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En solidarité - le bulletin d’information des délégués et activistes du SEFPO, volume 22, numéro 2, automne 2015

In Solidarity Autumn 2015
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Politique éditoriale

Le contenu et les rubriques de ce bulletin sont déterminés par le comité de la rédaction. Nous tenons à ce que les membres voient En solidarité comme leur bulletin d’information – un bulletin totalement indépendant de tout autre structure du syndicat.  Les articles sont rédigés par nos activistes, employés et d'autres personnes du mouvement syndical.

Les opinions exprimées n'engagent que son auteur et ne reflètent pas nécessairement l'opinion du SEFPO.

Nous acceptons avec plaisir tous les commentaires, mais nous demandons qu'ils soient constructifs. L'article doit être signé par le membre et inclure le numéro de sa section locale et devrait contribuer de manière positive au développement du syndicat.

Bien que nous encouragions un débat constructif sur toutes les questions connexes, nous nous réservons le droit de modifier les propos diffamatoires, la longueur, la clarté des articles et de répondre à ceux qui refléteraient une mauvaise compréhension du syndicat et de ses politiques.

Les membres élus du comité de la rédaction de En solidarité sont :

Virginia Ridley – directrice de la rédaction, section locale 116
Lisa Bicum – directrice adjointe, section locale 125
Katie Sample – section locale 499
Craig Hadley – section locale 5109
Verne Saari – section locale 659

Ex membre d'office :
Felicia Fahey – Liaison du Conseil exécutif
Greg Hamara – SEFPO Communications

Ont contribué à ce numéro :
Howard A. Doughty, section locale 560
Sandy Green, section locale 419

Veuillez écrire à En solidarité, à l'attention de Virginie Ridley, SEFPO, 100, chemin Lesmill, Toronto (Ontario)  M3B 3P8.  Par courriel à : insolidarity@OPSEU.org

Nous sommes également vos membres élus au comité des bulletins d'information du SEFPO. Si vous avez besoin d'aide, de conseils ou de renseignements pour vos bulletins d'information, veuillez communiquer avec l'un des membres du comité de la rédaction.

On a volé la vie de nos sœurs

Lisa Bicum, En solidarité

Je suis coupable. Nous sommes tous coupables. Nous entendons des atrocités dans les nouvelles et nous restons de marbre, alors que nous devrions agir. J'admets que « coupable » n'est certainement pas le bon mot. « Désensibilisés? » « Déshumanisés? » Je ne sais pas exactement.

Question de sémantique à part, j'ai été bouleversée aujourd'hui par un article publié sur la dernière page de Unfettered, le bulletin d'information de la section locale 558 du SEFPO, qui représente les professeurs, les conseillers et les bibliothécaires du Collège Centennial. On peut voir sur cette page les visages de 550 femmes autochtones disparues. Une image bouleversante? Absolument.

Cet article recommandait la lecture d'un rapport d'Amnistie internationale intitulé On a volé la vie de nos sœurs à www.amnesty.ca. Un rapport que j'ai bien fait de lire. J'avais déjà entendu parler de cette tragédie depuis plusieurs années, mais je n'avais pas fait de recherche sur le sujet, et pour dire la vérité, je ne connaissais pas les détails. Le moment était venu de me renseigner.

Qu'avais-je donc manqué?

En 2004, Amnistie internationale a déposé une plainte contre le Canada invoquant que les femmes autochtones courent des risques importants de mort ou d'enlèvement à cause du racisme et de l'indifférence du Canada.

En 2009, une enquête du gouvernement a conclu que les femmes autochtones sont trois fois plus susceptibles que les femmes non autochtones d'être victimes d'actes criminels violents.

En 2014, on apprenait que les femmes autochtones sont quatre fois plus susceptibles d'être assassinées que les femmes non autochtones.

En mai 2014, la GRC a confirmé qu'il y avait eu 1 017 homicides de femmes autochtones entre 1980 et 2012.

En septembre 2014, un plan national d'action était annoncé. Les experts ont souligné qu'il s'agissait d'un premier pas, mais bien trop petit au regard de la gravité de la situation. Malheureusement, je n'ai pu trouver aucune information concernant la tenue d'une enquête publique appropriée – une enquête qui est demandée depuis des années.

Tout espoir n'est cependant pas perdu. Sur le site Web d'Amnistie, on trouve beaucoup de renseignements et de liens pour consulter d'autres sites. On peut signer une pétition nationale qui a déjà reçu le soutien, à ce jour, de 17 834 personnes et trouver des exemples de lettres, des cartes et des documents d'information, que l'on peut utiliser pour exercer des pressions sur nos députés.

Peu importe la méthode, il est temps que nous parlions ensemble au nom des 550 voix qui ne peuvent plus s'exprimer, ainsi que de toutes les femmes qui sont systématiquement exposées à un risque de violence ou même pire.

Conséquences de la microgestion sur la santé du personnel?

Sandy Green, En solidarité

Nous devons tous surmonter de nombreux obstacles dans la vie. Nous sommes des adultes avec de nombreuses responsabilités. Travailler à temps plein est déjà un défi en soi, mais nous voulons contribuer à faire changer et avancer les choses. Nombre d'entre nous élèvent des enfants, seuls ou avec un conjoint, gèrent le budget familial, s'occupent de parents âgés qui ont besoin de soins et d'attention, s'inquiètent pour des amis et/ou un proche, essaient de se préparer à la retraite, font face à un problème médical personnel et tentent de gérer, d'organiser, d'harmoniser tout cela en même temps. Il me semble que nous sommes toutes et tous des êtres humains responsables, compétents, habiles, efficaces et dignes d'éloges.

