont j'aurai besoin à l'avenir.)

Tous ces objectifs ont été atteints sans restriction.

Bien sûr, le programme comprenait également un partie sur les finances :

  • Les rentes de régimes de pension de l'employeur, la retraite du gouvernement (la SV et le RPC) et le travail rémunéré.
  • La façon de calculer le « revenu net » en passant en revue les actifs et passifs, les dégrèvements et crédits d'impôt pour les retraités.
  • Le calcul du revenu de retraite et l'estimation des dépenses (je me réjouis d'avoir fait mes devoirs) et les abus financiers à l'égard des retraités.

Et bien d'autres choses encore. Grâce à des présentations, des travaux de groupe et des discussions animées, les ateliers ont permis de couvrir les objectifs de vie à la retraite, les questions concernant les femmes à la retraite, les changements dans notre vie personnelle et des relations de travail, des activités et des loisirs, nos émotions et la santé mentale, la maltraitance des personnes âgées, la planification juridique (y compris des procurations et des testaments), mais aussi l'évolution de notre propre identité, notre moi, une fois à la retraite et au-delà.

Chaque participant a reçu en cadeau un véritable trésor sous la forme d'un « manuel du participant », un guide de survie couvrant chaque sujet en profondeur.

Il m'est impossible de décrire ici l'énergie, le dévouement, l'expertise et la compassion de nos trois animatrices, mais je peux donner un exemple. Lors de la première journée, des participants ont posé quelques questions auxquelles les animatrices n'avaient pas les informations pour répondre correctement. Elles ont établi une liste de questions sans réponses. Le deuxième jour, des cadeaux attendaient les participants : les réponses. Après une longue journée, ces étonnantes bénévoles sont retournées chez elles, ont communiqué avec des avocats, effectué des recherches sur l'Internet et même consulté des présidents de syndicats pour répondre à nos questions.

Je suis très reconnaissante à nos trois animatrices bénévoles : Elaine McMurray, retraitée du Syndicat des postiers du Canada; Mary Ellen McDermott, retraitée du Syndicat des postiers du Canada; et Heather McMichael, retraitée du SEFPO, et également l'Association des syndicalistes retraités du Canada, sans qui ces ateliers n'existeraient pas. Il m'a paru naturel de me joindre à l'Association des syndicalistes retraités du Canada. Non, l'adhésion n'est pas gratuite, mais pour 20 dollars par an, c'est une affaire en or.

Si vous cherchez de l'aide et si vous voulez aider d'autres gens à planifier leur retraite, n'hésitez pas à examiner tous les avantages que procure l'Association des syndicalistes retraités du Canada. Pour en savoir plus, visitez le site Web de l'Association des syndicalistes retraités du Canada www.unionretirees.ca.

L'offensive néolibérale contre l'éducation supérieure

Howard A. Doughty, section locale 560

Des milliers de membres du SEFPO font partie du personnel scolaire ou de soutien des collèges. De nombreux autres ont des enfants qui étudient dans les écoles, collèges et universités. En fait, l'avenir de l'éducation en Ontario nous concerne tous. C'est la raison pour laquelle le dernier livre d'Henry Giroux (le dernier d'une liste qui compte près de soixante ouvrages) est si important.

Le néolibéralisme est l'idéologie politique dominante chez les cadres supérieurs gouvernementaux et les chefs d'entreprise. Les valeurs néolibérales sont partagées par le mouvement american « Tea Party », ainsi que par les partis progressistes-conservateurs de Tim Hudak et Stephen Harper. Les néolibéraux ne croient pas à l'État en tant que tel, aux investissements publics, aux programmes sociaux et à la diversité sociale. Ils soutiennent l'entreprise privée, l'individualisme, le « libre marché » et le fait que l'éducation doive simplement servir à former une main-d'œuvre moins payée mais qui travaille plus.

Henry Giroux estime, au contraire, que l'on devrait faire plus pour l'éducation. Issu d'une famille de la classe ouvrière, il a fait des études supérieures grâce à une bourse d'études (basket-ball).  À 70 ans, encore suffisamment en forme pour être un excellent meneur de jeu, il est le plus fervent et prolifique penseur et critique de l'éducation en Amérique du Nord.

Giroux nie que l'on puisse séparer l'éducation de la justice sociale – un principe que les néolibéraux ignorent et qui leur fait peur. Dans son ouvrage, L'offensive néolibérale contre l'éducation supérieure, il critique le modèle de plus en plus corporatif de l'éducation qui exerce un contrôle rigoureux – des manuels scolaires jusqu'aux programmes de recherche – et il propose une vision positive de ce que l'éducation pourrait être.

Au même titre que la formation professionnelle, l'éducation est un devoir moral et un projet politique. Moralement, elle devrait aider les jeunes à faire la distinction entre le bien et le mal; politiquement, elle devrait les aider à promouvoir ce qui est bon et à rejeter ce qui est mauvais – moralement, économiquement et écologiquement – et à devenir de bons citoyens et travailleurs.

Giroux écrit franchement et efficacement. Grâce à sa perspective, son livre, qui est une rare source d'inspiration et d'espoir parmi les critiques de l'éducation, est précieux pour quiconque croit en l'éducation. À 17 dollars, son livre pourrait être la bonne affaire de l'année.

Henry A. Giroux, Neoliberalism’s War on Higher Education (Toronto: Between the Lines Press, 2014), 258 pages. ISBN 9781171131124.

