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Soumission de l’OPSEU/SEFPO à la ministre de la Santé : Renforcer les hôpitaux pour soutenir les Ontariens tout au long de la pandémie de COVID-19 et au-delà

Soumission de l’OPSEU/SEFPO à la ministre de la Santé : Renforcer les hôpitaux pour soutenir les Ontariens tout au long de la pandémie de COVID-19 et au-delà

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Vous trouverez plus bas les détails d’une soumission de l’OPSEU/SEFPO à la ministre de la Santé sur la façon de renforcer les hôpitaux publics pour soutenir les Ontariens tout au long de la pandémie de COVID-19 et après.

Division des professionnels hospitaliers de l’OPSEU/SEFPO

The Ontario Public Service Employees Union (OPSEU)/Le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO) représente 25 000 professionnels hospitaliers dans plus de 250 classifications professionnelles et dans plus de 80 hôpitaux à travers la province. Parmi ces classifications, mentionnons, notamment, les technologues et techniciens de laboratoire médical, technologues en radiation, inhalothérapeutes, assistants de laboratoire, phlébotomistes, perfusionnistes, pharmaciens et techniciens en pharmacie.

Nos membres fournissent des services paramédicaux tels que des tests de laboratoire, des échographies, des tomodensitogrammes et des IRM. Sans tests médicaux précis et opportuns, les médecins ne seraient pas en mesure de faire leur travail et les patients ne recevraient pas les soins dont ils ont besoin.

Nos membres fournissent aussi des services thérapeutiques et de réadaptation dans des domaines tels que le travail social, la physiothérapie, l’ergothérapie et la nutrition. Ils jouent un rôle clé en veillant à ce que les patients sortent de l’hôpital entièrement rétablis.

Introduction

Le système de soins de santé de l’Ontario est considérablement sous-financé et nous avons vu ce problème s’intensifier dans les hôpitaux de la province pendant la pandémie de COVID-19.

Des dizaines d’années de sous-investissement et de coupures dans les soins de la santé ont désavantagé nos hôpitaux et les ont obligés à accumuler les déficits, même avant la pandémie de COVID-19, déclarée en mars 2020. Déficits massifs, frais de service imprévus, problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement d’équipement de protection individuelle (ÉPI), recrutement et maintien en poste du personnel sont les nouvelles réalités que côtoient les hôpitaux tandis qu’ils font de leur mieux pour prendre soin des patients.

Les Ontariens méritent un système de soins de santé qui fournit à leur famille les meilleurs soins possibles, surtout dans cette période d’énormes incertitudes liées à la COVID-19.

Tandis que nous entrons dans la deuxième vague de la pandémie, les hôpitaux doivent être adéquatement financés, dotés de personnel et équipés pour répondre à la demande de notre système de soins de santé. Les hôpitaux de l’Ontario subissent plus de pressions que jamais et il faut investir davantage pour s’assurer qu’ils disposent de toutes les ressources nécessaires pour soutenir les Ontariens tout au long de la pandémie COVID-19 et au-delà.

Sous-financement des hôpitaux de l’Ontario

Situation de financement avant la pandémie

L’Ontario est la province la plus peuplée du Canada, mais demeure la deuxième province la moins financée en ce qui concerne les soins de santé par habitant.[1] À la fin de 2019, le Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario estimait que pour maintenir le statu quo, les dépenses du gouvernement devraient augmenter en moyenne de 4,6 % entre 2018-2019 et 2022-2023. Cette estimation comprend les principaux inducteurs influençant les coûts des soins de santé liés à la croissance de la population, au vieillissement de la population et à l’inflation dans le secteur de la santé. Elle ne comprend pas le financement nécessaire pour compenser les années de sous-financement entre 2011-2012 et 2016-2017, lorsque les dépenses annuelles en soins de santé s’élevaient en moyenne à seulement 2,2 %.[2]

La situation des hôpitaux de l’Ontario, où les professionnels hospitaliers membres de l’OPSEU/SEFPO travaillent dans une multitude de classifications, est tout aussi dramatique. Selon l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), au cours des vingt dernières années, le gouvernement de l’Ontario a réduit de 41,5 % en 2000 à 34,1 % en 2019 la proportion des dépenses totales consacrées à la santé dans les hôpitaux.[3] Les restrictions imposées au secteur de la santé ont été encore plus sévères dans les hôpitaux, qui ont dû faire face à quatre années consécutives d’augmentations zéro de leur financement de base. Dans l’ensemble, le financement des hôpitaux par habitant au cours des sept années entre 2012 et 2019 n’était que de 5,4 %, loin d’être suffisant pour répondre aux obligations de la convention collective, aux coûts des fournitures, des médicaments et de l’équipement.[4]

Effet de la COVID-19 sur les frais d’exploitation des hôpitaux

En plus du financement insuffisant expliqué plus haut, les hôpitaux sont maintenant confrontés à un nouveau coup double à leur stabilité financière : des coûts imprévus liés à la pandémie et une forte réduction des revenus ne venant pas du ministère. Ces pressions grèvent des budgets déjà insuffisants avant la pandémie.