Une fois, quelqu'un m'a dit que les meilleurs gestionnaires sont ceux qui ne se « prennent pas pour des chefs ».  Malheureusement, la catégorie de gestionnaires la plus répandue dans le monde du travail semble être celle des adeptes de la microgestion – le microgestionnaire.   Le microgestionnaire consacre sa vie entière à son travail. Sous sa direction, ses employés, qui se sentent comme des enfants de cinq ans et qui finissent par le haïr et ne plus le respecter, perdent progressivement leur créativité et productivité. En étouffant tout ce qui l'entoure, les idées et les opinions, le microgestionnaire ruine le moral et la réussite de son équipe et de son service. En plus d'être néfaste pour le moral et la santé des employés, le microgestionnaire nuit également aux affaires de son employeur.

Au lieu de développer les talents et le potentiel des membres de son équipe, le microgestionnaire les accable. Le microgestionnaire n'aime pas la concurrence; Pour lui contrôler les résultats de son équipe est plus important que d'inspirer la créativité. D'ailleurs, il engage rarement des gens qui ont du talent, de l'expertise et du savoir-faire car il a peur que son pouvoir en soit menacé. Quand elle devient excessive, la microgestion relève d'un trouble de comportement compulsif comparable à d'autres types de dépendance. Le microgestionnaire manque généralement d'assurance et doute de ses capacités. À l'instar de nombreux toxicomanes et alcooliques, le microgestionnaire est le dernier à reconnaître qu'il contrôle tout et régie tout dans le moindre détail. Il arrive au travail avant ses employés et reste plus tard, travaille pendant ses vacances et les fins de semaine et appelle régulièrement lorsqu'il n'est pas au bureau. Je suis bien placée pour en parler; j'ai travaillé sous la direction d'un microgestionnaire.

Que sont les effets de la microgestion sur le personnel? Un environnement de travail empreint de mal-être, d'inefficacité, de malaise et, pire, avec un personnel qui a le moral dans les chaussettes. Le microgestionnaire crée de la tension et sape la confiance des membres de son équipe. Son équipe n'a plus confiance, perd sa créativité, ne prend plus d'initiative, et la productivité chute. Les employés se réveillent le matin et n'ont pas envie d'aller travailler. Leur désengagement est la conséquence d'un environnement de travail hostile. Dans un tel environnement, personne n'a envie d'aller travailler. Qui le voudrait? Les employés ont perdu confiance en leur microgestionnaire, mais ils continuent à être présents au travail, même s'ils ne font plus d'efforts et ne sont plus créatifs. Estimant qu'ils n'ont pas la possibilité d'apprendre ou de développer leurs aptitudes, ils se sentent prisonniers d'un emploi qui ne les mène nulle part. Exposés aux comportements hostiles et débilitants de leur microgestionnaire, ils peuvent souffrir d'anxiété, de stress, de dépression et de désespoir. À long terme, leur santé mentale et physique peut même être sérieusement affectée.

Le microgestionnaire coûte de l'argent à son employeur, car les employés compétents et qualifiés finissent, tôt ou tard, par chercher un poste ailleurs. Non seulement l'employeur perd des employés de valeur, mais il devra en plus dépenser de l'argent pour embaucher et former d'autre personnes pour les remplacer. Dans leur vie sociale et autour d'eux, certains employés vont se plaindre de leur microgestionnaire, ce qui aura un impact sur la réputation de l'entreprise. Les employés perdent leur motivation et sont nombreux à prendre des congés de maladie en raison des effets néfastes sur leur santé mentale et physique. Les employés ne sont plus très enclins à soutenir leur gestionnaire, leur rendement baisse et ils perdent l'envie de se dépasser. Ils font ce qu'on leur demande de faire et c'est tout.

Tous les gestionnaires ne sont pas des microgestionnaires. Tous les gestionnaires ne sont pas toxiques. Tous les gestionnaires ne cherchent pas à ruiner nos vies. Pour moi un bon gestionnaire est un gestionnaire qu'on a envie de soutenir. Il apprécie les qualités de ses employés, les soutient, et les encourage à faire preuve d'initiatives et d'innovation. Pour le bon gestionnaire, l'important n'est pas sa petite personne, mais ses employés. Il se consacre à aider ses employés à donner le meilleur d'eux mêmes à leur poste. Il ou elle suggère ou recommande une formation supplémentaire, consulte et encourage. Il souligne la réussite et la contribution de ses employés, parce qu'en bon gestionnaire, il sait qu'il leur doit aussi son propre succès. Il prend le temps de les remercier. À l'écoute des préoccupations de ses employés, le bon gestionnaire est équitable, flexible, et un rassembleur qui motive et apporte un soutien constant. Il ne blâme pas ses employés, ne les pointe pas du doigt et il se démène pour les aider à réussir. En étant à l'écoute et en favorisant l’autonomie de ses employés, le bon gestionnaire devient leur mentor. Il communique avec ses employés, les encourage à participer à la discussion; il les informe et les traite avec respect. Chose sûre, le moral d'un service constitue un excellent baromètre de la compétence du gestionnaire.

