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Remarques prébudgétaires du président Thomas

Queen's Park
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Le président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, a fait aujourd'hui les observations suivantes devant le Comité permanent des finances et des affaires économiques dans le cadre des consultations du comité sur le budget 2017-2018 de l'Ontario

Salle du comité 151, Édifice principal de l'Assemblée législative, Queen's Park, Toronto
Le 18 janvier 2017, 14 h 45

Le texte prononcé fait foi

Bonjour! Je m’appelle Warren (Smokey) Thomas et je suis le président du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario. Je suis accompagné aujourd’hui de Clarke Eaton, assistant spécial auprès du président. Je vous remercie de me donner l’occasion aujourd’hui de m’exprimer au nom des 130 000 membres du SEFPO

Comme la plupart d’entre vous le savent, je me suis présenté devant ce comité pour parler du budget provincial presque chaque année depuis que j’ai été nommé président du SEFPO au printemps 2007. La raison de le faire est bonne : aucun membre de mon syndicat n’est à l’abri des décisions qui sont prises pendant l’élaboration du budget provincial.

Comme tous les Ontariens, les membres du SEFPO utilisent les services publics qui sont financés et fournis par la province. Nous roulons sur les routes publiques. Nos enfants fréquentent les écoles, collèges et universités publics.  Nos parents utilisent les soins à domicile et d’autres soins de santé. Comme tout le monde.

Mais les membres du SEFPO ont un autre intérêt dans le budget provincial : ils fournissent les services que le budget aide à payer. C'est une perspective différente.

Tous les Ontariens voient le visage public des services publics; nos membres sont ce visage public dans de nombreux cas. Nous vous aidons à renouveler votre permis de conduire. Nous inspectons les gros camions. Nous faisons vos radiographies et prenons vos dons de sang. Nous vous aidons à corriger une dépendance. Nous enseignons les compétences dont ont besoin les travailleurs de l’avenir.

Les membres du SEFPO sont le visage public des services publics. Mais nous travaillons aussi dans les coulisses. Et nous voyons de nos propres yeux comment tournent les rouages de ce gouvernement. Les membres du SEFPO savent ce que le gouvernement fait bien et ce qu’il fait mal. Et aujourd’hui, sept ans après que le ministre des Finances Dwight Duncan introduise l’ère d’austérité, il y a bien des choses que le gouvernement fait mal. C'est notre expérience, et c’est l’expérience de tous les Ontariens qui dépendent des services publics.

La grande récession de 2008-2009 n'a pas été causée par des membres du secteur public. Elle a été déclenchée par l'avidité rapace d'un petit groupe de millionnaires du secteur privé. Pourtant, partout dans le monde, c’est le secteur public qui a payé pour les dégâts que ces personnes ont causés. Nous avons payé. Et payé. Et repayé.

Mes membres se sont battus pour maintenir leur qualité de vie. Pourtant, le programme d’austérité des libéraux a fait que le revenu d’un membre typique du SEFPO est désormais cinq pour cent inférieur, après inflation, à ce qu’il était il y a sept ans.

Bien entendu, les sacrifices consentis par les fonctionnaires, pas seulement les membres du SEFPO, mais tous les fonctionnaires en Ontario, ont permis d’atténuer l’impact du programme d’austérité libéral sur les services publics. Néanmoins, l’impact de l’austérité s’est avéré brutal.

Alors, où en sommes-nous aujourd'hui ? À la dernière place, c'est là où nous en sommes. Nous sommes au dixième rang des dix provinces lorsqu’il s’agit de financement par étudiant dans nos collèges. Le nombre de lits résidentiels autorisés pour les enfants et les jeunes pris en charge a baissé de 35 pour cent au cours des dix dernières années. Et tandis que nous arrivons au bout de la neuvième année consécutive de coupures en dollars réels dans nos hôpitaux, nous comptons moins de lits par habitant que n’importe quelle autre province.

Je n’ai pas le temps ici de parler de l’impact du programme d’austérité des libéraux sur chaque service que mes membres fournissent. Mais je peux vous dire ceci, aux premières lignes de la fonction publique, il ne reste plus rien à couper.

Ainsi, j’ai plutôt été alarmé la semaine dernière lorsque le Bureau de la responsabilité financière de la province, qui avait critiqué le gouvernement pour avoir jeté son argent par les fenêtres en privatisant Hydro One, a indiqué que la seule façon d’équilibrer le budget d’ici à l’année prochaine était de couper encore davantage dans les dépenses de la santé; on parle de 2,8 milliards de dollars.

Nous devons arrêter ça.

Je n’ai aucun doute que de nombreux Ontariens ont déjà perdu la vie à cause de l’austérité des libéraux. D’autres coupures à ce stade relèveraient du meurtre.

Et je n’utilise pas ce terme à la légère. Pour ce qui est du secteur d'où je viens, soit le secteur des soins de santé mentale, nous avons vu augmenter les niveaux d’agressions violentes contre le personnel. Si nous ne voyons pas un investissement considérable dans le personnel, un effort au niveau de la formation, de l’équipement et des installations pour les soins de santé mentale, ce n’est qu’une question de temps avant que quelqu’un soit tué.

