L’OPSEU/SEFPO se prononce sur les fonds accordés au Collège Willis pour la formation des PSSP

Nous sommes déçus par la proposition du gouvernement d’accorder un montant de 2,4 millions de dollars à un collège professionnel privé, le Collège Willis d’Ottawa, pour former 300 préposés aux services de soutien à la personne (PSSP) pour les foyers de soins de longue durée de la région d’Ottawa.

L’OPSEU/SEFPO et le gouvernement savent bien sûr combien nous avons besoin de nouveaux PSSP. Des milliers de nouveaux PSSP doivent être formés rapidement et de manière appropriée pour nous permettre de disposer d’une main-d’œuvre qualifiée. Ça fait longtemps que nous le disons.

Nous avons également fait remarquer que les conditions de travail et salaires épouvantables accompagnant l’emploi étaient les raisons principales de cette pénurie de main-d’œuvre. La COVID-19 a braqué un immense phare sur cette horrible situation.

Nous convenons que renoncer aux droits de scolarité et payer leurs manuels scolaires soit la bonne chose à faire, et nous félicitons le gouvernement pour cette mesure. C’est exactement le genre de mesure concrète dont nous avons besoin pour faire face à la crise.

Mais faire une telle offre à un collège privé à but lucratif est insensé. Il y a juste quelques mois, nous avions clairement dit que la meilleure solution était de faire appel à nos collèges publics.

Nos collèges ont la capacité de former beaucoup plus de PSSP en une période relativement courte. Avec des dizaines d’années d’expérience dans le domaine, ils ont certes le savoir-faire le plus avancé pour le faire. Tout ce qui leur manque, c’est les moyens financiers pour dispenser les programmes.

Dans les années 1970, la province finançait 75 % de notre système collégial. Ce chiffre est tombé à 40 %. Affamant nos collèges, on a vu les droits de scolarité monter en flèche et la dette étudiante s’alourdir. Les collèges ont dû chercher d’autres sources de revenus, entraînant parfois des désastres coûteux, comme l’échec des campus en Arabie saoudite.

Nos collèges jouent un rôle essentiel dans la vie de millions d’Ontariens et dans le succès de l’économie de la province. Le gouvernement doit les financer entièrement pour leur permettre de relever les défis d’aujourd’hui et de demain et de se concentrer sur l’enseignement plutôt que de les obliger à chercher des moyens de gagner de l’argent.

Remplir les poches des collèges privés n’est pas la solution. Pour chaque dollar d’impôt que le gouvernement verse dans un collège privé à but lucratif, une bonne part tombe dans les coffres mêmes de l’entreprise. C’est de l’argent qui est cruellement nécessaire et qui ne va pourtant pas dans les salles de classe. Nous devons utiliser les rares fonds publics pour investir dans les collèges publics, où chaque dollar est dépensé pour fournir une éducation de qualité supérieure.

La grave pénurie de PSSP souligne également la folie des mécanismes de financement axés sur les performances, qui fondent le financement gouvernemental sur des critères hors du contrôle des collèges, dont le revenu d’emploi des diplômés. Comme il est peu probable que les PSSP et autres héros de première ligne gagnent des salaires à six chiffres, certains collèges pourraient être incapables de dispenser la formation. Les petits collèges en particulier seront contraints à faire des choix difficiles relativement aux cours qu’ils offrent.

L’Ontario a besoin de plus de PSSP. Elle a besoin d’un système d’éducation postsecondaire exceptionnel et totalement financé par l’État, accessible à tous et abordable pour tous. La dernière chose dont la province a besoin est d’intermédiaires qui siphonnent les fonds destinés à l’enseignement post-secondaire.

Nous avons un meilleur plan, et nous sommes prêts à le présenter au gouvernement. Cela peut être une situation gagnant-gagnant. Mettons-nous au travail.

Solidairement,

Warren (Smokey) Thomas, président de l’OPSEU/SEFPO
Eduardo (Eddy) Almeida, premier vice-président/trésorier de l’OPSEU/SEFPO