SEFPO En Solidarite

enSolidarité, été/automne 2017

In Solidarity Cover: Dr. Elaine Bernard
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Politique éditoriale

Le contenu et les rubriques de ce bulletin sont déterminés par le comité de la rédaction. Nous tenons à ce que les membres voient enSolidarité comme leur bulletin d’information – un bulletin totalement indépendant de toute autre structure du syndicat.  Les articles sont rédigés par nos activistes, employés et d'autres personnes du mouvement syndical.

PDF iconCliquez ici pour télécharger inSolidarity, Été/Automne 2017 (en anglais)

Les opinions exprimées n'engagent que son auteur et ne reflètent pas nécessairement l'opinion du SEFPO. Nous acceptons avec plaisir tous les commentaires, mais nous demandons qu'ils soient constructifs. L'article doit être signé par le membre et inclure le numéro de sa section locale et devrait contribuer de manière positive au développement du syndicat.

Bien que nous encouragions un débat constructif sur toutes les questions connexes, nous nous réservons le droit de modifier les propos diffamatoires, la longueur, la clarté des articles et de répondre à ceux qui refléteraient une mauvaise compréhension du syndicat et de ses politiques.

Membres élus du Comité de la rédaction d'enSolidarité :
Craig Hadley, éditorialiste, section locale 5109
Scott McAllister, éditorialiste adjoint, section locale 250
Glen Archer, section locale 719
Maria Bauer, section locale 376
Katie Sample, section locale 499

Ex membre d'office :
Tara Maszczakiewicz – Liaison du Conseil exécutif
Timothy Humphries – Communications du SEFPO

Ont contribué à ce numéro :
Howard A. Doughty, section locale 560
Joe Grogan, membre retraité, Région 5
Mike Lundy, section locale 737
Shantelle Marcoux, section locale 586

Veuillez envoyer votre courrier à : enSolidarité, à l'attention de l’éditorialiste
SEFPO, 100, chemin Lesmill
Toronto (Ontario)  M3B 3P8.

Une entrevue avec la professeure Elaine Bernard

Tara Maszczakiewicz, membre du Conseil exécutif du SEFPO, Région 6

Depuis 19 ans, le Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public (SNEGSP) organise chaque année une formation de perfectionnement en leadership. Depuis le lancement de cette formation, la professeure Elaine Bernard enseigne les cours sur le leadership, l’organisation et la planification stratégique pour les syndicats.

Native d'Ottawa, madame Bernard a pris récemment sa retraite de l’Université Harvard où elle a été la directrice générale du Programme des relations de travail de la Faculté de droit d’Harvard pendant 27 ans. Une partie de cette formation de perfectionnement en leadership comprend le programme syndical annuel de Harvard – un stage sur le leadership syndical de six semaines.

Fondé en 1942, c'est le plus ancien et, sans aucun doute, le plus prestigieux stage sur le leadership syndical en Amérique du Nord. Le SEFPO envoie régulièrement ses nouveaux membres du Conseil exécutif suivre la formation de perfectionnement en leadership offerte par le SNEGSP. En tant que nouvelle membre du Conseil exécutif de la Région 6, j'ai eu la chance d'assister aux cours enseignés par la professeure Elaine Bernard au SNEGSP et de la rencontrer pour une entrevue à la fin de la formation.

Tara Maszczakiewicz (TM) : Êtes-vous critiquée pour avoir recours à des modèles de gestion dans le cadre de vos cours sur le mouvement syndical?

Elaine Bernard (EB) : Les modèles de gestion ne constituent qu’une infime partie de mes cours, car j’enseigne essentiellement les bonnes pratiques d’organisation. On a tendance à croire que les syndicats ne peuvent pas apprendre de l'expérience d’autres organisations, mais c’est faux. Les organisations qui réussissent sont celles qui sont capables d’apprendre des autres. Les pratiques que j’enseigne ont été adoptées par des syndicats qui connaissent un véritable succès. Je pense, par exemple, qu'il est important de faire une planification stratégique, pas pour des raisons militaires ou d’affaires, mais pour se donner les moyens d’agir, plutôt que d’avoir à réagir. Un syndicat qui se contente de réagir est en situation d’échec. Nos membres méritent un leadership qui définit, qui fixe l'orientation à suivre et qui est capable d’agir.

TM : Vous avez une longue expérience du mouvement syndical que vous connaissez sur le bout des doigts. Y a-t-il encore des choses qui vous surprennent?

EB : Chaque jour, chaque jour. Ce qui me surprend toujours, ce sont les différents parcours que les gens suivent pour se rendre au même endroit. Les gens veulent souvent qu’on leur dise quoi faire, mais personne ne peut prendre cette décision à leur place. La décision leur appartient.

Ce qui est intéressant, par exemple, c’est que la plupart des travailleurs adhèrent à un syndicat pour des raisons de dignité. Mais quand nous essayons de persuader des travailleurs de se joindre à un syndicat, nous insistons souvent sur les salaires et les avantages sociaux. Leurs raisons sont souvent très différentes de celles que nous mettons en avant. Je suis toujours surprise quand je découvre le véritable parcours des travailleurs et les raisons qui les ont poussés à se joindre à un syndicat.

TM : Quels sont les effets du mouvement du « droit au travail » aux États-Unis et quelles sont, d’après vous, les répercussions sur le mouvement syndical canadien?

EB : Tout d'abord, le « droit au travail » est une loi qui oblige un syndicat à représenter tous les travailleurs d’une unité de négociation et qui lui interdit de forcer les travailleurs qu’il représente à payer une cotisation pour les services et les droits qu’il leur procure. C’est vraiment injuste.

Le problème, c'est d’avoir recours à un langage populaire qui détourne le véritable sens du « droit au travail » afin de s’en servir à des fins contraires : réduire les droits à la protection. On est parfois trompé par l’usage d’un langage très populaire à des fins détournées. Par exemple, lorsque j'étais jeune, il y avait un mouvement sur le « droit au travail » en Europe, mais il s’agissait du droit d'avoir un emploi! Rien à voir avec le droit d'éviter de payer des cotisations syndicales et de saper les syndicats.

Mais les mouvements de droite se sont appropriés ce langage, qui a aujourd’hui une signification contraire. Nous revenons dans le monde de 1984 quand Trump déclare : « Rendons sa grandeur à l'Amérique », car ce qu’il veut vraiment c'est : « Rendons l'Amérique aux privilégiés, retournons à l’Amérique raciste des années 50, avec Jim Crowe et quand les femmes étaient considérées comme des citoyennes de deuxième classe. »

TM : Parce que vous êtes une expatriée vivant aux États-Unis, je dois vous demander votre opinion sur Trump et sur l'avenir des organisations syndicales aux États-Unis.

EB : Eh bien, je pense sincèrement que l’élection de Trump est regrettable pour les États-Unis et pour le monde. Mais je fais partie de ces gens qui voient le verre à moitié plein, plutôt qu’à moitié vide. Je vois de plus en plus de jeunes gens qui s’impliquent parce qu’ils sont inquiets pour la démocratie et le monde dans lequel ils vivent. J’ai espoir parce que les jeunes n’hésitent plus à s'engager en politique. Le mouvement syndical va devoir relever le défi et tirer parti de cet élan et de ce désir de redonner sa grandeur à la démocratie et de rebâtir une société plus juste et plus compatissante. Ces contre-manifestations sont vraiment porteuses d’espoir.

TM : Selon vous, quelles sont les qualités d’un bon leader?

EB : Un bon leader est une personne capable de faire face aux défis de taille. Un bon leader assume d'abord sa responsabilité. On ne le conçoit pas souvent de cette façon, mais il s’agit d’endosser sa responsabilité afin d’habiliter d'autres personnes à s’en sortir face à l'incertitude. Le leadership ne consiste jamais à dire « suivez-moi ». C’est une action collective. C'est prendre la responsabilité d'aller au front – pas pour se mettre de l’avant, mais pour avancer ensemble afin de permettre à d'autres d'atteindre le but fixé.

De nouveaux dirigeants vont émerger et remplacer ceux qui se sentiront dépassés par un monde dans lequel ils ne se reconnaissent plus. Puis d'autres personnes vont se soulever pour demander du changement. D’un bout à l’autre des États-Unis et du Canada, il y a une nouvelle génération entière de jeunes gens qui s’impliquent, qu'ils viennent des populations autochtones, du mouvement des femmes ou du mouvement ouvrier.

Les emplois que les gens trouvent après leurs études ne sont pas les mêmes emplois que j’ai occupés après l’école. J'ai occupé de nombreux emplois, mais j'ai finalement décroché un « vrai » travail. Par vrai travail, je veux dire un emploi à temps plein, avec un salaire, des avantages sociaux, des vacances, etc. Mais les vrais emplois se font de plus en plus rares. De nos jours, la grande majorité des gens occupent des emplois précaires et à durée limitée, sans avantages sociaux ou avec des avantages limités.

Pour le mouvement syndical, c'est un défi majeur à relever. Comment pouvons-nous, en tant que mouvement, créer des organisations et des structures qui procurent aux nouveaux travailleurs les mêmes avantages dont ont bénéficié autrefois les gens comme moi, qui sont aujourd’hui proches de la retraite? Les générations qui nous suivent n’ont pas accès aux mêmes bons emplois.

