SEFPO Avis bannière

Mémoire de l'OPSEU/SEFPO: L'amélioration des soins de longue durée nécessite un investissement substantiel dans les PSSP

Improving Ontario’s Long-Term Care means significant investment in our Personal Support Workers
Facebook
Twitter
Email

Dans un mémoire qui a été envoyé le 3 novembre à la ministre de la Santé, Christine Elliott, et à la ministre des Soins de longue durée, Merrilee Fullerton, le président de l’OPSEU/SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, soutient que la seule façon de réparer le secteur des soins de longue durée est d’accorder aux préposés aux services de soutien à la personne le respect et la reconnaissance qu’ils méritent.

« Au moment où vous cherchez des solutions et de nouvelles façons d’aller de l’avant, je vous exhorte à consacrer une part importante de votre attention sur les travailleuses et les travailleurs qui sont le cœur, l’âme et l’épine dorsale du système : les préposés aux services de soutien à la personne (PSSP) », écrit le président Thomas aux deux ministres.

« Dans le document ci-joint, les membres de l’OPSEU/SEFPO qui travaillent dans les soins de longue durée affirment que les problèmes du secteur peuvent être en grande partie liés au manque de reconnaissance dont sont victimes les PSSP », ajoute le président Thomas. « Les bas salaires, les faibles avantages sociaux et les conditions de travail précaires se traduisent par des pénuries de personnel et des problèmes de rétention extrêmes dans le secteur des soins de longue durée. »

« En un mot : améliorez le sort des PSSP et vous améliorerez considérablement les soins de longue durée qu’ils prodiguent. »

Vous trouverez ci-dessous la lettre que le président Thomas a écrite à Mme Elliott et Mme Fullerton. Cliquez ici pour lire le mémoire : L’amélioration des soins de longue durée nécessite un investissement substantiel dans les PSSP.

 

Le 3 novembre 2020

L’honorable Christine Elliott
Vice-première ministre et ministre de la Santé
777, rue Bay, 5e étage
Toronto (Ontario)  M7A 2J3
Courriel : christine.elliott@pc.ola.org

L’honorable Merrilee Fullerton
Ministre des Soins de longue durée
400, avenue University, 6e étage
Toronto, ON   , M7A 1T7
Courriel : merrilee.fullerton@pc.ola.org

Mesdames les Ministres,

Je n’ai aucun doute que vous et vos ministères travaillez sans relâche pour améliorer notre système de soins de longue durée, et pour le rendre plus sûr et plus sain pour tous les résidents et le personnel. Comme nous le savons tous, la pandémie a révélé que notre système actuel est en crise, dangereux, et qu’il a besoin d’investissements et de changements importants.

Au moment où vous cherchez des solutions et de nouvelles façons d’aller de l’avant, je vous exhorte à concentrer une part importante de votre attention sur les travailleuses et les travailleurs qui sont le cœur, l’âme et l’épine dorsale du système : les préposés aux services de soutien à la personne.

Dans le document ci-joint, les membres de l’OPSEU/SEFPO qui travaillent dans le secteur des soins de longue durée affirment que les problèmes du secteur peuvent être en grande partie liés au manque de reconnaissance dont sont victimes les PSSP. Les bas salaires, les faibles avantages sociaux et les conditions de travail précaires se traduisent par des pénuries de personnel et des problèmes de rétention extrêmes dans le secteur des soins de longue durée.

En un mot : améliorez le sort des PSSP et vous améliorerez considérablement les soins de longue durée qu’ils prodiguent.

En espérant que vous lirez le mémoire ci-joint, j’ai hâte de recevoir vos réponses.

Je vous prie d’agréer, Mesdames les Ministres, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Warren (Smokey) Thomas
Président de l’OPSEU/SEFPO

L’amélioration des soins de longue durée nécessite un investissement substantiel dans nos PSSP

Le 2 novembre 2020

L’amélioration des soins de longue durée nécessite un investissement substantiel dans nos PSSP

La pandémie de COVID-19 a mis en évidence l’une des réalités les plus honteuses de l’Ontario : le refus, pendant des décennies, de nos gouvernements successifs d’investir suffisamment dans les préposés et les préposées aux services de soutien à la personne (PSSP), la formation et des soins adéquats pour nos aînés.

Ces aînés ne sont pas seulement des chiffres inscrits sur un compte rendu de situation. Il s’agit de nos parents et grands-parents. Ils ont travaillé d’arrache-pied toute leur vie pour faire de l’Ontario la province la plus riche et la plus prospère du pays.

Chaque jour, nous récoltons les fruits de leur sang, de leur sueur et de leurs larmes. Et pourtant, au lieu de leur témoigner notre gratitude et dignité, nous ne leur avons offert que notre petitesse et négligence.

La pandémie semble heureusement obliger les dirigeants politiques à reconnaître la réalité.

