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SEFPO à Première ministre Wynne : Il est encore temps de modifier le budget

OPSEU President Warren (Smokey) Thomas
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Dans une lettre ouverte à la première ministre Kathleen Wynne publiée aujourd'hui, le président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, a écrit qu'il n'était pas trop tard pour apporter quelques changements clés au budget provincial du 14 juillet, y compris l'ajout d'un test d'équité, qui permettrait de déterminer si le contenu du budget contribue à augmenter ou à diminuer l'inégalité des revenus.


Le 4 juillet 2014
Envoyée par courriel : premier@ontario.ca

L'honorable Kathleen Wynne
Première ministre de l'Ontario
Édifice législatif
Salle  281, Queen’s Park
Toronto (Ontario)  M7A 1A1

Madame la Première ministre,

Le 14 juillet prochain, votre gouvernement présentera une fois de plus son budget, un document, nous dit-on, qui sera identique à celui qui avait déclenché l'élection provinciale du 12 juin. Une fois encore, je vous félicite du succès rencontré par votre parti cette journée-là.

Tandis que de nombreux commentateurs, et même certains de mes collègues au sein du mouvement syndical, estimaient que votre budget était « progressiste », je me permets de contester respectueusement cette opinion. Il est vrai que ce budget contenait certaines mesures, comme par exemple le régime de retraite proposé pour la province de l'Ontario, que beaucoup d'entre nous appuient depuis des années. Toutefois, en règle générale, le ton et la substance du budget, à mon point de vue, étaient loin d'être progressistes, quel que soit le sens qu'on puisse donner à ce mot.

Le ministre des Finances Charles Sousa n'a peut-être pas l'intention de modifier les chiffres contenus dans le budget du 14 juillet, pourtant j'estime qu'il pourrait prendre d'autres mesures pour améliorer la vie de millions de personnes dans notre province. Ce n'est que s'il le fait qu'on pourra dire que son budget prend une direction progressiste.

Tandis que nous ne sommes pas toujours d'accord en ce qui concerne les autres politiques publiques, je crois que nous sommes du même avis relativement à l'inégalité croissante des revenus, qui devient rapidement un des grands défis de la politique sociale en Ontario et à travers le Canada. Comme je l'ai fait plus tôt cette année dans notre correspondance avec votre bureau, je demande une fois de plus à votre gouvernement de développer un test d'équité pour évaluer l'impact des politiques fiscales et de dépenses sur l'inégalité des revenus dans les prochains budgets provinciaux.

Un test d'équité permettrait de faire en sorte que les Ontariens les plus vulnérables ne souffrent pas davantage de politiques fiscales et de dépenses qui, bien trop souvent, gonflent les bourses de quelques-uns aux dépens des plus nombreux. Bref, un test de ce genre servirait de jauge pour évaluer si les budgets provinciaux réduisent l'inégalité des revenus ou élargissent encore davantage le fossé.

J'exhorte également votre gouvernement à mettre en œuvre d'autres mesures pour renforcer l'économie de la province. Je veux parler ici de notre plan en cinq points visant à protéger les services publics.

Si adopté, ce plan mettrait fin à la vente « gratuite » de biens, enraierait l'hémorragie fiscale et, mieux encore, assurerait la qualité des services publics pour les citoyens de l'Ontario qui les soutiennent.

Parmi les éléments clés de notre plan, notons, des consultations publiques et des preuves évidentes comme quoi la privatisation entraînerait l'amélioration des services; la privatisation doit être précédée d'un examen ouvert et complet par un organisme indépendant et doit comprendre une analyse coûts-avantages; les travailleurs du secteur public et autres parties intéressées doivent avoir leur mot à dire dans le cadre du processus d'examen; le processus, les études et les résultats de l'étude doivent être déposés à l'Assemblée législative et, enfin, si la privatisation est recommandée, les employés doivent conserver leurs droits, avantages et prestations.

Pendant près de 20 ans, les efforts de l'Ontario en matière de privatisation des biens publics se sont avérés être une erreur massive en matière de politique publique. Aujourd'hui, le public n'aurait de peine à réciter toute la litanie d'échecs : ORNGE, Walkerton, l'autoroute 407, Teranet, les magasins-agences de la LCBO, l'inspection des viandes, la privatisation des prisons. Et ce n'est pas tout.

C'est un phénomène récent qui est bien regrettable. Dans les décennies qui ont suivi la Deuxième guerre mondiale, l'Ontario est devenu un leader mondial dans l'établissement de services publics solides et enviables. Notre système des soins de santé, nos possibilités de formation et l'infrastructure publique élargies ont aidé à construire une des économies parmi les plus fortes du monde occidental.

Mais la situation a néanmoins commencé à tourner au milieu des années 1990. Et ce n'est pas un hasard que l'économie de l'Ontario se soit affaiblie au cours de cette même période et que la province lutte aujourd’hui pour retrouver sa solidité d'antan.

Tout cela n'était pas vraiment nécessaire. Comme vous, j'ai une grande foi en l'avenir de l'Ontario, les gens qui vivent et travaillent ici et les perspectives économiques que nous pouvons échafauder ensemble.

Toutefois, les solutions anciennes et, dans bien des cas, honteuses, ne sont pas des élixirs.

Nous savons bien, vous et moi, comment l'Ontario peut devenir une juridiction juste et équitable, d'un point de vue social et économique, pour le bien de tous. À cette fin, je crois que le SEFPO a proposé des idées innovantes qu'il vaudrait la peine de mettre à l'essai. Le 14 juillet, soit le jour de la présentation du budget, ferait un bon point de départ.

Veuillez agréer, Madame la Première ministre, nos salutations distinguées.

Warren (Smokey) Thomas
Président

WST/gh