Une des choses principales que les syndicats ont toujours fait, c'est de contribuer à restructurer le marché du travail en améliorant par la négociation collective et par l'action politique les emplois en bas de l’échelle. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les emplois de l’industrie de l’automobile n'étaient pas de bons emplois. Mais à compter des années 60, 70, et 80, ils étaient devenus de bons emplois que les gens voulaient vraiment décrocher.

Nous devons commencer par examiner les emplois qu’occupent les jeunes et réfléchir au syndicat qui leur convient, à la manière de leur procurer les ressources, et nous devrons nous adapter afin de modifier l’ensemble des services. Et il doit s’agir d’une action tant politique que collective. Dans le passé, les syndicats obtenaient d’abord des améliorations pour leurs membres, puis ils se mobilisaient pour faire en sorte qu’elles s’appliquent, par la législation, à tous les autres travailleurs.

Les travailleurs syndiqués ont souvent eu accès à des assurances collectives avant d'avoir droit à l'assurance-maladie. Il suffit de penser aux programmes universels de garde d'enfants et de logement social. Il y a beaucoup de domaines dans lesquels nous pouvons agir.

TM : Vous ne semblez pas du tout prête à lever le pied. Quels sont vos projets pour la retraite?

EB : Je vais prendre la retraite dans le sens où je vais toucher ma pension. J'aime dire que je prends la retraite de mon emploi, mais pas du mouvement. Aujourd'hui, en étant à la retraite, j’ai plus de liberté pour m’impliquer au sein du mouvement.

En tant que baby-boomer, je pense qu'il est important de ne pas voir la retraite comme un départ du mouvement, mais plutôt comme un moyen de libérer un emploi pour quelqu'un d'autre qui obtiendra un bon salaire avec des avantages, etc. C’est également l’occasion de se consacrer pleinement au mouvement. Je n'ai plus besoin de recevoir un salaire, puisque je touche ma pension. Mon hobby c’est de travailler avec des organisations qui défendent l'équité, la justice et l'environnement, et j’ai désormais beaucoup plus de temps pour m’y consacrer.

Elaine a conclu l’entrevue en disant qu'elle espère être invitée à enseigner la formation de perfectionnement en leadership au SNEGSP l'année prochaine. Pour le plus grand plaisir des prochains stagiaires, je le souhaite également.

Le jour qui a secoué les États-Unis

Craig Hadley, enSolidarité

Les 11 et 12 août dernier, le monde regardait avec horreur plusieurs centaines de nationalistes blancs manifester pour l’« unité de la droite » dans la ville de Charlottesville, en Virginie. Parmi eux, il y avait des membres de plusieurs groupes, notamment des suprémacistes blancs, des nationalistes blancs, des néo-confédérés, des néonazis et des membres de diverses milices. Ces groupes de la droite alternative ont défilé en scandant des slogans racistes et antisémites, répandant leur haine dans la petite et, d’ordinaire paisible, ville de charlottesville.

À la suite d’altercations et d’affrontements avec des contre-manifestants, la police est intervenue pour disperser la foule et tenter de maintenir l'ordre. La manifestation a pris un tournant tragique lorsqu'un sympathisant nazi a lancé sa voiture sur la foule des contre-manifestants, tuant une personne et en blessant 19 autres.

Les affrontements de Charlottesville ont envoyé des ondes de choc à travers le monde, à un moment où on craint une résurgence du nationalisme blanc aux USA, au Canada et en Europe. À la grande stupeur de l'opinion publique, le président Donald Trump a déclaré que ces groupes haineux avaient l’autorisation légale de se rassembler et le droit à la liberté d’expression.

On se pose donc la question de savoir s’il y a une différence entre la liberté d'expression au Canada et la liberté d'expression aux États-Unis? Aux États-Unis, l’article premier de la Constitution américaine accorde une place fondamentale à la liberté d'expression. Au nom de la liberté d’expression, les critiques du gouvernement et la défense des idéologies, les plus progressistes comme les plus pernicieuses, sont presque toujours permises. La seule véritable restriction concerne les discours jugés obscènes (comme dans le cas de la pédopornographie), des discours frauduleux ou de l’incitation à l'anarchie.

Pour déterminer légalement si un discours est obscène, ils ont recours au « test de Miller » – un modèle juridique fondé sur trois étapes. L’un des problèmes du test de Miller est qu'il se fonde en partie sur des valeurs et des normes communautaires. Ceci crée un paradoxe en matière de liberté d'expression, car si suffisamment de gens approuvent les idées des nationalistes blancs, leur discours n’est pas considéré comme obscène et peut se propager, comme cela s'est produit en Allemagne, conduisant à l’arrivée d'Hitler au pouvoir.

Au Canada, nos lois imposent certaines restrictions à la liberté d’expression. La liberté d’expression est protégée par la Charte canadienne des droits et libertés tant qu'elle peut se justifier dans une société libre et démocratique. Les limites tiennent compte des formes d'expression et cherchent à établir un équilibre entre les libertés fondamentales de tous les Canadiens. C'est la raison pour laquelle les lois anti-haine du Canada ont pour objet de restreindre la publication de messages dont le but est d’inciter à la haine envers les personnes en raison de leur race, ethnie, genre, sexe, religion. Non seulement les infractions relatives à l'incitation à la haine sont prévues par le Code criminel, mais elles sont également enchâssées dans la législation sur les droits de la personne, et dans d'autres lois fédérales, provinciales et territoriales.

Le Canada est donc mieux armé que les États-Unis pour lutter contre les rassemblements nationalistes blancs, puisque l’article premier de la Constitution américaine laisse très peu de marge de manœuvre pour les empêcher de se produire – du moins jusqu'à ce que l’on détermine que le rassemblement a pour but d'inciter à l'anarchie. Et c'est exactement ce qui s’est produit en Virginie.

Au Canada, plusieurs groupes de suprémacistes blancs font pression pour obtenir l’abrogation des lois anti-haine afin de pouvoir exercer ce qu’ils considèrent comme leur droit, garanti par la Constitution, à la liberté de parole. Ne nous laissons pas bercer d’illusions parce que nous disposons de lois anti-haine. À titre d’activistes, nous devons continuer à combattre les forces du mal par tous les moyens possibles pour les neutraliser.

Si vous êtes un pacifiste, combattez-les en ayant recours à tous les outils juridiques à votre disposition, au palier municipal, provincial et fédéral. Faites circuler leurs images sur les médias sociaux pour montrer au monde que ces fanatiques existent bel et bien. Quand ils seront rejetés par leur communauté d'origine, mis à la porte par leur patron et reniés par leurs parents, ils comprendront que leurs actes et comportements abominables sont lourds de conséquences.

Si vous êtes un activiste dans l’âme, joignez-vous à des contre-manifestions pour les dénoncer sur la place publique.

Plus de 60 millions de personnes sont mortes durant la Seconde Guerre mondiale. En leur souvenir, éteignons les braises de l'intolérance avant que les flammes de la haine ne brûlent à nouveau le monde.

Lecture syndicale : Weapons of Math Destruction

Howard A. Doughty, section locale 560

Weapons of Math Destruction: How Big Data Increases Inequality and Threatens Democracy, de Cathy O’Neil

Contrairement à ce que l’on croit souvent, ce n'est pas Mark Twain, mais le premier ministre britannique Benjamin Disraeli qui a un jour déclaré : « Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques. » Quelle que soit son origine, cette première critique de la manière de gouverner par les nombres n'est rien comparée à celle du succès de librairie de Cathy O'Neil.

Nous vivons aujourd’hui dans un monde où chaque recherche en ligne, courriel, message-texte, gazouillis, achat en ligne, rendez-vous médical et emprunt à la bibliothèque du coin est suivi, analysé et archivé à des fins d’utilisation ultérieure. Il vaut mieux ne pas être paranoïaque quand on sait qui a accès à nos données et à quoi elles vont servir.

En dépit des efforts des entreprises, des gouvernements et des médias sociaux qui tentent de nous rassurer sur l’efficacité des mesures en place pour protéger notre vie privée, nos informations sont vulnérables et certains fragments de notre identité sont vendus à des gens qui souhaitent nous vendre des biens, influencer notre opinion ou simplement savoir ce qu’une certaine partie de la population pense, fait et dit. Nos données sont passées au crible et analysées par une multitude d’algorithmes qui nous suivent à la trace – individuellement et collectivement – un phénomène qui reviendra nous hanter plus tard.

Dans son livre, Cathy O'Neil s’en inquiète et elle est bien placée pour nous expliquer les raisons. Titulaire d’un doctorat en mathématiques de l'Université Harvard, elle a acquis de surcroît une expérience pratique en tant qu’analyste quantitative à Wall Street. Elle a été analyste quantitative pour un fonds de placement et elle connaît parfaitement la sociologie de la quantification, en théorie et en pratique.

Elle a vécu de l’intérieur la crise financière et des prêts immobiliers en 2008. Ayant honte de ce qu’elle faisait, elle a quitté le monde des finances pour s’impliquer dans le mouvement des Indignés.