Au moment où nous rédigeons ce mémoire, le gouvernement actuel s’engage à appuyer un projet de loi de l’opposition qui fixerait une norme de soins minimale de quatre heures par jour en soins de longue durée. Afin de respecter cette norme, le gouvernement promet de publier, dans un délai d’un mois, un plan visant à établir les niveaux de dotation requis pour respecter cette norme. Afin de respecter cette norme, le gouvernement promet de publier, dans un délai d’un mois, un plan visant à établir les niveaux de dotation requis pour respecter cette norme.

Des étapes qui sont prometteuses, mais qui sont loin d’être suffisantes.

Les problèmes de notre système des soins de longue durée sont graves, mais ils ne sont pas compliqués. Ils se résument à cela : trop peu de personnel qui doit faire beaucoup avec trop peu de soutien.

Résoudre ce problème est pourtant simple. Notre système des soins de longue durée a besoin de davantage de travailleurs adéquatement formés, soutenus, protégés et rémunérés pour le travail vital qu’ils accomplissent.

Conditions actuelles des PSSP

Les conditions de travail actuelles des PSSP sont – en un mot – déplorables.

Ils sont surchargés de travail. Ils sont sous-payés. Et ils sont accablés par les problèmes du système qui s’écroule autour d’eux.

Les PSSP choisissent cette profession parce qu’ils sont motivés pour aider les gens – car ils ont à cœur d’aider les autres. À mesure que la population vieillit et que les problèmes de santé des aînés deviennent plus complexes, les problèmes auxquels sont confrontés les PSSP ne cessent de s’aggraver.

Les Canadiennes et Canadiens ont peut-être été choqués par les rapports établis par nos militaires après leur « mission de sauvetage » sans précédent dans nos foyers de soins de longue durée, mais ils n’auraient pas dû l’être.

Les PSSP de l’OPSEU/SEFPO et de nombreux autres syndicats ont tiré la sonnette d’alarme pendant des années au sujet des conditions dans les foyers où ils travaillent. Manque de personnel. Manque d’équipements. Et dans les foyers à but lucratif, on accorde beaucoup trop de priorité à l’augmentation des profits en rognant sur les dépenses.

Ces problèmes sont graves et de longue date. Mais la pandémie a fait plonger les foyers de soins de longue durée dans une tragédie cruelle et effroyable.

Plus de 70 foyers de la province sont actuellement aux prises avec une éclosion, ce qui ne fait qu’allonger quotidiennement la liste du nombre de décès tragiques, alors que l’Ontario dénombre 3 000 morts sur l’ensemble du territoire.

Le nombre de travailleurs victimes d’épuisement professionnel augmente fortement et le recrutement n’a jamais été aussi difficile. La main-d’œuvre est déjà instable : le taux d’attrition des PSSP quittant leur emploi est d’environ 25 pour cent chaque année et le taux d’abandon des PSSP après l’obtention de leur diplôme et le début de leur carrière est d’environ 40 pour cent.

On doit changer notre approche fondamentale vis-à-vis des soins de longue durée et des PSSP. Et on doit faire ces changements maintenant.

Les clés du changement

Les solutions de fortune ne marchent pas dans le secteur des soins de longue durée et elles sont aujourd’hui totalement inadéquates.

Afin de répondre à la hausse des besoins et de l’instabilité, le gouvernement ne peut plus traiter les PSSP et le travail qu’ils font comme de « la chair à canon » en les payant avec des bas salaires.

Augmenter les effectifs pour régler le problème n’est tout simplement pas suffisant.

Non seulement la nouvelle tendance des employeurs consistant à créer des postes d’« assistants » mal payés ne fonctionnera pas, mais elle aggravera la situation. Les pertes d’emploi, qui accablent déjà le système, ne feront qu’augmenter et nos PSSP, qui sont déjà surchargés de travail, seront forcés d’assumer les responsabilités supplémentaires de la formation en cours d’emploi, de la gestion et de la supervision de ces assistants.

Notre province a besoin que le gouvernement s’engage à doter adéquatement tous nos foyers de soins de longue durée avec des PSSP qui auront la formation et le soutien dont ils ont besoin pour prodiguer des soins décemment et dignement.

Afin élaborer et d’appliquer des normes minimales pour les travailleurs et les employeurs, on doit mettre en place un ordre professionnel des PSSP.

En consultant les PSSP et leurs syndicats, nos collèges communautaires pourront ensuite se servir de ces normes pour développer des programmes d’éducation et d’agrément accélérés.

Il s’agit d’un élément clé pour améliorer les normes. Sans formation et agrément, toutes les autres tentatives visant à améliorer les soins de longue durée échoueront.

Afin de résoudre les problèmes graves liés à la pénurie de personnel et à l’épuisement des effectifs, le gouvernement doit aider à ouvrir la voie en instaurant la gratuité de la formation pour tous les étudiants qui suivent ces programmes de formation accélérés des PSSP.

