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Journée internationale de la femme : Hommage au pouvoir des femmes

Barrie International Women's Day, Thursday, March 8
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Un message de la présidente du Comité provincial des femmes

Cette année en fut une de changements sans précédent dans la vie des jeunes filles et des femmes. Les femmes ont plaidé en faveur de changements politiques dans le cadre de toutes sortes de manifestations globales, marches de femmes, rassemblements #MeToo et, plus récemment, dans une manifestation contre l'acquittement de Raymond Cormier dans le meurtre de Tina Fontaine, une jeune fille de 15 ans de la Première Nation de Sagkeeng.

Il va sans dire que des campagnes dans les médias sociaux comme #MeToo et #TimesUp ont su démontrer le pouvoir de la voix collective des femmes. Des allégations ont été faites non seulement contre le producteur de films Harvey Weinstein, mais aussi contre une multitude de chefs d’entreprise, directeurs d’Hollywood, animateurs d’émissions télévisées et employeurs. La campagne #MeToo a remis en lumière l’ampleur du problème du harcèlement sexuel et de la violence. Pas seulement l’ampleur du problème, mais aussi à quel point la violence faite aux femmes est devenue ordinaire et répandue. Et les histoires ne se sont pas limitées à Hollywood. Nous savons qu’au Canada, 4 femmes sur 10 sont victimes de violence sexiste au travail, et la plupart d’entre elles ne déposent jamais de plainte officielle. Beaucoup d’entre elles craignent d’être jugées, exclues des opportunités, mises à la porte ou victimes de représailles. Les campagnes telles que #MeToo élargissent la narrative et changent le discours public sur la violence faite aux femmes. Les femmes n’ont pas seulement parlé de leurs expériences, mais elles ont aussi exigé que les choses changent. Les femmes ne craignent plus de dénoncer la violence, en ligne et dans d’autres plate-formes. Les femmes ont recouvré leur voix pour partager leurs témoignages et exprimer leur solidarité aux survivantes.

Dans le cadre de la campagne #MeToo, les femmes ont aussi parlé des problèmes de disparités des revenus entre les hommes et les femmes et ont déclaré qu’il était temps (« #TimeUp ») de combler l’écart créé par ces inégalités. Nous savons que quelle que soit la façon dont nous manipulons les chiffres, quel que soit le secteur, le poste ou le nombre d'heures de travail, l’écart salarial entre les hommes et les femmes reste à 31 pour cent. Ceci en dépit du fait que depuis 1991, la proportion de femmes ayant fait des études universitaires a plus que doublé et la participation des femmes sur le marché du travail a passé de 22 pour cent à 82 pour cent depuis le début du siècle.  Pourtant, les progrès réalisés en ce qui concerne l’écart salarial sont incroyablement lents. Au cours du dernier demi-siècle, l’écart s’est réduit d’un misérable 10 pour cent.

Les femmes racialisées, autochtones et handicapées traînent encore plus loin derrière. Pour chaque dollar que gagne un homme, les femmes racialisées gagnent 62 cents, les femmes autochtones gagnent aussi peu que 46 cents; quant aux femmes handicapées, l’écart salarial peut atteindre 75 pour cent par rapport aux hommes. Mais les chiffres ne disent pas tout. Il est important de se rappeler que l’écart salarial entre les sexes s’accompagne souvent aussi de violence sexiste, telle que harcèlement sexuel, racisme et discrimination flagrante. La toxicité des milieux de travail oblige les femmes à quitter leurs emplois et perturbe leurs carrières. Les femmes risquent de passer à côté d’une promotion, de perdre leur ancienneté, leur pension, leur santé et bien d’autres avantages, lorsqu’elles ne sont pas entièrement dégoûtées et abandonnent leur carrière.

Nous devons prendre conscience de la gamme d’inégalités structurelles qui laissent les femmes avec une sécurité et un pouvoir économiques moindres. Nous devons mobiliser le pouvoir du mouvement des femmes dans les rues et dans les médias sociaux pour lutter pour celles dont la voix risque de ne pas être entendue, dont le témoignage est ignoré ou qui ont été réduites au silence. Nous savons que dans le cas de Tina Fontaine, comme le Grand Chef de Manitoba Keewatinw Okimakanak Sheila North l’a dit, « dans le fond, c'est le système qui l'a tuée ». Le système durant toute sa vie – en allant du bien-être de l'enfance, à la surveillance policière, jusqu’aux seuils de pauvreté auxquels elle et sa famille ont dû faire face. Ça inclut aussi l’échec du gouvernement Trudeau à mettre en œuvre une approche fondée sur les droits pour aborder les injustices auxquelles font face les peuples autochtones.

Nous devons entendre les voix des femmes qui sont le plus souvent touchées par la violence et soutenir les efforts communautaires visant à s'attaquer à toutes les formes de harcèlement, de discrimination et de violence raciale faite aux femmes et aux jeunes filles. Avant tout, nous devons galvaniser les mouvements de femmes qui nous ont précédées et qui continuent d’exiger des changements.

Pour célébrer la Journée internationale de la femme avec le Comité provincial des femmes, assistez aux activités de la JIF dans votre région (https://sefpo.org/nouvelles/activites-de-la-journee-internationale-de-la-femme)

Guettez aussi l'arrivée de la campagne du Comité provincial des femmes sur l’écart salarial entre les femmes et les hommes.