Elle tient désormais un blogue (mathbabe.org) qui met en lumière les côtés sombres des secteurs de l’investissement, de l'assurance et des affaires – et procure même des conseils pour voyager, manger léger et perdre de poids). Elle a lancé sa firme de vérification algorithmique – pas pour mettre fin à l'utilisation des modèles mathématiques, qui influencent tout, des évaluations de crédit jusqu’aux décisions de libération conditionnelle, mais pour s’assurer que leur utilisation soit juste et transparente.

Cathy O'Neil espère toujours que les mathématiques seront utilisés à bon escient à l’avenir, mais elle souligne les aspects insidieux des mathématiques de destruction massive (weapons of math destruction) – notamment lorsque des banques de données sont utilisées pour soutenir des annonceurs sans scrupules, renforcer des politiques d'embauche discriminatoires, manipuler les évaluations du rendement des employés et falsifier des élections démocratiques.

Le livre de Cathy O’Neil, Weapons of Math Destruction, n’est pas qu’un avertissement utopiste et futuriste. Les mathématiques de destruction massive font bel et bien partie de notre monde. Et nous sommes tous concernés. La plupart d'entre nous sont déjà les victimes non consentantes et certains d'entre nous collaborent involontairement en contribuant à la collecte et au stockage de données qui affecteront (probablement plus tôt que tard) la vie des gens, sans qu’ils le sachent et sans qu’ils y aient consenti.

Certains pourraient penser qu’il n'y a pas de raison de s'inquiéter puisqu’ils ne font rien de mal. À moins qu’ils ne se méfient déjà en raison de leur propre expérience avec l’analyse des banques de données, ils pourraient présumer que les décideurs sont dignes de confiance – tant d’un point de vue moral pour distinguer le bien du mal que d’un point de vue pratique pour effectuer leur travail avec compétence. Cathy O'Neil nous donne de bonnes raisons et preuves de nous méfier et de bons conseils à suivre.

Conférence provinciale des jeunes travailleurs 2017

Katie Sample, enSolidarité

À la mi-août, nos jeunes travailleurs étaient à nouveau réunis pour apprendre et partager des idées à l’occasion de la Conférence provinciale des jeunes travailleurs qui était organisée par le Comité provincial des jeunes travailleurs (CPJT).

Le thème de cette année, « Négocier pour l’avenir », était un sujet d’actualité puisque le marché du travail a encore été marqué par l’érosion des conditions emplois – érosion de la sécurité d’emploi, des pensions et de nombreuses autres protections en milieu de travail qui peuvent, et devraient, être examinées et discutées durant les négociations contractuelles.

La conférence comprenait des ateliers sur le cycle de négociation, les retraites, l'application de la convention collective, les revendications syndicales et la solidarité internationale. Les participants ont également eu le privilège d'entendre Mike Palecek, président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), qui a prononcé le discours-programme.

J'ai rencontré Andrew Welsh, qui est délégué syndical à la section locale 499, pour discuter de sa première participation à la Conférence des jeunes travailleurs.

Katie : Il s’agissait de ta première participation à la Conférence des jeunes travailleurs. Qu’est-ce que tu as pensé de la conférence par rapport aux autres événements du SEFPO auxquels tu as déjà participé?

Andrew : C'est de loin l’activité syndicale la plus intéressante à laquelle j'ai assisté. Les ateliers, qui étaient très intéressants, m’ont permis de comprendre l’importance du délégué syndical et de la santé et de la sécurité au travail. C’était vraiment super de pouvoir réseauter et rencontrer d'autres jeunes travailleurs venant de milieux qui ne m’étaient pas familiers, tels que les services correctionnels. Et j’ai pris conscience que d'autres jeunes travailleurs, dans des milieux de travail différents du mien, sont souvent confrontés aux mêmes problèmes que moi.

Katie : As-tu trouvé le thème pertinent avec les défis auxquels tu es confronté en tant que jeune travailleur aujourd'hui?

Andrew : Le conférencier principal était vraiment enthousiasmant. Il est le plus jeune président national de l'histoire du STTP. Il a souligné l'importance des négociations pour l'avenir, y compris l’ajout de dispositions respectueuses de l'environnement dans les conventions collectives. Je n'avais jamais pensé que l’on pouvait discuter de tels sujets dans les négociations. Il s’agit véritablement de négocier pour l’avenir – pas seulement le leur ou le nôtre, mais pour l'avenir de la planète.

Notre discussion a ensuite porté sur les parties de la conférence qui lui ont paru les plus utiles, sur ce qu'il a appris et pourra appliquer dans son lieu de travail, sa section locale et sa vie personnelle.

La conférence lui a donné l’envie de s’impliquer davantage dans son milieu de travail, sa section locale et sa communauté et de chercher de nouvelles façons d’être utile. Il a ajouté que l'un des plus importants enseignements de la conférence est que « l'amélioration du travail est une tâche de tous les instants, qui va bien au-delà des rondes de négociations. »

« Il est maintenant temps de voir comment les gains et les pertes de notre convention collective nous affectent », a ajouté Andrew. « Ce que nous devrions essayer d'acquérir et de protéger pour notre prochaine convention collective tout en veillant à faire appliquer maintenant les dispositions importantes des contrats en vigueur. »

Vous trouverez plus d'informations sur le Comité provincial des jeunes travailleurs et leurs activités en visitant le compte Facebook du Comité provincial des jeunes travailleurs du SEFPO et le site Web du SEFPO à sefpo.org.

Faites prévaloir vos droits en matière de santé et de sécurité!

Joe Grogan, retraité, Région 5 du SEFPO

Tous les employeurs des secteurs public et privé ont recours à diverses méthodes et procédures pour instaurer un environnement de travail contrôlé. Ils le font pour optimiser la production et réduire leurs coûts.

Dès le début des années 1980, les employeurs ont intensifié les contrôles pour compenser les avancées dans les milieux de travail et dans la société en général. En Amérique du Nord, l'industrie automobile a été la première à appliquer des méthodes en vogue au Japon, connues sous le nom de « kaizening » : faire plus avec moins.

Dans cet article, j’encourage les travailleurs à résister à ces abus de pouvoir qui, à mon avis, ne sont qu’une forme de violence de plus qui cause un stress psychologique et physique aux travailleurs et à leurs familles.

En Ontario, la Loi sur la santé et la sécurité au travail accorde aux travailleurs trois droits importants : le droit de savoir, le droit de participer et le droit de refuser. C’est notre responsabilité de signaler les dangers afin de nous protéger, et de protéger nos collègues, au travail. (Vous pouvez consulter le texte de Loi sur la santé et la sécurité au travail en ligne)

Le droit de savoir

La Loi sur la santé et la sécurité au travail nous confère de nombreux droits dans nos milieux de travail. Afin de bien comprendre l’intention de la loi, lisez les différentes parties dans leur intégralité – ne vous contentez pas de lire seulement les grandes lignes en diagonale.  Lisez notamment les parties qui traitent de la violence et du harcèlement au travail. Les nombreux systèmes de contrôle, qui sont mis en place par les employeurs, créent un environnement hostile, de sorte que les travailleurs sont victimes de stress et de nombreux problèmes qui se répercutent sur leur santé en général.

Le droit de participer

Il s’agit du droit d'être représenté par un autre travailleur quand on estime avoir des préoccupations dans son milieu de travail. Les travailleurs ont également le droit d'être représentés aux comités mixtes sur la santé et la sécurité au travail auxquels au moins la moitié des membres doivent être des travailleurs qui ont été choisis par leurs collègues pour parler de leurs préoccupations en leur nom. Ce droit leur donne en outre la capacité et la responsabilité d’effectuer des inspections du lieu de travail afin d'identifier les dangers au travail et de les éliminer.

Le droit de refuser

Les travailleurs ont le droit de refuser d’effectuer un travail qu’ils croient dangereux pour leur santé et leur sécurité ou celles de tout autre travailleur (à l’exception des cas où certains dangers sont considérés comme inhérents au travail ou comme une condition normale d'emploi). Les obligations des travailleurs sont énoncées à l'article 43 : « Le travailleur peut refuser de travailler ou d’exécuter un certain travail s’il a des raisons de croire : (a) que du matériel, une machine, un appareil ou un objet qu’il doit utiliser ou faire fonctionner est susceptible de le mettre en danger ou de mettre un autre travailleur en danger. »

Nous avons le pouvoir d'améliorer notre milieu de travail

De toute évidence, nous avons besoin d'exercer ces droits en consultant nos délégués syndicaux, nos représentants de la santé et de la sécurité et le personnel du SEFPO dans les régions et au siège social afin d’obtenir leur coopération et leurs conseils. Reportez-vous toujours à la version à jour du texte de loi. Nous pouvons également avoir recours à nos conventions collectives, qui comprennent des dispositions sur la santé et la sécurité au travail. Enfin, nous avons les Statuts du SEFPO, qui énoncent nos droits et responsabilités en tant que membres du syndicat, ainsi que la responsabilité de notre syndicat de représenter ses membres sur toutes les questions légitimes.

