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Le président de l’OPSEU/SEFPO au président de l'Université McMaster : Ce projet de recherche irresponsable doit être abandonné

COVID-19
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Après avoir appris qu’un projet de recherche irresponsable était mené par l’Université McMaster, « Masques médicaux contre respirateurs N95 pour prévenir la COVID-19 chez les travailleurs de la santé », le président de l’OPSEU/SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, a écrit au président de l’Université McMaster, M. David Farrar, pour lui demander de mettre fin à ce projet de recherche.

« Nous n’avons pas besoin d’une étude qui joue avec la vie de nos membres en les protégeant insuffisamment pour savoir combien d’entre eux contracteront la COVID-19. Nous devons plutôt éviter toute exposition à la COVID-19 en utilisant des ÉPI dont on sait qu’ils sont efficaces », a déclaré le président Thomas. « Pour être honnête, nous nous demandons pourquoi le Comité d’éthique de la recherche de votre institution approuverait même une telle étude, notamment en raison des recherches émergentes sur la COVID-19 et des leçons que nous aurions dû tirer du SRAS. C’est contraire à l’éthique de faire courir de tels risques à des travailleurs même si leur participation est volontaire. »

Ci-dessous le texte de la lettre dans son intégralité :

Le 17 décembre 2020

Monsieur David Farrar
Président et vice-chancelier
Université McMaster
Pavillon Gilmour, salle 238
1280, rue main Ouest
Hamilton, ON, L8S 4L8
president@mcmaster.ca

Objet : Projet de recherche « Masques médicaux contre respirateurs N95 pour prévenir la COVID-19 chez les travailleurs de la santé »

Monsieur le président,

Nous vous écrivons pour exprimer nos graves préoccupations au sujet du projet de recherche sur la COVID-19 mené par l’Université McMaster dans lequel nos membres sont invités à risquer leur santé pour prouver quelque chose qui est évident.  C’est injustifié et totalement inacceptable!

Les professionnels hospitaliers qui sont membres de l’Ontario Public Service Employees Union / du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (OPSEU/SEFPO) ont appris que l’étude portera sur un certain nombre d’hôpitaux de l’Ontario où travaillent nos membres. Selon le site Web de l’étude Masques médicaux contre respirateurs N95 pour prévenir la COVID-19  – ClinicalTrials.gov, les chercheurs examineront l’efficacité des respirateurs N95 par rapport aux masques chirurgicaux pour les travailleurs de la santé qui dispensent des soins durant cette pandémie.

L’OPSEU/SEFPO représente plus de 24 000 professionnels paramédicaux réglementés et non réglementés dans 90 unités de négociation dans les hôpitaux publics et les établissements de soins de santé de l’Ontario. Nos membres travaillent sur les premières lignes de cette pandémie et mettent chaque jour leur vie en danger. Nous traversons la deuxième vague de cette pandémie, mais nos membres et les autres travailleurs de la santé n’ont toujours pas reçu la protection complète dont ils ont besoin.

La Directive no 5 régit l’utilisation des équipements de protection individuelle (ÉPI) pour les travailleurs des hôpitaux et des soins de longue durée. Conformément à la Directive no 5, les respirateurs N95 ne sont requis dans les hôpitaux que lors des interventions médicales générant des aérosols (IMGA) ou qu’après une évaluation des risques au point de service (ERPS) stipulant qu’un respirateur N95 est nécessaire pour protéger le travailleur de la santé. Les professionnels de la santé non réglementés de l’OPSEU/SEFPO sont contraints de se fier aux décisions prises par d’autres.

Les règles de la Directive no 5, ou le « statu quo », ont été principalement établies en raison de la pénurie de respirateurs N95. Elles ne tiennent pas compte de ce qui serait adéquat dans les circonstances étant donné que les recherches scientifiques sur la transmission étaient conflictuelles et en cours.

Le 4 novembre 2020, l’Agence de la santé publique du Canada a reconnu que la COVID-19 pouvait se transmettre par voie aérienne. La COVID-19 peut se propager par la parole, la toux et le chant.

L’OPSEU/SEFPO estime que tous les travailleurs de la santé (réglementés ou autres) devraient utiliser des respirateurs N95 pour tous les soins prodigués dans des cas réels ou présumés de COVID-19. Il est honteux que des hôpitaux et d’autres établissements limitent encore l’utilisation de respirateurs N95 pour les IMGA ou après une ERPS.  Nous n’avons pas besoin d’opter pour le statu quo en ce qui concerne la protection plus élevée que procurent les respirateurs N95. Nous devons procurer une protection contre la transmission par gouttelettes respiratoires (comme les respirateurs N95 ou les respirateurs en élastomère) à tous les travailleurs de la santé et aller de l’avant.

Dans le cas du SRAS, les travailleurs de la santé portaient des respirateurs N95. De 2014-2016, lorsque la crise de la maladie à virus Ebola a fait rage en Afrique de l’Ouest, aux États-Unis et au Canada, des services de soins, comme l’Emory Medicine Serious Communicable Diseases Unit d’Atlanta, avaient prévu d’utiliser des appareils de protection respiratoire à épuration d’air motorisé. Pourquoi devrions-nous traiter différemment les ÉPI durant la pandémie de COVID-19? Nos travailleurs ne sont pas jetables et ne devraient pas être traités comme tels!

Des milliers de héros des soins de santé de première ligne continuent d’être infectés par la COVID-19 d’un bout à l’autre du Canada et nombre d’entre eux ont déjà perdu la vie. Le 20 janvier 2020, la Chine a introduit des précautions contre les aérosols et a réussi à aplatir sa courbe de la COVID-19. Les travailleurs ont besoin de respirateurs dès maintenant.

Nous n’avons pas besoin d’une étude qui joue avec la vie de nos membres en les protégeant insuffisamment afin de savoir combien d’entre eux contracteront la COVID-19. Nous devons plutôt éviter toute exposition à la COVID-19 en utilisant des ÉPI dont on sait qu’ils sont efficaces. Pour être honnête, nous nous demandons pourquoi le Comité d’éthique de la recherche de votre institution approuverait même une telle étude, notamment en raison des recherches émergentes sur la COVID-19 et des leçons que nous aurions dû tirer du SRAS. C’est contraire à l’éthique de faire courir de tels risques à des travailleurs même si leur participation est volontaire.

L’Université McMaster doit abandonner ce projet de recherche et cesser immédiatement de demander à nos membres de participer à cette étude irresponsable.

Veuillez agréer, Monsieur le président, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Warren (Smokey) Thomas
Président de l’OPSEU/SEFPO