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Lettre à Liz Sandals relative aux prestations après-retraite

Le 29 septembre 2016

Envoi par courriel : sandals.mpp@liberal.ola.org

L’Honorable Liz Sandals
Présidente du Conseil du Trésor
Secrétariat du Conseil du Trésor

Salle 4320, 4e étage, Édifice Whitney
99, rue Wellesley ouest
Toronto (Ontario)  M7A 1W3

Objet : Justice pour les retraités

Madame la Ministre,

Il y a plus de deux ans et demi, votre gouvernement avait annoncé un plan pour exiger des fonctionnaires dont la pension est gérée par la Fiducie de pension du SEFPO (OPTrust) ou le Régime de retraite de la fonction publique (RRFP) de commencer à payer la moitié du coût des primes pour leurs prestations garanties après la retraite.

Dès le 1er janvier 2017, cela représente un coût supplémentaire d’environ 900 $ par année pour une personne seule, en assumant qu’elle puisse se le permettre. Pour les retraités avec une protection familiale, le coût supplémentaire sera de l’ordre de 1 600 $ par année.

C’est beaucoup d'argent pour nos retraités. En 2015, la pension moyenne d’un membre de la  Fiducie de pension du SEFPO était inférieure à 21 000 $. Vous demandez à mes membres de payer entre quatre et près de huit pour cent de leur revenu de pension pour quelque chose qu’ils pensaient être leur pendant des décennies.

Ce n'est pas la première fois que je le dis, et je me répète, votre plan est carrément injuste.

Les membres du SEFPO qui ont accepté un poste à la Fonction publique de l’Ontario, à la LCBO et dans les autres organismes du gouvernement l’ont fait en sachant que les prestations de retraite faisaient partie de leur rémunération globale. Pour un gouvernement dirigé par une première ministre qui s'est dite si inquiète du sort des personnes âgées et des retraités, c'est une honte que de se retourner ainsi contre eux. À aucun moment avant 2014 votre gouvernement n’a-t-il laissé entendre que les prestations après-retraite étaient à risque. Au moment de votre annonce, vous avez présenté votre plan comme un fait accompli immuable.

En 2014, nous avions dit à votre gouvernement que cette attaque sur les avantages sociaux conduirait à un exode massif du personnel à un moment où la plupart des lieux de travail du secteur public ont déjà été réduits au minimum. Malheureusement, nous avions raison. Depuis 2014, des milliers de membres de la Fiducie de pension du SEFPO et du Régime de retraite de la Fonction publique ont quitté leur emploi – certains plus tôt que prévu – afin d’éviter le choc financier que le gouvernement leur réservait. Et ce n'est pas difficile de comprendre pourquoi. Ainsi, si ce plan maladroit était en fait bien pensé, alors vous avez accompli votre mission d’attaque contre la FPO.

Il fut un temps où le gouvernement de l'Ontario se considérait comme un employeur modèle. La promesse de prestations garanties à la retraite faisait partie d’une espèce de pacte entre le gouvernement et ses fonctionnaires, les employés de la LCBO et des autres organismes provinciaux. Mais vous avez désormais rompu ce pacte.

Les victimes de cette trahison sont principalement des femmes; comme vous le savez, deux tiers des employés de la fonction publique sont des femmes et les femmes ont tendance à vivre plus longtemps que les hommes. Ce sont en grande partie des personnes qui, malgré qu’elles aient travaillé dur toute leur vie, n’ont pas un revenu élevé. Et mes membres, dont le revenu de retraite est nettement inférieur à celui des gens qui gagnent des revenus élevés dans le RPFP, sont révoltés de voir que votre gouvernement veut que les retraités à faible revenu paient les mêmes primes élevées que les cadres supérieurs paient eux-mêmes. Votre plan est simplement régressif, ce qui va à l'encontre de ce que votre gouvernement prétend être.

Bien entendu, de nombreux membres de la Fiducie de pension du SEFPO peuvent simplement décider que le coût des primes est trop élevé compte tenu de leurs revenus modestes. Et lorsque cela se produit, ils n’auront simplement plus aucune prestation. Plutôt que d’absorber la moitié du coût de votre plan, ils en absorberont la totalité. Je peux vous garantir que les membres de la Fiducie de pension du SEFPO qui ne peuvent se permettre les prestations dont ils ont besoin à la retraite penseront à vous et à la première ministre.

La fin de l’année approche vite, mais il vous reste assez de temps pour changer de cap en ce qui concerne cette décision. Si votre gouvernement est intéressé à essayer une approche progressive à l’approche des prochaines élections, vous feriez bien d’annuler cette décision immédiatement.

Je vous demande de bien vouloir m'accorder une réunion dès que possible.

En attendant votre réponse et celle du gouvernement à ce sujet,

Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, mes salutations distinguées.

Warren (Smokey) Thomas
Président, Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario