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Les annonces radiophoniques du SEFPO provoquent une réponse vive du secteur de l'alcool privatisé de l'Alberta

We the North
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Une percutante campagne de publicité à la radio lancée par le SEFPO qui met en garde la population contre la privatisation de la vente d'alcool en Ontario a provoqué une réponse vive de la chef de l'organisation qui représente les détaillants d'alcool en Alberta, ainsi a-t-elle annoncé la CBC Alberta aujourd’hui.  Voici ce qui est arrivé :

Le syndicat de l'Ontario utilise les statistiques de conduite en état d’ébriété pour attaquer Alberta

La campagne publicitaire du SEFPO « choquante et offensante, » a déclaré la chef de la Alberta Liquor Store Association

Un méchant démêlé de relations publiques a éclaté entre l'Ontario et l'Alberta, avec les travailleurs syndiqués des magasins d’alcools appartenant au gouvernement d'un côté et une province « roue libre » avec une surabondance de conducteurs ivres de l’autre.

Le gouvernement libéral de l'Ontario prend en considération un plan qui permettrait à des kiosques d'alcool de s’ouvrir dans certaines épiceries de la province.

L'idée a suscité une publicité à la radio, lancée par le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario, qui prétend que les Albertains qui achètent de l'alcool dans les magasins privés sont plus de trois fois plus susceptibles d'être en état d'ébriété par rapport aux consommateurs d’alcool des magasins appartenant au gouvernement dans la plus grande province du pays.

Le message controversé met en vedette la voix apaisante d'une femme mais un message pas aussi apaisant.

L’annonce commence comme suit … « En Alberta, vous pouvez acheter de l'alcool dans les chaînes d'épicerie ».  « Et, en Alberta, il est trois fois et demie plus probable que la personne que vous passez en sortant du stationnement conduise en état d’ébriété.  Voulez-vous faire ce genre de compromis en Ontario ?  Un peu de commodité pour tout un tas de douleur et de souffrance.  Le plan du gouvernement libéral de vendre de l'alcool dans centaines épiceries rendra l’alcool plus facile à obtenir qu’un café « double-double ».  Et tout simplement, ça n’a pas de sens. »

L'annonce a provoqué de la colère en Alberta.

« L’annonce est choquante, » a déclaré Ivonne Martinez, présidente de la Alberta Liquor Store Association, qui représente plus de 1 300 magasins d'alcool dans la province.

« En fait, je devais écouter deux fois, pour m’assurer que je l'avais bien compris.  Ils font essentiellement le lien et l'implication que si vous êtes en Alberta, en raison de notre système de vente d’alcools privatisé, la personne à côté de vous dans un stationnement conduira sans aucun doute en état d’ébriété.  Et c’est ce qui est assez offensant. »

Ce qui n’a « pas de sens », a continué Martinez, est la façon dont le SEFPO se sert des statistiques à propos de conduite en état d’ébriété.

L'annonce fait un lien direct entre la façon dont l'alcool est vendu et l'incidence de l'alcool au volant, a-t-elle dit.

Il est vrai que le taux de l'Alberta est trois fois plus élevé que l'Ontario, a déclaré Martinez.

Mais il est également vrai que la Saskatchewan, où l'alcool est vendu uniquement dans les magasins gérés par le gouvernement, a un taux presque le double de celui de l'Alberta.

Inversement, dit-elle, Québec permet la vente d'alcool dans les épiceries, mais cette province a l'un des taux les moins élevés en matière de conduite en état d’ébriété au Canada.

« Ils se servent des tactiques de peur »

« Donc, je dirais que le lien est très injuste et irréaliste, » a-t-elle continué. « Ils se servent des tactiques de peur.  Nous tenons à leur dire, et à haute voix, que vous pouvez avoir les deux. Vous pouvez avoir la commodité et la vente au détail responsable, elles ne sont pas mutuellement exclusives.  Nous l'avons fait avec succès, ici en Alberta pour les 20 dernières années. »

Le SEFPO a opposé avec véhémence contre les kiosques d'alcool privés depuis des années et prévoit dépenser un million de dollars sur sa campagne publicitaire à cet égard.

« Je me suis souvent posé la question : « Eh bien, vous voulez juste protéger les emplois de vos membres, »  a déclaré Smokey Thomas, président du syndicat qui représente 7 700 travailleurs des magasins d'alcool de l'Ontario.  « Eh bien, en fait, non. Ce n’est pas une question de qui sait qui fait le travail. »

Thomas a dit de nombreuses études montrent que la disponibilité accrue pousse la consommation de tous les produits, y compris l'alcool.

« L'expérience de l'Alberta n'a pas été ce que vous appellerez positive », a-t-il continué.  « Si vous êtes employé et que vous avez huit clients en file d’attente, quelqu'un moitié ivre se présente pour acheter encore de la bière après avoir conduit en état d’ébriété, et bien, on le signale peut-être ou peut-être pas à la police.  Mais dans nos magasins de la LCBO, sans aucun doute, les travailleurs signaleront à la police. »

Les mères contre l’alcool au volant (Mothers Against Drunk Driving) ont également pris position contre les points de vente au détail d'alcool privatisés, disant qu'ils contribueront à une augmentation des problèmes liés à l'alcool aux coûts humains, sociaux et économiques élevés.

Le plan de l'Ontario prévoit un nombre limité de kiosques de boissons alcoolisées à l'intérieur des épiceries.  En Alberta, selon la loi, les épiceries ne peuvent vendre de l'alcool qu’à partir des bâtiments distincts sur leurs propriétés.

« C’est un système complètement différent de ce qu'ils essaient de faire, » a déclaré Martinez.  « Il est donc très injuste d'essayer de comparer les deux et de faire peur aux gens. »

L'Ontario compte actuellement 1 858 points de vente de Tim Hortons et 689 magasins d'alcool, a déclaré Martinez.  La province prévoit d'ajouter environ 100 kiosques d'alcool dans les épiceries.

« Donc, non, il n’est pas plus facile d'obtenir une boisson alcoolisée qu’un café de Tim Hortons » a-t-elle dit.  « Je voulais juste souligner. »

Les taux de conduite en état d’ébriété pour 2014, selon Statistique Canada :

  • Canada : Total, 74 781; sur 100 000, 210,41
  • Ontario : Total, 15 149; sur 100 000, 110,75
  • Alberta : Total, 14 178; sur 100 000, 343,98
  • Saskatchewan : Total, 6 975; sur 100 000, 619,77
  • B.C. : Total, 12 690; sur 100 000, 274,01
  • Manitoba : Total, 2 770; sur 100 000, 216,06
  • Québec : Total 15 138; sur 100 000, 184,28

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