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Le SEFPO lance une campagne et un programme d’éducation pour prévenir la violence domestique et sexuelle

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« Il est à peu près temps que la loi reconnaisse le stress et les difficultés indus que la violence sexiste impose aux travailleuses. La violence familiale et sexuelle affecte de façon disproportionnée les femmes et a souvent un impact négatif sur leur vie au travail. »
– Warren (Smokey) Thomas, président du SEFPO

Le Comité provincial des femmes a présenté une motion au Conseil exécutif du SEFPO demandant d’accroître les pressions et de faire davantage de promotion sur les questions liées à la violence domestique et sexuelle. La motion a été adoptée par le Conseil exécutif à la fin du mois de juin.

La motion demande tout particulièrement de faire en sorte que les amendements législatifs tiennent compte des difficultés uniques auxquelles se heurtent les travailleuses victimes de violence à la maison ou au travail.  « Il est essentiel qu’on apporte des modifications à la législation », a déclaré Carol Mundley, présidente du CPF, « parce que la violence faite aux femmes est un véritable fléau. Même si davantage de femmes autochtones, racialisées, immigrantes et autres femmes plus vulnérables sont victimes de violence, celle-ci touche vraiment des femmes de tout âge, classe et région géographique. Nous devons considérer cette violence comme une violation flagrante des droits de la personne. »

Les protections assurées par la loi ne sont qu’un des éléments clés visant à faire en sorte que les femmes n’aient pas à devoir décider entre une relation abusive et le chèque de paie dont elles ont besoin pour échapper à la violence. Les recherches ont démontré qu’un emploi est un des principaux moyens pour une femme de quitter et de se rétablir de la violence domestique et sexuelle.  Et la violence domestique et sexuelle est un problème grave au travail car elle y suit souvent les femmes.  

Comme le CPF l’a dit ici, le lien entre la violence et le lieu de travail a été confirmé dans une recherche effectuée en 2014 par le Centre for Research & Education on Violence Against Women & Children du CTC et de l’Université Western.

Quatre-vingt-deux pour cent des survivantes participant à l’étude ont dit que la violence d’un partenaire intime avait nui à leur rendement professionnel. Plus de la moitié des répondantes ont indiqué qu’au moins un type d’acte abusif avait été perpétré au travail ou à proximité. Une répondante sur dix a avoué avoir été mise à la porte suite à l’abus,  ce qui signifie que les employeurs subissent déjà les conséquences de la violence, sous forme de baisses de la production et de la productivité et d’absentéisme. De grandes études conduites par le ministère fédéral de la Justice révèlent que la violence domestique et la violence sexuelle coûtent déjà 78 millions de dollars par année et 18,4 millions de dollars par année aux employeurs, respectivement.

Grâce aux modifications législatives, qui ajoutent des soutiens adéquats pour les survivantes de violence, les employeurs ne portent plus le fardeau de ces coûts. En Ontario, les récentes modifications législatives, telles que le Projet de loi 148 ou Loi de 2017 pour l’équité en milieu de travail et de meilleurs emplois, ont introduit de nouvelles dispositions sur les congés pour violence domestique et sexuelle, mais bien des gens estiment que ces changements sont loin de suffire aux survivantes de violence qui veulent refaire leur vie. En septembre 2017, Andrea Horwath, chef du NPD, a introduit le Projet de loi 157, un projet de loi d’initiative parlementaire qui permettrait de remédier à certaines lacunes de la législation. Le Projet de loi 157 prévoit 10 jours de congé payé et jusqu’à 15 semaines de congé sans solde afin que les femmes aient le temps d’arrêt dont elles ont besoin pour se mettre à l’abri, obtenir des services de counseling ou participer à des procédures judiciaires. En vertu de la proposition, le gouvernement provincial couvrirait les coûts de la prolongation du congé payé, partant du principe que la responsabilité de mettre fin à la violence des partenaires intimes incombe à tout le monde.

Le CPF est critique envers les modifications législatives courantes.

Une partie du problème est que le droit au congé est trop restrictif et que la loi dicte les raisons acceptables de prendre congé, telles que pour obtenir des services de counseling ou consulter un médecin. Pire encore, les employées doivent fournir des preuves raisonnables à l’employeur à l’appui de la demande de congé, mais vu le caractère extrêmement sensible de la plupart des situations de violence domestique et sexuelle, cette exigence risque d’être plus pesante et importune que pour d’autres types de congé.

Depuis quelques années, le CPF exige d’amender la Loi sur les normes d’emploi et l’OSHA de façon à refléter les dispositions proposées dans le Projet de loi 157, par exemple. « Le fait que le gouvernement provincial ait introduit des dispositions de congé pour violence domestique et sexuelle est énorme », a déclaré Carol Mundley, « Mais un congé payé de cinq jours ne suffit tout simplement pas pour aborder les questions complexes auxquelles se heurtent les victimes.  Sans dispositions de congé adéquates, les femmes ne peuvent se permettre de prendre congé, et bon nombre d’entre elles sont forcées de quitter leur emploi. »

La motion adoptée par le Conseil exécutif du SEFPO demande aussi un programme éducatif qui habilitera les membres du SEFPO à reconnaître et répondre à la violence sexospécifique et à développer un libellé de négociation type pour les politiques et programmes en milieu de travail qui parlent de violence domestique et sexuelle.

Le CPF estime que pour soutenir nos membres qui font face à des situations de violence domestique et sexuelle, il nous faut également faire en sorte d’inclure des dispositions dans les conventions collectives qui parlent de services et mesures de soutien précis, tels que la planification de la sécurité des victimes, la formation et les renvois, des éléments qui sont uniques aux situations de violence. Le CPF aimerait également qu’on développe des programmes syndicaux novateurs, tels qu’un programme de défense des femmes, au travers duquel des représentantes qualifiées pourraient aider les femmes à faire face à la maltraitance d’un partenaire intime ou à la violence familiale.