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Lettre ouverte du président Thomas relative à la Owen Sound Family Health Organization

OPSEU Local 276 members picket outside of Owen Sound Family Health Organization.
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Le président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, a envoyé la lettre ouverte suivante aujourd’hui même au Dr Steven Bodley, président de l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario, relativement à la Owen Sound Family Health Organization et aux 22 médecins à qui appartient la clinique.   

Le 24 juillet 2018

Dr Steven Bodley, président
Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario
80, rue College
Toronto (Ontario)  M5G 2E2

Cher Docteur Bodley,  

Je vous écris au nom de tous les membres du Conseil exécutif du SEFPO pour exprimer notre profonde inquiétude face aux agissements des 22 médecins propriétaires de la Owen Sound Family Health Organization (FHO). Nous estimons que les normes de pratique médicale et de professionnalisme de l’Ordre ne sont pas respectées et nous demandons que des mesures soient prises immédiatement.

Cela fait dix semaines que les infirmières, le personnel de bureau et le personnel d’entretien de la FHO sont en grève. Ces membres du SEFPO demandent à être rémunérés de la même façon que les employés d’autres installations qui font le même travail; c’est une question fondamentale de respect et d’équité.

Ces normes sont toutefois loin d’être celles dont bénéficient nos membres dans leur lieu de travail.

Par leur nature même, les grèves sont difficiles, et entraînent souvent de vives tensions. Mais ce que nos membres vivent ici dépasse largement tout cela. Les médecins de la FHO ont lancé des insultes à nos membres sur le piquet de grève, tenant aussi des propos extrêmement humiliants, dérogatoires et sexistes; des paroles que l’on ne devrait jamais prononcer, et que je ne me permettrai pas de répéter ici.

À notre grande stupeur, les médecins sont allés jusqu’à révéler les renseignements médicaux d’un travailleur de remplacement. Avec la récente violation de la vie privée à l’Hôpital d’Ottawa à la une des journaux, nous avons vu à quel point il est facile pour l’information médicale d’un patient de faire l’objet de fuites. C’est extrêmement perturbant. Les organisations qui gèrent des renseignements médicaux personnels, comme le fait la FHO d’Owen Sound, doivent prendre certaines mesures particulières pour protéger ces renseignements. Nous sommes préoccupés par le mépris flagrant des médecins de cette organisation face à la protection de la vie privée des patients et à leurs propres obligations en vertu de la loi.

En dépit de leur refus de négocier une convention collective équitable avec leur personnel, ce groupe de médecins jette de l’argent public dans les poches d’avocats et de gardes de sécurité grassement payés de Toronto depuis le début de la grève. La semaine dernière, tandis qu’une entente semblait être à portée, les médecins ont menacé de mise à pied les infirmières autorisées, neuf infirmières auxiliaires autorisées, ainsi que cinq employés de bureau.

Ils ont dit vouloir remplacer leurs postes par des postes d’assistant médical et de coordonnateur du cheminement des patients. Ces nouveaux postes ne feraient pas partie d’un ordre professionnel qui garantit la confidentialité aux patients ou des normes de soin quelconques. Ces médecins tentent clairement de déqualifier leur personnel et de miner la capacité du syndicat à représenter ses membres, afin que quelques privilégiés puissent en tirer plus de profits. C’est contraire aux principes de notre système de santé public et cela constitue une menace importante pour le bien-être des patients.  

Dr Bodley, ces travailleurs ne sont pas des marionnettes dont on peut simplement se débarrasser, sans égard à la santé des patients. Assurément, l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario ne croit pas en une médecine à la chaîne, où les deniers du contribuable sont utilisés pour doubler les poches de propriétaires de cliniques privées. 

Une clinique de santé familiale ne peut exploiter sans infirmières qualifiées. Tandis que nous reconnaissons qu’un tel comportement n’est pas représentatif du comportement de tous les médecins, vous conviendrez sans doute que de telles actions sont répréhensibles.

Manifestement, elles ne sont pas conformes aux normes de pratique médicale et de professionnalisme auxquelles adhère votre organisation. Je vous écris aujourd’hui pour demander que votre ordre prenne position contre des actions si malveillantes, afin de défendre les soins de santé publics et le respect mérité par tous les travailleurs et professionnels de la communauté des soins de santé.

Solidairement,

Warren (Smokey) Thomas, président
Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO)

p.j.

c. :          

Hon. Doug Ford, premier ministre
Hon. Christine Elliott, ministre de la Santé et des Soins de longue durée, sous-ministre adjointe
France Gelinas, Porte-parole en matière de santé