Skip to content

L’OPSEU/SEFPO met en lumière les « héros de première ligne oubliés de nos écoles »

Share on facebook
Share on twitter
Share on email

Dans une lettre ouverte adressée au premier ministre, Doug Ford, et au ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, le président de l’OPSEU/SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, écrit que les travailleuses et travailleurs de l’éducation sont « les héros de première ligne oubliés du système scolaire public ».

« On dit que les enseignantes et enseignants sont le cœur de nos écoles, mais les travailleuses et travailleurs de l’éducation sont l’âme de nos écoles », écrit le président Thomas. « Avec professionnalisme, passion et patience, ils sont la bouée de sauvetage des élèves ontariens qui ont besoin d’un soutien scolaire, comportemental, émotionnel et médical. »

« Il est temps qu’ils obtiennent la reconnaissance et le soutien qu’ils méritent pleinement. »

Ci-dessous la lettre au complet :

Le 16 février 2021

L’honorable Doug Ford, premier ministre de l’Ontario
Salle 281, Édifice de l’Assemblée législative, Queen’s Park
Toronto (Ontario)  M7A 1A1
premier@ontario.ca

L’honorable Stephen Lecce, ministre de l’Éducation
Ministère de l’Éducation
5e étage, 438, av. University
Toronto (Ontario)  M5G 2K8
stephen.lecce@pc.ola.org

Objet : Les travailleuses et travailleurs de l’éducation : les héros de première ligne oubliés de nos écoles

Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Ministre de l’Éducation,

Je vous écris au nom d’un groupe de héros de première ligne qui sont les oubliés de notre système scolaire public : les travailleuses et travailleurs de l’éducation.

Je suis fier que mon syndicat représente 7 500 de ces remarquables Ontariennes et Ontariens. Parmi eux, il y a, entre autres, des aide-enseignantes, des éducatrices de la petite enfance agréées, des assistantes en troubles de la communication, des travailleuses auprès des enfants, des employés de bureau, des spécialistes en informatique, des surveillants à l’heure du dîner, des instructeurs du cours de langue pour les immigrants au Canada (CLIC) et des instructeurs d’anglais langue seconde.

Il est temps qu’ils obtiennent la reconnaissance et le soutien qu’ils méritent pleinement.

On dit que les enseignantes et enseignants sont le cœur de nos écoles, mais les travailleuses et travailleurs de l’éducation sont l’âme de nos écoles.

Avec professionnalisme, passion et patience, ils sont la bouée de sauvetage des élèves ontariens qui ont besoin d’un soutien scolaire, comportemental, émotionnel et médical.

Suivez-les tout au long de leur journée de travail et vous serez émerveillés par toutes les bonnes choses qu’ils apportent. Ils éduquent et soutiennent les élèves quand ils doivent manger et ils les aident avec leurs besoins concernant la toilette et l’hygiène. Ils leur apprennent à lire leurs premières histoires ou à dire leurs premiers mots. Ils dispensent des cours d’anglais langue seconde à des adultes et de langue aux nouveaux arrivants au Canada. Un élève peut avoir besoin d’aide pour s’asseoir dans son fauteuil roulant et en sortir et un autre, d’un soutien social ou émotionnel après avoir éprouvé des difficultés durant sa journée.

Un travail qui est loin d’être facile. Il s’agit d’enfants affectueux et angéliques, mais beaucoup sont aux prises avec d’énormes défis physiques, d’apprentissage, émotionnels et familiaux qui peuvent aussi bien se traduire par un effacement poignant que par des crises de violence terribles, parfois à quelques minutes d’intervalle, mais la plupart du temps sans avertissement.

Les travailleuses et travailleurs de l’éducation savent à quel point leur travail est vital. Et bien qu’ils soient payés moitié moins que les enseignants à côté de qui ils travaillent, et qu’ils occupent souvent des postes précaires, à temps partiel ou occasionnels, ils se présentent quotidiennement à leur travail parce qu’ils s’en soucient et parce qu’ils savent qu’ils font une différence pour les élèves et les familles.