Chaque personne mérite d'être traitée avec respect, considération et reconnaissance. Si votre gestionnaire vous manque de respect, il est temps pour vous d'évaluer la situation et de changer les choses. Plus souvent qu'autrement, le microgestionnaire ne démissionne pas à moins qu'on ne l'encourage en l'escortant jusqu'à la porte.

En conclusion, on se demande pourquoi les entreprises ne se débarrassent-elles pas des microgestionnaires qui leur coûtent de l'argent, des clients et des employés?

Certains évènements nous rappellent parfois combien la vie est précieuse

Verne Saari, En solidarité

La plupart d'entre nous prenons pour acquis la vie que nous menons. La famille, les enfants, le travail, parfois un travail bénévole, beaucoup de responsabilités dont certaines nous procurent du bonheur, alors que d'autres nous causent du stress.

Je vous exhorte à faire le bilan de ce que vous avez accompli dans votre vie et à vous estimer heureux d'avoir pu le faire. Dernièrement, mon épouse et moi-même avons « frôlé la mort » sur la route en nous rendant au Congrès annuel du SEFPO. Ce jour-là, une pierre, grosse comme un cantaloup, s'est délogée des roues jumelées d'un camion, qui transportait du carburant et qui circulait en sens inverse, et a été projetée violemment dans les airs en direction de notre véhicule. Je me suis immédiatement jeté sur les freins, mais c'était trop tard. En levant ma main gauche devant mon visage et en hurlant « non! », j'ai entendu le cri de stupeur qui a frappé ma femme, médusée par ce qu'elle voyait.

Elle était en train de discuter avec notre fils aîné via Bluetooth et le système audio de la voiture. Le microphone du système est situé juste au-dessus de la tête du conducteur dans le toit de la voiture. Notre fils a entendu le bruit de l'impact en même temps que nous. Tout s'est passé très vite et pourtant il me semble que ça a duré une éternité. J'ai vraiment cru que c'était la fin. On entend souvent des gens dire que le temps semble comme ralentir face à un danger immédiat.

Je sais maintenant ce qu'ils veulent dire.

J'ai ressenti et entendu une forte détonation juste au-dessus de ma tête, puis un silence assourdissant. J'étais comme surpris que la pierre n'ait pas traversé le pare-brise! À cet instant, tout en m'arrêtant sur le bas-côté, j'ai très vite compris à quel point nous avions été chanceux.

Était-ce de la chance? Peut-être que ce n'était simplement pas notre destin? Peu importe, j'ai senti une chaleur se répandre dans tout mon corps – peut-être la conséquence de l'état de choc.

J'étais aussi soulagé que notre fils n'ait pas entendu autre chose qu'une forte détonation à la fin de la conversation. En y réfléchissant, il aurait pu vivre un évènement familial tragique en direct tout en étant loin. Étrangement, une fois sorti du véhicule, j'ai ri en voyant les dommages, puis je n'ai pu réprimer une grimace convulsive en revivant ces instants. Le toit de notre voiture était déchiqueté, mais une carrosserie ça se répare. Par contre, parmi toutes les personnes qui ont vécu un accident de ce genre, nombre d'entre elles ont perdu la vie.

Alors, apprenez à vivre l'instant présent et savourez tous les instants de votre vie. Soyez prudent aussi, même si on ne choisit pas son destin…

Power Systems

Howard A. Doughty, section locale 560

Si Noam Chomsky n'avait rien écrit d'autre, il aurait été célèbre pour ses écrits sur la « philosophie analytique. » Considéré comme le « père de la linguistique moderne », ses théories sur le langage naturel et la grammaire générative et transformationnelle ont profondément marqué la linguistique. Mais, il ne s'est pas arrêté là.

En février 1967, à presque quarante ans et déjà au sommet de son art, Chomsky a écrit un article, La responsabilité des intellectuels, publié dans The New York Review of Books, qui fait grand bruit à l'époque. (j'en ai toujours une copie à portée de main.) Cette fois-ci, son article ne traite pas de la structure du langage humain, mais de la Guerre du Vietnam. Selon lui, toute personne qui avait eu la chance de faire des études supérieures avait la responsabilité de remettre en question la politique de son pays. Chomsky avait passé au crible la politique étrangère de son pays et conclu qu'elle était moralement répréhensible.

Professeur au Massachusetts Institute of Technology, il a écrit deux douzaines de livres sur le langage et plus de soixante-dix sur la politique. À 86 ans, il dit qu'il a encore beaucoup à donner. Il est l'un des intellectuels publics les plus détestés (mais aussi aimés) aux États-Unis et dans le monde.

Chomsky critique vertement les grandes entreprises, la plupart des politiciens, le commandement militaire, les patrons de presse et d'autres personnalités des classes dirigeantes. Il dénonce ouvertement l'autoritarisme, l'impérialisme, le capitalisme et le socialisme d'État. Il demande l'instauration de solutions rationnelles au carnage religieux au Moyen-Orient et met en garde contre l'endoctrinement dans les écoles et à la télévision. La particularité de Chomsky, c'est la clarté de ses écrits, de son analyse, de son argumentation et de ses positions politiques sur des sujets aussi complexes que la liberté d'expression et la censure, la richesse et la pauvreté, la guerre et la paix. C'est la raison pour laquelle il est également tant détesté par les élites politiques, qui n'aiment pas s'entendre dire la vérité.

