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L'Équipe de mobilisation autochtone lance la Campagne de la « rafle des années 60 »

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Toronto – Cette semaine, l'équipe de mobilisation autochtone (ÉMA) du SEFPO a réuni des survivants de la rafle des années 60, des travailleuses des Sociétés d'aide à l'enfance (SAE), ainsi que des membres du National Indigenous Survivors of Child Welfare Network à l’occasion du lancement de la campagne « Justice pour les survivants de la rafle des années 60 ».

La rafle des années 60 est une politique gouvernementale canadienne en vigueur entre 1965 et 1984 et responsable de l'enlèvement de plus de 16 000 enfants autochtones de leur famille pour les faire adopter par des familles d’accueil ou adoptives non autochtones et majoritairement blanches. 

Les responsables du gouvernement prétendaient que les parents étaient inaptes à élever leurs enfants, sans rarement procurer des preuves, ni demander ni obtenir le consentement des parents ou de la famille élargie.

« S'ils avaient au moins envisagé de confier la garde de ces enfants à des membres de la famille élargie, ces enfants auraient grandi en connaissant leur identité, leur origine et ils n'auraient pas perdu leur culture », a déclaré Crystal Sinclair, membre de l'ÉMA. « Mais ils n'ont même pas fait ça. C'est la raison pour laquelle je pense qu’il s’agissait bien d'une tentative délibérée de commettre un génocide culturel. »

Tous les enfants victimes de la rafle des années 60 ont perdu leur culture, leurs traditions, leur langue, leur sentiment d'appartenance culturelle et l’amour parental; beaucoup ont été victimes d’un racisme affiché, ainsi que d'abus psychologique, physique ou sexuel.

Le gouvernement du Canada continue de nier toute responsabilité pour les abus ou les préjudices subis par les enfants et les familles victimes de la rafle des années 60. 

« La justice n’a que trop tardé pour les survivants de la rafle des années 60.  Afin qu’une telle chose ne se reproduise plus jamais, le SEFPO réunit des survivants et des travailleuses de première ligne des SAE pour les informer et élaborer des politiques », a expliqué Darlene Kaboni, membre de l’ÉMA et coordonnatrice de la campagne.

Le National Indigenous Survivors of Child Welfare Network est un groupe d’Autochtones de la région qui ont ressenti le besoin de créer un réseau afin de rassembler les survivants qui avaient été adoptés ou placés dans une famille en vertu de la politique d’enlèvement de la rafle des années 60.

Depuis 2013, leur Réseau a pris plusieurs initiatives notamment pour mettre l'accent sur les questions liées aux réformes, passées et actuelles, de la protection sociale des enfants autochtones.  

Colleen Hele-Cardinal, membre fondatrice et survivante-adoptée, s'inquiète du fait que « les survivants de la rafle des années 60 soient totalement exclus des conversations qui ont lieu dans le cadre du processus de réconciliation et de guérison des traumatismes infligés aux familles autochtones jusqu’à aujourd’hui. » 

Elle affirme que ce sont les politiques coloniales en matière de protection de l'enfance qui ont contribué à l’augmentation importante du nombre d'enfants autochtones dans le système de protection de l'enfance – une crise à laquelle le Canada doit maintenant faire face. 

Le fait qu’il y ait aujourd'hui des milliers d’enfants des Premières Nations, des Métis et des Inuits qui se retrouvent dans des familles d’accueil est la conséquence de l'horreur des pensionnats et de la politique d'assimilation de cette époque qui consistait à faire « sortir l'Indien de son état primitif ». 

« On sait aujourd’hui que l'État nous a délibérément retirés de nos familles et territoires pour nous assimiler et nous priver de notre terre, de nos traditions culturelles et de notre langue comme l’indique le rapport final de la Commission de vérité et réconciliation », a ajouté Colleen Hele-Cardinal.

Un recours collectif déposé en 2009 par Marcia Brown Martel, de la Première Nation de Beaverhouse, le premier de ce type au Canada, a finalement été entendu en 2016, après sept années de retard en raison de la position du gouvernement fédéral. Le gouvernement a fait tous les appels possibles pour bloquer ce recours en contestant l'admissibilité du recours collectif à deux reprises.

 La poursuite Brown c. Canada en est maintenant à sa huitième année d'action en justice. Il s’agit de la première affaire de ce type dans le monde occidental et elle pourrait créer un précédent.

Renseignements : Colleen Hele-Cardinal et Darlene Kaboni
http://indigenousadoptee.com/  705-618-0024