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Membres de la section locale 320 au ministre Hoskins : Nous embaucherez-vous?

Open letter to the Honourable Eric Hoskins, Minister of Health and Long-Term Care
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Le 4 avril, des membres inquiètes de la section locale 320 du SEFPO, à Parry Sound et dans la région avoisinante, ont envoyé la lettre ouverte suivante à l'Honorable Eric Hoskins, ministre de la Santé et des Soins de longue durée.

Par courriel et par la poste

L'Honorable Eric Hoskins, ministre
Ministère de la Santé et des Soins de longue durée
10e étage, Édifice Hepburn
80, rue Grosvenor
Toronto (Ontario)  M7A 2C4

Monsieur le ministre,

Nous sommes une équipe de 27 préposées aux services de soutien à la personne (PSSP), toutes des femmes, qui travaillent pour les Infirmières de l'Ordre de Victoria (VON) à Parry Sound et dans la région avoisinante. Nous travaillons avec acharnement et dévouement, offrant d’excellents soins à nos patients. Appuyées par le président de notre syndicat, Warren (Smokey) Thomas, nous vous écrivons pour vous dire que votre plan de « donner la priorité aux patients » est loin d’atteindre ses objectifs. À titre d’expertes aux premières lignes, il est temps que vous nous écoutiez.

Nous sommes toutes PSSP depuis au moins quatre ans et bon nombre d’entre nous font ce travail depuis près de 20 ans. C’est impressionnant quand on sait que le secteur des soins à domicile et communautaires est souvent en proie à un fort roulement du personnel en raison de la nature précaire de notre type de travail. Une telle situation entraîne souvent des problèmes au niveau de la continuité des soins; les nouvelles employées n’ayant pas le temps d’apprendre tous les détails concernant un patient, des détails qui sont critiques au bien-être de chaque patient. Notre taux d’annulation est extrêmement faible; nous annulons rarement un rendez-vous. Nous qualifier de fiables est peu dire. Nous sommes très fières du travail que nous faisons.

Malheureusement, les soins à domicile ont des problèmes. Tandis que la Loi donnant la priorité aux patients reconnaît la valeur de la prestation des soins à domicile, elle échoue complètement lorsqu’il s’agit de proposer les changements qui permettraient de faire passer davantage des fonds accordés pour les soins à domicile aux premières lignes. Et nous pourrions toutes perdre notre emploi à cause de cela. Nous vous écrivons pour savoir si vous êtes prêt à nous embaucher; laissez-nous vous expliquer.

Dans son rapport de 2015, la vérificatrice générale avait découvert que pour chaque dollar dépensé par un Centre d'accès aux soins communautaires (CASC), seuls 61 cents allaient au traitement individuel des patients. Une grosse part des 39 cents restants était absorbée par les salaires du personnel de gestion et les profits de leurs entreprises privées. La Loi donnant la priorité aux patients proposait l’élimination des CASC, considérés comme un niveau de bureaucratie inutile. Mais que pensez-vous de toute la bureaucratie que cela prend pour diriger les 160 agences à travers l’Ontario qui sont retenues pour fournir des soins à domicile, y compris celles à but non lucratif comme le VON? Pourquoi ne pas réparer le système afin que notre argent ne finance pas cette pléthore d’agences?

Pourquoi ne pas « internaliser » la prestation des soins à domicile? 

Monsieur le ministre, nous vous écrivons pour vous demander de le faire à Parry Sound et dans le district, en apportant un simple changement : faire du Réseau local d'intégration des services de santé (RLISS) notre employeur.

Notre situation met en lumière la façon dont la sous-traitance fonctionne. Depuis des années, notre employeur menace de mettre fin à notre contrat avec le CASC, nous forçant à accepter des concessions, y compris une réduction de l’indemnisation pour les frais de déplacement et le temps consacré dans le dossier du patient (des éléments tous deux essentiels de notre travail). On nous a dit que les temps étaient durs et que si nous voulions garder nos emplois, nous devions accepter moins. La mise en œuvre récente, par votre gouvernement, des tarifs de facturation harmonisés pour les visites des PSSP n'est que la dernière des excuses utilisées par notre employeur pour justifier cet argument.

Si le VON décide d’abandonner son contrat à Parry Sound, les patients en souffriront. En tant que prestataires de soins, nous avons passé des années à nouer des liens avec nos patients; nous avons su gagner leur confiance et nous ne savons que trop bien que la familiarité et l’uniformité sont des ingrédients essentiels pour arriver à des résultats positifs avec le patient.

En tant que PSSP, nous risquons nos vies en roulant sur des routes de campagne par beau et mauvais temps (et plus souvent qu’on l’aimerait, sur la neige, sur la glace et dans le grésil).  Nous visitons les gens chez eux, souvent les plus malades et les plus fragiles, ainsi que les personnes âgées de nos communautés, et nous faisons tout en notre pouvoir pour leur fournir des soins cohérents et excellents. Nous desservons une région particulièrement rurale et isolée; voyageant parfois plus d’une heure dans chaque direction pour rendre visite à un patient.

Au fur et à mesure que la complexité des besoins d’un patient augmente, nous finissons par en faire bien plus que ce qu’on considère habituellement comme des soins infirmiers. Nous en faisons plus avec moins.

La qualité des soins aux patients dépend du respect que l’on a pour les travailleurs de première ligne. Ainsi, Monsieur le ministre, nous embaucherez-vous?

Veuillez agréer, Monsieur le ministre, nos salutations distinguées.

Une équipe de PSSP très inquiètes de la section locale 320 du SEFPO, à Parry Sound

Kim Ainslie, Johanna Bradley, Laurie Burns, Wanda Bushey, Heidi Fleischmann, Cathy Follick, Eilleen Grisdale, Kendra Kerr, Kathryn Loch, Julie Olds, Deborah Powell, Kim Schmidt, Carrie Shurr, Julia Snyder, Cathy Todd, Mary Vincent, Susan Wickman

p.j.

c. : Hon. Kathleen Wynne, première ministre
Warren (Smokey) Thomas, président du SEFPO
Norm Miller, député provincial (Parry Sound-Muskoka)
Jeff Yurek, porte-parole en matière de santé, PC
France Gelinas, porte-parole en matière de santé, NPD