Nous avons le pouvoir d'améliorer nos conditions de travail. En exerçant ces droits légaux et connexes, nous pouvons améliorer la sécurité au travail et réduire le stress au travail. Il n’en tient qu’à nous de nous informer, d'être actifs et de jouir des droits qui ont été obtenus par les syndicats – à l’instar des droits garantis par nos lois telles que la Loi sur la santé et la sécurité au travail.

Dernier point : l’index de la loi, qui est au recto, énumère toutes les rubriques par ordre alphabétique. Servez-vous de l'index pour vous aider à consulter le texte de loi.

Lecture syndicale
Work and Labour in Canada: Critical Issues

Howard A. Doughty, section locale 560

En plus de ne pas toujours nous dire la vérité, les grands réseaux d’information et les médias sociaux nous inondent de nouvelles, d'informations et de propagande touchant le monde des affaires. Les secteurs de la finance, de l’entreprise, de la fabrication, des ressources, et de la très dominante industrie des technologies de l'information, sont couverts par tous les quotidiens. Les grands réseaux de télévision et les émissions économiques abordent quotidiennement l’actualité du monde des affaires. Il y a même un réseau câblé qui en a fait sa spécialité.

Et le mouvement syndical, s’y intéressent-t-ils? Pas tant que ça!

Les grands médias de masse ont plusieurs dizaines de chroniqueurs économiques, mais pratiquement personne ne semble couvrir régulièrement le mouvement syndical. Les syndicats et les travailleurs ne retiennent l'attention des médias électroniques et de la presse écrite que lors d’événements exceptionnels – lors d’un conflit de travail ou lors d'un processus interne de règlement des différends qui leur procure une histoire sensationnelle.

C'est la raison pour laquelle il est si important de trouver des sources qui traitent de manière équitable et en profondeur des défis auxquels sont confrontés les travailleurs. Sans des livres tels que celui d’Andrew Jackson et de Mark P. Thomas, Work and Labor In Canada, nous serions à la merci de la rhétorique des grands médias, qui ont deux approches de base : ignorer les syndicats 95 pour cent du temps et critiquer les syndicats les cinq pour cent du temps restant. Vous avez peut-être déjà remarqué leur rhétorique pour décrire les négociations contractuelles : les « revendications excessives des travailleurs » qu’ils comparent à l’« offre généreuse de l’employeur ». Cela résume bien les choses!

Work and Labour in Canada apporte une toute autre perspective. Il s'agit d'une mise à jour des conditions et des défis auxquels font face les travailleurs en ce début du 21e siècle. Le compte rendu n'est pas réjouissant, mais il est clair.

Emploi précaire, sécurité d'emploi minimale et bas salaires sont la nouvelle norme pour beaucoup trop de gens pendant que des politiciens tout sourire prononcent des discours vides et pompeux dans lesquels ils s’engagent à protéger la « classe moyenne » et « à s’attaquer » aux problèmes quotidiens qui frappent les gens qui n’ont pas la chance de faire partie des un pour cent au sommet de la pyramide. En plus de présenter une analyse convaincante des problèmes économiques qui frappent les travailleurs, Andrew Jackson et Mark P. Thomas examinent les facteurs aggravants tels que le sexe, la race, le handicap. Ils expliquent en outre comment l'inégalité et l'injustice font partie intégrante de ce qu'on appelle le « capitalisme tardif ».

Dans leur analyse, ils examinent de près la transformation rapide que connait le monde du travail d'aujourd'hui – une transformation à laquelle les syndicats doivent s'associer avec d'autres forces progressistes afin de répondre avec créativité aux enjeux et changements importants qui modifient les conditions de vie et de travail – pertes d’emploi causées par la robotisation, mondialisation, dégradation de l'environnement, etc.

À une époque où on a jamais eu autant besoin des syndicats, on doit adopter de nouvelles tactiques pour contrer cette rhétorique surannée d'entreprise qui dépeint les syndicats comme des organisations obsolètes. Alors que les gouvernements font tout leur possible pour discréditer les syndicats et entraver la syndicalisation d’industries entières, les auteurs nous expliquent les raisons pour lesquelles la renaissance du mouvement syndical passe nécessairement par l’implication des nouvelles générations de travailleurs. Les exemples de Bernie Sanders (le candidat malheureux à l'investiture démocrate lors de l'élection présidentielle américaine de 2016), de Jeremy Corbyn, (le chef de l'opposition au Royaume-Uni), mais aussi des syndicats du secteur public, tels que le SEFPO, qui jouent un rôle de chef de file, sont une source d’espoir. Ils nous montrent que l'avenir du syndicalisme n'est pas aussi sombre que les leaders d'opinion du monde de l'entreprise voudraient nous le faire croire.

Dans ce livre convaincant, accessible et riche d’informations, Andrew Jackson, conseiller principal en politiques à l'Institut Broadbent, et Mark P. Thomas, directeur du Centre de recherche à l'Université York, s’adressent aussi bien aux nouveaux, qu’aux anciens, membres syndiqués et leur procurent de solides fondations sur lesquelles s’appuyer pour écrire le prochain chapitre du syndicalisme dans un monde où les enjeux n’ont jamais été aussi élevés.

Andrew Jackson et Mark P. Thomas, Work and Labour in Canada: Critical Issues – 3e édition, Toronto : Canadian Scholar’s Press Inc. 2017, 339 pages.

Dans les coulisses

Scott McAllister, enSolidarité

Il s'approche de la ligne de départ. Résolu. Déterminé. Il se met en position. Il est prêt. Il prend une longue expiration. Il est en totale maîtrise.  Au coup de feu, il s'éjecte des starting-blocks. Pendant 9,58 secondes, le monde n’a d’yeux que pour lui alors qu’il établit un nouveau record du monde du 100 mètres.

Le monde attendra quatre ans, ou 7 568 640 000 secondes, pour revivre ce moment.

Pour Usain Bolt, le plus dur recommence.

Courir le 100 mètres en 9,58 secondes a fait de Bolt une légende. Mais c'est ce que le monde ne voit pas qui fait qu’il est le plus grand. Pendant ces quatre ans, il faut regarder dans les coulisses pour voir comment on devient une légende : s’entraîner jour après jour, suivre une nutrition très stricte, puis courir et courir encore.

Pendant quatre ans, Usain Bold s’entraîne dans les coulisses, loin des caméras et des journalistes pour courir un sprint qui durera moins de 10 secondes. C'est dans les coulisses qu'œuvrent les personnes et le personnel de soutien qui appuient le champion. Derrière chaque discours présidentiel, il y a un rédacteur dévoué. Derrière chaque œuvre d’art, il y a un artiste qui est parfois mort depuis longtemps. Derrière Elvis Presley, le roi du rock-and-roll, il y a les auteurs de ses chansons. Le roi du rock, c’est pourtant lui.

C'est dans les coulisses qu’on trouve les personnes qui font que d'autres personnes deviennent des légendes.

Rencontrez Heather Reay
Membre de la section locale 266 du SEFPO, Heather Reay travaille au centre de la petite enfance à Hanover. Maman et grand-mère, elle a toujours été entourée d’enfants. Forte de 30 ans d'expérience dans les services de garde d'enfants, elle a vu le système changer profondément tout au long de ces années : syndicalisation, décisions politiques, réductions des subventions, baisse des effectifs et fermetures de garderies. Au fil du temps, son amour pour les enfants n'a jamais fléchi. Je l'ai constaté de moi-même lors de ma visite à la garderie dont elle est la superviseure.

Une garderie qui déborde d'amour. Qu’ils jouent à l'extérieur, qu’ils soient en excursion, qu’ils fassent de la peinture ou qu’ils jouent au jeu des spaghettis, les enfants et leurs parents arborent des sourires qui expriment un sentiment de plaisir et de bonheur.

Alors que j'examinais certaines œuvres d'art réalisées par la future génération, Heather s'est empressée de souligner que le produit fini n’est pas le plus important. Cette vérité s’est imposée à moi : l'amour est plus important que tout!

On pourrait croire que la politique de la porte ouverte a pour unique but de mettre l'accent sur les enfants. On aurait tort. Heather m’explique que la garderie est un lieu pour les familles – pour les enfants avec leurs parents. Bien sûr la garderie se focalise sur le bien-être des enfants, mais elle prend également en compte les besoins des parents, à l’instar du programme « Fabulous First Years » qui privilégie l'interaction sociale entre les mamans. Pour les mamans, c'est l’occasion de se rencontrer, de tisser des liens et de découvrir qu’elles ne sont pas seules à traverser certains moments difficiles.

Lors du programme « Moms’ Morning Out », des conférencières invitées viennent parler de la vie des mamans. Selon Heather, l'isolement est souvent le plus grand défi que doit surmonter une nouvelle maman. La garderie est un lieu où les parents peuvent se retrouver pour partager, jouer, rire et même pleurer.

Mais ce n'est pas tout. Depuis 18 ans, Heather est responsable de la garde des enfants durant les congrès du SEFPO et les séances de formation de la Région 2 du SEFPO. Elle est l'une des nombreuses personnes qui se dévouent dans les coulisses – dans l’ombre – pour garder les enfants afin que les parents puissent assister en toute tranquillité aux activités du SEFPO.

