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Jour national de deuil : Une déclaration du président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas

Day of Mourning, April 28, Remember & Renew.
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Nous fêterons demain le 28 avril le Jour national de deuil; nous nous rappelons des personnes tuées ou blessées ou qui sont tombées malades en raison de leur travail. Dans les villes et villages de tout le pays, des travailleurs et dirigeants locaux se réuniront pour un moment de silence pour commémorer la disparition de nos frères et soeurs.

En cette journée, les centrales syndicales invitent tous les Canadiens à se joindre à nous pour commémorer les décès inutiles de travailleurs qui devaient normalement rentrer à la maison après une journée de travail, mais qui ne sont jamais rentrés.

Les chiffres sont stupéfiants. En 2015, dernière année pour laquelle nous avons des statistiques, 852 Canadiens sont morts au travail et 232 000 y ont été blessés, selon le Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail. Que le nombre de victimes soit si énorme est inexcusable dans une nation aussi éduquée et prospère que la nôtre. Cela signifie que nous devons redoubler d'efforts pour améliorer la sécurité et l'hygiène dans tous les milieux de travail.

Demain marque également le 25e anniversaire de la catastrophe à la mine Westray, en Nouvelle-Écosse, qui a coûté la vie à 26 travailleurs. Une enquête publique a conclu que ces décès avaient été inutiles et que les propriétaires de la mine exploitaient une entreprise dangereuse.

En dépit de ces tragédies, nous ne devons pas perdre de vue le fait que des changements importants ont été apportés, pour lesquels les organisations syndicales peuvent s'attribuer une bonne part du mérite.

Nous avons des lois plus robustes sur la santé et la sécurité, sensées protéger les travailleurs contre les blessures, la maladie et la mort.

Nous avons favorisé l'adoption de certaines lois limitées sur la dénonciation, qui visent à protéger contre les représailles les travailleurs qui découvrent et signalent des conditions dangereuses dans le milieu de travail. 

Grâce aux efforts des organisations syndicales, les travailleurs d'aujourd'hui sont beaucoup plus conscients des normes de santé et de sécurité en existence dans les milieux de travail.

Et nous avons des lois en place qui, en théorie du moins, criminalisent les employeurs qui exploitent des chantiers de travail dangereux – même si je serai incapable de citer un cas où un PDG est allé en prison parce qu'un travailleur est décédé inutilement sous sa supervision. Les employeurs qui ignorent délibérément nos règlements en matière de santé et de sécurité doivent être punis avec toute la rigueur de la loi.

Je suis extrêmement fier de la position du SEFPO en ce qui concerne les lois sur la santé et la sécurité au travail. De concert avec des organisations progressistes, notre syndicat peut se vanter d'une série de victoires dans la lutte pour rendre les milieux de travail plus sécuritaires – pas seulement pour les travailleurs syndiqués, mais pour tous les travailleurs.

Notre division de la santé mentale, par exemple, demande au gouvernement de resserrer les mesures de sécurité dans les établissements psychiatriques afin d'éviter que les travailleurs et les clients se fassent attaquer et blesser, comme ça se passe chaque jour quelque part dans la province à l'heure actuelle.

Le SEFPO représente près de 400 inspecteurs de sécurité au ministère du Travail – un nombre qui est resté à peu près le même depuis 2004, en dépit d'une économie et d'une main-d'oeuvre croissantes. Ils passent la plus grande partie de leur temps à enquêter sur les décès et blessures et de moins en moins de temps à inspecter les milieux de travail dangereux. Faut-il s'étonner alors que le nombre de décès et de lésions demeurent si élevé?

Janice Martell, membre de la section locale 604, à Elliott Lake, est un symbole du courage et de la détermination du SEFPO. Soeur Janice a fondé le McIntyre Powder Project après que son père et quelque 20 000 autres mineurs du nord de l'Ontario tombent malades après avoir inhalé de la poudre McIntyre – chaque jour pendant des années avant d'entrer dans les mines. On leur avait dit que cette poussière les protégerait des toxines dangereuses trouvées dans les mines; au lieu de ça, c'est devenu une sentence de mort pour certains.

Pendant des dizaines d'années, la Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail a refusé d'indemniser ces mineurs pour leurs maladies, disant qu'elles n'avaient aucun rapport avec la poudre et les problèmes de santé ultérieurs, comme le cancer. Janice Martell a déclaré qu'elle ne ferait pas marche arrière tant que la CSPAAT n'aurait pas elle-même changé d'avis. Le gouvernement l'écoute.

Nous devons traiter la santé et la sécurité au travail comme un droit humain plutôt que comme une simple série de règles et règlements ignorés par un nombre beaucoup trop important d'employeurs. Le SEFPO ne relâchera pas ses efforts tant que les travailleurs et leurs familles ne se sentiront pas en sécurité dans leurs milieux de travail et ne craindront plus de mourir ou de se faire blesser au travail.

En solidarité,

Warren (Smokey) Thomas
Président