Alors même que tous les autres membres du personnel de l’éducation étaient autorisés à faire du télétravail pendant les pires vagues de la pandémie, les travailleuses et travailleurs de l’éducation ont continué à se rendre dans les salles de classe, mettant leur propre santé et sécurité en danger afin de venir en aide à leurs élèves.

Il est impossible de faire autrement. Ces élèves ont besoin de la structure, de la routine et d’un soutien qui requiert une certaine proximité physique – ils ne peuvent tout simplement pas recevoir une éducation sur un écran d’ordinateur. Et même si beaucoup de ces élèves ne peuvent pas porter un masque ni respecter la distanciation physique, les travailleuses et travailleurs de l’éducation étaient auprès d’eux – les aidant à surmonter toute l’anxiété et l’incertitude engendrées par la pandémie.

Il n’y a rien de plus touchant et réconfortant que de voir un de ces enfants serrer dans ses bras une travailleuse de l’éducation qui vient de l’aider à surmonter un moment difficile. Mais qui tient compte de l’anxiété et de l’incertitude que ressent cette travailleuse?

Je peux vous dire que beaucoup se sentent oubliés et abandonnés par les soi-disant « consultations » qui sont organisées par le ministère de l’Éducation au sujet de la pandémie.
« Un écran de fumée », c’est la manière dont l’un de mes membres les a décrits. Les dirigeants doivent écouter les travailleuses et travailleurs de l’éducation au sujet des mesures de sécurité renforcées qui doivent être mises en œuvre, notamment :

  1. Des protocoles de recherche de contacts stricts et normalisés dans l’ensemble de la province : les travailleuses et travailleurs de l’éducation doivent souvent travailler dans différentes écoles. Mais l’absence de protocoles rigoureux de recherche des contacts entraîne un risque accru de transmission aux élèves, aux travailleurs, aux familles et aux communautés. Après que les membres de l’OPSEU/SEFPO ont exprimé leurs préoccupations, le Conseil scolaire de district de Peel a mis en place un outil de rapport quotidien en ligne pour mener à bien une recherche efficace des contacts pour les aide-enseignantes. Le ministère de l’Éducation devrait agir rapidement pour mettre en œuvre un protocole de recherche de contacts similaire dans tous les conseils scolaires.
  2. L’accès à des ÉPI améliorés : certains de nos membres nous ont dit qu’ils ont besoin d’ÉPI améliorés parce qu’ils viennent en aide à des élèves vulnérables, qui ne portent pas de masque et qui ont besoin d’un soutien personnel, médical et comportemental qui requiert une certaine proximité physique.

Je vous demande également de faire preuve d’ouverture au sujet du projet de loi 124 et de vous demander si ces travailleuses et travailleurs méritent vraiment d’avoir leur salaire, déjà faible, plafonné pendant trois ans. Il y a une profonde différence et inégalité entre un pour cent de leur salaire et un pour cent du salaire des enseignants. C’est tout simplement injuste et c’est tout le contraire de venir en aide « aux personnes les plus modestes ».

Les enseignants font un travail difficile, et nous respectons leur travail, mais ils sont payés deux fois plus que nos membres du secteur de l’éducation.

La plupart de ces membres sont des femmes qui doivent subvenir aux besoins de leurs propres familles. La majorité d’entre elles doit cumuler plusieurs emplois à temps partiel pour joindre les deux bouts. Compte tenu de tout ce qu’elles font pour tant d’élèves, est-il juste de leur retirer leur droit de négocier un salaire décent?

Monsieur le Premier ministre et monsieur le Ministre, je sais à quel point vous vous souciez profondément de nos héros et héroïnes de première ligne et je suis convaincu qu’aucun de vous ne souhaite que ces professionnelles courageuses et attentionnées se sentent oubliées et laissées pour compte.

Changeons les choses ensemble. Et faisons-le maintenant.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Ministre de l’Éducation, l’assurance de ma haute considération.

Warren (Smokey) Thomas
Président de l’OPSEU/SEFPO