En procurant des services de garde d'enfants, Heather aide la génération actuelle, les parents, à se former, à réseauter et à se réunir. Mais plus important encore, en passant du temps avec les enfants, elle prépare la prochaine génération à éventuellement suivre les traces de leurs parents.

Un travail primordial qui est effectué dans les coulisses. Une noble cause. Elle le fait depuis plus de 30 ans et elle y prend toujours le même plaisir.

Merci, Heather Reay, pour tout ce que vous faites.

Impossible de se cacher

Maria Bauer, enSolidarité

Nous sommes tous connectés, que ce soit avec notre téléphone intelligent, notre ordinateur de bureau, notre ordinateur portable ou notre tablette. Au fil des ans, ces appareils sont devenus de plus en plus performants. Des appareils dont nombre d'entre nous ne peuvent plus se passer.

Mais que faire lorsque votre employeur développe une nouvelle application et vous demande de la télécharger dans votre appareil personnel? Ça peut sembler une bonne chose de permettre à tous les travailleurs de trouver rapidement l'information et de faciliter leur travail. Afin d'améliorer les performances au travail, il est même possible qu’une formation en ligne soit offerte aux travailleurs.

Mais avant de télécharger n'importe quelle application, passez en revue les permissions qui sont requises par l'application pour accéder à votre appareil. La plupart des applications ont besoin d'accéder à votre emplacement, à votre numéro de téléphone, à votre liste d'appels téléphoniques, à vos photos, à vos médias et à vos fichiers, y compris à la mémoire de l'appareil et à l'appareil photo. Si vous pensez que votre employeur ne devrait pas avoir accès aux informations qui sont requises par l'application, ne la téléchargez pas.

Vous devez également réfléchir aux problèmes qui pourraient se produire si votre appareil tombait en panne ou si on vous le volait. Faites particulièrement attention aux avertissements de l'employeur indiquant qu'il n’est pas responsable des dommages causés à votre propriété privée – même lorsque l’appareil est utilisé pendant les heures de travail et pour l'entreprise. J'ai également remarqué que de nombreuses entreprises ont une application pour les employés et une autre pour le public. Elles peuvent avoir le même objectif mais l’application réservée aux employés peut suivre, et suivra, les employés de toutes les façons possibles.

Pourquoi les sociétés créent-elles des applications?

Du point de vue de la société, une application est un outil pour promouvoir les ventes et se faire connaître. Les applications contiennent des informations sur les produits, que les consommateurs peuvent commander directement avec leur téléphone intelligent sans passer par un représentant du service à la clientèle. La vente en ligne met en péril de nombreux secteurs d'activité et entraîne la suppression de postes. De plus en plus de gens font leurs achats et opérations bancaires en ligne. (La prochaine fois que vous faites une commande en ligne, n'oubliez pas : vous augmentez les profits d’une société au détriment des travailleurs.)

Avec certaines applications, une société peut également savoir le nombre de personnes qui consultent ses produits, quels sont les produits qu’elles recherchent et les endroits où elles étaient au moment d’utiliser leur appareil. De nombreuses applications permettent également à la société de savoir si vous ne faites que visiter ou si vous vous intéressez à un produit en particulier. Grâce à elles, la société connaît vos habitudes d’achats et vos goûts personnels. En d'autres mots, certaines applications ne collectent que les données dont elles ont besoin pour fonctionner alors que d'autres collectent des données qui n’ont aucun rapport avec le véritable objectif de l'application.

N'oubliez pas : lorsqu’une société collecte vos données, elle les partage certainement avec d'autres entreprises.

Les applications de l'employeur

Les applications qui sont créées uniquement pour les employés sont utilisées dans les entreprises, comme on dit, pour augmenter la productivité. Voici ce que les applications de l'employeur peuvent suivre :

  • Vos appels téléphoniques et courriels

  • La liste de tous les appels (entrants et sortants)

  • La navigation Internet

  • Les informations figurant dans le calendrier

  • Les données sur vos déplacements et ceux de l’appareil

  • Le numéro d’identification de l’appareil

  • Les informations sur votre utilisation de l'application

Selon une jurisprudence, l’entreprise a également le droit de confisquer votre appareil dans le cas d’une enquête.

Je vous conseille d'utiliser votre téléphone personnel pour votre usage personnel – et uniquement pour votre usage personnel. Si votre employeur vous demande d’utiliser un téléphone intelligent pendant le travail, demandez-lui de vous procurer l’appareil à ses propres frais, pas à vôtre charge. (Permettez-moi également de vous conseiller de communiquer face-à-face avec vos collègues, d’aller leur dire bonjour et de leur demander de l'aide en personne, plutôt que de le faire de manière électronique.)

On dit qu’« un acheteur doit être méfiant ». En ce qui concerne les applications, il doit être deux fois plus méfiant. 

Adam Capay

Michael Lundy, section locale 737

Je suis agent correctionnel à la prison de Thunder Bay. C'est dans cette prison, le Centre Correctionnel de Thunder Bay, où Adam Capay qui a tué un autre détenu, a été gardé à l’isolement pendant 52 mois en attendant son procès.

En 2012, ce jeune Autochtone a été accusé d'avoir tué un autre détenu. Il a été transféré dans une cellule avec des murs en plexiglas. Ensuite, on a oublié son existence. Pendant quatre ans, il n’a eu qu’un accès restreint à la douche, aux livres et aux fournitures pour écrire, à la radio et aux services pour les Autochtones. Une lumière artificielle éclairait sa cellule 24 heures sur 24 – et pendant 1 636 jours, Adam n'a pas senti la chaleur d’un rayon de soleil sur son visage.

Il y a huit ans, quand je suis devenu agent correctionnel, je voulais avoir un impact positif dans la société. Fidèle à mon idéal, je n’ai jamais dérogé de mon objectif même lors de mon combat avec une dépression.

Sauf que plus je m’impliquais dans mon travail, plus je sentais une frustration grandir en moi. Comment pouvais-je avoir un impact positif dans la société tout en continuant à travailler derrière ces murs?

Afin d’avoir cet impact positif, les agents correctionnels ont besoin de disposer des ressources adéquates : financement, formation, dotation en personnel. Mais après quatre décennies de négligence par les trois principaux partis politiques de l'Ontario, nous avons atteint une véritable situation de crise.

Lorsque la Commissaire aux droits de la personne de l'Ontario, Renu Mandhane, a envoyé un message sur Twitter pour annoncer qu’elle visiterait la prison de Thunder Bay, j'ai décidé d’entrer en contact avec elle. Je voulais qu'elle entende de la bouche même des membres du personnel correctionnel les obstacles qu’ils doivent surmonter pour avoir un impact positif – et pour aider les détenus à repartir du bon pied.

Non, je ne suis pas naïf. Je sais que l’on ne peut pas réinsérer dans la société tous les délinquants de la  prison de Thunder Bay. Mais en tant qu'agents correctionnels, nous devrions au moins disposer des outils pour les y aider. Et lorsque nous demandons au gouvernement de nous donner ces outils, on nous répond toujours qu’ « il n'y a pas d'argent. »

La commissaire a accepté de me rencontrer avant la visite. À la fin de notre discussion, elle m’a demandé s'il y avait quelque chose d’autre qu'elle devrait savoir. Je lui ai dit qu'un détenu était gardé à l’isolement sans interruption depuis quatre ans.

Nous connaissons tous la suite. Adam Capay a été soustrait de l’isolement et envoyé au Centre de soins de santé mentale Waypoint afin d’y être logé et traité adéquatement. Son procès devrait commencer vers la fin du mois.

Cette histoire est frustrante pour nous, car les gens ont tendance à blâmer immédiatement le personnel correctionnel. Mais ce qui est arrivé n'est pas la faute du personnel. Ce n'est pas la faute de l’administration. Ce n'est pas la faute du surintendant, ni du directeur régional. Nous travaillons avec les outils qu’on nous donne, et depuis beaucoup trop longtemps, on nous donne la racine carrée de 0, c’est-à-dire rien.

On doit infliger le blâme à ceux qui le méritent : aux responsables politiques à Queen's Park.

À la prison de Thunder Bay – prison où il y a eu la mutinerie tristement célèbre de 2015 – il n'y avait pas d'options de confinement appropriées pour Adam Capay. Et quelqu'un se devait de soulever cette question.

C'est la raison pour laquelle j'ai envoyé un message sur twitter à la Commissaire Mandhane. Je ne pouvais pas rester silencieux plus longtemps sans manquer à nos obligations à l’égard des détenus et de la population de l'Ontario et sans avoir le sentiment d’échouer personnellement dans mon travail.

Nous sommes maintenant aux prises avec une série de rapports sur l'isolement et la réforme des services correctionnels. Mais la vérité est qu’ils ne serviront à rien tant que nous ne serons pas tous sur la même longueur d’ondes.

C'est la raison pour laquelle j’exhorte la ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels à organiser une table ronde. Cette table ronde devrait réunir le président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, le sous-ministre des Services correctionnels, le Comité des relations avec les employés du ministère, le comité mixte et provincial sur la santé et la sécurité au travail, la Commissaire aux droits de la personne de l'Ontario, la Société John Howard, l'Ombudsman de l'Ontario, et Howard Sapers, l’auteur du récent rapport sur le recours à l'isolement dans les prisons de l'Ontario.