Les syndicats du secteur public à l'ère de l'austérité

Howard A. Doughty, section locale 560

L'histoire du mouvement syndical, à l'instar de l'histoire de l'évolution des syndicats de métier, et des anciennes guildes, est aussi celle de l'adaptation des syndicats au libre marché et au capitalisme. Il s'en est suivi la syndicalisation de masse des travailleurs de l'industrie, dans les usines, aux 19e et 20e siècles. De nos jours, c'est dans le secteur public que le mouvement syndical est le plus actif, à l'instar du SEFPO qui contribue à écrire l'histoire syndicale au moment de relever les défis du 21e siècle.

Ross et Savage ont publié un excellent compte rendu, clair et concis, sur les défis auxquels font face tous les travailleurs du secteur public. Ils remettent dans leur contexte la lutte des syndicats du secteur public en soulignant les dilemmes auxquels ils sont confrontés lorsque « l'État est le patron » et peut légiférer un « contrat » si les négociations ne sont pas à son goût.

Ils abordent la question importante du pouvoir politique en soulignant le fait que les travailleurs du secteur public doivent défendre leurs conditions de travail tout en reliant leur lutte à l'intérêt public en particulier. En usant de stéréotypes, et en traitant les fonctionnaires de paresseux et de nantis trop payés, certains politiciens essayent de se faire du capital politique. Mais les perspicaces électeurs ontariens ont fait payer le prix fort à Tim Hudak, qui voulait supprimer 100 000 emplois dans le secteur public. Ils ont décidé que le SEFPO et les autres services essentiels ne devaient pas être blâmés pour la corruption et l'incompétence des gouvernants.

Les auteurs examinent également certains secteurs essentiels du secteur public – les services sociaux, les soins infirmiers et l'éducation – et illustrent comment les travailleurs peuvent développer des relations avec les citoyens et d'autres syndicats et bâtir un large mouvement progressiste, ainsi qu'un solide système de négociation collective.

La question de la politique électorale apparait en filigrane d'un bout à l'autre du livre. À l'instar des syndicats industriels et de métier qui ont dû utiliser leur pouvoir le plus efficacement possible, le SEFPO doit, lui aussi, revoir constamment ses stratégies politiques. Cette publication est un outil précieux pour atteindre cet objectif.

Stephanie Ross et Larry Savage, eds., The Politics of Public Sector Unions in the Age of Austerity (Halifax: Fernwood Press, 2013), 160 pages. ISBN 9781552665848.

Les Zombies … ils sont partout!

Lisa Bicum, En solidarité

Le président de ma section locale a porté à mon attention l'intéressant compte rendu d'un livre, qui est paru dans le bulletin de l'Association canadienne des professeurs d'université (ACPPU), en mars 2014. Le livre intitulé, Zombies in The Academy—Living Death in Higher Education (Whelan, Walker, & Moore, 2013), est particulièrement intéressant à lire, même si ceux et celles d'entre nous qui vivent dans cette atmosphère d'apocalypse au quotidien n'ont peut-être pas envie de se plonger dans une telle lecture.

Le livre est un recueil d'essais écrits par un groupe d'universitaires australiens. Leur analyse est loin d'être nouvelle, puisque de nombreux livres, publiés au cours des dernières années, traitent déjà de la décomposition du système d'éducation postsecondaire.

Selon les auteurs, non seulement l'enseignement supérieur est malade, mais il est, en outre, entré dans un état intermédiaire d'au-delà ou d'en-deçà de la mort – raison pour laquelle les collèges et les universités sont aujourd'hui envahis par des zombies.

Pourquoi utilisent-ils une telle métaphore? Atteint par la contagion, le personnel scolaire aurait graduellement perdu son autonomie, sa liberté de penser – une perte de contrôle individuel – et le contrôle de l'enseignement.

Comment en est-on arrivé à cette invasion de zombies? Selon les auteurs, depuis les changements des années 1990 et l'intrusion du corporatisme dans l'éducation supérieure, les apprenants sont considérés comme des clients. Les enseignants sont perçus comme des « Lumpenprolétariats » et les étudiants, ceux qui ont les moyens financiers, comme des clients qui achètent leur éducation.

Les auteurs poursuivent en affirmant qu'« en anéantissant l'apport humain de l'enseignant et en remplaçant les échanges humains par des discussions en ligne et en groupes », on a fait disparaître l'oxygène de la classe qui, autrefois, stimulait la vie de l'apprentissage.

La partie concernant la « culture de l'analyse de la performance » est également très pertinente. De nos jours, on estime que ce qui ne peut pas être mesuré ne peut pas être géré, de sorte qu'on multiplie les enquêtes d'opinion, les indicateurs de performance et les grandes tendances afin d'uniformiser « la gestion du personnel scolaire d'un point de vue psychologique, à l'instar d'une chaîne de production de viande hachée ».

Sur une note plus positive, certains essais donnent de l'espoir en soulignant que le zombie est intrinsèquement désintéressé par la culture du profit et de la consommation et qu'il est doté d’une incroyable capacité de résistance.

Ceux d'entre nous, qui sont membres de l'unité de négociation du personnel scolaire des CAAT, espèrent que les négociations contractuelles et notre volonté d'accroître la liberté académique et d'obtenir un meilleur contrôle sur l'enseignement permettront d'éradiquer la prolifération des zombies.

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