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SEFPO Coalition des traveailleurs racialises

S'organiser pour mettre fin au racisme et au traumatisme des ‘Noirs au travail’

OPSEU President Warren (Smokey) Thomas with members beneath a Celebrate Black History Month banner
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« Être un travailleur noir », ça veut dire travailler pour moins d'argent et avoir moins d'opportunités, à cause du racisme individuel et systémique, mais ce n'est pas tout. Comme l’ont fait remarquer les conférencières du forum qui était organisé par le Caucus des gens de couleur du SEFPO dans le cadre du Mois de l'histoire des Noirs, être un travailleur noir implique également d’être aux prises avec une détresse morale et psychologique.

Donna Alexander at the Workers of Colour Caucus Black History Month forum.

« L’inconscience et les multiples agressions auxquelles nous sommes périodiquement confrontés dans le milieu de travail nous conduisent à nous poser des questions sur notre santé mentale », a déclaré Donna Alexander, membre du SEFPO et travailleuse sociale au Programme de traitement de la toxicomanie pour les jeunes Afro-Canadiens et des Caraïbes au Centre de toxicomanie et de santé mentale. « Et afin de ne pas paraître comme inabordables, trop agressifs ou trop bruyants, nous nous taisons. »

« Il n'y a pas de soutien pour nous aider à surmonter le traumatisme que nous subissons à cause du racisme en milieu de travail, et il faut que ça change », a-t-elle dit. « Nous avons besoin de pouvoir en parler. Nous avons besoin de recueillir des données. Nous avons besoin de nous organiser. »

Madame Alexander était l'une des trois conférencières vedettes du forum intitulé « Promouvoir l'équité en matière de santé pour les communautés racialisées ». Le Caucus des gens de couleur du SEFPO avait organisé ce forum dans le cadre des célébrations du Mois de l'histoire des Noirs et de la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine.

OPSEU President Warren (Smokey) Thomas with members of the Workers of Colour Caucus.

Les autres conférencières se sont également fait l’écho de madame Alexander en ce qui concerne le besoin d’organisation afin d’apporter une réponse au traumatisme que les travailleurs noirs subissent en milieu de travail.

Madame Akilah Haneef-Jabari, conseillère principale en matière d'éducation et d’engagement public à la Direction générale de l’action contre le racisme du gouvernement provincial, a parlé sans ambages des conditions des travailleurs noirs à la fonction publique de l'Ontario.

Akilah Haneef-Jabari at the Black History Month forum.

« Il est difficile de croire à quel point le racisme existe au sein de la FPO », a indiqué madame Haneef-Jabari. « Les femmes noires vivent un enfer à la FPO et les hommes noirs … eh bien, ils n’arrivent même pas à se faire embaucher. »

Mais madame Haneef-Jabari a encouragé l’audience à ne pas désespérer.

Elle a déclaré que grâce à l'organisation et à l'activisme, le changement interviendra, prenant l’exemple d’un groupe de femmes noires de la FPO qui ont pris la parole le mois dernier pour dénoncer le nombre élevé de travailleurs noirs qui ont été suspendus après avoir déposé des plaintes pour harcèlement.  

À la suite de l'action de ce groupe de femmes, le gouvernement de l'Ontario a imposé un moratoire sur les suspensions d'employés et annoncé qu'il y aurait un examen indépendant des politiques de prévention du harcèlement et de la discrimination, parmi d'autres mesures.

« Une bonne nouvelle pour ces femmes qui, malgré leur douleur et traumatisme, ont osé se défendre et parler », a-t-elle ajouté. « Vous voulez parler de l'histoire des Noirs? Ces femmes ont écrit une page de l'histoire des Noirs. Elles ont contribué au changement. »

Employée au sein du gouvernement, à Queen's Park, madame Haneef-Jabari a déclaré qu’elle a constaté en personne la vitesse à laquelle les politiciens répondent aux lettres de plainte de la part de leurs commettants, particulièrement lorsqu'elles arrivent en grand nombre.

« Nous devons nous organiser, a-t-elle dit. Nous devons montrer que nous existons. Nous devons aller voter. »

La dernière oratrice a souligné la réussite de la coalition Jane and Finch Action Against Poverty, une coalition qui organise les communautés dans le quartier de Jane et Finch et qui montre combien l’organisation communautaire peut être un outil puissant.

Butterfly Sabrina Gopaul at the Black History Month forum.

« Nous nous sommes battus pendant une décennie contre le fait d'avoir des policiers dans nos écoles, qui criminalisent nos jeunes et nous avons gagné », a ajouté madame Butterfly Sabrina GoPaul, agente de santé communautaire au Centre de santé communautaire de Black Creek. La coalition Jane and Finch Action Against Poverty a joué un rôle clé dans la suppression récente du Programme d’agents ressources dans les écoles du Conseil scolaire de district de Toronto.

Madame Gopaul a également souligné l'adoption du projet de loi 148 qui représente, selon elle, une victoire significative pour l'activisme communautaire.

« Dans notre quartier, il y a plus de 200 agences de placement temporaire. Les personnes qui sont employées par ces agences travaillent dans des conditions incroyablement précaires et gagnent souvent moins que le salaire minimum », a-t-elle dit.

« Conformément au projet de loi 148, il est désormais illégal de payer les employés temporaires moins que les employés permanents, a ajouté madame Gopaul, il pourrait s’agir d’une immense victoire pour notre communauté. »

« Les conférencières du forum du Mois de l'histoire des Noirs ont souligné la nécessité d'organiser les travailleurs noirs », a déclaré Peter Thompson, le président du Caucus des gens de couleur du SEFPO.  « C’est-à-dire prendre soin de nous-mêmes et des autres en mobilisant formellement les réseaux de soutien, mais également honorer l'héritage de l'activisme, passé et présent, de sorte que nous puissions imaginer et bâtir un avenir différent. »