Nous devons travailler ensemble pour aller de l’avant. À l’instar de ce que l’Ombudsman de l'Ontario, Paul Dubé, a déclaré récemment : « Le temps des études et des consultations est révolu. » Il est temps d’agir pour de vrai. 

Michael Lundy est vice-président du Comité mixte et provincial sur la santé et la sécurité du ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels.

Jeux de mots

Maria Bauer, enSolidarité

Tout le monde a déjà joué à des jeux de mots. On y joue dès le plus jeune âge avec des blocs de lettre pour faire des mots et des phrases. Plus tard, on joue au Scrabble, aux mots croisés et à bien d'autres jeux de mots.

On fait preuve de créativité, on défie nos adversaires, on stimule notre esprit et on améliore notre vocabulaire.

Comme moi, vous avez peut-être remarqué que les médias nous parlent sans cesse de la modernisation. Le gouvernement l’emploie systématiquement dans ses communications pour nous présenter ses réformes.

La modernisation, c’est l’action de moderniser; le fait d’être modernisé.

Qui n'aime pas ce qui est moderne? Quand on pense à la modernisation, on pense aux nouveaux appareils, aux idées novatrices et aux mises à niveau. C’est un mot qui sonne bien. Il permet de faire penser aux gens que tout marchera mieux une fois qu’on aura actualisé et modernisé. Après tout, la modernisation, ça permet d’améliorer et de renouveler les vieilleries.

Cette théorie de la modernisation existe depuis des siècles. La modernisation fait référence à la transition d'une société traditionnelle vers une société moderne. Il s’agit d’une théorie qui a vu le jour dans les années 1950 et qui consiste à transformer une société rurale, agraire et traditionnelle en une société industrielle.

Les nouvelles technologies sont un premier exemple de modernisation sans lesquels beaucoup de gens ne peuvent pas vivre aujourd'hui. Elles ont engendré d’énormes changements dans nos sociétés depuis les 50 dernières années. Tout a commencé lentement, puis ça a progressé très rapidement.

Quand j’étais enfant, je me souviens qu’il fallait se lever pour changer de chaîne à la télévision. Puis grâce à la modernisation, on a eu une boîte de connexion qui nous a permis de changer de chaîne à distance. De nos jours, on peut regarder nos émissions et films préférés et surfer sur Internet jour et nuit.

Nous avons tendance à voir la modernisation comme positive – comme quelque chose qui améliore la vie et qui nous facilite la vie. Quant aux traditions, aux méthodes traditionnelles, on les associe en général au passé – à quelque chose dont on peut et devrait probablement se débarrasser. Les sociétés et les pays qui ont gardé leurs traditions sont considérés comme pauvres, sous-développés et incapables d’aller de l'avant.

Mais une société traditionnelle peut également avoir des bons côtés! La tradition peut avoir des bons côtés pour notre famille, notre communauté et notre rapport aux autres. Certaines personnes estiment que la tradition est essentielle à leur culture et/ou à leur manière de vivre. On doit donc trouver un équilibre entre nos besoins de modernisation et nos méthodes traditionnelles.

Prenons l’exemple du fameux canard géant en caoutchouc de Toronto. Un canard géant à 200 000 $ qui a fait tout un couac. Il a généré un peu de tourisme et de revenus dans notre province. Mais j'ai entendu beaucoup de gens poser la question suivante : « Pourquoi un canard en caoutchouc? » Quel lien y a-t-il entre un canard en caoutchouc et le Canada? Si le gouvernement avait acheté un oiseau traditionnel, tel qu'un huard ou même une bernache du Canada, les Ontariens auraient peut-être accepté le concept. Cela leur aurait semblé plus acceptable. Au lieu de cela, la plupart des gens ont pensé que c’était un véritable gaspillage d'argent!

Durant les dernières années, le gouvernement a évoqué à de nombreuses reprises la modernisation pour nous parler des réformes à HydroOne, à la LCBO, à la Société des loteries et des jeux de l’Ontario (OLG) et même dans nos hôpitaux. Si l’on est condamné à suivre l'évolution technologique, on ne doit jamais oublier les avantages qu’il y a à préserver certaines traditions pour notre société.

Le gouvernement a fait prendre le virage du numérique à nos services publics. Nombre de ces changements technologiques sont en effet nécessaires et ont contribué à améliorer les services. Mais la modernisation est bien trop souvent employée à des fins détournées. Afin de cacher ses véritables intentions, le gouvernement a souvent utilisé la modernisation à mauvais escient. Au nom de l'évolution technologique, il a cédé certains de nos actifs publics traditionnels à des entreprises privées. Des actifs qui se retrouvent entre les mains d’intérêts privés qui poursuivent leurs propres objectifs au détriment du bien commun. Cela a provoqué une rupture dans la société, dans les relations humaines, en particulier dans notre manière d’aller de l’avant ensemble pour la recherche du bien commun.

Voici quelques exemples de communications du gouvernement de l'Ontario où la modernisation est évoquée à des fins détournées :

« Le Plan ontarien pour des frais d’électricité équitables [La privatisation] permettrait d'améliorer l'efficacité sectorielle et de moderniser le marché de l'électricité de la province… » Résultat : la majorité d'Hydro One a été vendue à des intérêts privés à but lucratif.

« Les patients de l'Ontario méritent un système d’analyse et des laboratoires médicaux modernes. » Résultat : les laboratoires d’analyse du sang de l'Ontario ont aussi été vendus à des sociétés privées.

« Voyez comment OLG change pour le mieux. Quatre raisons de se moderniser… » Résultat : la Société des loteries et des jeux de l'Ontario a vendu tous les casinos et fera bientôt en sorte que l’on puisse acheter des billets du loto ailleurs que dans les établissements.

« Atteindre un juste équilibre : Modernisation de la vente au détail et de la distribution du vin et des spiritueux en Ontario ». Résultat : on peut désormais acheter de l’alcool dans les épiceries.

Il ne s’agit là que de quelques exemples de modernisation de nos actifs publics. Au lieu d'utiliser la modernisation de nos actifs pour notre intérêt commun, faire fructifier l'argent public et accroître les services disponibles, le gouvernement a recours à ce « jeu de mots » pour camoufler la vente de nos actifs et services publics. En 2006, le gouvernement a publié un rapport exhaustif sur la modernisation de la fonction publique de l'Ontario (FPO). Depuis, il a privatisé des secteurs importants de la FPO.

On supprime nos méthodes traditionnelles de prestation des services publics alors qu’elles ont fait leur preuve pour servir efficacement les Ontariens et les collectivités. Si on gardait ces actifs entre les mains du public, on pourrait en réalité les moderniser pour de vrai et augmenter les revenus de la province. En langage gouvernemental, modernisation équivaut à privatisation. Par moderniser, ils veulent dire privatiser les actifs dont dépend notre pays depuis des décennies. Il ne s'agit pas de modernisation, mais bien de vol ou de dilapidation – une histoire vieille comme l’humanité.

The Power of the picket

Craig Hadley, inSolidarity

Bargaining and reaching a ratified collective agreement (CA) can have very significant consequences on your income, job security, work-life balance, and overall quality of life. After all, whether you’re full-time, parttime, or contract, your CA is arguably one of the most important legal documents in your life. The work that goes into the process of reaching an agreement is equally or more important. With any collective bargaining campaign, there are multiple factors that play into achieving a deal, with specific, strategic milestones that have to be reached to continue with the process.

The first and most important is member buy-in. For many rank-and-file members, collective bargaining and the onus to get a good deal rest on the elected bargaining team. Unfortunately, this is a misconception – one that can be the single biggest detriment to reaching a deal. You’ve likely heard it before: a team and their position at the table is only as strong as the support they receive from members on the ground.

The first step in member involvement is the demand-set survey. These surveys determine what members need in their CA and help the team prioritize their demands at the table. They also help OPSEU campaigns officers craft what the campaign will look like by determining the media message and overall strategy on how to reach that goal.

For example, if combating precarious part-time work is a top demand, it’s safe to say the campaign message will reflect that fact and tap into the public’s concerns over the need for employers to provide good, full-time jobs. If wages are the top demand, the campaign would likely focus its media message on the increased cost of living and how regular working people are falling behind.

Regardless of the campaign direction, the overall goal is to deliver our workers’ concerns and goals in such a way that the public gets on board and supports them. This tactic is almost useless if rank and file members fail to complete the survey. Completing it not only shows the team what members need, but also starts the process of getting members involved in collective bargaining.

Once the bargaining team is elected, the next crucial step in reaching a deal is often a strong strike vote. While it’s entirely possible that the employer and bargaining team could reach a deal before a strike vote is called, it’s fairly unusual. The employer usually wants to see if members are serious enough that they’d be willing to withdraw their services to reach a fair deal (assuming they are in a right-to-strike environment).

This is where two numbers play a significant role in determining the union’s strength at the table. First, the strike vote results. If the voter percentage is high, (say, 90 per cent or higher), it sends a very clear message to the employer that they need to offer more. If it’s low, (say, 50 to 70 per cent), the employer realizes they don’t have to offer too much more to get a deal.