L’Association des hôpitaux de l’Ontario (OHA) a analysé l’impact financier de ces contraintes budgétaires sur une période de deux mois. Les pertes financières subies par les hôpitaux en avril et en mai 2020 ont totalisé 548 millions de dollars, dont 320 millions de dollars représentent une perte de revenus due à la pandémie.[5] L’OHA a également identifié un coût supplémentaire qui est et restera une préoccupation tout au long de la pandémie : les effectifs. La pandémie de COVID-19 impose des exigences extraordinaires au personnel hospitalier. Dans leur planification, nos hôpitaux doivent désormais prendre en compte les pénuries de personnel et les coûts des heures supplémentaires dues à l’augmentation des congés de maladie, ainsi que les responsabilités familiales et de garde d’enfants résultant des fermetures et du confinement.

Il est très préoccupant que les pressions supplémentaires exercées sur notre système de soins de santé forcent les employeurs à prendre des décisions difficiles, y compris la réduction des services ambulatoires sur lesquels le public s’appuie et la mise à pied du personnel essentiel aux soins des patients.

Pour ajouter à la liste des pressions accrues auxquelles nos hôpitaux sont confrontés pendant la pandémie de COVID-19, les capacités des hôpitaux, déjà dans un état préoccupant avant la pandémie, sont maintenant dans un état encore pire. La pénurie de lits d’hôpitaux est un problème urgent en Ontario depuis des dizaines d’années. Avec le début de la saison des grippes, nos hôpitaux auront du mal à répondre à la demande en termes de capacité, ce qui contribuera à faire augmenter les temps d’attente pour les patients. Bien que l’investissement récent de 116,5 millions de dollars du gouvernement pour ajouter des lits supplémentaires dans 32 hôpitaux de l’Ontario soit un pas dans la bonne direction, l’accent particulier mis sur les hôpitaux dans les « points chauds » signifie que ce financement ne porte que sur la capacité en période d’urgence et non pas sur des niveaux d’occupation sécuritaire à long terme dans l’ensemble des 140 hôpitaux de l’Ontario.

En outre, les fabricants ont du mal à répondre à la demande d’instruments et de réactifs nécessaires au traitement des échantillons de COVID-19.[6] À mesure que les pénuries s’aggravent et que la demande de ces articles augmente, les coûts de ces fournitures et équipements cruciaux augmentent également.

Nos hôpitaux sont gravement sous-financés et ont besoin d’un soutien additionnel important pour s’assurer que les Ontariens reçoivent les meilleurs soins possibles.

Pénurie de personnel dans les hôpitaux

Les hôpitaux de l’Ontario ont dû faire face à des pénuries de personnel dans de nombreux secteurs des soins de santé, y compris dans nos laboratoires, les services d’échographie, la médecine nucléaire, l’imagerie diagnostique et la physiothérapie, pour n’en nommer que quelques-uns. Le recrutement et le maintien en poste sont des problèmes qui persistent et qui continueront d’influer sur l’accès aux soins en Ontario si on ne prend pas les mesures nécessaires pour y remédier.

Par exemple, une des meilleures armes dans la lutte contre le virus est un nombre suffisant de technologues et de techniciens de laboratoires médicaux pour traiter et analyser les échantillons des patients. L’OPSEU/SEFPO et la Société canadienne de science de laboratoire médical (SCSLM) sonnent l’alarme depuis des décennies au sujet de la pénurie prochaine de ces professionnels hospitaliers essentiels. Les professionnels hospitaliers membres de l’OPSEU/SEFPO ont fait pression sur leurs représentants provinciaux au sujet de ces mêmes préoccupations déjà en 2019. Christine Nielsen, chef de la direction de la SCSLM, a fait part d’un manque de 300 professionnels de laboratoire en Ontario et a déclaré que 50 % de l’effectif actuel est admissible à prendre sa retraite au cours des cinq prochaines années.[7]

Un approvisionnement précaire en professionnels de laboratoire est un problème qui ne peut que s’aggraver. Nos professionnels de laboratoire sont soumis à d’énormes pressions, accomplissant leurs tâches habituelles en plus de travailler pour respecter les quotas du gouvernement en matière de tests effectués. À mesure que les quotas augmentent, davantage de travailleurs s’épuisent et envisagent de partir en retraite ou de changer de profession, intensifiant ainsi les problèmes de recrutement et de maintien en poste.

 

Recommandations

Tandis que nous nous apprêtons à entrer dans la deuxième et, potentiellement, la troisième et la quatrième vagues de cette pandémie, la façon dont les hôpitaux réagissent à ces pressions supplémentaires doit changer; nous devons faire en sorte qu’ils soient bien préparés.

