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SEFPO Coalition des traveailleurs racialises

Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale

Journee internationale pour l'elimination de la discrimination raciale
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La Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale commémore le massacre de Sharpeville, qui a eu lieu le 21 mars 1960, en Afrique du Sud. Ce 21 mars 1960, la police ouvre le feu et tue 69 personnes lors d'une manifestation pacifique dénonçant les lois sur la ségrégation raciale du régime de l'apartheid.

Dans le cadre du thème de la journée 2018 : « Promouvoir la tolérance, l'inclusion, l'unité et le respect de la diversité dans le contexte de la lutte contre les discriminations raciales » : http://www.un.org/fr/events/racialdiscriminationday/ et la Décennie internationale des personnes d'ascendance africaine qui a été proclamée par les Nations Unies, le Caucus des gens de couleur lance un appel à la justice raciale en cette période de crise –, à un moment où nous sommes tous témoins d’une montée sans précédent d’actes racistes, islamophobes et xénophobes.

À l’occasion de cette journée, nous nous souvenons des actes de violence qui ont eu lieu à Charlottesville, en Virginie, où des manifestants racistes, chantant des slogans et des chants nazis et faisant des saluts nazis, s’en sont pris à des défenseurs des droits humains, qui ont coûté la vie à trois personnes et fait des dizaines de blessés. Nous nous souvenons de Barbara Kentner, une Autochtone qui avait été frappée par une boule d'attelage de remorque lancée d'une voiture à Thunder Bay, alors qu’un passager de la voiture avait hurlé : « J'en ai eu une! ». Barbara Kentner est décédée des suites des blessures subies dans cette agression. Nous nous souvenons qu'au début de cette année, lors de la réunion d’un conseil scolaire, à Mississauga, des manifestants d’extrême droite ont scandé des insultes islamophobes, déchiré les pages d'un Coran et piétiné les pages. Les manifestants demandaient que les élèves musulmans n’aient plus le droit de prier à l'école. Ces incidents illustrent la montée des groupes d'extrême droite au Canada et des actes et sentiments anti-immigrants, anti-Noirs et anti-Autochtones. Le Caucus des gens de couleur est aux côtés des syndicats et des groupes communautaires pour combattre les politiques haineuses.

À l’occasion de cette journée, le Caucus des gens de couleur tient à dénoncer les formes les plus pernicieuses de racisme qui touchent des personnes dans leur vie de tous les jours, ainsi que les formes de discrimination systémiques. Ces formes de racisme ont un impact considérable sur les communautés autochtones et racialisées.

« Penser que les actes de racisme sont des actes isolés et le fait d’une poignée d’individus, c'est cautionner inconsciemment le racisme – par exemple en estimant que les brutalités policières ne sont le fait que de quelques “brebis galeuses” ou en croyant au mythe d'une société sans distinction raciale », a indiqué Peter Thompson, président du Caucus des gens de couleur.

Une autre idée fausse est que nous faisons tous partie d’un système fondé sur le mérite – et que chacun d’entre nous est libre de récolter les récompenses et de grimper à l'échelle sociale. Nous savons que de tels arguments sont l’écran de fumée qui cache exactement le contraire – servant même à justifier les inégalités et la discrimination. Je pense ici aux paradis fiscaux pour les très riches, à la privatisation des systèmes d’aide sociale ou au contrôle plus strict de l'immigration fondée sur le « mérite », qui était prôné par l'ex-premier ministre Stephen Harper, et dont le but véritable était de cibler les communautés racialisées.

En exigeant que le racisme soit considéré comme un problème systémique, nous demandons la fin des brutalités policières et des pratiques de fichage, mais aussi de considérer qu’il s’agit également d’une sorte de tolérance au racisme –, et de dénoncer cette idée fausse selon laquelle nous sommes à l’abri, en tant qu'individu ou société, du racisme (ou du fait que le racisme n’existe seulement que sous des formes extrêmes et virulentes de haine et de xénophobie). Ancré profondément dans l’histoire du Canada, le racisme a frappé des communautés entières, à l’instar du génocide culturel des peuples autochtones et de l'exploitation et de l'esclavage des Noirs au Canada. Le racisme contemporain est la continuité de l’histoire.