The second number is the member voter turnout. Voter turnout numbers are rarely made public – unless, of course, voter turnout is unusually high. If the turnout is low, it sends a message to the union that mobilizers need to work harder to get more involvement from members.

The next major milestone may be an application for a “no-board” report. Simply put, a no-board is permission from the province to start a 17-day (sometimes 16-day) countdown to a legal strike or lockout. The application for a no-board doesn’t mean a strike is guaranteed. It just means that the parties have roughly 17 days to get a deal – or face the potential of a work stoppage. Either party at the table can request a no-board if they feel bargaining has reached an impasse.

When a no-board is issued, the employer and union ramp up their efforts to reach a deal. Bargaining sessions are longer, talks become more intense, and proposals from each side attempt to capture what both parties want in the deal. Away from the bargaining table, an equally important, or arguably more important, thing is taking place: strike preparation. Mobilizers, local presidents, and activists ratchet up their efforts to prepare the members for a possible strike or lockout with strike pay forms and phone trees, by getting union cards signed and, most importantly, motivating members to attend info pickets. Info pickets are as simple as they sound. Members meet at a strategically chosen location, hold signs and hand out literature to the public to try to draw as much attention to their cause as possible.

Info pickets can garner a lot of media attention – attention that influences how the employer and the union position themselves during the final stages of the bargaining process.

Like any protest, the higher the participation, the greater the likelihood of winning the cause being fought. If a dozen members out of an eligible 3,000 participate, regardless of how strong your message is, the overall outcome weakens the union’s position at the table. This is because, when the employer sees low numbers, they recognize that members aren’t supporting the union. Further, the media reduce their coverage, resulting in less public awareness, while the provincial government feels no pressure to intervene to help both sides to reach a deal.

On the flipside, if 2,500 of 3,000 members attended the info picket, the media would explode with coverage, the employer would realize members are serious, the union would burst at the seams with confidence and, in most cases, the provincial government would likely motivate the parties at the table to reach a deal.

The info picket is the ultimate test of members’ involvement in the campaign. It might seem dated. Participating may take you out of your comfort zone. You may even have to brave the elements. But its success will determine how far your bargaining team can push the employer and, ultimately, how good a deal can be reached.

Never Forget

Scott McAllister, inSolidarity

November 11 is Remembrance Day. Located in Ottawa, the Tomb of the Unknown Soldier represents the approximately 116,000 Canadians who gave their lives for their country, including the 28,000 soldiers whose resting place is unknown.

The tomb holds the remains of an unidentified Canadian soldier who died in France during World War I. This unidentified soldier was selected from a cemetery in the vicinity of Vimy Ridge.

In the United States of America, the Tomb of the Unknown Soldier at Arlington National Cemetery has been guarded 24/7 since 1930.

The guards are all volunteers, and are considered to be the best of the elite United States Third Infantry Regiment (the “Old Guard”), headquartered at Fort Myer, Virginia.

Each soldier must be in superb physical condition, possess an unblemished military record and be between 5’10” and 6’4” tall, with a proportionate weight and build.

In the first six months of duty, a guard cannot talk to anyone or watch TV. All off-duty time is spent cleaning weapons and studying the 175 notable people laid to rest in Arlington National Cemetery. A guard must memorize who they are and where they are interred.

Every guard spends five hours a day getting his uniforms ready for guard duty. They must commit two years of their lives to guard the tomb and live in a barracks under the tomb. Of course, they cannot disgrace the uniform or the tomb in any way.

For the rest of their lives, they cannot drink any alcohol on or off duty, or swear in public. After their two years of service, the guard is given a wreath pin that is worn on their lapel signifying they served as a guard of the tomb. There are only 400 presently worn. The guard must obey these rules for the rest of their life or give up the wreath pin.

The guard marches 21 steps down the black mat behind the tomb, turns and faces east for 21 seconds, turns and faces north for 21 seconds, then takes 21 steps down the mat and repeats the process. Twenty-one symbolizes the highest military honour that can be bestowed, such as with the 21-gun salute. After the turn, the sentinel executes a sharp “shoulder-arms” movement to place the weapon on the shoulder closest to the visitors to signify that the sentinel stands between the tomb and any possible threat.

This position respects the honoured dead and all unaccounted American combat deaths who are “known but to God.”

The steady rhythmic steps continue in rain, sleet, snow, hail, heat, and cold without interruption.

In 2003, Hurricane Isabelle hit the United States with disastrous results. Winds reached 165 miles per hour, thousands of trees were downed, and there were multiple power outages, as well as flooding from drifting debris. Damages totalled $5.7 billion. Sixteen deaths were the direct result of the hurricane.

During the devastation, the commander of the United States Third Infantry Regiment sent word to the guards at the Tomb of the Unknown Soldier to secure the post and seek shelter from the high winds to ensure their personal safety.

They respectfully declined the offer.

Soaked to the skin, marching in the pelting rain of the tropical storm, they said that guarding the tomb was not just an assignment – it was the highest honour that could be afforded to a service person.

At the 11th hour, on the 11th day, of the 11th month, we honour those who have gone before us. Thousands of men and women have served their country and its people with their lives.

World War I claimed over 65,000 Canadians. At the time, Canada’s population was only 8 million people. World War II claimed over 45,000 Canadians.

The blood of these fallen soldiers defended the freedom that Canada was founded upon. This freedom continues to be fought for: on the battlefield, in the courtrooms, in politics, and in the workplace.

In honour of their service, please consider wearing a poppy this Remembrance Day.

Pot luck: The LCBO and its150 new joints

Craig Hadley, inSolidarity

On September 8, the Ontario government announced that the LCBO will open 40 stand-alone cannabis stores by July 1, 2018, when pot becomes legal in Canada. The province expects to have an additional 110 stores operational by 2020. The provincially owned stores will be part of a Crown corporation and run as a subsidiary of the LCBO. The new stores will not sell alcohol. Rather, they will focus solely on the sale of cannabis.

The move to have the LCBO manage the cannabis retail business has come to the surprise of many but, fundamentally, it makes sense. The LCBO’s proven track record on social responsibility, as well as its awardwinning store designs, quality control, and experience as a large-scale wholesaler, make the agency perfectly suited to the task.

For an established retailer, opening 50 new locations within a year is a daunting task. Location analyses, architectural work, store design, additional IT infrastructure, and staffing for each location is time-consuming. Those tasks are made easier with established retailers, because they typically follow a template to maintain brand continuity.

For the LCBO, this is a unique circumstance, because there is no template on how the stores should look or on how they should be run: it’s all brand-new. With all eyes on the LCBO, this operation has one chance to make a lasting impression and usher in a new era of legal cannabis sales. Below are some recommendations for success.

  • Ensure quality: A pillar of success is ensuring the product is better than anything on the black market. If it’s not, people’s buying habits may not change.
  • Selection, selection, selection. It is imperative that the new stores offer as much variety as possible. If selection is limited, customers will find other sources.
  • Edibles: The government announced the edible cannabis products will not be sold. Cannabisinfused edibles are the most desired product in Colorado, where cannabis sales are legal. Whether its candy, baked goods, cooking oil, or any of the thousands of edible products currently available, it is irresponsible to ignore such a hugely profitable portion of the market. The government also sends a mixed message when it promotes the sale of combustibles, but doesn’t offer the much safer edible version of the product. ·
  • Great shopping environment: We've seen what the LCBO can do with its bright stores, beautiful décor, and store ambiance. The LCBO has to do the same for these new stores. The more pleasing to the eye, the less likely critics will be to attack the province’s decision to sell cannabis publicly, rather than leaving it to the private sector.
  • Personal shopping experience: Cannabis enthusiasts like to get up close and personal with the product they’re shopping for. That 23 inSolidarity ~Summer/Autumn 2017 means being able to touch it, smell it, and talk about it with highly trained sales associates. While supplying properly trained –and unionized – sales associates should be easy, being able to offer the intimate shopping experience of a small dispensary in a high-volume store could be a challenge.
  • Store security: Like alcohol, cannabis has a high value on the street. Steps must be taken to ensure the safety of staff and customers, while avoiding having stores feel like Fort Knox.
  • Cannabis accessories: Bongs, pipes, vape machines, culinary devices: customers want one-stop shopping. Considering it’s unlikely that marijuana will be displayed on shelves or end-isle displays, a smart retailer will take advantage of an empty sales floor.
  • Price: If the product is more expensive than the black market, most consumers will stay with the black market. A third of tobacco sold in Ontario is contraband, so it’s a safe assumption that the same will happen to legal marijuana if it’s too expensive.
  • Location: The operation has to strike a balance between establishing stores within easily assessed locations and keeping them far enough from parks, schools, and other sensitive locales.
  • Customer service: The new stores will be under a lot of scrutiny in their first few months of operation. It is imperative that frontline staff are friendly, knowledgably, and eager to serve. After all, you only get one chance to make a first impression – offering excellent customer service is a great way to do it.

Online learning means offloading full-time faculty

Joe Grogan, Retired, OPSEU Region 5

As a member of the teaching faculty at Humber College from 1969 to 2003, I went through a number of work reorganizations, or “restructurings.” As a union member, union steward, and health and safety rep at various times, I observed how little consideration college administration gave to worker rights, especially collective bargaining rights.

