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Le 22 mars, notre cri de ralliement : « Plus personne sans eau! »

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De toutes les journées des Nations Unies que commémore l’OPSEU/SEFPO, la Journée mondiale de l’eau, le 22 mars, est l’une des plus importantes. Pourquoi? Parce que nous avons besoin d’eau pour vivre. De plus, inutilement et tragiquement, un manque chronique d’eau potable affecte directement la vie de centaines de milliers d’Autochtones.

Il n’y a peut-être rien de plus évident en termes d’attitude néo-colonialiste du gouvernement fédéral à l’égard des peuples des Premières nations que son inaction chronique face au besoin pour chaque réserve au Canada de disposer d’un approvisionnement continu et suffisant en eau potable.

Le gouvernement fédéral reconnaît qu’il existe encore 58 avis à long terme concernant la qualité de l’eau potable dans des communautés des Premières nations du Canada. Ce chiffre effarant contredit une résolution de 2010 des Nations Unies, qui reconnaissait que « le droit à l’eau potable et à l’assainissement est un droit de l’homme essentiel à la pleine jouissance de la vie ».

Lorsque le gouvernement Trudeau est arrivé au pouvoir, en 2015, il s’est engagé à résoudre la crise de l’eau d’ici à 2021. Il n’a pas tenu sa promesse. Une analyse du Globe and Mail publiée plus tôt ce mois révèle que deux Premières nations de l’Ontario – Shamattawa et Shoal Lake 40 – font l’objet d’avis à long terme concernant l’eau depuis plus de vingt ans, alors que 10 autres n’ont pas d’eau propre depuis 10 ans.

La Première nation de Neskantaga, située à 450 km au nord de Thunder Bay, fait l’objet d’un avis d’ébullition de l’eau depuis 1995, l’avis le plus long au Canada. Pensez-y un instant. Les résidents au début de la vingtaine n’ont jamais eu accès à de l’eau potable. En décembre dernier, la communauté a une fois de plus dû être évacuée pendant deux mois en raison de problèmes avec sa station de traitement de l’eau potable.

La Première nation de Grassy Narrows (Asubpeeschoseewagong), 100 km au nord-ouest de Kenora, connaît des problèmes de santé mentale et physique depuis des dizaines d’années en raison des niveaux de mercure toxiques dans la rivière English-Wabigoon, qui se trouve à proximité. Dryden Chemicals avait déversé du mercure dans le système entre 1962 et 1970, faisant que quelque 90 % des résidents de Grassy Narrows souffrent de toxicité au mercure. C’est un exemple particulièrement honteux de la façon dont l’appât du gain peut contribuer à l’empoisonnement d’une population.

Dans une déclaration publiée le 18 mars dernier, le gouvernement canadien a déclaré qu’il investirait 69,5 millions de dollars; le gouvernement de l’Ontario, 16,9 millions de dollars; et Irene Kells, chef de la Première nation de Zhiibaaasing, au nom des communautés autochtones de l’Ontario, 5,8 millions de dollars pour des projets d’infrastructure d’eau propre, d’eaux usées et d’eaux pluviales dans les communautés des Premières nations de la province. Bien que cet argent tardif soit certainement nécessaire et bienvenu, des moyens fiables de procurer les fonds aux communautés doivent d’abord être en place.

L’OPSEU/SEFPO est une voix active dans la lutte pour apporter de l’eau propre aux Premières nations. Cela fait des années que nous parlons de ce scandale et que nous organisons des activités dans le cadre de la Journée mondiale de l’eau. En 2017, notamment, l’Équipe de mobilisation autochtone avait rassemblé des dispositifs de protection de l’eau pour un symposium très réussi intitulé « L’eau c’est la vie ». En 2018, le Cercle des Autochtones, en partenariat avec des gardiens de l’eau autochtones, avait présenté une résolution dans le cadre du Congrès demandant de prendre des mesures pour protéger l’eau.

Cette année, le Cercle des Autochtones est extrêmement fier de présenter un Forum virtuel sur la Journée mondiale de l’eau, lequel aura lieu ce dimanche 21 mars, de 14 h à 17 h. Pour s’inscrire, prière de communiquer avec l’Unité de l’équité, à l’adresse equity@opseu.org, en mentionnant votre nom et le numéro de votre section locale.

Le Cercle des Autochtones continue de faire pression sur le gouvernement pour l’encourager à arrêter de traîner les pieds pour faire en sorte que chaque Canadien ait accès à de l’eau potable. Il va sans dire que les dirigeants et l’effectif de l’OPSEU/SEFPO appuient le Cercle des Autochtones à cent pour cent.

« Valoriser l’eau » est le thème de la Journée mondiale de l’eau en 2021. Pour la majorité des Ontariens qui ne sont jamais restés sans eau potable, il s’agit d’une leçon que nous devons apprendre. C’est aussi une leçon que les gouvernements doivent apprendre, pas seulement lorsqu’ils manquent à leur parole de faire en sorte que les communautés aient de l’eau douce, mais aussi lorsqu’ils laissent de grosses multinationales comme Nestlé acheter de l’eau de source pour cinq cent les 100 litres!

Nous devons commencer à prendre la gestion des eaux au sérieux. Non seulement tout le monde a besoin d’eau propre aujourd’hui, nous devons aussi faire en sorte que tout le monde y ait accès dans l’avenir, que ce soit dans la Première nation de Shamattawa ou de Shoal Lake 40, à Sudbury ou à Scarborough. Parce que nos ressources les plus précieuses doivent servir le peuple, pas les profits.

Solidairement,

Warren (Smokey) Thomas, président de l’OPSEU/SEFPO
Eduardo (Eddy) Almeida, premier vice-président/trésorier de l’OPSEU/SEFPO