Power Systems est un excellent livre pour découvrir les idées de Chomsky : des entretiens avec le journaliste David Barsamian, qui pose des questions cruciales à Chomsky, qui nous livre ici des analyses lucides – des réflexions perspicaces, éclairées et sans compromis – un véritable plaisir de lecture. Cet ouvrage vous amène à réfléchir sur les défis du monde et à mieux les comprendre. Mais attention, si c'est votre premier livre de Chomsky, il vous en reste encore plus d'une centaine à lire.

Noam Chomsky, Power Systems (Toronto: Between the Lines Press, 2013), 211 pages. ISBN 9780805096156.

Se faire escroquer ou mourir de faim

Verne Saari, En solidarité

Depuis plusieurs années, de nombreuses études ont été effectuées sur le prix anormalement élevé du panier d'épicerie dans le Nord canadien par des personnes bien plus instruites que moi. Malheureusement, les résultats et les recommandations de leurs études n'ont pas été pris en considération. Une simple recherche sur Google avec les mots clés suivants « prix, nourriture, Nord de l'Ontario » vous fournira de plus amples renseignements sur ce problème important.

Panier d'épicerie. Nourriture. Aliments. Appelez cela comme vous voulez, mais nous avons tous besoin de manger pour vivre.

Le prix du panier d'épicerie varie considérablement selon l'endroit où vous vivez dans la province. Il semblerait que plus on va vers le Nord, plus c'est cher. Après une courte recherche, j'ai découvert que le problème concerne non seulement l'Ontario, mais également l'ensemble du pays. J'ai contacté diverses personnes aux quatre coins de la province et dressé une liste des produits que l'on trouve communément dans le panier d'épicerie de la famille moyenne. Des aliments et des produits qui sont essentiels à la plupart d'entre nous et des familles.

Lorsqu'on demande à un gérant d'épicerie pourquoi les prix sont si exorbitants dans les villes et villages nordiques, sa réponse est invariablement la même : c'est à cause du coût du transport. Dans les endroits isolés où on ne peut accéder que par voie aérienne ou par une route de glace, on peut, à la rigueur, comprendre que le coût du transport soit plus élevé. (pour ceux qui ne connaissent pas, les routes de glace ne sont ouvertes qu'une fois que le sol et les lacs sont gelés pour l'hiver car les fondrières de mousse deviennent impraticables dans le Nord du Canada pour le reste de l'année) .

Afin de compenser les frais de carburant et d'augmenter les profits des entreprises de transport, les camions qui transportent ces marchandises doivent être chargés à bloc. Il n'y a pas de contrôles gouvernementaux en place pour protéger les consommateurs de l'hyperinflation. Étant donné le prix de nombreux articles, on a l'impression qu'ils ont été expédiés individuellement dans un camion spécialement affrété pour les transporter dans le Nord. Les prix anormalement élevés sont devenus la norme. Dans le Nord, c'est toute une population qui se fait escroquer par les distributeurs de l'alimentation avides de profit. On ne parle pourtant pas ici d'articles de luxe. Les populations ont besoin de ces denrées pour vivre.

Notre gouvernement a réussi à uniformiser les prix de vente de l'alcool dans l'ensemble de la province, mais il n'a toujours pas réussi à mettre fin à l'escroquerie dont sont victimes ses citoyens du Nord. Il est pourtant bien connu que l'alcool est associé à des troubles chroniques et à des méfaits graves, alors qu'une bonne nutrition est indispensable pour maintenir la croissance physique des enfants ainsi que pour garder les adultes en bonne santé. Suis-je le seul à voir un paradoxe ici?

Le gouvernement nous encourage à « faire des choix judicieux » en matière de nutrition et de consommation d'alcool. Eh bien, merci pour les conseils! En écrivant cet article, j'éprouve un sentiment de honte et de dégoût à la manière dont certains citoyens de l'Ontario sont victimes de préjudice en raison de l'endroit où ils habitent et vivent. Quand on entend parler de carences dans les besoins nutritionnels, on pense immédiatement à des populations dans des pays du tiers monde. C'est pourtant chez nous, ici au Canada, que le diabète décime nos populations nordiques et autochtones. Notre gouvernement dépense notre argent dans des annonces publicitaires dans les médias pour nous inciter à faire de l'exercice et à manger sainement. Incroyable? Comment faire pour manger des aliments sains quand les prix sont bien trop élevés pour le consommateur moyen?

Je pense que vous avez déjà fait le premier pas. Vous êtes maintenant au courant du problème. La plupart d'entre vous n'avaient peut-être jamais entendu parler de cette situation jusqu'à aujourd'hui.

À présent que vous savez, vous pouvez :

  • partager cet article pour sensibiliser les gens;

  • faire pression sur nos gouvernements provinciaux et fédéral pour les inciter à prendre des mesures;

  • prendre part à diverses initiatives ou même envoyer votre propre panier d'épicerie à des familles qui sont touchées par cette escroquerie.

    J'espère que vous choisirez de faire partie de la solution.