Frequently, faculty became aware of changes after the fact, as the administration frequently used the “management’s rights” clause in the collective agreement. Very often, the administration’s use of this clause caused employee stress levels to increase. Management pushed the “increased efficiencies” that would come from its actions.

One important example of actions taken is the case of the Open Learning Centre and online courses. In my view, the extensive use of online courses by Humber College represents another form of contracting out and, as such, is a direct threat to full-time faculty employment. Why? Let me explain.

It means that instead of hiring full-time faculty, the college/institute can hire part-time teachers who are willing and need to have some kind of employment – a worker with lower wages, without access to benefits, and a worker who would NOT be a member of the academic bargaining unit.

Such an arrangement gives the employer a tremendous advantage, because it can better control and limit its costs, while also having an arrangement that undermines the union. Such a situation would produce the same consequences if the college decided to contract out many of the Business School courses to one or more of the many private business schools that exist.

There is another angle to consider. The administration can argue that such courses can make it possible for workers presently employed as shift workers to follow/ complete courses as their personal timetables dictate. In other words, the administration can claim it’s helping the community and thereby gain a public relations advantage.

While such an arrangement may produce some benefit to the community, the college is doing this to save dollars, while shifting more and more resources internally to non-union jobs. Online courses make many faculty positions redundant. Furthermore, such arrangements are a direct attack on the faculty Workload Formula gains negotiated as a result of the successful 1984 faculty strike. What’s to be done?

As I understand it, Humber College now has more than 500 courses available through the Open Learning Centre. I believe we all should be concerned about this.

What should OPSEU’s position be? I would argue that the union has to fight against it by educating the membership on the implications for present and future job security. The union and its members must see online courses as another form of contracting out. We must oppose any additional growth in this area through stringent and effective contract language, especially contract language covering academic leadership in the development and administration of curricula by fulltime faculty.

In addition, we should examine the current collective agreement to see if the issue can be addressed through stronger contract language on health and safety. The issue also needs to be addressed through contract language clauses that strengthen our concerns about the quality of education that learners experience.

This issue is not just a Humber College issue, as all the colleges – and probably universities, too – are using online courses to justify their activities in light of cutbacks in funding from the province. Yet, at the same time, the province is providing more funding, as in Humber’s case, for capital expansions.

We must join and expand the fight against precarious employment, which affects us all.

Francophone Conference 2017

Shantelle Marcoux, Local 586

During an amazing sunny weekend in June 2017, over 70 francophone, bilingual, and francophile OPSEU members from around Ontario participated at union’s Second Francophone Conference in Ottawa. The threeday event was packed with guest speakers, workshops, and social and cultural activities to ensure that participants were well satisfied.

Early morning on day one, many participants joined in the smudging ceremony conducted by a local Anishinaabe woman, which set the tone for the conference: peace, harmony, and the spirit of learning in diversity.

Jean-Luc Roy, Executive Board Member for Region 6 and liaison to the Francophone Committee, as well as Dan Brisson, chair of the Francophone Committee, opened the conference with a welcoming speech. France Gélinas, MPP for Nickel Belt and NDP critic for francophone affairs, also spoke to the crowd that evening. Her message was to organize, research the issues well, and pursue them at all levels of government to ensure that the voices of the francophone minority are heard and felt, and improvements are made in their daily lives.

The next day, to get participants stimulated and excited about the day’s sessions, conference planners hosted an amazing treasure hunt. Participants were organized into several groups of about eight people and were told to hunt for a list of monuments around downtown Ottawa and to take a selfie at each one. Wow! What a great way to learn about Canadian history.

Afterwards, it was back to business as we listened to a panel of guest speakers talk about the impact of privatizing so many public services on French‑language services (FLS) and the francophone community. Later in the afternoon, participants were trained on how to speak in public in French. The workshop’s aim was to help individuals improve their confidence in public speaking – and the feedback was very positive.

But this jam-packed day was not over yet! The last event was a purely pleasurable experience for all conference participants and their family members. It was none other than a murder-mystery supper played out by a local French troupe! We ate, we deduced, and we solved the mystery! After a wonderful day of fun, learning and socializing, we were very ready for bed.

Day three started off with lots of laughter as a comedy troupe called “Improvisation” made up skits by drawing random subjects from a hat – and then including conference participants. What a way to start off the last day of the conference! The day’s events ended with participants providing insightful ideas that will help in developing an action plan for the Francophone Committee over the next two years.

Throughout the conference, participants were treated to many film vignettes about francophone history and messages from the Francophone Committee. The conference was a way to rejoice in our native language, learn more about francophone culture in Ontario, mingle with FLS workers from the various ministries, and get to know the real issues surrounding FLS services and francophone communities at large.

I give this conference an A plus plus!

Snowflake

Katie Sample, inSolidarity

“Snowflake is used to characterize young adults as being more prone to taking offence and less resilient than previous generations, or as being too emotionally vulnerable to cope with views that challenge their own.” (Wikipedia)

The right often likes to try to unarm a left thinker with this term, insinuating that the left is weak and too easily offended or what they like to call “triggered” – all the while ignoring the hypocrisy in their statement alone. It’s progress that the right is offended by, and often this progress does not have a negative impact on them in any way. If it did, they would be able to properly construct an argument on their behalf, without immature, deflecting words such as “snowflake.”

But how does one form an argument for racism, bigotry, and all forms of prejudice? You can’t, so you lash out emotionally and without rationale.

Moreover, is it really unreasonable and oversensitive to be “triggered” into action when white nationalists march the street in 2017 with the same message from before the civil rights movement? When you ally with, or are member of, the LGBTQIA community, which still has to fight for equality in laws and society? When we’re still battling to resolve and correct sexism, which still allows practices such as a gender wage gap? When we have to build awareness of the erosion in our labour force, knowing we need better labour laws to build a strong economy?

It all that makes me a snowflake, then so be it! I will wear that name with pride and rest easy, knowing I’m in good company with other movements supported by snowflakes – not just triggered, but motivated, to make a change for a better society.

In the past, we had the Suffragettes, civils rights activists, gay rights activists, Mother Jones’ march for mill children, and so many more. Today, we have 15 and Fairness, Black Lives Matter, the Women’s March on Washington, etc. It’s we snowflakes who don’t just turn our heads and ignore injustices but understand the need to right the imbalances in our society to make it better for all.

By definition, snowflakes are unique, but they all come together to create one simple, yet powerful, message: “No justice, no peace.” We understand that without a just society, there’s no way to have a peaceful society. We know that without the same liberties and freedoms for all, we weaken the very definitions of freedom and liberty. And are convinced that we’re all strengthened by lifting up others, versus holding others down.

So, yes! Call me a snowflake. But remember: I’m among strong, smart, and determined company. And winter is coming.

Seven tips when writing about Donald Trump

Craig Hadley, inSolidarity

If you’re a writer for your local newsletter, you may have been tempted to submit a piece on the current President of the United States. He’s constantly on Twitter and in the news. And although we’re in a different country, it’s virtually impossible to ignore his impact on Canadian social culture. Below are seven tips to aid you when writing about President Donald J. Trump.

1. Never use hard numbers. Trump's presidency includes a full-ring circus featuring a constant turnover of professional clowns. Five of his handpicked, closest advisers resigned. By the time your piece is published, the number will be eight.

2. If the man uses the phrase “believe me,” don’t! Also, never get caught up in proving what comes out of his mouth as incorrect – unless your editor has allotted you eight pages in your publication. During his first six months of office, Trump has lied (or used “alternate facts”) 414 times. The list grows by the day, and if his plan is to wear down journalists with fact-checking, it’s working.

3. Don't panic over World War III. The man has the launch codes, and he’s an egotistical maniac who believes America is the only global player with a nuclear arsenal. Wait… Maybe you should panic. Bomb shelter sales are booming at a pace not seen since the Cold War.

4. Don’t bother looking for a silver lining in this man, as a business person or President. Despite his claims, as a business person, he’s not self-made. He was gifted a large sum of wealth to get started and has declared bankruptcy four times. His reputation of shortchanging or outright stiffing companies for work rendered is backed by over 3,500 legal actions made against him. Since taking office, he has accomplished nothing outside of creating domestic and geopolitical instability.

5. Give up on trying to change the minds of Trump’s supporters. They’re morons. There's no getting around it.

6. On the rare occasion that Trump says something well worded and presidential, before getting your hopes up, remember two things: someone else wrote it, and within minutes, he will contradict himself or say something so completely off the wall that you’ll literally forget the scripted portion of his speech.

7. As a writer, you have to come to terms with the fact that he’s not getting better. As Trump approaches a year in office, he’s only getting worse – way worse.

To sum up Mr. Trump, he’s that family member who visits during the holidays whose political statements, social commentary, social graces, and boorish behaviour trigger social anxiety in everyone within earshot of him. He’s someone you would normally despise, but because he’s your grand-dad, you take a deep breath and warn any guests in attendance that Grampa Trump is from a different generation and is a little “off.”

Despite his business success despite being President of the United States, he’s a bigoted version of Grampa Simpson – and we’re stuck with him till he’s impeached or put in a retirement home.