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Une mégaprison public-privé qui tombe en ruine

Le Centre de détention Toronto Sud, deuxième plus grande prison au Canada, construit au coût de 1,3 milliard de dollars, ouvrait ses portes le 29 janvier 2014 avec tambours et trompettes, se faisant le modèle des partenariats public-privé (P3). Toutefois, depuis son ouverture, l'établissement s'est heurté à une série de défaillances structurelles menaçant gravement la sécurité du personnel de correction et des détenus.

Le modèle P3 est présenté comme la voie de l'avenir pour le financement des grands projets d'infrastructure. La théorie : les gouvernements demandent à des entreprises privées de construire et gérer des projets au prix le plus bas, assurant ainsi l'optimisation des deniers du contribuable. La réalité : tandis que des mains privées grippent des sous publics, le contribuable devient responsable de régler la note des réparations résultant d'un travail bâclé.

Le ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels a rejeté l'apport des agents correctionnels pour la conception et le développement de cette mégastructure. Bien que la construction ait été terminée en novembre 2012, les problèmes de conception, notamment des clôtures oubliées et des problèmes informatiques, ont retardé l'ouverture de 15 mois. Mais même après ça, et bien longtemps après l'arrivée des premiers détenus, de graves problèmes subsistent.

Rodger Noakes, président de la section locale 5112 du SEFPO, a dit qu'alors que le travail expédié à la hâte et l'utilisation de matériaux bon marché ont fait le bonheur des actionnaires, ils ont également mis des vies en péril. « Afin d'économiser sur les coûts d'entretien, ils ont opté pour des logiciels génériques. Ces logiciels intègrent tout un éventail de fonctions, allant des mécanismes de verrouillage des portes aux ascenseurs, en passant par l'éclairage et la surveillance. Lorsqu'une fonction se détraque, c'est tout l'appareil qui fait défaut. Ainsi, si l'interphone cesse de fonctionner, les portes n'ouvrent plus. Imaginez le danger que cela peut représenter dans une prison!

Noakes nous dresse la liste des défaillances et lacunes : les planchers et les murs se fendent, les fenêtres en verre anti-éclatement se brisent et 2 300 caméras ne fonctionnent pas. Le ministère a payé pour des centaines de modifications apportées à la conception du bâtiment. Combien ça a coûté? Personne ne sait!

« Pour économiser l'électricité, nous n'avons plus le droit d'allumer le système de ventilation spécialement conçu pour laisser s'échapper les émanations toxiques sans l'autorisation de la société de gestion, une autorisation qui nous est rarement accordée », explique Noakes. « Ainsi, tandis que l'employeur se bourre les poches, le personnel et les détenus respirent des toxines dangereuses. »

Selon le président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, cette mégaprison n'est qu'un autre exemple de l'illusion de la pertinence du recours au privé pour fournir des services publics. « Le Centre de détention Toronto Sud est un mégâchis mégacoûteux. La vérificatrice générale a dit que les contrats P3 avaient déjà coûté 8 milliards de dollars de plus aux Ontariens que si le gouvernement avait lancé des appels d'offres selon le modèle d'approvisionnement traditionnel. Ce chiffre approche davantage les 10 milliards aujourd'hui, de l'argent durement gagné par les contribuables, versé directement dans les poches des acolytes et des bienfaiteurs de Wynne. Les libéraux ne cessent de parler d'austérité, mais malgré ça, ils trouvent toujours des façons de prendre soin de leurs associés sur la rue Bay. »

Pour plus d'information :

Rodger Noakes
Président, section locale 5112 du SEFPO
905-301-2399

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