On doit promouvoir activement et largement cette aide aux frais de scolarité, notamment dans toutes les communautés de l’Ontario. Un contingent efficace de PSSP doit refléter la culture riche et diversifiée de la société ontarienne.

Enfin, le gouvernement doit s’engager à faire en sorte que les PSSP qui sont en poste ne soient en aucune façon pénalisés par les nouvelles normes et exigences en matière d’agrément. Ils connaissent le travail parce qu’ils le font – parfois depuis plusieurs décennies. Leur expérience, durement gagnée, doit être reconnue et valorisée autant que la formation et l’agrément des nouveaux PSSP.

Ceux qui travaillent sans avoir l’agrément requis doivent être maintenus en poste à la faveur de leur apprentissage antérieur et leurs droits acquis jusqu’à l’obtention des qualifications convenues.

Dans le cadre du continuum des soins, on doit investir immédiatement dans les soins à domicile pour procurer les soutiens nécessaires aux aînés afin qu’ils puissent rester chez eux aussi longtemps que possible quand ils le souhaitent.

De meilleurs salaires et avantages sociaux

Le gouvernement doit s’engager non seulement à adopter des normes de soins de longue durée, mais également à améliorer le traitement et l’indemnisation des PSSP.

De nombreux employeurs du secteur des soins de longue durée, en particulier du secteur privé, doivent immédiatement changer leur façon de faire, qui a échoué et qui consiste à offrir des bas salaires, des postes à temps partiel et des conditions de travail précaires.

On doit fixer un plancher salarial pour tous les PSSP. Et les employeurs doivent être encouragés – et même forcés si nécessaire – à rééquilibrer leur combinaison de postes à temps partiel et à temps plein. Chaque PSSP qui veut travailler à temps plein, en particulier dans le même établissement, doit avoir une chance raisonnable d’accéder à un poste à temps plein.

Afin d’améliorer les salaires et les conditions de travail des PSSP, la première chose à faire est de mettre fin immédiatement au rôle des sociétés privées dans le secteur.

L’analyse médiatique de la COVID-19 en Ontario a clairement établi des liens entre le secteur privé et des soins dangereusement inadéquats. Les foyers à but lucratif, où les salaires sont plus bas et où le personnel est moins nombreux, ont subi des éclosions beaucoup plus fréquentes et un taux de mortalité plus élevé que les foyers exploités et administrés par des municipalités et d’autres organismes à but non lucratif.

Il est évident que les sociétés ont augmenté leurs profits en réduisant leurs coûts de main-d’œuvre. Et il est encore plus évident que leurs décisions ont eu des conséquences tragiques.

Les Ontariennes et les Ontariens sont d’accord sur le fait qu’il ne devrait pas y avoir de place pour les profits dans notre système de santé. C’est pareil pour les soins de longue durée – tout le système doit être ramené immédiatement sous la responsabilité et le contrôle du secteur public.

Des investissements indispensables et souhaitables dans les PSSP

Afin d’améliorer notre système de soins de longue durée, on doit accorder aux PSSP le respect qu’ils méritent.

Durant ces périodes d’incertitude, cela signifie augmenter nos investissements dans les salaires et les conditions de travail des PSSP en poste, ainsi que dans la formation et l’agrément des futurs PSSP.

Ces investissements auront un coût, mais les Ontariennes et Ontariens sont conscients du fait que ces investissements sont dérisoires en comparaison des coûts auxquels nous devrons faire face si notre système de soins de longue durée continue à se détériorer.

Selon un sondage d’opinion publique effectué par la firme Nanos et commandé par l’OPSEU/SEFPO plus tôt cette année, les Ontariennes et Ontariens ont demandé presque unanimement des améliorations dans les soins de longue durée pour nos aînés : 98 pour cent ont dit vouloir que le gouvernement se focalise sur l’amélioration des soins de longue durée.

Ils reconnaissent qu’il faudra investir pour mettre en place des améliorations, mais c’est un investissement qu’ils sont prêts à faire. Plus de 75 pour cent souhaitent que le gouvernement donne la priorité à l’amélioration des soins de longue durée, alors qu’à peine un quart ont dit qu’il était important de s’attaquer au déficit.

Il est temps que les gouvernements abandonnent leurs vieux dogmes et tiennent compte de la réalité qui a été tragiquement mise en évidence par la pandémie.

Il est temps que le gouvernement investisse dans les soins de longue durée, en particulier dans les PSSP qui en sont l’épine dorsale.

Distribution autorisée par :

Warren (Smokey) Thomas
Président de l’OPSEU/SEFPO

Eduardo (Eddy) Almeida
Premier vice-président/trésorier de l’OPSEU/SEFPO

 

Related News