C’est ce que ce budget signifie pour nous. L’austérité doit prendre fin, et elle doit prendre fin maintenant.

Ce gouvernement continue de se vanter que l’Ontario a les dépenses de programmes par habitant les plus faibles de toutes les provinces au Canada. Comme je l’ai souvent dit auparavant, il n’y a pas de quoi crâner; c'est plutôt honteux.

L’appauvrissement du peuple et des services publics en Ontario n’est fondé sur aucune réalité objective. En tant que province, nous ne sommes pas pauvres. Et c'est pourquoi il n’y a aucune raison que le peuple de notre province le soit. Et il n’y a aucune raison que nos services publics subissent coupures après coupures après coupures.

Un simple fait illustre ce point : à l’heure actuelle, aujourd’hui, le produit intérieur brut par habitant en Ontario est plus élevé qu’il ne l’a jamais été. En tant que province, nous sommes plus riches que nous ne l’avons jamais été.

Pourtant, un tiers de notre main-d'œuvre se bat pour joindre les deux bouts avec un emploi sans sécurité, à temps partiel, temporaire et précaire. Et partout où on se tourne, les services publics sont affamés.

Il semble que, par rapport à l'Ontario, toutes les autres provinces accordent une plus grande importance au bien-être de leurs citoyens.

Aucune province ne dépense un plus petit pourcentage de son PIB sur les programmes publics. Toutes les autres provinces ont pris une décision, au fil des ans, investir dans les services publics est bon pour le peuple et pour l’économie.

Si l’on regarde l’année financière 2016-2017, si les dépenses de programmes de l’Ontario par rapport au PIB égalaient celles de la Colombie-Britannique, ce comité délibérerait sur la façon de dépenser 19 milliards de dollars supplémentaires par année.

Ce chiffre, au fait, est presque exactement le montant d’argent qui manque dans les recettes provinciales, maintenant, cette année, en raison des réductions d’impôt qui ont commencé avec le premier ministre conservateur Mike Harris et qui se sont poursuivies avec le premier ministre libéral Dalton McGuinty.

L’argent qui servait autrefois aux services publics pour nous tous est désormais dans les poches des personnes qui en ont le moins besoin.

Nous ne manquons pas d’argent en Ontario. Comme nous l’avons appris il y a deux semaines, le salaire des PDG au Canada n’a pas cessé d’augmenter, que ce soit dans les années de vaches maigres ou de vaches grasses. À l’heure actuelle, les plus grands PDG du pays gagnent en moyenne 9,5 millions de dollars par année, 193 fois plus que le salaire moyen d’un travailleur embauché à temps plein toute l’année.

Entre temps, des Ontariens célibataires qui n’ont d’autre choix que de demander l’aide sociale offerte par Ontario au travail, reçoivent un maximum de 706 $ par mois, ce qui représente, en dollars réels, 300 $ de moins par mois qu’ils n’auraient reçu en 1993. 

La pauvreté est un problème grave, oui, mais l’inégalité est un problème scandaleux.

Le budget prochain doit veiller à rendre notre société plus équitable. Pourquoi ne pas commencer en augmentant les taux pour ceux et celles qui dépendent du programme Ontario au travail et du Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées?

On ne manque pas d’argent pour le faire. Je vous encourage tous et toutes à penser différemment et à sortir des sentiers battus dans lesquels nous nous sommes embourbés. Nous devons ramener nos recettes au niveau des recettes que recueillent les autres provinces si nous voulons pouvoir rêver de services publics qui répondent aux besoins des Ontariens.

Mes membres donnent le meilleur d’eux-mêmes et font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont, mais ils n’ont pas le soutien dont ils ont besoin pour fournir les services que s’attendent et que méritent de recevoir les Ontariens.

Comme je l’ai dit, l’austérité doit prendre fin, et elle doit prendre fin maintenant.

Mais ce n’est pas parce que nous avons besoin de recettes supplémentaires que nous devrions dépenser follement.

Si ce gouvernement veut améliorer ses résultats, la première chose à faire, et la plus simple, est de mettre fin à son obsession avec la privatisation.

Que nous parlions de dépenses d'infrastructure ou de sous-traitance des services, ou de la vente de biens publics, la privatisation en Ontario est un désastre du début à la fin. Notre syndicat aura encore beaucoup plus à dire à ce sujet au cours des dix-huit prochains mois.

Mais ce que je veux faire ressortir maintenant, c'est que la privatisation fait des ravages dans le budget provincial. Dans les salles de réunion, sur les chantiers et dans les milieux de travail partout à travers notre province, la privatisation grignote l’argent des contribuables comme les termites mangent des poutrelles de plancher. Et les services publics s’effondrent.

Oubliez ce qu’on a voulu vous faire croire. La privatisation ne sert pas à améliorer les services. Ce n’est pas une question d’économies. La privatisation sert à arracher les richesses des mains du public pour les mettre dans les poches d’investisseurs privés pour qui « l’intérêt public » n’a aucune importance.

En tant que membres de ce comité, votre responsabilité est différente. Vous êtes responsables de l’intérêt public.

Je vous souhaite bonne chance. Nous nous ferons maintenant un plaisir de répondre à vos questions maintenant.

 Téléchargez ces remarques (en anglais)