Six éléments à retenir de la dernière élection fédérale

Randy Robinson, économiste politique, SEFPO

Depuis l'élection fédérale du 19 octobre dernier, nous avons un nouveau gouvernement à Ottawa. Pour son retour au 24, promenade Sussex, l'endroit où il a grandi, le chef libéral Justin Trudeau a eu droit au tapis rouge. Voici six éléments que chaque membre du SEFPO devrait savoir au sujet de cette élection :

1. La défaite de Stephen Harper est une très bonne nouvelle

Par où commencer? Ardent défenseur du libre-échange, Stephen Harper voulait être premier ministre parce qu'il n'aimait pas l'État. Harper s'est évertué à réduire les revenus du gouvernement. Il a réduit l'impôt des sociétés. Il a réduit l'impôt sur le revenu. Il réduit la TPS de deux points de pourcentage. Ces trois réductions ont amputé les recettes fédérales de 55 milliards de dollars par année. Il s'agit de 55 milliards de dollars en moins cette année pour financer le système public de soins de santé, l'éducation post-secondaire, la sécurité alimentaire, ainsi que tous les autres services publics auxquels Harper s'est attaqués. Il était également radicalement opposé aux syndicats. Son sinistre projet de loi C-377 n'avait qu'un seul but : affaiblir les syndicats avec de la bureaucratie afin de les empêcher de représenter leurs membres. Et son projet de loi C-525 rend l’obtention de l'accréditation syndicale beaucoup plus difficile pour les travailleurs dans les secteurs de compétence fédérale.

2. Nous avons perdu d'excellents députés

Paul Dewar, ancien enseignant et militant syndical, avait été élu député fédéral d'Ottawa-Centre pour la première fois en 2006. Megan Leslie (Halifax), originaire de Kirkland Lake, occupait le poste de leader adjointe de l'opposition officielle à la suite de son extraordinaire travail sur la protection de l'environnement, l'assurance-médicaments, la pauvreté et de nombreuses autres questions. Peggy Nash (Parkdale-High Park) avait occupé plusieurs postes importants dans le monde syndical avant d'être la porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances à la Chambre des communes, à Ottawa. Ces députés de premier plan et les douzaines d'autres qui ont perdu leur siège laisse un grand vide.

3. Le nouveau gouvernement a des promesses à tenir

Notre nouveau premier ministre a fait quelques bonnes promesses durant la campagne électorale. Justin Trudeau a promis de :

  • lancer une enquête publique nationale sur le meurtre et la disparition des femmes et jeunes filles autochtones;

  • abroger les projets de loi C-377 et C-525;

  • améliorer le Régime de pensions du Canada; et

  • ramener l'âge d'admissibilité à la Sécurité de la vieillesse (SV) et au Supplément de revenu garanti (SRG) à 65 ans.

    Des bonnes promesses. À nous de veiller à ce qu'il les tienne.

4. Justin Trudeau est un ardent défenseur des partenariats public-privé

Durant la campagne électorale, Justin Trudeau a promis une importante hausse des dépenses fédérales pour financer des projets d'infrastructure publique comme le transport en commun, les routes, les écoles et ainsi de suite. Mais il n'a pas précisé comment cet argent serait dépensé. À l'instar de sa cousine libérale de l'Ontario, Kathleen Wynne, Trudeau est un ardent défenseur des partenariats public-privé (PPP) – un mode de financement dans lequel le gouvernement fait appel à des prestataires privés pour financer et gérer d'importants projets d'infrastructure publique. Selon la vérificatrice générale de l'Ontario, les PPP coûtent beaucoup – vraiment beaucoup – plus cher que les méthodes traditionnelles du secteur public et appauvrissent nos services publics. Mais ce n'est pas un problème pour notre nouveau PM. « Justin Trudeau a fait savoir qu'il appuie sans réserve les partenariats public-privé », a souligné le Canadian Business Journal. (traduction libre)

5. Les Canadiens et les Canadiennes se soucient encore de la démocratie

La participation électorale dans cette élection a été la plus élevée depuis 20 ans. En tout, 68,5 % des électeurs se sont déplacés aux urnes. L'apathie était en baisse; la participation, en hausse.

6. La réforme électorale est vraiment à l'ordre du jour

Au cours de la campagne, Justin Trudeau a déclaré que, si les libéraux étaient élus, l’élection de 2015 serait la dernière élection fédérale organisée selon un scrutin majoritaire uninominal à un tour. Eh bien, ils ont été élus. Et par quel mode de scrutin veulent-ils remplacer le scrutin majoritaire uninominal à un tour? Les libéraux ont parlé de deux options : le « mode de scrutin préférentiel » et le « mode de scrutin proportionnel ». Avec un mode de scrutin préférentiel, les électeurs classent tous les candidats par ordre de préférence. Si aucun candidat ne remporte une majorité claire, le candidat en dernière place est éliminé et les seconds choix de ses partisans sont alors redistribués. Ce processus continue jusqu’à ce qu’émerge un candidat avec plus de 50 pour cent des voix. Avec le mode de scrutin proportionnel, les partis obtiennent un nombre de sièges proportionnel au total des suffrages qu'ils ont obtenu (le 19 octobre, les libéraux ont obtenu 54 % des sièges – soit la majorité des sièges au Parlement. Mais ayant obtenu moins de 40 % des suffrages, ils étaient loin de la majorité selon le mode de scrutin proportionnel). Il s'agit d'un changement majeur. Attendons-nous à un débat passionné!

