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Le président Thomas écrit à Linda Dollin, présidente de l'AMO, pour parler de la vente privée du cannabis

Les employés de la LCBO Notre responsabilité envers vous.
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Warren (Smokey) Thomas, président du SEFPO, a envoyé la lettre ouverte suivante à Lynn Dollin, présidente de l’Association des municipalités de l’Ontario. Dans sa lettre, le président Thomas recommande vivement aux municipalités de combattre la politique imposée à l’étendue de la province qui autorise des intérêts privés à but lucratif à vendre du cannabis à usage récréatif en Ontario.

Le 17 août 2018

Madame Lynn Dollin
Présidente
Association des municipalités de l’Ontario
801 – 200, avenue University
Toronto (Ontario)  M5H 3C6

Madame,

Je vous écris suite aux dernières déclarations du premier ministre Doug Ford en ce qui concerne la vente de cannabis et en prévision de la séance plénière du 22 août prochain sur la mise en place d’une politique de vente du cannabis dans le cadre de votre conférence annuelle qui aura lieu prochainement à Ottawa.

De nombreuses municipalités ontariennes se sont dites très inquiètes relativement à l’impact de l’annonce du premier ministre concernant la vente de cannabis. Comme vous le savez, M. Ford s’était auparavant dit en faveur du modèle proposé de Société ontarienne du cannabis. Aujourd’hui, avant même d’entamer des consultations, il déclare que la distribution du cannabis se fera par le secteur privé.

Les responsables provinciaux et municipaux que vous entendrez à votre conférence aborderont certaines des implications très importantes du nouveau modèle de vente au détail. Je suis certain qu’ils déclencheront les signaux d’alarme qui sauront encourager l’AMO à repenser son soutien de la vente privée de cannabis.

Je suis en contact étroit avec des spécialistes en santé publique. Ils conviennent qu’à tous les points de vue, le plan de M. Ford ne constitue pas une politique judicieuse. Un rapport commandé par le gouvernement précédent indiquait que des organisations spécialisées telles que MADD « privilégient un modèle de commission de contrôle gouvernementale, qui a l’aptitude de promouvoir la sécurité publique, de contrôler les produits et les prix et de tirer parti des meilleures pratiques existantes et des leçons tirées de modèles semblables ».

L’Association des chefs de police de l’Ontario a fait rapport sur une étude de la Police régionale de York montrant que la « légalisation du cannabis dans d’autres juridictions avait entraîné une augmentation des taux de conduite en état d’ébriété, des collisions automobiles, de la criminalité, ainsi que le nombre de blessures/maladies associées à la consommation de cannabis ». On ose à peine imaginer les coûts supplémentaires pour les municipalités, des coûts qui ne manqueront pas d’augmenter de façon considérable si le modèle de détail public responsable venait à être abandonné.

Le premier ministre a donné aux municipalités l’option de ne pas autoriser la vente privée de cannabis. Mais cette offre est à prendre ou à laisser. Ainsi, si les coûts de la vente privée de cannabis s’avéraient trop élevés en terme de santé, de politiques et de répercussions sociales, les municipalités n’auraient d’autre choix que de se laisser imposer la volonté de fer de la province et d’en subir silencieusement les retombées.

La vente de cannabis sera bientôt légale au Canada. Malheureusement, ni le gouvernement fédéral ni le gouvernement provincial n’ont donné suffisamment de temps aux municipalités, aux forces de l’ordre et aux organes de réglementation gouvernementaux pour se préparer. Tant de questions restent sans réponse.

Nous devons nous tourner vers les municipalités, vers des dirigeants communautaires déterminés, éclairés et responsables qui n’ont pas peur de parler clairement du besoin de tirer le meilleur parti d’une situation hérissée d’inconnues et de frais cachés. Nous avons besoin d’une voix forte, unie, pour défendre la vente publique de cannabis par l’entremise de la Société ontarienne du cannabis, filiale de la LCBO.

Transparence : Le modèle accepté auparavant assurait que les travailleurs seraient des membres du SEFPO. Mais laissez-moi vous rassurer, qu’il gagne ou perde quelques centaines de membres, mon syndicat ne va pas s’effondrer. C’est une question de sécurité et de politique publiques. Avec tant d’inconnues, une approche stable a déjà été endossée par les spécialistes en réduction des méfaits et du maintien de l’ordre. Nous espérons que vous serez d’accord avec eux.

Madame Dollin, pendant votre conférence annuelle, j’ose espérer que vous et vos membres prendront au sérieux les nombreuses préoccupations du SEFPO en ce qui concerne le modèle privatisé de distribution du cannabis. C’est une politique publique à la va-vite qui aura des conséquences négatives incalculables sur la province et ses municipalités. C’est unis que nous devons faire face au premier ministre et dire non à la vente privée du cannabis dans nos communautés.

Je vous prie d’agréer, Madame, mes salutations distinguées.

Warren (Smokey) Thomas
Président, Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario

c. : Monika Turner, directrice des politiques, AMO
    Tous les maires de l’Ontario

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