Le Caucus des gens de couleur préconise de combattre le racisme et l'intolérance systémiques en mettant l’accent sur l’antiracisme. Il s’agit d’un processus dynamique qui reconnaît que le racisme avantage certains et désavantage d'autres, qui cible les structures favorisant les inégalités de pouvoir et qui confronte et dénonce explicitement le racisme. Il s’agit d’identifier le racisme pour ne plus le perpétuer.

« Le racisme, tant implicite et qu’explicite, a existé au Canada depuis des siècles en raison du colonialisme qui misait historiquement sur l'exploitation », a déclaré Warren (Smokey) Thomas, président du SEFPO. « En tant que militants syndicaux, nous avons le devoir de nous attaquer aux causes profondes du racisme et de la discrimination, mais également de veiller à ce que nos pratiques quotidiennes ne contribuent pas à perpétuer le racisme. »

À cause du racisme systémique au Canada, les communautés autochtones et racialisées sont au moins de deux à six fois plus susceptibles de vivre dans la pauvreté. Les communautés d'ascendance africaine et les populations autochtones en particulier sont surreprésentées au sein de presque toutes les catégories de personnes désavantagées, notamment parmi les personnes qui subissent des taux de chômage élevés et qui sont sous-employées. Les personnes racialisées figurent dans ces catégories même si elles ont souvent des niveaux de réussite scolaire et de participation au marché du travail plus élevés que les Canadiens non-racialisés. C'est la raison pour laquelle les programmes d'équité en matière d’emploi sont nécessaires.

En collaboration avec des partenaires communautaires tels que le Colour of Poverty-Colour of Change, le Caucus des gens de couleur demande à tous les membres du SEFPO de s’engager et de s’impliquer pour une société qui défend la tolérance, l’inclusivité et l’anti-racisme :

La collecte de données

  • Encourager les gouvernements à recueillir des données sur la « race » afin de cartographier les populations désavantagées en Ontario et élaborer des mesures ciblées pour remédier aux disparités dans des secteurs tels que l'emploi, la santé et le bien-être.
  • La Direction générale de l’action contre le racisme, qui a été créée en février 2016, planifie de recueillir des données et de créer un outil d'évaluation proactif dans trois secteurs préoccupants – le bien-être de l’enfance, l’éducation et la justice  – la santé et la santé mentale ayant été spécialement écartées.

La réduction de la pauvreté

  • La stratégie nationale de réduction de la pauvreté cible plusieurs communautés vulnérables qui courent un risque élevé de pauvreté, mais elle exclut, pour l’instant, les personnes racialisées. C'est pourtant le cas des peuples autochtones et des personnes racialisées qui connaissent des niveaux plus élevés de pauvreté, d'itinérance et davantage de problèmes de santé.

L'équité en matière d'emploi et des pratiques d'emploi équitables

  • Exhorter les gouvernements à adopter et à faire appliquer la législation provinciale sur l'équité en matière d’emploi (et dans toutes les autres provinces et territoires).
  • Supprimer les obstacles à la reconnaissance des formations et diplômes d’études délivrés par des établissements d’enseignement, des organismes de réglementation et des employeurs à l’étranger.
  • Appuyer les changements proposés au Code des droits de la personne de l’Ontario afin de protéger les personnes contre la discrimination sur la base des relevés judiciaires de la police, d’inculpations ou de non-inculpations, et faciliter le pardon ou la suspension des casiers judiciaires.
  • Assurer l'application véritable de toutes les normes pertinentes en matière d'emploi et dispositions sur les relations de travail.

Les changements au système d’immigration

  • Exhorter les gouvernements à imposer une limite de temps juste et équitable à la détention des immigrants et faire en sorte que la détention soit vraiment appliquée en dernier recours.
  • Développer des alternatives communautaires à la détention autres que la privation de liberté et cesser de détenir des immigrants dans les prisons provinciales.
  • Accorder le statut de résident permanent à tous les travailleurs migrants à leur arrivée et un accès égal aux programmes et divers avantages sociaux couramment ou mutuellement partagés.
  • Accorder le droit de négociation collective aux travailleurs qui sont vulnérables et en situation de précarité. 
  • Renforcer les mécanismes de répression des violations des normes d'emploi, y compris en autorisant les travailleurs victimes d’une lésion à rester au Canada pour obtenir un traitement médical et en leur permettant d’être admissibles à toutes les indemnités en cas d'accident du travail.