Changer notre perception de la maladie mentale

Sandy Green, En solidarité

Je fais partie de ces personnes qui souffrent de dépression, d'anxiété et de trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDA/TDAH). Aux prises avec ces maladies depuis mon adolescence, je suis aujourd'hui âgée de 55 ans. Il y a quelques années, j'ai également souffert de trouble de stress post-traumatique. Je n'en savais rien jusqu'au jour où j'ai été incapable de me lever du lit. Je n'avais plus aucune énergie en moi. Je sais ce que ça fait de tomber dans un « grand trou noir » sans avoir la force d'en sortir.  C'est la première fois que je révèle mes problèmes de santé à d'autres personnes que ma famille et mes proches.

Est-ce que je suis à l'aise pour parler de ma maladie avec mon gestionnaire? Non! Est-ce que je suis à l'aise pour demander un accommodement en raison de ma maladie? Non! De plus, les accommodements dont j'ai besoin ne seraient pas approuvés. Je le sais parce qu'on les a refusés à d'autres personnes qui ont la même maladie. J'aurais besoin d'être assise à côté d'une fenêtre afin d'être exposée à la lumière directe du soleil (malheureusement, on ne peut pas utiliser une lampe de luminothérapie à proximité d'un ordinateur). J'aurais besoin de temps libre supplémentaire pour aller à des rendez-vous médicaux ou pour assister aux séances de la clinique spécialisée dans le traitement de l'anxiété à l'hôpital local.

Quand on a jamais souffert de dépression, il est difficile de comprendre cette maladie. Les préjugés envers les personnes atteintes de maladies mentales existent bel et bien et je me demande si on arrivera à les faire disparaître un jour. Aujourd'hui, je vais mieux. L'exercice physique, la luminothérapie à domicile, la psychothérapie, les médicaments et mon sens de l'humour ont tous contribué à mon mieux-être mental. Dans mon milieu de travail, la chose la plus importante pour ma santé mentale serait de pouvoir être assise à côté d'une fenêtre, mais je crains que mes collègues perçoivent cela comme du favoritisme. Ils ne comprendraient surement pas et verraient cela comme un traitement de faveur. Le traitement de ma maladie a été compliquée et j'aurais apprécié que mon employeur me soutienne et me traite de la même façon que les employés qui ont des maladies dites visibles.

Cela dit, les employeurs commencent à prendre au sérieux la maladie mentale. Les troubles anxieux et la dépression figurent parmi les maladies mentales les plus fréquentes dans les milieux de travail. Selon l'Association canadienne pour la santé mentale, une personne sur cinq souffrira d'une forme de maladie mentale à un moment de sa vie. Les employeurs se rendent compte que la santé et le bien-être psychologiques de leurs employés jouent un rôle vital dans leur réussite. Il est temps que les employeurs, les patrons, les travailleurs et les particuliers considèrent que la maladie mentale est une maladie chronique comme les autres, à l'instar du diabète, de l'arthrite, de l'hypertension ou des douleurs dorsales. Mes collègues s'absentent continuellement pour aller à leurs rendez-vous médicaux chez les chiropraticiens et les physiothérapeutes. Que dirait-on si je m'absentais pour aller à un rendez-vous chez mon psychiatre? J'entends déjà les commentaires : « Sandy la toquée s'en va chez son psy! ».

Les employeurs se focalisent sur la formation de leurs employés pour les sensibiliser aux questions de santé mentale. Des ateliers sont offerts aux employés et certaines organisations procurent même une formation sur la santé et le bien-être psychologiques aux membres du personnel d'encadrement, afin qu'ils puissent gérer efficacement les problèmes de santé mentale en milieu de travail.

Parler de la maladie mentale, communiquer avec le personnel et organiser des ateliers ne constituent qu'une première étape. Toutefois, je me demande s'il y a une suite. La réalité est qu'il existe encore des préjugés sur la maladie mentale. Ceux et celles qui sont atteints de problèmes de santé mentale sont encore perçus comme faibles, cinglés, malhonnêtes (des imposteurs qui parodient leur maladie), pathétiques, misérables, paresseux, et irresponsables. Ces préjugés découragent les personnes atteintes de demander de l’aide. C'était mon cas et je sais que d'autres personnes ressentent cette même honte ou gêne qui les empêche de parler de leur maladie. La plupart des personnes atteintes de maladies mentales se replient sur elles-mêmes et souffrent en silence.

J'espère voir le jour où les maladies mentales seront considérées de la même façon que les autres maladies, en particulier dans le milieu de travail. Les employeurs ont franchi une première étape, mais il leur reste encore du chemin à faire.

Une meilleure solution pour Wynne : les boutiques des brasseurs de l’Ontario

Craig Hadley, En solidarité

Malgré les scandales des centrales électriques au gaz, de Cybersanté et d'Ornge, les libéraux ont formé un gouvernement majoritaire à la suite des élections provinciales de 2014. En avril 2015, le gouvernement libéral de l'Ontario déposait un budget comprenant des mesures d'austérité dissimulées derrière la promesse de moderniser le marché de détail de l'alcool en Ontario.

Ils avaient pourtant fait campagne en promettant de garder la LCBO dans le giron public. Une promesse basée sur des demi-vérités et des zones grises. Leur plan consiste à vendre aux enchères des permis de vente d'alcool aux chaînes d'épiceries dans le but de faire encore plus de profits en augmentant les revenus du très lucratif système de vente au détail d'alcool provincial.

