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Le message du président du SEFPO pour la Journée mondiale du sida 2016

World AIDS Day, Dec 1
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« Le sida n’est plus juste une maladie, c’est une question de droits humains. » (traduction libre)

Ce sont les paroles qu’a prononcées Nelson Mandela à Cape Town la veille de la Journée mondiale contre le SIDA 2003 devant un gigantesque rassemblement. Ces paroles sont tout aussi vraies aujourd’hui en 2016 qu’elles l’étaient il y a 13 ans en Afrique du Sud.

Ce qui a commencé comme un mystère médical frappant et tuant de façon disproportionnée les jeunes hommes gais en Amérique du Nord au début des années 1980 s'est rapidement répandu au cours des décennies suivantes aux quatre coins de la planète. Comme les scientifiques médicaux l’ont vite découvert, personne n’était à l’abri de ses tentacules mortels. Aucun groupe racial, économique ou social n’était épargné. Jeunes et moins jeunes, riches et pauvres, pays du monde développé ou en développement, nous étions tous et toutes entraînés dans son sillage.

Témoins silencieux de l’avancée inéluctable de cette maladie infectieuse, tandis même que les découvertes scientifiques et les traitements médicaux permettent de ralentir de façon considérable le nombre de décès causés par le VIH/sida, nous en sommes venus à comprendre que, comme l’a si justement fait remarquer Nelson Mandela en 2003, le sida n’est plus « juste une maladie ». C’est une question de droits humains qui exige encore davantage de tous les niveaux du gouvernement, ici et à l'étranger. L’urgence ne s’est pas atténuée.

Tandis que Monsieur Mandela lançait son appel à l’action, le monde ne faisait que s’éveiller à l’idée des traitements antirétroviraux de maintien en vie; pour la plupart mis à la disposition des victimes du monde développé. Les traitements anti-VIH étaient encore très dispendieux et inaccessibles, les mettant hors de portée des personnes à l’épicentre de l’épidémie, soit en Afrique sub-saharienne, et dans de vastes régions de l’Asie du Sud-Est. La discrimination contre les homosexuels et autres minorités sexuelles dans de vastes parties du monde était omniprésente, un fait qui, malheureusement, n’a que peu changé depuis dans trop de nations socialement conservatrices.

Mais le vent a tourné. Aujourd’hui, 15 millions de personnes vivant avec le VIH/sida ont accès à des médicaments qui aident à combattre la maladie. Ces traitements ont permis de sauver plus de 4,2 millions de personnes, selon l’ONUSIDA, l’agence des Nations Unies responsable d’éradiquer l’épidémie d’ici à 2030. Elle estime que l’amélioration de l’accès aux traitements a permis de réduire le taux de nouvelles infections de 58 pour cent.

Malgré cela, nous nous souvenons des paroles de Monsieur Mandela, le sida n'est pas juste une maladie, c'est une question de droits humains. Pourquoi? Parce que la maladie touche de manière disproportionnée les jeunes gens, les hommes gais, les transgenres, les usagers de drogues par injection, les travailleurs du sexe et les personnes d’autres groupes marginalisés. C’est tout aussi vrai ici à Toronto qu’à Cape Town, Moscou, Singapour ou New York.

Les médicaments permettent désormais de réduire les taux d'infection. Réduisons-les encore davantage en faisant la promotion des droits humains et de la dignité au nom de ceux et celles qui vivent avec le VIH/sida.

Comment s’y prendre? Nous pouvons le faire de plusieurs façons différentes : en travaillant ensemble pour rejoindre les personnes qui n’ont toujours pas accès à des traitements complets, à la prévention, aux soins et services de soutien; en renforçant notre engagement à l’égard de la recherche sur le VIH et les interventions fondées sur la recherche; en nous unissant pour surmonter les injustices causées par la violence et l’exclusion de certaines personnes en raison de leur sexe, classe, race, citoyenneté, foi, géographie et orientation sexuelle, et en abrogeant des lois qui empiètent sur les droits de la personne et empêchent les communautés de participer dans le monde d’égal à égal.

Tout au long de sa lutte courageuse et à vie pour renverser l'apartheid en Afrique du Sud, Nelson Mandela a démontré qu’aucun obstacle, aussi enraciné ou puissant qu’il soit, ne peut quoi que ce soit contre l’unité d’un peuple qui se bat contre le mal. La médecine moderne a démontré que nous pouvons faire d’énormes progrès contre le sida. Engageons-nous à user des droits de la personne pour mettre fin à l’épidémie une fois pour toute.

Solidairement,

Warren (Smokey) Thomas