Skip to content
1400-200_300dpi-indigneous_circle_fr.jpg

Déclaration du Cercle des Autochtones du SEFPO au sujet de la reconnaissance des territoires traditionnels

Indigenous Circle
Share on facebook
Share on twitter
Share on email

À la suite de la publication du rapport de la Commission de vérité et réconciliation (CVR), de nombreuses organisations de colons ont décidé de poser un geste de réconciliation et de commencer leurs réunions par une déclaration reconnaissant les territoires autochtones traditionnels. 

Nous comprenons que ces rituels visant à reconnaître le territoire ont commencé avec de bonnes intentions et en réponse au rapport de la CVR.  Mais pour beaucoup d’organisations, il s’agit simplement d’un point de plus à faire à l’ordre du jour pour montrer qu’elles ont fait leur part pour reconnaître les réalités des communautés autochtones et leur rôle de gardien de la terre.  Bien que nous apprécions l’intention des déclarations de reconnaissance du territoire et reconnaissons le fait que ces rituels ont contribué à éduquer certains membres sur la diversité des communautés autochtones qui vivent sur l’Île de la Tortue, nous avons des motifs d’inquiétudes quant à la façon dont elles sont faites.

Comme de nombreuses organisations autochtones, le Cercle des Autochtones du SEFPO reçoit de nombreuses demandes de « formulation » de reconnaissance du territoire. Certains groupes nous demandent même parfois « de leur dire ce qu’ils doivent dire ».   Nous avons constaté que certains groupes non autochtones ne font souvent aucune recherche de base sur les communautés autochtones qui ont vécu sur le territoire où se déroule leur réunion.

L’objectif initial de la reconnaissance du territoire est de faire en sorte que les organisations de colons s’informent des réalités des communautés autochtones dans leurs régions.  La diversité et la richesse des cultures et de l’histoire des Autochtones ne peuvent pas être réduites à une simple déclaration qui est lue au début d’une réunion.  Reconnaître les injustices infligées aux communautés autochtones sans prendre l’engagement de réparer les préjudices qui ont été causés ressemble à des excuses plates qui ne nous sont que trop familières.  Nous recommandons de placer la déclaration de reconnaissance du territoire tout en haut de l’ordre du jour, avant l’Énoncé de respect et certainement avant toute interprétation d’O’Canada, et non pas comme une déclaration faite à la va-vite avant de passer aux vraies affaires.

Pour de nombreux peuples autochtones, une déclaration de reconnaissance du territoire est un geste purement symbolique quand le Canada et les Canadiens ne reconnaissent pas le génocide en cours à l’endroit des filles, femmes et personnes bispirituelles autochtones; quand de nombreuses communautés autochtones n’ont pas accès à l’eau potable, à des logements, à l’éducation et à des soins de santé; quand le Canada refuse de reconnaître sa responsabilité pour les écoles résidentielles, la rafle des années 1960, les signalements de naissance qui continuent et le nombre démesurément élevé d’enfants autochtones placés en famille d’accueil; quand le Canada continue d’empiéter sur les territoires pour extraire des ressources; et quand les peuples autochtones continuent d’être victimes de discrimination dans tous les aspects de leur vie.

Une déclaration de reconnaissance du territoire n’a de sens que si les Canadiens sont disposés à reconnaître les préjudices, à accepter leur responsabilité et à offrir des réparations aux peuples autochtones.  Pour être pertinente, une telle déclaration doit être bien plus que des mots qu’on lit sur un papier. Elle doit venir du cœur et être faite dans un véritable esprit de réconciliation.

Par conséquent, le Cercle des Autochtones du SEFPO recommande d’inclure dans la déclaration de reconnaissance du territoire un contenu sur les réalités actuelles de la colonisation qui est toujours en cours.  Le contenu suivant, par exemple, exprime un véritable désir de réconciliation : « Nous reconnaissons également le fait que le gouvernement du Canada et ses citoyens continuent de construire des pipelines et d’empiéter sur des territoires autochtones sans leur consentement libre et formel.  Cette forme de colonisation méprise le principe selon lequel les communautés autochtones demeurent les protecteurs traditionnels de l’eau et les défenseurs de la terre sur l’Île de la Tortue et nous nous engageons à faire tout notre possible pour mettre fin à cette pratique. » 

Davantage de ressources sur la reconnaissance des territoires traditionnels sont disponibles sur le site Web de la FTO à : http://ofl.ca/resources-for-incorporating-first-nations-metis-and-inuit-perspectives-into-planning-and-programming