Un moyen facile de générer des recettes pour des libéraux à court d'argent et aux prises avec un déficit de 12,5 milliards de dollars. Ils promettent plus de commodité et plus de choix aux consommateurs et mettent en avant la « modernisation du marché de détail de l'alcool » et une « approche plus juste » pour venir en aide aux brasseries artisanales de l'Ontario. D'un point de vue réaliste, leur plan est déficient.

Pour les bières et les vins de l'Ontario, les retombées seront minimes même avec le pouvoir d'achat de la LCBO – le plus important acheteur d'alcool au monde. En vertu du régime actuel, les épiceries participantes doivent vendre 233 000 $ de bière pour compenser le coût du permis annuel de 7 000 $. Elles doivent également créer une section réservée à la vente de bière et assumer les dépenses logistiques.

Pour tous les autres produits, les frais supplémentaires sont normalement répercutés au consommateur, mais les épiceries ont l'obligation contractuelle d'offrir les mêmes prix que les magasins de la chaîne The Beer Store et de la LCBO. Une exigence qui favorise les grands magasins de détail au détriment des petits points de vente. On peut également garantir que les grandes chaînes de distribution exerceront des pressions sur le gouvernement pour faire baisser le coût du permis de vente et faire valoir la vente de la bière comme une passerelle pour vendre des spiritueux à l'avenir. Au fil du temps, le gouvernement réalisera de moins de moins de recettes avec la vente de bière dans les épiceries et finira éventuellement par céder les profits du marché de détail de l'alcool au secteur privé.

L'argument des libéraux qui disent vouloir aider les brasseries artisanales est également tiré par les cheveux. Les brasseries artisanales veulent un accès plus facile aux marchés et promouvoir leurs produits. Il est difficile d'atteindre ces objectifs lorsque d'autres acteurs tels que les épiceries sabrent dans les marges de profit qui sont déjà très maigres. On peut raisonnablement douter que les épiceries puissent aider les brasseries artisanales tant les règles du jeu favorisent les puissantes brasseries étrangères.

Voici la solution :

La province pourrait ouvrir des boutiques des brasseurs de l'Ontario qui seraient exploitées par la LCBO et qui ne proposeraient que des bières artisanales. Les magasins Beer Store pourraient continuer à vendre les bières des grandes marques nationales telles que Labatt et Molson.

La province serait propriétaire des boutiques des brasseurs de l'Ontario. Ces boutiques, qui travailleraient avec la LCBO, utiliseraient le laboratoire et le service d’assurance de la qualité et le système de logistique de la LCBO. Les droits d'inscription devraient être symboliques ou inexistants (actuellement une plainte importante des brasseries artisanales), afin que les micro-brasseries aient la capacité de concurrencer les grandes marques. Les micro-brasseries pourraient ainsi vendre leurs produits dans ces boutiques du gouvernement, qui appliqueraient aussi le programme sur le service responsable de la LCBO. Le personnel du service de la conception et de la construction des succursales de la LCBO, primé et expérimenté, pourrait créer des boutiques qui n'ont pas leur pareil.

En étant également des « centres écologiques », ces boutiques pourraient réduire le fardeau du recyclage des magasins Beer Store et permettre de faire des économies de 30 millions de dollars par année, que reçoit la chaîne Beer Store pour assurer ce service.

Ce projet permettrait de créer de bons emplois syndiqués et permanents à long terme, ainsi que des emplois dans le secteur de la construction et des métiers du bâtiment. La province et les brasseries artisanales profiteraient des bénéfices.

Le marché de détail de l'alcool n'a pas besoin de partager le gâteau avec un joueur de plus. Si l'objectif du gouvernement Wynne était de générer des revenus pour l'Ontario, choisir de les partager avec des chaînes d'épiceries n'est certainement pas le bon chemin. Gardons les bénéfices en Ontario. Si les libéraux ne veulent pas investir dans les boutiques des brasseurs de l'Ontario, ils devraient au moins ouvrir davantage de succursales de la LCBO et laisser le marché de détail de l'alcool dans les mains des professionnels.

Il y a des jours  … où tout va mal

Virginia Ridley, En solidarité

Avez-vous déjà eu une mauvaise journée? Pas seulement une mauvaise journée, mais une journée noire comme celle d'Alexandre dans le film : « Alexandre et sa journée épouvantablement terrible, horrible et affreuse ». Peut-être une journée comme j'en ai vécue une dernièrement. Quand j'y repense, je me demande si c'était vraiment une si mauvaise journée que ça. En réalité, tout dépend comment on voit les choses?

Le mieux est encore que je vous raconte cette journée afin que vous puissiez juger par vous-même. Tout a commencé sur l'autoroute, entre London et Toronto, alors que je me rendais au siège social du SEFPO afin de travailler sur ce numéro de En solidarité. J'avais assisté à plusieurs réunions, bouclé mes bagages et planifié les choses à la maison pour palier à toutes éventualités.  J'avais fait mes réservations à l'hôtel, mis de l'essence dans ma voiture et même vérifié la pression des pneus.

Tous mes préparatifs s'étaient donc déroulés sans anicroche. J'avais passé Woodstock, Kitchener et Mississauga; la fin du trajet était en vue. C'est pourtant là que tout a commencé par tourner mal. Je me suis retrouvée dans un énorme embouteillage, pare-chocs contre pare-chocs. Quoi de plus normal, me direz-vous, à Toronto! Il y a seulement quelques années, le trajet ne durait que deux heures; de nos jours, il faut compter au moins trois heures. Je m'y attendais. J'avais pris un livre audio pour profiter du temps perdu. Inutile de préciser que je faisais du sur place sur la voie la plus à gauche. J’espère toujours gagner du temps en roulant sur la voie de gauche, puisque les autres voies doivent absorber tous les autres véhicules venant des voies convergentes.