Il est temps maintenant de se concentrer sur la planification du système de santé et sur des investissements à long terme stables pour s’assurer que les besoins de la population de notre province sont satisfaits.

L’OPSEU/SEFPO recommande les mesures suivantes pour renforcer le système de soins de santé de l’Ontario et aider nos hôpitaux à prendre soin du public :

 

  1. Augmenter le financement global des hôpitaux de 5,5 % par année

Le financement global des hôpitaux demeure nettement inférieur à ce qu’il faut pour à peine maintenir les niveaux de service actuels. Nous continuons de recommander une augmentation des investissements d’au moins 5,5 % par année, soit le taux d’inflation des soins de santé.

Au cours des dernières années, le gouvernement provincial de l’Ontario s’est fié davantage aux laboratoires privés et a augmenté la capacité au sein du secteur privé. Au lieu de suivre cette voie, nous recommandons fortement de mettre ces ressources à la disposition de nos hôpitaux publics. Privatisés, les services coûtent plus et sont moins efficaces. Il suffit de regarder ce que les tests de diagnostic coûtent dans les laboratoires privés, 40 pour cent de plus que dans les laboratoires publics.[8]

 

2. Établir un comité pour tracer les grandes lignes d’une stratégie sur les ressources humaines, qui aborderait la façon de remédier à la pénurie de professionnels hospitaliers.

Nous recommandons que le gouvernement de l’Ontario travaille avec l’OPSEU/SEFPO et l’AHO pour identifier les pénuries imminentes dans les spécialités et définir une stratégie sur les ressources humaines pour aborder les besoins en main-d’œuvre. Une telle stratégie devrait inclure l’expansion des programmes de formation existants et l’ouverture de nouveaux programmes, y compris des programmes universitaires et collégiaux avec incitation. Une composante essentielle d’une stratégie de ressources humaines pour les professionnels des hôpitaux est de rendre les professions plus attrayantes, tant pour les jeunes qui débutent leur carrière que pour les professionnels des hôpitaux qui envisagent de réorienter leur carrière.

 

3. Construire davantage d’hôpitaux pour répondre aux demandes de capacité

L’Ontario a besoin d’un investissement accru dans notre infrastructure de santé pour être en mesure de faire face aux longs délais d’attente dans les salles d’urgence et les couloirs de nos hôpitaux. La population de l’Ontario vieillit, ce qui signifie que l’accès aux soins pour les aînés sera de plus en plus important dans les prochaines décennies, et la pandémie de COVID-19 nous a montré que notre système de soins de santé doit être prêt à un certain nombre d’éventualités. L’OPSEU/SEFPO recommande que le gouvernement construise davantage d’hôpitaux pour répondre aux demandes de capacité imminentes et à venir, afin de s’assurer que les Ontariens aient accès aux soins dont ils ont besoin.

 

Conclusion

Les Ontariens sont fiers d’avoir un système de soins de santé public solide, abordable, accessible et équitable. Cela fait des dizaines d’années que nos hôpitaux souffrent de sous-financement et de coupes budgétaires. La pandémie de COVID-19 a imposé des pressions supplémentaires importantes à nos hôpitaux en ce qui concerne les frais d’exploitation, la capacité, le personnel et l’instrumentation.

Nos professionnels hospitaliers sont également soumis à d’énormes pressions pendant cette pandémie, sans aucune fin en vue. La pénurie de professionnels hospitaliers en Ontario, y compris de techniciens et technologues de laboratoire, est un problème auquel nous devons essayer de remédier immédiatement si l’on veut que l’Ontario puisse répondre à la demande de tests et combler la pénurie de main-d’œuvre dans les années à venir.

La planification à long terme et l’investissement accru dans nos hôpitaux publics sont essentiels pour faire en sorte que le système de soins de santé de l’Ontario soit assez solide pour prendre en charge les Ontariens tout au long de la pandémie et au-delà.

 

1 AHO, « Ontario Hospitals – Leaders in Efficiency », décembre 2019.

[2] Sheila Block, « Talk vs. Action: Doug Ford’s inadequate response to the second wave of COVID-19 »

[3] ICIS, Dépenses de santé des provinces et territoires, Recueil de graphiques des provinces et territoires, 2019 (les chiffres de 2019 sont des prévisions)

[4] AHO, « Ontario Hospitals – Leaders in Efficiency », décembre 2019.

[5] AHO, Understanding the Impact of COVID-19 on Ontario Hospital Finances, septembre 2020.

[6] National Post, « Ontario’s COVID testing slowed by shortage of key chemical », le 9 octobre 2020.

[7] https://globalnews.ca/news/7396535/ontario-lab-worker-training-covid19-test-backlog/

[8] (The Ontario Health Coalition , 2017)