En regardant dans mon rétroviseur (comme je le fais toutes les trente secondes comme Brad, mon ancien moniteur d'auto-école, me l'a enseigné), j'ai vu une voiture qui arrivait à vive allure dans mon rétroviseur gauche. Puis, sans que j'aie eu le temps de comprendre ce qui m'arrivait, j'ai été propulsée vers l'avant. Une voiture venait de me percuter à l'arrière. Après avoir repris mes esprits et constaté que j'étais indemne, j'ai été voir si l'autre conducteur n'était pas blessé. Fort heureusement, nous étions tous les deux sains et saufs. Nos véhicules étaient endommagés, mais en état de marche, même si une bonne partie du pare-choc et des feux arrières sont restés sur la 401. Après avoir échangé nos renseignements, nous avons tous les deux repris la route comme si de rien n'était. Enfin, presque, car à la vérité, cet accident de la circulation venait de gâcher le début de ma journée, même si ce n'était qu'un banal accident matériel qui ne devait pas ruiner toute ma journée.

Il ne tenait qu'à moi de faire en sorte que cette journée ne tourne pas au cauchemar. J'avais été secouée, j'avais été ébranlée, mais plus important, j'étais saine et sauve.

Mais mon histoire ne s'arrête pas là. En arrivant à l'hôtel, je suis entrée dans l'ascenseur. La porte s'est fermée, l'ascenseur a commencé à monter, puis après une secousse brusque et soudaine, il s'est arrêté et je me suis retrouvée dans l'obscurité totale. Vous avez compris. L'ascenseur était panne. C'est la vie, me suis-je dite! Après quelques secondes et une profonde respiration, j'ai appuyé sur un bouton rouge qui ressemblait à un bouton d'alarme. Pour la première fois de ma vie, j'appuyais sur un bouton d'alarme pour demander du secours et il ne se passait rien. J’étais prisonnière d’une sombre cellule d'acier; je commençais à sentir l'angoisse et la panique m'envahir.  Impossible de voir, dans cette obscurité opaque, s'il y avait un téléphone ou un interphone pour appeler au secours. Alors que je fouillais nerveusement au fond de mon sac à la recherche de mon téléphone cellulaire, la porte de l'ascenseur s'est enfin ouverte. Je suis sortie à toute vitesse en me disant que ce n'était vraiment pas ma journée.

Alors que je montais l’escalier, j'ai remarqué que l'hôtel était plongé dans un calme impressionnant et dans une obscurité envahissante. Au moins je savais pourquoi l'ascenseur était tombé en panne : une panne d'électricité. J'ai enfin réussi à atteindre la réception. Malgré les circonstances, le personnel de la réception était calme et serviable, contrairement aux autres membres du personnel qui se démenaient pour trouver la cause de la panne d'électricité. Grâce à un ordinateur branché sur le système d'urgence, la réceptionniste a été en mesure de remplir ma fiche et de me donner une chambre.

En entrant dans la chambre, ayant déjà oublié la panne d'électricité, j'ai essayé d'allumer la lumière à deux reprises. Pas d'électricité, pas de lumière. L'électricité n'est revenue que deux heures plus tard. J'ai passé tout ce temps, comme la plupart des autres clients, à patienter à la lueur obscure des lumières d'urgence du hall d'entrée. J'ai publié les aventures de ma « mauvaise journée » sur les médias sociaux avec des émoticônes humoristiques à la grande surprise de nombre de mes proches et amis, qui m'ont répondu et soutenu avec leurs commentaires.

En réalité, cette « mauvaise journée » n'était qu'une journée comme les autres. Elle ne s'était pas passée comme je voulais, mais ce n'était, en réalité, qu'une journée pleine de péripéties. J'étais en vie et en bonne santé. J'avais également une nouvelle histoire à raconter et à partager.

Lors de ces « mauvaises journées » qui nous arrivent à tous, ce ne sont pas les désagréments qui nous causent le plus de stress, mais c’est plutôt notre manière de réagir et de voir les choses.  Je me dis que j'ai réagi avec calme et que j'ai été capable de voir le bon côté des choses.

Rencontrer l'équipe d'En solidarité

La Fin de semaine des rédacteurs 2015 est passée. Cet événement biennal a rassemblé 75 membres de toutes les régions du SEFPO qui ont participé à divers ateliers, tels que la conception de sites Web, la photographie, la vidéographie, MailChimp, Coming in New, l'infographie, les blogues et plus encore.

Le dimanche matin, des élections ont eu lieu pour élire les membres du Comité de la rédaction du bulletin d'information, En solidarité, (2015 – 2017). Huit membres ont brigué les suffrages pour combler cinq postes au Comité de la rédaction. Les nouveaux membres élus du comité sont :

Virginia Ridley, section locale 116
Lisa Bicum, section locale 125
Craig Hadley, section locale 5109
Verne Saari, section locale 659
Katie Sample, section locale 499

Les membres du comité ont ensuite voté et élu Virginia Ridley en tant qu’éditrice du Comité de la rédaction pour la saison 2015 – 2017. Toutes nos félicitations à tous les membres élus du Comité de la rédaction.

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